Avoir confiance dans les agences de notation ?

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Le pouvoir exorbitant que semblent avoir les agences de notation sur les pays appelle à un minimum de recherches à leur sujet…Les années 2006 à 2009 ont été les années phares de beaucoup de leurs notables erreurs et de leurs flagrantes incompétences, selon Michaël Lewis (Le casse du siècle, The big short, septembre 2010). Les égarements avérés de noter les obligations hypothécaires subprimes en triple A dévoilent quelque peu un pot aux roses qui ne peut que permettre de dresser de salutaires contre-pouvoirs contre ces agences de notation devenues trop  hégémoniques…"Les agences de notation sont tout en bas de l'échelle, et les personnes qui y travaillaient ne semblaient réellement pas savoir à quel point elles s'étaient faites berner par les grandes banques de Wall Street  (p. 204 - ibid )." Que voici une phrase mystérieuse qui demande comme des éclaircissements…

 

"Toutes les agences de notation ne pensent qu'à une chose : maximiser le nombre de titres qu'elles évaluent pour les banques d'investissement de Wall Street, et engranger les commissions. Moody's, jadis une SARL, avait été introduite en Bourse en 2000. Depuis ses revenus ont explosé, passant de 800 millions de dollars en 2001 à 20,3 milliards en 2006. Une bonne partie de cette croissance provient de la partie obscure de la finance immobilière connue sous le nom de finance structurée. Le meilleur moyen d'avoir le business des fabricants de produits structurés est encore de valider leurs hypothèses (p 202 Michaël Lewis – Le casse du siècle, The big short)." Lorsque vous avez un client payeur en face comment le noter à bon escient, en somme !!!

 

Déjà les agences de notation viennent de nous montrer un historique donc des évolutions visibles… 

 

"Toute l'industrie reposait sur les agences de notation, mais les gens qui y travaillent appartiennent à peine à l'industrie (p 201 - Michaël Lewis – Le casse du siècle, The big short)." Voici qui ne nous sort pas vraiment de la confusion…"Le prix du produit fini dépend cependant des notes que lui attribuent les modèles de Moody's et S&P. Et les mécanismes internes de ces modèles étaient officiellement un secret : Moody's et S&P prétendaient qu'ils étaient infaillibles (p. 134- ibid)." Comment une telle infaillibilité a pu causer autant de catastrophes ?

 

Au départ, ce qui a pu prêter à confusion est que les obligations hypothécaires subprimes sont classées non parmi les obligations hypothécaires mais parmi les "titres adossés à des actifs" (comme cartes de crédits, prêts auto…)…"Mais qu'importait : les agences de notation, qui touchaient de grosses commissions de Goldman Sachs et d'autres banques de Wall Street pour chaque titre qu'elles évaluaient, décidèrent que 80 % de la nouvelle tour de dettes était triple- A" (p 107- ibidem)"…quelque chose de nouveau se passait, oui oui les piles de "prêts à la consommation" soi-disant diversifiés que les banques de Wall Street demandaient à AIG d'assurer ne se montraient plus composées à 2 % de crédits subprimes mais bien à 95 % (p. 104 - ibid )." "Les opérations, au dire de tous, étaient validées sans discussion d'uncôté ou de l'autre. AIG vendait désormais des CDS sur des subprimes triple A pour une prime dérisoire de 0,12 % par an (p. 105- ibid )." Comment expliquer ce dumping alors que c'est le transfert lourd de la responsabilité de toutes les pertes à venir sur les obligations hypothécaires  subprimes triple B ? Quelle légèreté d'approche !!!

 

"L'idée derrière les CDO était de camoufler une grande quantité de risques des marchés liés aux subprimes que les banques avaient été incapables de placer honnêtement (p. 185- ibid )."… "Les CDS, filtrés à travers les CDO, étaient utilisés pour répliquer les obligations adossées aux prêts immobiliers. Il n'y avait pas assez d'Américains avec un crédit merdique qui faisaient des prêts pour que l'appétit des investisseurs pour le produit final soit satisfait (p 187- ibid )." D'où on synthétise à partir de rien, soit en faisant semblant "d'adosser aux 2 000 milliards d'obligations déjà évaluées…"l'effritement frauduleux d'un marché obligataire américain qui représente plusieurs milliers de milliards de dollars aura été une catastrophe pour la démocratie (p. 213- ibid )."

 

Nous percevons bien une série d'engrenages vicieux qui ont amplifié et multiplié les défauts de chaque intervenant (ici, les agences de notation !)…"Les agences de notations gagnaient 10 fois plus en notant des CDO qu'en notant des obligations GE, et tout ça allait se terminer (p. 218- ibid )." Placées dans ce tourbillon, les agences de notation trahirent clairement leur mission – évaluant des CDO sans même avoir vérifié du tout ce qu'ils renferment (p 224 - ibid )." Voici qui semble très anti- professionnel !!! "Ainsi, un ancien analyste des obligations hypothécaires subprimes, témoigna, devant le Committee on Oversight and Government Reform que, "le directeur de S & P, en charge de la surveillance des obligations hypothécaires subprimes, ne croyait pas que les données au niveau des prêts étaient nécessaires", moyennant quoi toutes les demandes de créations de bases de données en interne ont été rejetées (voir p. 217- Michaël Lewis – Le casse du siècle, The big short)."

 

Nous approchons du noyau profond – nous allons piger vraiment !!! "La terminologie du marché des obligations n'a pour seul but que de dérouter les gens de l'extérieur (p. 167- ibidem)". Un CDO  c'est qui ou quoi ? Un ABS [ un titre adossé à des actifs ] ça je connais mais il diffère si radicalement des étages des tours d'obligations hypothécaires subprimes triple B. La tranche du bas – l'étage le plus risqué - ne s'appelle du tout pas rez de chaussée mais mezzanine ou "mezz"…le CDO est composé uniquement des mezzanines ; il devient même "un CDO de finance structurée" (p. 167- ibid)"…d'où la rhétorique décryptée : quelle est la contrepartie du marché des obligations hypothécaires subprimes ? Tilt ! Ce sont les CDO . Voir pages 167 et 168, plus 173, afin de capter toutes les fuites spéculatrices dans des appellations multiples et incontrôlées.  Tout cela pour trouver cet effet de levier sans recours…et, pour nous, toutes les traces étoilées (et identifiables) des conséquences…"le CDO était, de fait, un service de blanchiment de crédit pour les américains de classes modestes (p. 107 - Michaël Lewis – Le casse du siècle, The big short)."…"Le marché payait les traders d'obligations pour qu'ils rendent le marché le moins efficace possible" (p. 107- ibid )." Paradoxal ?

 

L'incompétence plus recherchée que l'expertise ? Le marché des subprimes avait sous-traité ses analyses de crédits à des gens qui ne les effectuaient même pas (p.139 - ibid )". A ce point ? Un témoignage d'une analyste d'agence de notations nous édifie ainsi : "ses patrons ne l'autorisaient pas à déprécier les obligations qui, selon elle, méritaient de l'être. Elle soumettait une liste d'obligations, qu'elle considérait comme surévalués à ses supérieurs, et recevait en retour une liste de celles qu'elle était autorisée à déprécier (p. 139- ibid )." De l'ordre terrifiant d'à peine 25 pour 500 : sabotages internes multipliés donc par 20 !!!

 

Jamais un marché si peu concurrentiel et si peu libre n'a pu durer plusieurs années…"Le plus grand marché de capitaux du monde [puisque nettement supérieur au marché des bons du Trésor américain] n'était pas un marché, c'était autre chose – mais quoi ? (p. 233- ibid )." La réponse judicieuse à ceci permettra, sans doute, d'annihiler toute spéculation à la source un jour proche !!! Ce qui n'est pas rien !!!

 

La lecture des mystères des krachs, venant d'un tout autre angle de réalité, d'un autre site de travail, nous offre que…"l'astuce était de les détecter avant les autres – de découvrir que Moody's ou S&P préféraient les prêts à taux flottant avec des taux d'appel bas aux prêts à taux fixes. Ou que des agences se moquaient de savoir si les prêts étaient accordés sur un marché immobilier en expansion ou sur un marché calme. Ou qu'elles fermaient les yeux devant la fraude implicite que constituaient les prêts no docs. Ou qu'elles ne voyaient pas les "secondaires silencieuses" – en gros une seconde hypothèque ignorée du premier hypothéqueur et qui ôte tout désir de l'endetté à vouloir le payer (p. 137- Michaël Lewis – Le casse du siècle, The big short)."

 

Nous sommes, de plein pied, dans le monde à pièges multiples des crédits par instruments, des produits dits dérivés…dont le pot aux roses s'articule ainsi…la machine à titrisation est le principal centre de profits de Wall Street et avec la crise 2007-2009 ça pourrait complètement cesser…

 

La nouvelle crise 2010- 2011 esquisse, ainsi contextualisée, les tâtonnements de comment remplacer ces dispositifs (y compris avec les agences de notation envers lesquelles nous ne pouvons plus avoir confiance) qui ont,déjà, permis Le casse du siècle, The big short… Soit jouer à la baisse, jouer pour la ruine du marché immobilier, la faillite des entreprises ou des banques, mêmes des Etats (étrange manière de lever des fonds afin de, paraît- il, financer l'économie …en la détruisant dans sa totalité?)

 

La contre-attaque judicieuse à ceci permettra, sans doute, d'annihiler toute spéculation à la source un jour proche !!! Ce qui est exactement l'essentiel !!!

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuits freethewords.org,   onglet 4  "Nul n'est  nul", onglet 3 "Légalité de l'égalité", onglet 4  "La démagogie n'est utile et utilisée que par qui est déjà au pouvoir ". Et, surtout, RIEN DE PLUS SOLIDE QUE LE SOLIDAIRE, onglet 3,  ainsi que LA QUESTE DES QUESTIONS (qui a démuni les démunis ? qui a déshérité les déshérités ? etc), onglet 2.

Résistances au changement      Impliquent changement de résistances

Structurellement, les classes moyennes ne savent plus penser

 

Si ce blog a su retenir votre attention dans les 1 200 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on trouve plus que prévu

 

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