Si la technologie concentre les richesses, elle va devenir l'ennemie de la démocratie

Publié le par imagiter.over-blog.com

Si la technologie concentre les richesses, elle va devenir l'ennemie de la démocratie

Qui a inventé l’expression « réalité virtuelle » ? C’est bien lui Jaron Lanier. Cela date ? Pas tant que cela si l’on suit sa lucidité au sujet d’internet, du devenir des technologies et les grandes trahisons « structurelles »…et, en plus, il est resté du côté où ça extatique !!!!

« Qui possède le futur ? » C'est la question-titre du livre de Jaron Lanier, Who Owns the Future ? (Simon & Schuster, 416 p.- Mai 2013), publié par ce gourou de l'Internet, créateur à répétition de start-up et inventeur des termes de "réalité virtuelle". Il décrit un phénomène qu'il n'avait pas anticipé : la concentration des richesses dans un univers de réseaux censé aplanir les inégalités les augmente exponentiellement. L'économie, dit-il, repose de plus en plus sur l'information. Celle-ci n'étant pas assez monétisée, la richesse collective se dilue. Le tout-gratuit est sur le point de ruiner la classe moyenne et l'économie de marché.*******

****** interview offerte gratuitement par Le Monde.fr le 20 octobre 2013 (réservé abonnés) interview Washington par Corine Lesnes.

Vous affirmez dans votre ouvrage que l'Internet détruit la classe moyenne. Que voulez-vous dire ?

Jaron Lanier : l'automatisation commence à détruire l'emploi, comme si la vieille peur du XIXe siècle devenait la réalité. A l'époque, il y avait cette inquiétude énorme que l'emploi des gens ordinaires était menacé par le progrès des machines. Quand les voitures ont remplacé les chevaux, les gens pensaient que cela devenait tellement facile de conduire qu'il n'y aurait plus de raison de payer pour le transport. Tous ceux qui travaillaient avec les chevaux allaient perdre leur emploi. Mais les syndicats étaient encore puissants. Ils ont imposé l'idée qu'il est normal de payer quelqu'un, même si le travail est moins pénible et qu'il est plus facile de conduire un taxi que de s'occuper de chevaux.

Avec l'Internet, les choses deviennent tellement faciles que les gens rejettent cet arrangement payant. C'est une erreur. Cela a commencé avec Google, qui a dit : on vous donne un moteur de recherche gratuit ; en contrepartie, votre musique, vos photos, vos articles vont aussi être gratuits. Avec l'idée d'un équilibre : vous avez moins de revenus mais vous avez accès à des services gratuits. Mais ce n'est pas équilibré. Bientôt, les consommateurs vont accéder aux produits grâce aux imprimantes 3D. Graduellement, les choses physiques deviennent contrôlées par les logiciels, et tout devient gratuit.

Mais certains s'enrichissent…

Jaron Lanier : l'objectif, au début de l'Internet, était que l'on donne du pouvoir à tout le monde parce que tout le monde aurait accès à l'information. En fait, Google, et tous ceux qui collectent les informations au sujet des autres parce qu'ils offrent ces services gratuits, deviennent de plus en plus puissants. Plus leurs ordinateurs sont gros, plus ils sont puissants. Même si vous regardez la même information que Google, Google en retire beaucoup plus de pouvoir que vous.

L'autre remarque à faire est que, dès que quelqu'un prétend avoir une technologie qui peut remplacer les gens, c'est faux. Exemple : la traduction automatique. Vous pouvez prendre un document en anglais, l'entrer dans un ordinateur et le ressortir en français. Cela ne sera pas du bon français, mais quelque chose va ressortir.

C'est gratuit. Quel est le problème ?

Jaron Lanier : les sociétés qui font de la traduction automatique collectent des millions d'exemples de documents qui ont été traduits par des vraies personnes. Ils repèrent des morceaux de phrases qui sont semblables à ceux de votre document, les traduisent paquet par paquet et assemblent le puzzle. Cela ressemble à un cerveau électronique gigantesque mais, en fait, il s'agit du travail de tonnes de gens qui ne sont pas payés et ne savent même pas qu'ils sont utilisés.

Pour chaque nouvelle technologie qui prétend remplacer l'humain, il y a en réalité des gens derrière le rideau. Il faut garder trace de ceux qui fournissent un vrai travail et leur permettre d'être indemnisés. L'automatisation dépend systématiquement des informations produites par un nombre élevé de gens, ce qu'on appelle le "Big Data". Ces données ne viennent pas des anges ou de phénomènes surnaturels : elles viennent des hommes ! Si on les payait pour ces données, on pourrait soutenir l'emploi.

Quelles sont ces données qui ont tant de valeur ?

Jaron Lanier : les sociétés qui possèdent les puissants ordinateurs créent des modèles de chacun d'entre nous. Google a un modèle de vous. De même que l'Agence nationale de la sécurité américaine (NSA), Facebook, et même certaines organisations criminelles. Elles collectent des données sur vous et les utilisent pour faire des projections. Le but est de modifier les comportements.

Pour vous manipuler ?

Jaron Lanier : les manipulations sont infimes. Cela peut être trouver le moyen de vous faire accepter un prêt qui n'est peut-être pas aussi intéressant qu'un autre. Ou comment vous inciter à faire tel ou tel achat. C'est un système froid, fondé seulement sur les statistiques. Il travaille très lentement. Mais, sur la durée, cela fait beaucoup d'argent. C'est comme cela que Google est devenu si riche : les gens qui paient Google peuvent obtenir une toute petite modification du modèle de comportement. C'est un système géant de modification comportementale.

Un système différent du modèle traditionnel de publicité, qui a toujours été une forme de rhétorique, de persuasion, de style. Ici, il n'y a aucune créativité. C'est une forme de manipulation sans esthétique, mais très graduelle et très fiable, parce que ce sont juste des statistiques.

Il s'agit aussi de manipuler le type d'informations que vous recevez. Si vous allez sur la Toile, vous ne voyez plus les mêmes informations qu'un autre : celles que vous voyez sont organisées spécifiquement pour vous par ces algorithmes. C'est un monde où tout est ouvert et où, en même temps, la plupart de ce que les gens voient est manipulé. Les gens qui manipulent ont des ordinateurs bien plus puissants que la plupart d'entre nous.

Qui possède les plus gros ordinateurs ?

Jaron Lanier : personne ne le sait. Ils sont conservés dans des "villes" gigantesques d'ordinateurs. Ils sont en général placés dans des endroits isolés, près de rivières, qui permettent de refroidir les systèmes. Peut-être appartiennent-ils à Google, peut-être à la NSA. Personne ne le sait. En Europe, la plupart de ces ordinateurs se trouvent en Scandinavie.

Le problème n'est pas qui a accès à l'information, mais qui fait quoi avec cette information. Si certains ont des ordinateurs beaucoup plus puissants, cela ne peut pas créer une société équitable. Au lieu d'essayer de plaider pour la transparence et le respect de la vie privée, nous devrions nous préoccuper de ce qui est fait avec les données accumulées. Nous vivons à une époque où il y a deux tendances contradictoires. D'un côté, tout le monde dit : n'est-ce pas formidable, cette décentralisation du pouvoir, grâce à Twitter, etc. De l'autre, la richesse est de plus en plus centralisée. Comment est-il possible que le pouvoir soit décentralisé et la richesse de plus en plus centralisée ? En fait, le pouvoir qui est décentralisé est un faux. Quand vous tweetez, vous donnez de vraies informations aux gros ordinateurs qui traquent vos mouvements.

Comment rémunérer nos tweets ?

Jaron Lanier : je préconise un système universel de micropaiement. Les gens toucheraient une rémunération – fût-elle minime – pour l'information qui n'existerait pas s'ils n'existaient pas.

Cette idée circulait déjà dans les années 1960, avant même que l'Internet soit inventé. C'est juste un retour aux origines. Si on arrivait à savoir combien les entreprises sont prêtes à payer pour avoir des informations, cela serait utile… Les gens pensent que le montant serait infime. Mais si on regarde en détail, c'est faux. Les données concernant M. Tout-le-Monde ont beaucoup de valeur. Cela serait un soutien économique puissant pour la nouvelle classe moyenne. Chaque donnée individuelle aurait une valeur différente. Certaines seraient plus cotées parce qu'elles sortent de l'ordinaire.

Vous êtes devenu antitechnologie ?

Jaron Lanier : pas du tout ! J'ai participé à l'arrivée des technologies de l'Internet, que je critique maintenant ! Mais il faut regarder les résultats dans le monde réel. J'avais pensé que l'âge de l'Internet permettrait une augmentation fantastique de la richesse et des opportunités. A la place, on voit une concentration intense des richesses. C'est un phénomène mondial.

Si la technologie concentre les richesses, elle va devenir l'ennemie de la démocratie, peu importe le nombre de tweets.

Je refuse l'autosatisfaction quand je vois tous ces gens ordinaires qui perdent pied alors que leur situation ne devrait que s'améliorer grâce aux progrès technologiques.

……………très grand merci………….

…toujours dans la rubrique : "Quelles sont les têtes qui NOUS aident vraiment ?"

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Que le vaste humour vous grandisse et vous nourrisse !!!

Sous copyleft……pour tout ce qui reste à but non lucratif

(à suivre)

tous ces posts sont bien reliés à une pensée globale

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trouvez, aussi, un complément à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuits freethewords.org, onglet 4 "Nul n'est nul", onglet 3 "Légalité de l'égalité" (Quality of eQuality), onglet 4 " La démagogie n'est utile et utilisée que par qui est déjà au pouvoir " et "L'anticommunication comment ça fonctionne ?", onglet 2 "L'ardeur sociale" et "Le roman de l'économie", onglet 3 "Why do we left the left wings ?", onglet 2 "Comment devenir un (e) athée du capitalisme". Et, surtout, RIEN DE PLUS SOLIDE QUE LE SOLIDAIRE, onglet 3, Le Roman de L’Économie, ainsi que LA QUESTE DES QUESTIONS (qui a démuni les démunis ? qui a déshérité les déshérités ? qui s'est emparés des désemparés ? qui a détressé les détressés ? qui a dérobé aux nécessiteux leur nécessité ? s'il y a faim il a, d’abord, affameurs, endetteurs, capital au noir ou argent clandestin, etc), onglet 2.

Résistances au changement Impliquent changement de résistances

Structurellement, les classes moyennes ne savent plus penser

Pas de République si le politique ne prime pas sur l'économie.

La prospérité c'est pour tous, la richesse pour la minorité

L’Économie que l’on nous jette entre les jambes afin de faire tout autre chose ?

Je suis responsable de ma parole non de la compréhension des autres

Le si rare moment de la jubilation

La façon d’écrire se nomme infini respect

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Si ce post a su retenir votre attention dans les 3 500 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on y trouve plus que prévu

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