L’argent ne fait pas le donneur !

Publié le par imagiter.over-blog.com

L’argent ne fait pas le donneur !

Le syndrome du bourgeois c’est qu’il veut toujours apparaître comme la personne la plus généreuse du monde. Le donateur universel. Incontournable et unanimement reconnu. Cependant, ses méthodes ne doivent pas être très efficaces puisqu’il y a toujours plus de pauvres. Et que galopent, irrationnellement, les inégalités. Dans le but d’aide sa bonne volonté nous rassemblons, dans ce texte, tout ce qu’il faut savoir afin de parvenir à un altruisme efficace. De quoi faire mentir le désormais si célèbre dicton : l’argent ne fait pas le donneur !

Le bonheur est plus une affaire d’émotions et de sentiments que de gros sous. Pourtant, donner contribue largement au bonheur, affirme l’économiste Mickaël Mangot.

..

Puisque donner rend heureux pourquoi s’en priver masochistement ? Oui oui « Donner fait du bien aux autres et à soi-même », tel était le slogan de France Générosités en 2015.

« Un slogan reconduit cette année. Qu’est-ce qui vous séduit dans ce message ?

C’est un message nouveau qui tranche avec les angles souvent utilisés pour les appels au don (la responsabilité, la morale et l’émotionnel). Avec un tel slogan, France Générosités contribue à ce que notre société reconnaisse aujourd’hui les bienfaits du don, pour tout le monde. En tant que spécialiste de l’économie du bonheur (voir ci-dessous), j’étudie comment les comportements économiques, notamment à travers nos modes de consommation et en entreprise, peuvent avoir un impact sur notre bonheur. Or, selon la recherche, s’il y a un type d’action économique qui augmente significativement le bonheur, c’est bien le don.

..

Pourquoi-donner-rend-heureux-

..

L’argent ne fait pas le bonheur, mais le donner oui, assurez-vous. Selon vous, plus on donne, plus on a de chances d’être heureux ?

Je travaille d’après des observations faites par des chercheurs internationaux soit en laboratoire soit dans la vie réelle. À partir de ces matériaux, on observe que les gens qui donnent, quel que soit le montant de leur don, sont plus heureux que leurs homologues (du même âge et de même situation socio-économique) qui ne donnent pas. Une étude internationale a même révélé qu’un donateur augmente le niveau de satisfaction de sa vie autant que s’il voyait un doublement de son salaire. En clair : un euro donné vaut beaucoup plus (jusqu’à 20 fois plus) qu’un euro gagné en salaire ! Et le don augmente de manière bien plus durable le bonheur que la consommation.

..

Comment expliquer ce fait ?

Les sciences du bonheur, qui font intervenir la psychologie, les neurosciences et même l’économie, mesurent trois dimensions du bonheur : premièrement, la dimension émotionnelle, que l’on appelle « bien-être émotionnel », c’est-à-dire l’équilibre entre émotions positives et négatives, et qui s’expérimente dans le court terme. Ensuite, la dimension cognitive reflétée par la « satisfaction de la vie », une note d’ensemble donnée à sa vie : elle s’inscrit dans le moyen terme. Enfin, la dimension psychologique, ou « bien-être psychologique », qui s’inscrit, elle, dans le long terme et inclut différents sentiments (l’autonomie, le contrôle, la relation aux autres, l’estime de soi, le sens de sa vie, etc.).

..

De l'altruisme à la gratuité, les nouvelles formes de don

En donnant, on ressent immédiatement des émotions positives, la vie semble plus satisfaisante et avoir plus de valeur, et on se sent plus autonome dans ses choix, tout en ayant un impact sur le monde et en trouvant un sens à la vie. Je pourrais dire comme Jean-Jacques Rousseau dans les Rêveries d’un promeneur solitaire : « Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le cœur humain puisse goûter. »

..

Aux États-Unis, des études ont montré que les personnes sans ressources donnaient davantage que les riches. Un paradoxe ?

Non, ce n’est pas vraiment un paradoxe. Le don répond à de multiples motivations. Donner est positif pour l’image de soi et l’image sociale. Pour ceux qui sont en bas de l’échelle, c’est donc très important. Le don, au même titre que la consommation ostentatoire, contribue à donner un statut.

..

Quels conseils donnez-vous à ceux qui souhaitent faire un don mais ne savent pas trop comment s’y prendre ?

Je préconise de ne pas attendre le Téléthon pour donner, mais de mobiliser sa puissance de don tout au long de l’année, par de petits dons fréquents plutôt que des versements importants mais rares. Cela permet de se reconnecter fréquemment à ses valeurs. Je ne suis pas favorable au prélèvement automatique, car, pour générer du bonheur, le don doit être accompli consciemment ; si l’on a recours à ce moyen de paiement, on finit par l’oublier. Mais je sais aussi que pour le bonheur des associations, la régularité et la prévisibilité de ces versements réguliers sont un vrai plus… Celles-ci peuvent amplifier la dimension solidaire du don, en organisant des communautés de donateurs, pour créer chez ces derniers ce sentiment d’appartenance à un groupe qui partage les mêmes valeurs.

..

Selon le rapport du World Giving Index 2015, qui étudie l’état de la générosité dans le monde, la France est en retard sur d’autres pays occidentaux, comment l’expliquer ?

Les chiffres montrent qu’il y a environ 30% de donateurs réguliers en France contre 60 à 70% dans les pays anglo-saxons […notons que les inégalités financières hurlent plus chez les anglo-saxons – ce texte ne permet pas de comprendre exactement pourquoi ]. Chez ces derniers, le total des dons privés se situe dans une fourchette comprise entre 0,5% et 1,4% du PIB, alors qu’il ne représente que 0,1% dans l’Hexagone. Les habitudes prises en matière de dons sont notamment le reflet des structures politiques dans lesquelles une population évolue. En France, l’État a pris en charge un certain nombre de causes sociales et les Français se sont habitués à se reposer sur lui. De nombreuses personnes ne donnent pas car elles donnent déjà aux impôts. Mais, par définition, le don, volontaire, n’est pas un impôt ! Les études affirment aussi qu’environ 30% de l’écart de bonheur entre la France et les pays dits « les plus heureux au monde » (pays scandinaves et anglo-saxons) s’expliquerait par la moindre propension à donner des Français.

..

La défiance des Français vis-à-vis de l’État peut-elle avoir un impact sur leurs dons ?

Oui, je le crois. On sait depuis longtemps que les gens donnent plus à des organismes quand ils considèrent ceux-ci comme efficaces. Une étude très récente a montré que les dons aux associations dépendaient aussi de la perception de l’efficacité de l’État et donc des impôts qu’il collecte. Lorsque ce dernier semble peu efficace, les intermédiaires que sont les associations en pâtissent également. L’impact sur le don est négatif quand les particuliers paient beaucoup d’impôts et qu’en plus, ils ont l’impression que leur argent est mal utilisé. Une attitude répandue, dans ce genre de situations, est de se passer des intermédiaires que sont les associations et de garder son argent pour soi ou pour s’occuper de ses proches.

..

L’économie du bonheur

Ce nouveau courant de recherche en économie s’inscrit dans la voie ouverte par des économistes iconoclastes des années 1970. Ceux-ci ont commencé à étudier les corrélations entre les différentes variables économiques et le niveau de bonheur des individus à travers le monde. Au même moment se sont développées la psychologie positive, qui étudie l’épanouissement des individus, ou encore la psychologie hédoniste, qui s’intéresse au plaisir et à la satisfaction. Ces courants prennent en compte davantage les émotions positives et le bien-être plutôt que les pathologies mentales. »

………………………….......*******************************

..

Nous voilà bien avertis – nous nous devons, alors, d’approfondir cet horizon si dégagé.

De nouvelles formes de don apparaissent aujourd'hui, qui échappent à l'économie de marché : ainsi, la transplantation d'organes en biomédecine. Le sociologue Philippe Steiner analyse leur place dans notre société.

Dans son ouvrage Donner... une histoire de l'altruisme, paru en septembre 2016, le sociologue Philippe Steiner décortique les nouvelles formes de dons qui génèrent des ressources mais ne s'inscrivent pas dans le cadre des échanges marchands. Leur point commun ? Être le fruit d'une volonté individuelle d'agir « pour le bénéfice d'autrui, sans savoir à qui cela profitera, mais avec l'idée qu'un jour peut-être ce sera au tour du donateur de recevoir ».

..

L'épargne-solidaire-pour-faire-bouger-les-choses

..

…………………………......******************************

« Installé à Bordeaux, où habitaient ses grands-parents, Laurent Calando a transformé une péripétie familiale en aventure entrepreunariale. « Mes parents avaient un bateau, mais ils ont fini par le vendre car il nous coûtait trop d’argent », dit le jeune homme. De cette mésaventure, ce fou de navigation a imaginé Samboat, un site de location de bateaux entre particuliers. Le jeune entrepreneur a vu son enthousiasme douché par deux textes publiés coup sur coup, qui vont toucher directement ses utilisateurs, et tous les particuliers louant ou vendant des biens grâce aux sites collaboratifs. « Cela va plomber notre activité, et celle de toute la plaisance », se désole-t-il.

..

L'économie-collaborative-ciblée-par-le-gouvernement

..

Le 31 août, le fisc a jeté un premier pavé dans la mare en dévoilant une « instruction » précisant la manière dont les internautes devraient déclarer les revenus réalisés sur Internet. L’administration rappelle à cette occasion que toutes les sommes engrangées sur les plateformes de l’économie collaborative sont soumises à l’impôt.[…mais toujours pas l’argent de la spéculation ou celui des paradis fiscaux ?] La ministre de la santé, Marisol Touraine, a enfoncé le clou le 23 septembre lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017. Elle souhaite obliger les particuliers qui engrangent un revenu annuel supérieur à 3 860 euros à se déclarer comme travailleur indépendant et donc à acquitter 25 % de charges sociales. »

..

Nous nous apercevons que donner ou s’entraider surgissent dans une organisation sociale qui ne semble pas vraiment voir les choses sous le même angle. Tout en se permettant un certain nombre de réflexions. Si ce dispositif est si efficace pourquoi ne pas en faire profiter pleinement des multinationales ? "Objectif du gouvernement : clarifier les règles et taxer les particuliers." …comme quoi il est plus facile de s'attaquer aux particuliers qu'à Bayer-Monsanto et autres multinationales du numérique ?

..

En raisonnant par l'absurde, être hôtelier, c'est à dire louer des chambres à la nuit, n'est pas un travail ou juste « indépendant » ? Où placer alors la limite ?

..

Même si c'est le terme rentré dans les usages, parler d' " économie collaborative " alors qu'il ne s'agit en général que d'une économie de services boostée par les outils du numérique, c'est lui donner une connotation positive qu'elle ne mérite pas tout le temps. Lorsqu'on ajoute qu'elle est "ciblée par le gouvernement", on laisse entendre que ce dernier s'oppose au développement d'innovations majeures, alors qu'il ne fait que rétablir une équité de traitement. En omettant, toutefois, les multinationales, (ces grands « pays » qui n’assument aucune des responsabilités ordinaires et extraordinaires de vrais pays !) ou les pratiques des trop riches et leur « travail » de fraudes, paradis fiscaux et jeux de bourses. Avec eux sûr que l’argent ne fait pas le donneur ! Mais bien l’accapareur aux monopoles illégaux qui nuisent tant aux services publics !

..

D’autant que cette captation fiscale de l’économie d’entraide de services permet d’avoir la preuve que la visibilité offerte par les outils numériques permet tout de même de développer considérablement l'activité de départ. Et que qui emprunte la voie des abus exagérés de profits – et ne fait surtout pas de l’économie collaborative – sera mieux traité, fiscalement, que qui en fait. Imaginer les multinationales numériques placées sous ces même fourches caudines permet de respirer un parfum de justice…puisque comme l’a éclairci le loueur de bateau « Il ne s'agit pas de réduire ses frais, mais bien de générer des revenus ». Ce qui correspond bien aux multiples excuses de ces multinationales qui déforment carrément la réalité. Le mieux demeure d'envisager un taux d'imposition spécifique pour ne pas décourager les initiatives réellement collaboratives. Surtout si elles se comparent avec la justice enfin rétablie envers les trop riches. Par exemple, qu’ils veuillent payer tous les impôts qu’ils doivent, légalement, à la communauté sociale. Ceci « donnerait » vraiment du courage à tout le monde !

L'économie collaborative (la vraie) n'est justement pas taxée vu les directives de l'administration. Ce qui est taxé c'est l'exercice d'une activité indépendante utilisant internet et qui procure un revenu. Il est légitime de discuter du taux très élevé de prélèvements sociaux en France par contre faire une distinction entre la tenante d'un kiosque et le loueur de bateau sur internet serait totalement injuste. Concurrence oui, mais pas avec des règles spéciales pour certains (Uber, Airbnb...). La concurrence non libre et complètement faussée (tant récriminée par la Commission européenne au point qu’elle en a usé contre les service publics…à buts pourtant non lucratifs !) imposée par les transnationales. Il y aurait comme des retards à rattraper dans les… distorsions de concurrences peu loyales. Tandis qu’avoir des idées d’entraides, que ces mastodontes ne semblent pas avoir, ne doivent pas être pénalisées. Et en faveur si déséquilibrée de ces multinationales.

……………………...................**********************************

..

C’est un peu plus clair – donner c’est bon – d’autant plus, que c’est toujours contre les lois du marché (et sans le vouloir consciemment) que se déploie ce donner. Bien plus mature donc que les enfantillages du capitalisme. Persévérons de la sorte !

..

« Ces derniers temps, mon café chez Starbucks a un goût amer. Je me l’explique en partie parce que mon organisme vieillissant est plus sensible qu’avant aux sursauts causés par la caféine. Mais c’est aussi et surtout parce que j’ai récemment lu un livre écrit par Peter Singer, professeur et philosophe à l’université de Princeton, "The Most Good You Can Do" [Le mieux que vous pouvez faire]. L’ouvrage m’a confronté à un problème de mathématique éthique : si je dépense chaque jour 3 dollars dans un café, cela équivaut à 1.000 dollars par an. Voici ce que je pourrais faire avec 1.000 dollars par an :

  • Protéger près de 700 personnes du paludisme dans des pays comme le Malawi. La maladie tue près de 500.000 personnes chaque année.
  • Financer deux opérations complètes de chirurgie pour des femmes du Népal ou d’ailleurs souffrant de pathologies qui les excluent de la société (celles souffrant de fistules, par exemple).
  • Opérer dix enfants dans des pays comme le Nicaragua afin de leur rendre la vue.

..

Dur de savourer son Frappuccino sans se voir comme un sale type après ça. Depuis que j’ai lu ce livre et d’autres dans le même genre, je ressens une culpabilité extrême, typiquement occidentale. Quand on regarde le monde sous cet angle, nous avons constamment du sang sur les mains. Chaque jour, les Américains font l’équivalent moral d’une promenade le long d’une plage où se noient des milliers d’enfants, sans jamais s’arrêter pour leur tendre un bâton. »

J'ai-testé-l'altruisme-radical-pour-faire-le-maximum-de-bien-autour-de-moi

..

C’est une façon percutante de voir la vie, complètement bouleversante. Décourageante. Singer lui-même, qui plaide volontiers en faveur de dons généreux, est pour autant d’avis qu’il ne faut pas se laisser emporter par la culpabilité, au risque de se rendre malade. Il pense qu’une manière plus productive d’aborder le problème consiste à apprécier la joie de sauver des vies. Nous pouvons tous être des héros. Nous pouvons tous être des Schindler.

Beaucoup trouveront que ce calcul moral est naïf et simpliste. Beaucoup de personnes intelligentes, ainsi que les disciples de la pensée d’Ayn Rand [de la théorie de l’égoïsme indifférent intégral], en ont rejeté le postulat. Et pourtant, je dois avouer que ça m’a remué. J’en suis arrivé à la conclusion que je devais donner plus aux œuvres de charités. Beaucoup plus, sans doute. Mais parmi les millions de causes à défendre, lesquelles choisir ?

..

Il existe des organismes de charité pour lutter contre le paludisme, réduire la cécité, protéger l’environnement, combattre le cancer, voire même effacer gratuitement les tatouages de personnes en difficulté sociale (ce qui, d’après mes recherches, vaut d’être considéré avec sérieux, puisque l’opération permet d’effacer les signes d’appartenance aux gangs et offre aux jeunes un nouveau départ – je ne devrais pas être si bêtement condescendant)..

..

Que ferait Spock à ma place ?

Je me suis fixé comme objectif de découvrir comment mes 1.000 dollars de donations pouvaient aider au mieux, effacer le plus de souffrances et engendrer le plus de joie. Je dois trouver comment faire un maximum de bien.

..

Première étape, je passe un coup de fil à Will MacAskill, professeur associé de philosophie à l’université d’Oxford et auteur de l’ouvrage "Doing Better Good" [Faire mieux le bien]. Il porte des lunettes aux montures rectangulaires et arbore des rouflaquettes touffues. Il n’a que 28 ans mais il paraît plus jeune.

..

MacAskill est un des fondateurs d’un mouvement social qu’il a appelé l’altruisme efficace, encore discret mais qui fait chaque jour de nouveaux adeptes. La philosophie qui sous-tend l’altruisme efficace (ou AE) est de donner aux organismes de charités le plus rationnellement possible. Que ferait Spock à notre place ? Décortiquer les chiffres, disséquer les preuves, mettre son cerveau en marche. Et ne pas se laisser influencer par les faiblesses de son cœur...

..

Pensons à la révolution induite par les calculs statistiques dans le monde du sport, faisant fi des instincts et s’appuyant froidement sur les chiffres. C’est Le Stratège, version sauveur du monde. Sans surprise, cette notion d’altruisme efficace trouve un écho chez les types de la Silicon Valley. Associez à l’esprit d’ingénieurs la prétention de pouvoir pirater le monde entier, emballez le tout de grosses injections de fonds, et vous avez votre AE.

..

Pour quelqu’un qui a passé sa vie à aider ceux qui sont dans le besoin, les réactions que provoque MacAskill sont étonnamment hostiles. [C’est que l’efficacité a un coût : celui des effets induits, des frais toujours externalisés, des conséquences négatives sur d’autres secteurs de la société !]. Comme cet email qu’il a récemment reçu :

La suggestion de la tronçonneuse vient en réponse à un article que MacAskill a écrit concernant les Ice Bucket Challenge contre la sclérose en plaques. Il a osé dire que c’était une mauvaise idée.

..

Son point de vue est que nous ne devrions pas choisir d’aider une œuvre de charité sur la base de vidéos virales, aussi mignonnes soient-elles. Cela équivaudrait à choisir son chirurgien cardiaque parce qu’elle est sexy en blouse (l’analogie est de moi, pas de lui). Lutter contre la sclérose latérale amyotrophique est certes une juste cause, mais le monde présente des défis bien plus globaux, comme la pénurie d’eau potable en Afrique. Les défis du seau d’eau glacé ont conduit à un "cannibalisme du financement", dévorant les dons que les gens auraient pu allouer à d’autres causes, au rapport coût-efficacité plus élevé.

..

Les adeptes de l’AE citent trois critères à prendre en compte quand on examine une association caritative : l’échelle (est-ce que cela améliorera un nombre important de vies ?), la traçabilité (quel changement peut-on concrètement apporter, et ce dernier peut-il être mesuré ?), ainsi que la négligence (la cause est-elle traitée avec sérieux ?).

Pendant notre entretien sur Skype, je demande à MacAskill d’autres exemples de causes qui ne remplissent pas ces critères. « Eh bien, il vaut mieux éviter de donner aux associations d’aide aux sinistrés », rétorque-t-il.

« Vous voulez dire, comme pour les tremblements de terre en Haïti et au Japon par exemple ? » ai-je demandé. Il acquiesce. Là, je commence à avoir envie de démarrer la tronçonneuse moi-même, mais j’écoute tout de même ce qu’il a à dire.

..

Les catastrophes naturelles font beaucoup parler d’elles et génèrent un fort afflux d’argent. On peut lire dans l’ouvrage de MacAskill, par exemple, que les organisations d’aide aux victimes ont reçu des donations estimées à 330 000 dollars pour chaque décès causé par l’énorme tremblement de terre du Japon. Cette somme aurait pu aider – ou tout bonnement sauver – bien plus de vies touchées par ce que MacAskill appelle les « catastrophes naturelles continues », comme les maladies mortelles générées par les vers parasites en Afrique.

..

L’idée d’ignorer les victimes de tremblements de terre me donne l’impression de ne pas avoir de cœur, comme un Robert McNamara sur la fin vis-à-vis du Vietnam. Mais je saisis la logique.

..

Je demande à MacAskill quelles autres associations caritatives il éviterait. Sa liste est longue :

· La fondation Make-a-Wish. Ses donateurs sont parés d’un éclat chaleureux, mais les 7 500 dollars déboursés pour réaliser le vœu de Batkid – cet enfant qui a survécu au cancer pour lequel l’association a organisé une incroyable journée – auraient donnés plus de résultats s’ils avaient été investis pour aider un pays en développement.

· Les abris pour animaux. Non pas que les altruistes efficaces ignorent la souffrance animale. Nombre d’entre eux la considèrent au contraire comme une priorité. Mais regardons les chiffres : rien qu’aux USA, près de 3 millions de chiens et chats sont euthanasiés dans ces abris chaque année. Et près de 9 milliards de poulets – sans parler des dizaines de millions de cochons et vaches – sont abattus en usine. Ainsi, mieux vaut donner aux associations qui travaillent à réduire la consommation de viande animale.

· Les musées et l’art. Désolé. Les 40 millions de dollars que le MoMA a reçus pour baptiser une nouvelle aile du musée auraient pu servir à soigner 800 000 personnes de cécité. Ce type de raisonnement ne fait pas des AE les chouchous des habitués des galas de charité, vous l’imaginez bien.

Que devrions-nous donc faire de notre argent, nous autres altruistes efficaces, pour mettre fin au plus de souffrance possible ? Les AE ne sont pas tous d’accord sur la question, mais des causes communes apparaissent : les pandémies dans les pays du Sud (paludisme, sida), l’élevage industriel, les réformes du système judiciaire-pénitencier, les réformes sur l’immigration ainsi que certaines catastrophes à l’échelle mondiale (du réchauffement planétaire aux scénarios à la Philip K. Dick concernant les robots assoiffés de pouvoir).

D’accord. Mais il reste encore des milliers d’associations qui s’occupent de ces questions. Comment choisir entre toutes ? On commence par rejoindre le groupe appelé GiveWell. »

..

Donc, sont différenciés ces dons qui ne…s’occupent jamais du but et du destinataire de ce don (…ce que cela va apporter, changer - et puis ; est-ce que les conditions de l’offre du don restent respectueuse des humains !) – mais plutôt du segment pré-don. Faire briller l’aura des personnes qui s’y aDonnent dans le but de se faire briller par ces dons qui font briller ces personnages qui veulent se faire briller par ces dons. Le proverbe très connu - L’argent ne fait pas le donneur ! – s’applique excellemment à ces personnages.

……………………...........**********************************

..

Alors pourquoi le proverbe « L’argent ne fait pas le donneur ! » continue d’avoir raison – pourquoi donc ?

..

** 1) – Causes anthropologiques : ni la cognition ni l’intelligence ne sont le “propre de l’homme

..

L’éthologue Frans de Waal, spécialiste des grands singes, est néerlandais. Il vit aux Etats-Unis, où il enseigne à l’université d’Emory (Géorgie). Marié à une Française, il est en outre parfaitement francophone. Ses études sur les chimpanzés et les bonobos ont fait découvrir des compétences que l’on n’imaginait pas chez les primates non humains. Le sens politique, la culture, l’empathie : autant de comportements qu’il a fait connaître dans des livres abondamment traduits. Dans Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ? 320 pages), il s’en prend sévèrement à ses propres congénères et à leur supposée particularité. »

..

il-est-temps-d'arrêter-de-courir-après-le-propre-de-l'homme

..

Pourquoi vous attaquez-vous aujourd’hui à la cognition et à l’intelligence animales ?

Ce sujet, je l’ai suivi tout au long de ma carrière. J’ai vu la situation évoluer. Pendant tout le XXe siècle, l’idée était que chaque chose que l’animal faisait devait être mise dans une des deux boîtes : l’instinct ou l’apprentissage. Qu’il s’agisse d’un éléphant, avec son très grand cerveau, ou d’une souris, dont le cerveau est très petit. Maintenant, une nouvelle génération de scientifiques travaille sur des sujets plus intéressants en sortant de ces deux boîtes. Or toute ma vie j’ai pensé que ces deux boîtes étaient trop petites. Il m’a semblé qu’il était temps de rassembler tout ça et de parler de ce que beaucoup pensent encore être le propre de l’homme : la cognition et l’intelligence. » Dont les animaux sont – aussi – pourvu. Détrônant l’imposture. L’empathie c’est bien une « invention animale » Et le don ? Oui quelles sont les racines animales, naturelles oui de tout l’univers du don, de donner ?

..

..

** 2) – Causes humaines et sociales : donner ne peut que lutter contre les prétendus lois du marché ! Et ce n’est pas du tout de sa faute !

…..

La-lutte-contre-la-solitude-ne-sera-jamais-dictée-par-les-lois-du-marché

..

« Si nous continuons ainsi à désorganiser notre société, un Français sur trois risque de devenir seul. Cet isolement est très souvent corrélé avec de faibles ressources financières [oui pour « sortir », s’en sortir – allons, allons, la société n’a aucun esprit pratique ?] – alors imaginer un modèle où serait proposé à ces humains de rompre leur solitude contre de l’argent risque de faire encore plus hurler les inégalités. La tentation est d’autant plus grande pour ces nouveaux acteurs intrusifs au regard de l’importance potentielle du marché. »

..

Voici un diagnostic brillamment formulé – ainsi que, fort heureusement, le rejet collectif du développement de ces « ubers » du lien social. Ne serait-ce que par la très grave « maladie du regard » que constitue de ne tout voir que comme un marché important. Les « effets secondaires » sont la déshumanisation des pensées, l’insensibilité sociale, l’indifférence caractérielle, l’inhumanité et l’avidité dérégulée (bref des atteintes de l’épidémie de capitalisme sauvage). Des initiatives d’humains réunis et unis en associations y pallient tellement mieux en vraies luttes contre les solitudes. Malheureusement, les étourderies collectives tout comme le comment rendre son « attention efficace » omettent de signaler que ces associations sont très peu aidées par le circuit mercenaire de l’information. Des encarts gratuits leur sont permis dans les journaux régionaux - mais ces encarts sont sans cesse tronqués, vidés de l’essentiel du message et rétréci à des redondances glacées. Sinon le « ça ne fait pas vendre » n’obtient que peu d’articles objectifs. Sauf, celui ci qui a bien diagnostiqué que l’isolement massif (provoqué par la désorganisation sociale et les explosions d’inégalités) ne peut être combattu par ces …pratiques de marchés qui ont justement créé le problème. Des associations ont une information très claire à ce sujet – jamais un média dominant n’a répercuté ce savoir objectif de « ceux qui savent de quoi ils parlent ». C’est que, d’habitude, les articles sont présenté que c’est… « grâce au lecteur, à la lectrice du journal si ces associations ont pu accomplir tout ce qu’elles font en luttant, justement, contre cet égoïsme inefficace des spectateurs non acteurs – ce pourquoi les associations sont présentées comme « fonds de décor invisible » avec un paternalisme vraiment à côté de la plaque. Le message est égaré (ainsi que le concret, le pratique et tout ce qui est à notre portée afin de vraiment tout changer). Ce média qui – dans d’autres lieux ose le « mais que proposez-vous ? » et qui, lorsque c’est fait, prouvé et démontré par les actions concrètes… il noie tout, ce média. Et mérite tant le retour de la question « mais vous médias déloyaux que proposez-vous afin de résoudre ce problème ? » Ah oui de trop se soumettre et de ne jamais réagir. Bien servis avec des rêvasseurs comme vous ! Notons que le but de « guimauver » et de truquer le véritable don des autres reste dans le … « vraiment nous sommes dans une bonne société qui veuille à tout » Alors que ce sont ces démunis d’argent qui font les bons donneurs – en…luttant contre les trop de carences de cette société. De quel côté il fait oui le plus bon de vivre : de celui de ces bourgeois tricheurs qui se « monopolisent » (c’est illégal !) les bons rôles (qu’ils n’assument jamais dans le concret – qu’à l’image !), avec « leurs » médias mercenaires qui défigurent le « concrètement comment donner et aider. Les obstacles rencontrés. Comment les contourner. Et comment le paradigme de donner « gratuitement » (tous les autres dons ont…un prix masqué) peut changer toute la société ? Quel reste donc le côté où nous nous sentons vivre en vrais adultes ?

..

*** 3 ) - Autres – L’argent ne fait vraiment pas le donneur

..

C’est que la loi du marché n’est pas du tout désirée par la majorité des concitoyens qui n’y voit pas une « loi » mais bien un hors de loi (soit, plus trivialement, hors la loi, en commettant, d’ailleurs, une faute pas que d’orthographe !). L’argent ne fait pas le donneur implique tout un apprentissage personnel de sa transformation individuelle tant de la mentalité que du style de vie.

..

Ce n’est qu’après assimilation intégrale de compréhension de ces 3 grandes catégories de données que nous rencontrerons une parfait alignement entre

L’argent

Et le désir irrépressible de donner et de semer de la gratuité !


N'oublions jamais que la gratitude précède toujours... l'amour –

……………..et que gratuit et gratitude restent indisSociables...

..

……………………....…..*********************************

..

…toujours dans la rubrique : "Quelles sont les têtes qui NOUS aident vraiment ?"

Que la vaste compassion nous grandisse et nous nourrisse !!!

Sous copyleft……pour tout ce qui reste à but non lucratif

..

(à suivre)

tous ces posts sont effectivement reliés à une pensée globale ***

**** trouvez, aussi, un compliment à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuits http://www.freethewords.org/, onglet 1 "Les mamelles du repos", "Remue- ménage" et "L'athéâtre", onglet 2 " Comment devenir un (e) athée du capitalisme " ou bien "L'intelligence indestructible du capitalisme ?" et "La star des stars", "L'ardeur sociale" ou, encore, "Présent !", onglet 3 "La diction du dictionnaire" ou comment rendre tous les mots physiques", et "Rien de plus solide que le solidaire", sinon, onglet 4 "Où trouver encore du sérieux ?", "Nul n'est nul", "Je ne parle plus à qui a raison" ou bien, encore, "Assentiments aux sentiments".

Résistances au changement Impliquent changement de résistances

Structurellement, les classes moyennes ne savent plus penser

Pas de République si le politique ne prime pas sur l'économie.

La prospérité c'est pour tous, la richesse pour la minorité

L’Économie que l’on nous jette entre les jambes afin de faire tout autre chose ?

Je suis responsable de ma parole non de la compréhension des autres

Le si rare moment de la jubilation

La façon d’écrire se nomme infini respect

Plus il existe d’opinions très différentes, moins le monde risque de se tromper

Nous ne pouvons pas trouver de solutions si nous ne connaissons pas la réalité de la situation.

Faisons le vide des prétendus dirigeants à l’intérieur de nous !

….les anti-élites actuelles (…celles qui empêchent les vraies élites de réparer leurs dégâts !)

………………………

Si ce post a su retenir votre attention dans les 4 200 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on y trouve plus que prévu

L’économie du Bonheur : argent dépensé pour le matérialiser - et pas toujours avec des résultats...

L’économie du Bonheur : argent dépensé pour le matérialiser - et pas toujours avec des résultats...

L’argent ne fait pas le donneur !
l'altruisme est une création animale...

l'altruisme est une création animale...

L’argent ne fait pas le donneur !
c'est écrit partout

c'est écrit partout

et hautement défendues...ce que ne semblent plus capables de faire les prétendues (et à tort!) classes supérieures !

et hautement défendues...ce que ne semblent plus capables de faire les prétendues (et à tort!) classes supérieures !

entre ce que l’on veut faire « croire » de soi et ce que l’on est en réel ?

entre ce que l’on veut faire « croire » de soi et ce que l’on est en réel ?

L’argent ne fait pas le donneur !
L’argent ne fait pas le donneur !
l'argent ne tait pas le donneur...

l'argent ne tait pas le donneur...

le but commun n'est pas si vertigineux...

le but commun n'est pas si vertigineux...

Frans de Waal :Primatologue et éthologue : auteur de "Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l'intelligence des animaux?"

C’est d’avoir une stratégie qui englobe tout le monde

Peter Singer - "The Most Good You Can Do" - Le meilleur que vous pouvez.

La charité businness ne s'occupe jamais du devenir et de l'efficacité des dons - juste de monopoliser, illégitimement, la scène lors du pré-don - ce superflu spectacle !

La croissance rend-elle les gens plus heureux ? Claudia Senik, spécialiste de l’économie du bien-être et de l’économie comportementale, répond à cette question. La croissance des dons oui…

Will MacAskill

Publié dans Devenir riches

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article