COMMENT DEVENIR UN(E) ATHEE DU CAPITALISME

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Les lieux communs, comme les prisonniers, semblent toujours sonner tels des délits. C'est la rançon du Progrès, clame, satisfait, le délictueux conformiste. La rançon du Progrès? Pourquoi? Y’a kidnapping ? Serions-nous tous pris en otages ? Puisqu'il n'y a rançon que lors de prise d'otages, de kidnapping ou de détournement des buts premiers. Nous sommes donc tous otages d'une si peu amicale séquestration. Et que si l'on n'arrête pas le Progrès c'est, qu'en plus, il y aurait comme des complices. Bilan: prise d'otages aggravée de complicité préméditée. Les insurgés contre le réel ne sévissent que chez les conformistes, ces marginaux quasi définitifs. Qui sont-ils ?

 

 

*****************Table des matières

 

Première partie*******LE CAPITALISME EST UNE RELIGION MASQUEE

   - 1 -  Secrets de méthode

   - 2 - Aller au fond des débats

   - 3 - Conséquences en cascade

   - 4 - Aujourd'hui la Religion ne fait pas rage où nous le croyons

   - 5 - Découvertes, frontières, problèmes, solutions et crises

   - 6 - Prédestination et égoïsme : genèse du capitalisme

   - 7 - La Religion capitaliste : se débarrasser mentalement des autres

   - 8 - Actuel destin de la prédestination et de l'indifférence

 

Deuxième partie*******QUI VEUT ETENDRE SON VENIN MONDIALEMENT

   - 1- Nul n'est censé ignorer la loi

   - 2 - Capital clandestin

   - 3 - Fracture sociale

   - 4 - SMIC et trop hauts revenus

   - 5 - Le riche en grand exclu

   - 6 - Le discours sur l'exclusion renforce l'exclusion

   - 7 - Chiffrer ou déchiffrer ?

   - 8 - La valeur suprême : maximiser les profits

   - 9 - Que coûte l'entreprise à la Société ?

   - 10 - Un système impersonnel ignore toute causalité

   - 11 - Spéculation

   - 12 - Licencieux licenciements

   - 13 - La fable des abeilles ou le Mal comme thèse d'Etat

   - 14 - Les dirigeants sont-ils des délinquants ?

   - 15 - Le langage a toujours été loyal

 

Troisième partie*******LE CONFORMISTE EST UN ÊTRE DANGEREUX

   - 1 - L'expérience qui tue

   - 2 - Le conformisme se prend pour un tribunal

   - 3 - Un tribunal qui exclut que d'autres puissent le juger

   - 4 - Les opposants factices

   - 5 - Parler avec passion ou conviction est-ce donner des leçons ?

   - 6 - La République vit sur la division

   - 7 - C'est notre état intérieur qui crée ce monde

   - 8 - Les sentiers battus

             * Races

             * Vouloirs

             * L'effrayé recul devant toute implication

             * L'alibi de la complexité

   - 9 - Sauver le monde tout seul

   - 10 - La honte change de camp

              * Marteau

              * Rouge

 

Quatrième partie*******L'AMOUR SOCIAL EXISTE (QUELQUES SOLUTIONS)

   - 1 - Nous savons de quoi sera fait demain

   - 2 - Les contournables

   - 3 - Tout est basé sur la base

   - 4 - Et tout est assommé au sommet

   - 5 - La consommation solidaire annule toute sommation de la con-sommation égoïste et irresponsable (donc pire qu'infantile)

   - 6 - L'égoïsme se révèle perdant sur toute la ligne

              * Véloce vélo !               

   - 7 - Chacune et chacun détient le monde entre ses mains

   - 8 - L'égoïsme est désormais un délit

   - 9 - La pauvreté s'affirme preuve d'intelligence

 

 

 

        LA RELIGION MASQUÉE DU CAPITALISME ÉTEND

                     MONDIALEMENT SON VENIN

 

 

    Qu'il ne soit pas aperçu, en l'actuelle période où stagnent toutes les apparences, que les formes religieuses soient toutes vues comme en régression, et que la Religion de l'égoïsme se drape de ce nouvel alibi, comme elle s'est toujours parée de tous les autres alibis (à croire que ce soit sa seule activité), ferait manquer le fait que cette dite régression soit fausse. La Religion masquée du capitalisme, dans les principales formes que nous venons de dévoiler, mais dans quelques autres encore, n'a jamais été aussi virulente, qu'aujourd'hui. Que les conformistes superficiels ne se gaussent pas - et ce rire convulsif qui ne rit jamais de bon cœur est, peut-être, le masque de la peur- de ce passé province, de l'anachronisme province. Vu d'un regard complet leurs attitudes risquent de le paraître infiniment plus. Parce que cette Religion masquée pourrait être en passe de devenir mondiale. Le danger n'a donc jamais été aussi grand. Semblable demeure le noyau dur: prédestination car comment expliquer autrement l'acceptation "détachée" et je m'en foutiste" de la multiplication des inégalités injustifiables, et la totale indifférence "légitimée" face aux autres. Ils l'ont bien "mérité" même lorsqu'ils "subissent". Un seul exemple afin de prouver la persistance de la "prédestination" dans le profond des mentalités, encore aujourd'hui: lorsque vous entendez un politique dire je "suis élu", vous décrypter bien la glu de la prédestination, puisque le bon phrasé reste "j'ai été élu", par les électeurs et cette origine me restera attachée. Je "suis élu" garde connotation "d'élection divine", mis "au-dessus" par lui seul et pas de compte à rendre, avec de l'ontologie du verbe "être"(élu comme essence) en place de simple descriptif (acte subi d'avoir été élu). Vous retrouverez ces traces dans tous les actes de la vie quotidienne. Comment faire alors ? Le premier antidote c'est que d'avoir, ainsi, démasqué les origines répulsives de cette Religion glacée aboutit à ce qu'elle ne pourra jamais plus se désengluer de cette trame répugnante, ce qui ne pourra que la disqualifier à terme. Patience!

  Nous, qui sommes du côté du réel et contre tous ces insurgés du réel que sont les sectateurs de cette Religion masquée, n'entrons en lice que lorsque le danger peut être clairement circonscrit, encerclé. La Religion masquée du capitalisme n'a plus aucune compétence dans le réel. Ses propagandistes encore moins. Nous allons toujours plus le démontrer. C'est sur ce terrain, uniquement, que nous sommes plantés. La chaîne des catastrophes qui se prépare ne sera plus du tout cachée. Les renversements de vision vont vous offrir les visions du renversement.

 

-  Nul n'est censé ignorer la loi. Qu'il la lise ou qu'il ne la lise point. Qu'il la connaisse ou la délaisse dans son coin. Que peu, vraiment très peu, la sache, rien n'y change, rien n'y fait, nul n'est censé ignorer la loi. La dédaigner. Ne point la voir. Pourquoi? Parce qu'elle s'applique tout uniment à tout le monde, personne ne s'évade de son orbe.  Aucun coin de la loi n'ignore le moindre recoin de chaque être. L'impossibilité de méconnaître la loi porte son revers qu'elle ne peut méconnaître personne. Là, évidemment, commencent les "oublis". Or seule l'égalité, voire la fiction de l'égalité, peut faire tenir la loi. Puisque si tout n'y était qu'inégalité, pourquoi l'inégalitaire, par fatalité, par naissance, par défaite cinglante de toute intelligence, ferait le moindre effort? Celui qui ne croit  à rien n'est pas solvable, dévoile l'image de l'entier réel. Pourquoi suivre une loi qui ne serait qu'émiettement incohérent de catalogues de gangs séparés, à part? Comment croire à une loi qui n'a pas d'assise universelle, qui se révèle incapable d'intégrer l'inégalité, l'inégal traitement de tous ? Nul n'est censé ignorer la loi parce que la loi n'est censée ignorer personne. Rencontre avec l'Autre. Le point de vue qui se retourne en vue du point. L'Indien qui est découvert et non l'Amérique, cette appropriation toujours illégale de l'homme blanc. La loi n'ignore plus personne parce que les Indiens avaient découvert l'Amérique et que Christophe Colomb ne les a pas découvert. L'Autre peut, désormais, nous rencontrer. La loi existe ! Les délinquants qui restent seuls à découvert, comme nous vous le promettions, sont les aveuglés d'intérêts. A nous de faire que, dorénavant, il n'y ait plus "d'oublis". L'Inégalité, à ne pouvoir masquer ses intérêts sordides, gâche tout, salit,  profane, abîme, patachon  stupide, cupide écervelé: lui seul a besoin de la loi pour se protéger. Son égoïsme, avant que d'être un délit, se révèle une totale stupidité. Nul n'est censé ignorer la loi puisqu'elle dit la légalité de l'égalité et toutes les illégalités des inégalités. En droit.

 

2- Capital clandestin. Ce retournement définitif de la vision qui accueille l'Autre nous offre, désormais, l'image entière du réel. Lorsqu'un spéculateur peut ruiner un pays entier, lorsque, tous les jours, un nuage prédateur de 1000 milliards de dollars (de 5000 milliards de francs soit 3 fois le budget annuel  de la France, tous les jours 3 fois le budget annuel français, vous vous rendez compte) dévaste la planète, nous avons là, il semble, l'intrusion précise du capital clandestin. Et sa face noire violette rouge jaune ou blanche est toujours une face clandestine. Il agit toujours en douce, sournoisement, il attaque toujours les valeurs collectives, les monnaies communes, les peuples entiers. Aussi, qui veut rester logique avec lui-même, fut-il de la droite extrême et qui prétend derechef aimer son peuple, devrait, sinon s'opposer fermement au capital clandestin, du moins le signaler clairement. Au lieu de se rétrécir au minuscule travail clandestin  qui ne met strictement rien en péril sinon le travailleur appelé par ces prédateurs là. Et Eurodisney fut construit par des travailleurs clandestins. L'A 6 aussi. Et tant d'autres ouvrages. Assez de documents existent pour qui veut vérifier. Ces travailleurs ont été cherchés jusque dans leurs pays, amenés sur place avec des contrats sans durée du tout, reconductible aux caprices du doublement illégal personnage ou institution qui ne veut jamais obéir à aucune loi, fut-elle de son pays, et ne veut pas établir un contrat en plein jour, avec papiers légaux à la clé. C'est donc encore le capital clandestin, sombre, planqué, masqué, caché, qui est derrière le travail clandestin. A quoi sert donc d'attaquer les effets sans remettre en cause les causes. D'éviter ce réel disqualifie tout verbiage à ce sujet. Surtout de...prétendus de gauche. Depuis que Christophe Colomb n'a pas découvert l'Amérique nous découvrons tout, il semble. La même énergie résolutrice sera dans tout. D'autant que le piège fut parfait: les sauterelles écervelées et illégales sautèrent sur l'alibi de "l'économie mondialisée", la pire poisse qui pouvait leur tomber dessus. Ce clair ouvrage, en effet, raconte que l'Indien a découvert l'Amérique, c'est-à-dire qu'il découvre que les intérêts d'une entreprise Y ou Z n'a plus rien à voir avec les nationaux, les travailleurs nationaux de ce pays, mais sont bien souvent opposés. Tandis que la firme autre ou japonaise, elle, peut épouser tous les intérêts des travailleurs de ce pays, les consolider. Vouloir être national devient alors de dire bravo aux autres et haro aux mêmes (les compatriotes). Qui veut s'autoproclamer nationaliste n'a donc pas d'autre voie de sortie que de combattre, farouchement, le capital clandestin qui peut ruiner son pays. Et lui seul. Personne d'autre. Et surtout pas le travailleur dit clandestin. Tout racisme stoppé au niveau des apparences devient la plus grotesque des conneries. L'Autre le laisse à découvert!

 

3- Fracture sociale. "L'État ne se définit pas par l'unité, l'uniformité, mais par un ensemble hétérogène d'administrations insérées dans des systèmes d'actions qui toutes ont la prétention à incarner l'intérêt général, mais qui ne forment pas un bras séculier efficace et neutre" (L'exclusion- L'état des savoirs). Le coup de "la fracture sociale" se voit asséné hors de toute logique: car qui crée la fracture, quelle est la cause qui cause et dont il n'est jamais causé? "Non seulement les riches, mais tous ceux d'entre nous qui vivons dans l'aisance et savons parfaitement bien que nous pourrions  soulager tant de pauvres si nous nous mettions en tête de le faire serions coupables" (Morwyn - JC Powys). La Religion de l'égoïsme sévit donc: "Ces gens qui profitent  de ces codes moraux ( colère , égoïsme, cupidité, mensonge, des péchés qui méritent châtiment ) pour en attribuer l'origine unique au créateur" (Morwyn). Les découvertes restent interdites. "Les représentations officielles du fonctionnement de la société s'appliquent à ne pas heurter certains  de nos mythes fondateurs, au premier rang desquels le mythe du progrès. (c'est-à-dire plus les riches seront riches plus les pauvres le seront moins- selon toute apparence, ce progrès là ne fonctionne toujours pas). Or, prendre en compte la complexité du monde, c'est abandonner la cohérence du mythe pour affronter une réalité où les formes du mythe ne vont pas de pair." (L'exclusion, L'état des savoirs) Le politique, afin de ne pas déranger les conformistes stériles, anti-créatifs, anti-évolutionnaires, assis et jamais en action...etc, sacrifie toutes les forces vives et intelligentes de la Société. Le meilleur est sacrifié pour une totale inefficacité. Le politique refuse, entêté, fuyant le réel ,  impossible à raisonner, ne connaissant ni la logique ni la structure intime de la pensée...etc, il refuse de "cesser d'affirmer, jusque contre l'évidence, que rien n'a changé d'essentiel depuis la période où l'économie a pu être, sans difficultés majeures, le moteur du social." Répéter les mantras du passé comme seul argumentaire prouve que l'Autre ne leur est toujours pas apparu. La "fracture sociale" dénote "une vision unitaire de la nation et l'unité du corps politique, culturel et social sans cesse menacée par les grandes crises sociales(...)pour un espace national crispé sur le besoin d'unité(...)cette unité se démontrant comme l'espace économique est vécu comme un espace de concurrence s'imposant sans qu'il soit possible de s'y dérober". Car , étrangement , "l'exclusion est un phénomène dont la source est principalement extérieure à toute Société. La responsabilité des politiques est niée". Prédestination impuissante et indifférence obligatoire ont encore frappé, toutes lisérées des enfantillages de leur prémices premiers- comme ce n'est pas nous, mais eux, nous ne ferons rien. Puisque nous ne le pouvons pas, demande la logique. La tautologie autiste de répondre: puisque ce n'est pas nous, mais eux, nous ne ferons rien. La Religion capitaliste expulse tout raisonnement, toute logique (le comble de l'exclusion!) dans sa dictature de refus du réel. "Quand on a, pour tous, une exigence commune, la charge la plus lourde est portée par les plus fragiles, et les fragilise davantage." (Les céfrans parlent aux français- Seguin et Teillard). Ainsi, les journaux, quand il y a des voitures brûlées dans une banlieue, titrent possédés de magie, que les banlieues menacent l'ordre social, sans même analyser concrètement la situation. Voici des individus sans beaucoup de moyens de transport, sans aucun moyen de communication ou de diffusion, qui se trouvent attaqués par le chômage et la précarité voulus que préfère la Société de l'Économie virtuelle, des personnes donc reléguées dans leurs quartiers qui y détruisent la matière même de ce quartier. A part porter préjudice à eux-mêmes il est délirant d'oser que ces minuscules actes encerclés pourraient semer le désordre dans la Société. Par quels moyens magiques vu l'analyse précédente? Par quel irrationnel procédé de contamination? Non, non, ce genre de propagandistes de la fuite du réel entraînent, derrière eux, les cerveaux faibles et intoxiquent les dangereux conformistes qui ont perdu toute dignité puisqu'ils gobent tout et n'importe quoi. Conclusion: souvent, les médias , sur le réel, vous égarent et vous intoxiquent de leur non savoir de spectateurs. L'analyse de qui ne découvre pas l'Amérique reste, elle, simple comme bonjour: pour semer le désordre il faut avoir sacrément des moyens. Qui monopolise  transports communications diffusions...etc? Qui peut donc nuire à la Société?  Eh bien le capital clandestin, le capital au noir, le destructeur de tous liens sociaux, l'antisocial de la Religion de l'égoïsme, nuit énormément à la société et le spéculateur apparaît comme le principal fauteur de troubles, l'unique rebelle au réel complet. "La conscience de la rareté accessible à tous fondait le projet de l'Économie, le projet de lutte contre la pauvreté" (L'exclusion). Projet trahi par qui? Par les pauvres évidemment ! La rareté de la conscience (qui inverse dialectiquement la conscience de la rareté) devient dramatique lorsque rare qui possède l'entière image du réel, seulement accessible à qui a perdu toute forme d'égoïsme. La conscience ne s'éveille que lorsque l'égoïsme s'éteint. Solution à la fracture sociale? Facile: il faut et il suffit que tout le monde accepte sa propre pauvreté. Chiche soyons chiches. 22? "Une série de cercles vicieux qui en font une victime quoi qu'il fasse: impossibilité de constituer des réserves financières, et donc de prévoir, non accès au savoir, dépendance vis à vis de l'employeur, vulnérabilité à l'égard des commerçants et des logeurs" (p 45). Évidemment les riches, très conscients de ces contraintes impossibles, ne se permettent plus de stigmatiser les pauvres puisque la logique ne peut masquer que lorsque nous ligotons bras et jambes de quelqu'un, lui cachons yeux et oreilles, lui faisons sans cesse des crocs en jambe et, en plus, lui tapons dessus sans arrêts, il semble difficile de pratiquer en toute équité, en tout fair play, en toute égalité, la course. Et que lorsque, malgré tout, cet individu remporte la course, c'est bien aux stigmatiseurs de perdre toute honorabilité. L'Indien a bien découvert l'Amérique!

 

4- SMIC et trop hauts revenus.Le SMIC, "selon certaines analyses, loin d'être un rempart contre la pauvreté, serait devenu un facteur supplémentaire d'exclusion" (p545). Ces analyses, évidemment, ne se poursuivent guère, elles restent unijambistes, manchotes, borgnes. Ne voyant qu'à peine la moitié de l'image du réel. Car si le SMIC est accusé, unilatéralement, de nombreux défauts sur le plan économique, c'est encore la découverte de l'Amérique: ne sont accusées que les plus petites choses prétendues avoir, seules, les plus grands effets. L'homme de pouvoir est donc très très pauvre, incapable de diffuser sa pensée, elle se diffuse quand même, il travaille clandestinement, faisant économiser au monde, et tous les jours,1000 milliards de dollars, il est ignoré de la loi mais pas oublié de ses "libérales" libéralités...etc. Le riche, lui, ne produit aucun effet sur la planète. Puisque la folie exponentielle des hauts salaires n'a aucun défaut économique. 350 personnes possèdent comme plus de 3 milliards d'autres, mais n'ont absolument aucun impact: cet irrationalisme se permet de nous dicter qu'il faut lutter contre la mondialisation mais surtout pas au niveau mondial, soit les trop hauts revenus. Si le dirigeant prélève à lui seul la moitié de la masse salariale d'une entreprise, il est, pourtant, clair que toute possibilité d'amélioration interne devient inavouable. 100 millions devraient avoir tout de même plus d'impact que 5000 francs: tiens justement 20.000 fois plus et donc tant de possibilités d'emplois envolées, volées. Et qu'il ne nous soit pas seriné la fonction structurante de la richesse: dans l'image intégrale du réel, nous n'y voyons qu'une fonction destructrice et insurgée par rapport à ce réel complet. "Dans son principe, le revenu minimum a pour finitude de relâcher le lien entre revenu et travail." (p 549 L'exclusion). Et les revenus trop maximums? "Le pauvre est toujours suspect de vouloir profiter du travail des autres" (p 419 L'exclusion l'état des savoirs) La preuve? Il reste toujours, non seulement aussi pauvre, mais même toujours plus pauvre. Le système américain s'impose donc comme le modèle reposant sur la méfiance et la stigmatisation préméditée des pauvres, fuyant toujours plus le réel dans la Religion masquée de l'égoïsme. Ainsi cet occident, qui décrétait sa seule anthropologie, dont il persiste encore à lancer le filet malade sur les autres civilisations, a trouvé une aveugle sociologie puisque toutes ses propositions ("qui réfléchissent de manière scientifiquement pertinente") se trouvent mieux appropriées dans la description précise du riche masqué. "Le risque serait grand, aujourd'hui, au nom de la défense de l'emploi, de laisser se déformer la structure des emplois par des trop hautes rémunérations ne reposant sur aucun critère objectif" (p 546 L'exclusion). Puisque si le P.I.B. d'un pays comme la France a augmenté de 150 %en 20 ans, il en va de même au niveau mondial, nous n'avons jamais été aussi riches sur la Terre qu'aujourd'hui. Bon, tout va bien alors ? Pas du tout. L'image entière du réel détecte que cette richesse collective est détournée par toujours moins d'individus, de plus de "vrais" démocrates, et, qu'en ce domaine, le smicard n'y peut être pour rien. Le capitaliste enragé de la Religion de l'intolérance, devient le seul visible fauteur de troubles, le seul émeutier de la confusion, le casseur de la collectivité entière et le dernier insurgé du réel. "Le renversement des valeurs traditionnelles qui associaient la vertu à la pauvreté et regardaient la richesse comme la voie vers la corruption" peut très bien se faire dans l'autre sens. Pauvreté n'est pas vice, dit encore la forme en creux de l'inégalité arrogante, la fin du syllogisme offre la logique que la richesse n'est pas vertu. "La richesse perd son attrait moral, devient proprement inutile" (p 406 L'exclusion). Par là, nous constatons que la "double désassimilation des riches n'est pas la même aux USA, France et Royaume Uni que dans l'Europe méridionale, par exemple, où les processus de "désinsertion sociale" des riches sont plus limités. Le point central devient le renversement d'optique de la Société qui ne voit plus les riches comme des coupables, mais comme des victimes" (p 423). L'impératif social se muant en "réduire l'exclusion" (p 424). L'Indien n'a pas recouvert l'Amérique de mensonges!

 

5- Le riche en grand exclu. "Il existe dans les sociétés modernes(...)des processus qui aboutissent à l'exclusion d'une partie de la population(...)la mise à distance des groupes sociaux discrédités ou jugés menaçants pour l'ordre social" (p 568 L'exclusion) en découle. Le droit à un niveau de vie convenable, comme le veut la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, implique qu'il n'y ait pas de revenus poussés vers la folie exponentielle, autant vers le bas que vers le haut. Car "poser la question de l'exclusion c'est reconnaître que les droits de l'homme ne sont pas entièrement respectés" (p 547) et qu'il faut donc tout faire pour que les riches ne soient plus les exclus de la société, les disqualifiés et discriminés. Parce que "les politiques de lutte contre l'exclusion sont bâties sur l'incompréhension plus ou moins profonde des mécanismes sur lesquels elles sont censées agir. Elles sont également tributaires de nombreuses idées reçues". Le conformisme reste la bête noire la plus destructrice qui se puisse imaginer puisque, toujours hors du réel, il se permet avec une arrogance scandaleuse, d'empêcher ceux qui appréhendent bien la réalité de pouvoir agir efficacement. Puisque le fond du problème, une fois de plus démasqué, de cette Religion masquée qu'est le capitalisme, dans un de ces deux mécanismes premiers toujours plus actifs, reste de mettre à distance tous les autres. L'Autre par l'anthropologie unique, les autres par la propagande des lieux communs. Et la dés-affection (stigmatisation, exclusion, disqualification, infériorisation...) infligée aux individus ne laisse après la vague de fuite du réel que ce manque d'affection total qu'étale l'impersonnalité soi-disant objective de cette Religion qui n'assume plus rien, n'est plus garante de rien, incapable de toute culture c'est-à-dire cet "Autrui généralisé significatif". Le désespoir c'est la crise des attentes sociales collectives. Marcel Mauss ne disait-il pas "Je ne connais pas d'autre notion génératrice de droit et d'économie: Je m'attends. C'est la définition de tout acte de nature collective. Il est à l'origine de la théologie: Dieu entendra- je ne dis pas exaucera, mais entendra ma prière."(Œuvres) L'exclusion pour des raisons présentées comme naturelles repose sur un non-rapport, un refus des rapports sociaux et humains, une mise à distance de l'autre sertie de la gangrène de la pathologisation de tout sentiment. L'empathie se trouve indexée comme une maladie ! La Religion masquée de l'égoïsme aboutit à ce que le riche soit le plus grand exclu, l'auto-exclu, l'autopuni, s'auto-enfermant dans une prison à jamais close, se privant de tout le reste du monde. Il a perdu toute liberté. L'Indien retrouve alors la sienne ! Comme le dit la sociologie descriptive c'est un groupe exclu puisque l'information collective ne veut pas le rendre aux limpides conséquences de ses actions désordonnées, compulsives et hautement dictées par l'irrationnel. En tout le riche se conduit comme un grand exclu. Inconsciemment.

 

6-  Le discours sur l'exclusion renforce l'exclusion. Pour comprendre l'exclusion la sociologie nous propose donc le courant interactionniste. Le Je n'y est que relationnel, il lui est plaqué un Soi, une identité sociale, c'est-à-dire l'organisation impersonnelle de la Religion masquée du capitalisme. Chacune ou chacun peut y aller alors de "sa vie", son identité ne tournoie plus qu'autour du pour soi/pour autrui. L'extension instrumentale de cette vision en pixels sur en seul aboutit à un clignotement partout répercuté, le filet du déchiffrement vibre. Partout des signaux. Des signaux? C'est bien beau mais pour signaler quoi? Quel est le sens (non dans la compréhension du sens de la rivière, mais du sens de l'onde, quelle que soit la direction de la rivière)? La recherche du sens reste bien le but des protocoles expérimentaux, non? Eh bien le sens se racornit, c'est que le signal qui signale des interactions entre chaque individu. Mais chacun, dénucléé de lui même, vidé de toute identité qui ne soit pas dictatorialement imposée par la panoplie sociologique, reste strictement inconnu, case vide avec étiquette. Ainsi, de vouloir comprendre l'exclusion commence par exclure toute réalité d'individus réels. La sociologie veut bien étudier l'exclusion à condition qu'il n'y ait aucun "pathos" d'humain réel. Ce qu'il fait de ce qu'on fait de lui. "Parce que le moi n'est pas le propre de la personne à qui il est attribué, mais relève plutôt du type de contrôle social exercé par l'individu sur lui-même et ceux qui l'entourent" (Erving Goffman - Asiles). Ce protocole permet donc de comprendre l'immigré qui "entre" dans un monde social qui n'est pas exactement semblable au monde natif auquel sa prime socialisation l'avait familiarisé" (L'exclusion). Cette phrase dédouane ! En effet, cette phrase en forme de longue vue, avec le seul petit cercle porté comme ouverture sur le réel, devient en fait arme pour se débarrasser de l'homme. L'immigré n'est (ou si peu) pris en charge, sinon par la charge d'un descriptif de son fardeau où la conclusion n'apparaît jamais: son fardeau est tel que cet homme en devient surhumain. Donc, ou bien la description exagère ou bien le fardeau n'existe, encore, qu'à cause de l'égoïsme monstrueux qui se chourave, de plus, la bonne conscience. Ce que cherche à planquer cette sociologie interactionniste, poursuite du comportementaliste ou behaviorisme qui exclut tout l'homme de lui-même, pour n'en garder qu'une machine impersonnelle. Ainsi, tous les savoirs, pris dans le tourbillon de la Religion masquée du capitalisme, restent incapables de nous restituer l'entière image du réel. Ils restent tous piégés dans leurs frontières, minces régions du savoir qui fuient la complète réalité. Pour la sociologie sa question centrale ne peut que rester sans réponse, faute de remise permanente en question: comment le diagramme "inégalités-différences", auquel se résume, d'après nous, toute sociologie peut répondre du réel? Bon +ou -, bon même ou différent, que l'on mêle toutes les entrées possibles, il ne reste qu'un descriptif jamais une explication. L'observateur est d'autant moins neutre que l'objet de son étude ne correspond pas à l'entier réel. Savoir non neutre donc, qui se maintient au mince angle de vision du Colomb découvre l'Amérique, l'obligation d'interdire toute autre sociologie demeure complète:  l'anthropologie occidentale interdit l'anthropologie de l'Indien, la sociologie de l'égoïsme interdit celle de l'exclu. Et son déroulement tactique dévale toujours le même impersonnel ennui: non l'exclusion n'existe pas, commence-t-elle, ce mot recouvre trop de situations hétérogènes pour pouvoir être maintenu, poursuit-elle. Et de décrire, tiens ce groupe a +, est - , pas même, semblable...etc. Vous vous rendez compte, la sociologie devenue inopérante, plus opératoire, ayant été entièrement neutralisée, se voit rétrécie à cette quincaillerie descriptive qui ne "produit" plus aucuns "concepts" (travail précédent de la vraie sociologie). Plus de concepts opérationnels, que l'inutilisable panoplie matricielle - + -, pareil différent, qui n'aboutit qu'au seul explicatif du c'est comme ça parce que c'est comme ça. Quel que soit le sujet la tactique restera même: et pas de stratégie! Savoir qui, piégé par ses auto-frontières, se cogne comme un papillon de nuit dans ses impossibilités. Faute d'offrir l'entière image du réel, les choses telles qu'elles sont et sans essayer de faire plaisir à qui que ce soit, les sciences ne servent à rien. Tout cela parce que Christophe Colomb persiste à découvrir l'Amérique! L'Économie se démasque, alors, comme la mise à distance topologique de la majorité des individus, un traitement différentiel et inégalitaire pour certains avec fermeture de l'accès à certains biens ou ressources, certains rôles ou statuts. Bref, prédestination et indifférence aux autres.

 

7- Chiffrer ou déchiffrer? Les chiffres ne savent pas penser, deviennent même les ennemis de la pensée. Ligoté dans les spirales de chiffres, l'homme croit que le futur est chiffré. Il n'y dé-chiffre donc que des chiffres. Rétrécissant le temps, comme comptage des heures, jours, années, il se déroule de sa charnelle possibilité toutes les chatoyances mentales dans le seul ruban du mesurable. Se soumettre aux seuls chiffres pour guider nos vies sonne comme un échec ontologique flagrant puisque c'est se soumettre à eux pour ne pas utiliser nos consciences, fussent-elles morales, pour ne plus vivre notre liberté et nos responsabilités. C'est se rabaisser devant une transcendance, une fatalité, qui jette partout autour d'elle le même son de l'indifférence aux autres, dans toutes les directions. Le labyrinthe insoluble des comparaisons, ricochant sans cesse sur de nouvelles comparaisons, nouvelles comparaisons, comparaisons ; + -, même différent, nous sommes toujours plus séparés des autres. Alors qu'avec le battement de chiffres, serré de techniques, nous encombrons, aujourd'hui, avec des monceaux de prévisions, l'avenir échappe toujours mieux. Il échappe moins si nous pensons en commençant à nous changer nous-mêmes. Échappant à qui croit, religieusement croit, plus au quantifiable, au mesurable qu'à tout autre chose, et que le moyen d'accès au futur serait celui des chiffres hébétés. La calculette interdisait au cerveau de s'épanouir, le quantifiable tue la structure intime de la pensée. Nous ne savons plus mesurer les conséquences, la portée de ce que nous faisons ou ne faisons pas, disons ou ne disons pas. Mesurer ici n'est pas chiffre mais un immense savoir très physique où l'esprit de finesse annule l'esprit de géométrie. Cette conscience complète de la vie englobe tout en une souple sphère où l'éthique et toutes les disciplines se lient et ne se divisent pas. Hors de ce chemin, les vertus comme l'honnêteté, par exemple, ne sont prises en compte que dans la mesure où elles se montrent utiles et "la simple apparence suffirait si elle pouvait assurer le même service" assure Max Weber. La perte devient immense lorsque les qualités perdent toute qualité, soit toute réalité ontologique, tout fondement à ce que nous sommes. C'est-à-dire que ces personnes se contentent d'une apparence, donc d'une tromperie, d'une fausseté. Cela remet, tout de même, en cause toute leur perspective, leur enfilade, si leur prédestination secrète n'aboutit qu'à un faux, un mime, ne l'était-elle pas dès l'origine, mensonge que l'élection divine donc mensonge que la réussite comme faveur de Dieu, mensonge que ce droit dictatorial que de s'octroyer 200.000 plus que les autres. La réalité reprend ses droits, c'est-à-dire son image entière: s'il y a démunis c'est qu'ils ont été  démuni, tout comme un endetté n'existe que par un endetteur, un défavorisé que parce que toutes les faveurs se concentrent sur un seul groupe (dé-favorisé, celui qui ne reçoit nulle faveur). Dé-chiffrer c'est faire exactement l'inverse des chiffres, non une grille surajoutée qui ne donne que le vertige et fait perdre tout sens moral, mais la prise en compte de l'entière humanité où personne n'a plus de droit que l'autre, sauf du talent et de la bonté qui peuvent obtenir 2 fois plus d'attention mais surtout pas 200.000 fois, comme l'imposteur de la Religion capitaliste se le permet. Voir l'Indien ramène à la Justice!

 

8-  La valeur suprême: maximiser le profit. Cette image fait pâlir tout le reste. Le profit, comme se trouvant au bout d'une décision rationnelle fondée sur une information parfaite et visant un objectif bien déterminé, semble la perfection incritiquable. Mais la réflexion adulte sur les impacts de cette décision de profit, sur tout ce qu'elle "ignore" (choix éducationnels, choix de fécondité, de resserrement ou non du tissu social, de protection due au futur et ses porteurs...etc) ne voit dans le profit qu'une fuite, qu'une puérilité camouflée. La facilité béate d'un rapide, linéaire et preste calcul sur coûts-gains suffit aux esprits superficiels du profit. Mais, face à l'âge adulte de la complexité, face à la féminisation des problèmes- le profit se voit incapable de la moindre pensée globale, pour tous. Le tout-économie comme refuge de ceux qui fuient sans cesse la globalité de la réalité. Bien sûr, récupérer son investissement et en produire un nouveau, mais pourquoi ces profits sans limites qui détruisent tant et construisent si peu, qui ne servent qu'un si petit nombre et desservent un si grand nombre? Le profit n'est que partial et partiel, et comment voulez-vous qu'une si mince partie gouverne le tout. Le profit ne couvre pas la Société entière, ce n'est pas un paradigme (profit partout, mais contre qui, alors, s'il n'y a plus que des profiteurs ?). Nous avons bien là un concept qui laisse la majorité du réel dans l'ombre: celles et ceux de qui l'on profite (les profités) ne sont pas inclus dans l'image. S'envolent tous les alibis: le profit n'est pas une ferment structurant de la Société en tant qu'il la ferait agir, mais un ferment destructeur puisqu'il reste plus qu'aveugle au regard de l'autre. Le profit étant donc peu regardant ne sait pas regarder du tout, il ne peut donc rien nous apprendre sur le réel. "Les grandes nouveautés ont toujours de la peine à être généralement approuvées. Il est rare même que les premiers auteurs en profitent." (Carlo Goldoni). Par rapport à la plus value collective qui est immense la place qui est faite (musicien de jazz ou écrivain) est scandaleusement restreinte. Or l'écrivain appartient à tous et seul une séditieuse faction de marginaux au pouvoir se permet de les séquestrer: l'immense tâche de l'écrivain devient de nous guérir de ces malades, contestataires acharnés du réel. Le profit semble donc l'antithèse de la nouveauté, le profit devient de refourguer sans cesse les mêmes vieilleries, tout en maintenant un mensonge généralisé sur la non-valeur du neuf radical. Le profit barre, archaïquement, la route au Progrès puisque rien ne doit naître. Se fit le profit, ce passé ennemi doit rester, serait ce contre le futur. Placé en cette perspective, le profit se racornit à n'être plus qu'un terme de gestion, qui n'est pas comme le moteur obligé,  incontournable, qui met en forme, informe, conforme, réforme, la Société, puisqu'à la balance des inconvénients et avantages, un tout autre système bien plus efficace, bien plus économique(sans tout le gigantesque gaspillage nommé concurrence), se profile: que chacune et chacun ne s'occupe que des intérêts des autres, soi-même étant pris en charge par quelqu'un d'autre. Là, réside le système le plus efficace et juste qui soit!    

 

9-  Que coûte le système financier à la Société? L'ordre est tout entier dirigé par chacun mais chacun est contraint, essoré, esseulé par l'ordre. Tout le monde serait donc obligé de faire pareil? Si une société capitaliste individuelle n'est pas animée par la recherche de rentabilité elle disparaît de cet ordre qui ne cherche que l'entreprise permanente, continue, qui renouvelle toujours son profit qui fit que le "rentable" trouve sa rente qui rend et rentre, ce tourniquet à renouvellement. Le revenu périodique nous revient, périodiquement, en mémoire, retour assuré de la rente de rentabilité. Le secret de la rentabilité c'est de devenir rente, les mots ne cachent rien. Le but se mue en une rente intellectuelle avant que de pouvoir se feuilleter en billets d'avoir. Tout engagé dans les engagements, scandé par les bilans de départ, estimation du profit probable puis bilan établissant le montant de ce profit recruté par de la production matérielle, de l'échange ou des services personnels. Chaque opération repose, se fonde, s'enracine, prend son versant de réel dans le seul calcul, qui décrète que la transaction est possible rationnellement (qu'en sait il au fait?) ; mais les intracomparaisons, les intercomparaisons reposent, elles mêmes, sur le même calcul homogène entre un grossiste, un détaillant, sur place, au loin, des opérations de banques, des prêts, des taux, des quotas, des proratas, calculs hachés qui s'infiltrent dans tous les cas de figures. Puisque le calcul le peut tous les êtres doivent l'accepter comme un flux de nature, une certitude antée dans le plus que réel. Mais qu'en sait-il du réel? La comptabilité la plus moderne ne fonde aucune compatibilité. "Le calcul exact, fondement de tout le reste, n'est possible que sur la base du travail libre". Il faut pouvoir être neutre et le rester. Et tout d'un coup tout bascule. Dans la géométrie pure de la prévision précise, parce que calculable et donc de la rentabilité projetée sur le futur parce que comme une rente de certitude, il apparaît lumineusement que c'est l'organisation rationnelle du travail qui permet ce système. Ainsi le disait Max Weber. A contrario, la chute de la rationalité de l'organisation du travail ne peut appeler que la disparition du système. Ainsi pour que l'entreprise "réussisse" il indiffère que toute la Société échoue. La vision raisonnable de la Société ne peut que devenir: mais que coûte l'entreprise à la Société entière? Oui que coûte-t-elle, c'est tout de même la Société qui a hérité du chômage, du licenciement, de la faillite, de la précarité et qui doit les financer, c'est tout de même la Société qui ploie sur toutes les "externalités" des entreprises, ces catastrophes non-dites du "l'intérêt de General Motors est l'intérêt des USA", l'intérêt d'un seul prime (démocratiquement) sur celui de tous. La vision si minuscule de Colomb qui se prive des 9/10ème de la réalité, aveugle toujours. L'entreprise n'est possible que parce que le système dont nous sommes tous créditeurs existe. Aussi, si l'entreprise ne réussit qu'en faisant perdre tout le reste de la Société nous devenons ses débiteurs: qu'elle rembourse les dégâts! La réalité du combien coûte l'entreprise à la Société, qui est la vision de l'Indien guérissant du venin de Colomb, fait pénétrer le corps permanent d'administration et de droit dont parle Max Weber, au cœur de l'entreprise, et la Société ne sacrifie plus une majorité écrasée à une infime minorité. Les 350° de réel que fuyait Colomb sont retrouvés!

 

10- Un Système impersonnel ignore toute causalité. La Religion de l'égoïsme comme perte de conscience des conséquences de ses actions. Le fonctionnement d'un système impersonnel, ignorant du feed-back de ses modes de production et de consommation, de transports et de communications, du gaspillage incommensurable nommé concurrence, ne conduit qu'à toujours plus de gâchis, toujours plus gigantesques. Tout le monde sait pollutions, chômages, exclusions généralisées de tous contre tous, déficits sociaux, désertifications galopantes, pertes du réel rural ,congestions urbaines, misères multipliées ... etc, mais faute de pouvoir les rattacher à une cause commune, chacun reste impuissant à agir sur quoi que ce soit. L'origine commune est justement le système impersonnel, l'aspect lisse, pseudo-objectif, mais certainement inhumain (puisque aucune personne ne peut rien contre de l'impersonnel), de ce système l'empêche de pouvoir entrevoir les solutions. Une de ses principales nocivités, en effet, est l'autodisculpation devant toute valeur morale, politique, même sociale, tout est excusé d'avance, un modèle devant les yeux(inégalité c'est prédestination pour les autres aucun effort à faire (nul ne pense plus le collectif) et jamais la réalité ne sera perçue. Les modèles masquent les yeux: la figure la plus facile à percevoir est la "rivalité mimétique" et son cortège d'inefficacités nommé "boucs émissaires" - dans un système impersonnel c'est toujours la faute des autres, ils le font bien eux, pourquoi pas moi, gaminent nos bourgeois religieux. Alors que Rousseau décrivait, impeccablement, dans le Discours sur l'origine et le fondement de l'inégalité parmi les hommes, les mécanismes, tant au niveau des nations que des individus, de la "rivalité mimétique", ici, nous chutons dans l'universalité mensongère de la Religion masquée du capitalisme. "Tout le monde" dit-elle, sans montrer ses sources d'information, de vérification de cette quasi omniscience qui sait toujours tout sur ce tout le monde qui fait pareil. Tout le monde dit-elle afin de toujours s'excuser  d'avance, la position sociale est prédestination, les inégalités le plan divin, il ne faut surtout aller contre, se perfectionner n'existe pas, le bien n'a pas à comparaître: la froideur nihiliste  de cette Religion doit émerger pour ce qu'elle est, toutes les images péjoratives qu'elle osait déverser, sans droit de réponse, sur d'autres styles de vie, lui reviennent de plein droit.  Elle, la seule source de violence, l'unique origine de tout désordre, de tout conflit, de toute séparation. Elle, l'antisociale, la marginale, la provocatrice d'anomie sociale, de démoralisation et immoralité collective, se révèle bien comme l'incarnation du nihilisme, cet ennemi implacable du Progrès progressant progressivement dans les rapports sociaux, dans les relations humaines. La Religion masquée du capitalisme se démasque en tant qu'ennemie du genre humain. "L'impossibilité constatée de laisser les riches déterminer seuls les modalités et finalités du progrès" (p 438 L'exclusion) devrait donc en découler. Le système impersonnel et donc d'irresponsabilité personnelle rend fou parce que hors du réel, rend irresponsable parce qu'inconscient, et, le pire, rend incompétent à toutes solutions. On doit tous organiser sa vie pareille, hurlaient les sorcières de Salem d'Arthur Miller, en posant la Lettre Ecarlate sur toute beauté libre. Un système personnel, par contre, le système de l'individu qui guérit de l'individualisme, sait voir le réel comme il est. C'est-à-dire une organisation de la production, de la consommation, des loisirs, des transports, de l'enseignement...etc démentielle. Le coût est incommensurable : l'obsession des chiffres (revers de l'indifférence institutionnalisée) crée des coûts incommensurables, puisque les obsédés à disqualifier les bons observateurs du réel perdent, par-là, toute énergie pour embrasser la plus grande partie du réel ! Donc l'organisation générale de la production, des activités...etc est INEFFICACE, dégrade tout (qualité de vie, santé...etc), COÛTE toujours plus aux individus et à la Société. Trop de monde en même temps oblige à entretenir des infrastructures gigantesques...etc Tandis que tout problème se résolvant en divisant les difficultés ("trafic de drogue", abolir le mot en trop, "trafic", il ne reste plus que la drogue comme problème) il devient évident qu'il faudrait se relayer, sur le cours de la semaine. Ce qu'on peut faire quand on est deux? Deux équipes pour enseigner, travailler...etc du Lundi au Jeudi midi et du Jeudi au Dimanche. Division du temps de travail, prise en compte du regard de l'Autre, personnalisation maximum d'un système dont nous sommes tous créditeurs, impossibilité pour le moindre groupe ou faction de se monopoliser l'entier système qui n'est possible que par nous tous. Et les 350° découvrent Christophe Colomb qui ne peut plus se mettre à couvert. L'organisation est devenue extrêmement rigide, que le modèle soit bon ou mauvais indiffère désormais (le réel n'existe plus), seul ce qui compte c'est de faire "avancer" ce modèle rigide, ce qui est une impossibilité logique. Il ne faudra donc plus rien remettre en question, supprimer les questions, donc ne plus écouter, ne plus observer ; arrivé à ce point, il devient préférable d'introduire l'inertie dans le cerveau. Ne demeurent que des êtres qui croient de manière absolue dans leurs manières de produire, de consommer, d'administrer, sans pouvoir entrevoir toute l'immensité souple des autres possibles; ne reste que des êtres qui croient fanatiquement, religieusement, au peu qu'ils savent. La Religion masquée du capitalisme n'a jamais été a aussi virulente et aussi  toujours plus incapable de se voir telle qu'elle est. L'irréfutabilité est une preuve de non scientificité. Christophe Colomb ne se découvrira plus devant rien! L'Autre (l'alter) est parti avec native et nance.

 

11- Spéculation. D'où brutale compréhension que la spéculation boursière n'est qu'un "effet de système". Il n'y a aucun mérite à gagner à la Bourse puisque c'est à cause du "système compétent". 225 millions de personnes jouent à pile ou face et donnent chaque jour leur monnaie aux gagnants qui les rejouent le lendemain. Après 10 jours de jeu, les lois du hasard montrent 220.000 personnes en compétition, avec chacune un peu plus que 1000 dollars. 10 jours après, plus que 215 avec 1 million de dollars. Il se trouve que si cela avait été des orang outangs qui avaient joué les chiffres auraient été pareil. Simplement, ils n'auraient pas gargouillé leur talent, "Comment j'ai gagné un million de dollars en vingt jour avec un dollar et une idée géniale par jour" (Peter L. Bernstein- Des idées capitales). Puisque nous sommes tous créditeurs du système, augmentant tous le "coefficient multiplicateur" des banques (aujourd'hui chaque billet leur rapportent 5 fois plus, en 1960 seulement 2 fois plus) parce que les dépôts font les crédits, et pas du tout les crédits feraient les dépôts, c'est notre argent qui crée la monnaie, à travers les prêts bancaires, par exemple, et pour cela nous sommes tous créditeurs du système. Mais le système ignore la loi, il ne nous rémunère pas  comme il le devrait: chaque déposant recevant une part des intérêts collectifs. La spéculation se réduisant à une pure spéculation intellectuelle, où le "gagnant orang outang" ne pourrait plus dévaliser le système, la virtualité n'abîmerait plus l'économie réelle. Règle mathématique: le système peut se passer de la spéculation et la spéculation pas du système. Seuls les enfants cassent leurs jouets, et la Religion masquée de l'égoïsme en était un.

 

12-Licencieux licenciements. Le"downsizing" de Stephen Roach, ou dégraissage, souligne la folie obtuse de ce monde à l'envers où un chef d'entreprise n'est plus prestigieux par la quantité de personnes qui travaillent avec lui mais par le nombre de celles qu'il jette. Tout en sachant que cette folie a pour centre sismique la terrifiante spéculation, centre mondial du terrorisme mondial que ne poursuit toujours aucun État (tout occupés qu'ils sont dans l'illégale mesquinerie d'appeler un travailleur "clandestin"): ou comment terroriser tous les pays séparés, les uns après les autres. Ainsi le directeur d'une compagnie acquiert des paquets d'actions de sa société nouvellement cotée en Bourse, puis les revend après massifs licenciements avec un profit mirobolant. La chair humaine lui a gonflé illégalement (toute spéculation est, au fond du Droit, illégale) sa "plus-value" dont l'existence était pourtant déniée du temps de Marx. Grâce aux licenciés il y a plus- value, qu'en est-il du partage de cette plus-value? Rien. Les insurgés du réel se révèlent aussi les ennemis de toute la Société, ses radicaux contestataires fanatiques. Puisque le dégraissage semble une technique de terre brûlée, c'est-à-dire les néolibéraux sont en guerre, en rébellion ouverte contre la Société. Ce ne sont que des razzieurs ! A peine licencié 122.000 employés (soit le tiers de ses employés) cet utilisateur de cette panacée pour incompétents (le dégraissage), ce chef de file de la bêtise chiffrée, s'octroie une augmentation de 1000% de revenus (combien de ces emplois dans ces 1000%?). Mécanisme que vous retrouverez intact chez Danone- Lu, Mark et Spencer, ou tout autre dans le futur. Conclusion: plus on est incompétent ou égoïste plus on a de droits. Au lieu de réfléchir collectivement à l'augmentation des marges bénéficiaires, il s'effondrait, pourtant, dans la honte d'utiliser des êtres humains en tant que méthode de gestion. Grâce à leurs gains de productivité, l'entreprise a pu être cotée en Bourse d'où, sans nécessité autre que l'appât individuel du gain, ce responsable entre dans la folie des marchés qui, hors toute réalité complète, assène que la surchauffe de l'économie va créer l'inflation (donc crédits plus intéressants et moins d'illégaux gains pour eux)- la vision de 0,02% de la population mondiale fait la dictature démocratique partout. Puisque les "licenciements" sont un mensonge: le "coût du travail" passé entre le1/4 et le 1/3 du prix à la production, fait semblant de prendre toute la place. Mécanisme déjà perçu dans le Tiers Monde (faire passer plus des 3/4 de l'Humanité pour le1/3) qui demeure toujours même: faire prendre la minorité pour la majorité, et ainsi les 100 plus riches, qui ont même richesse que le milliard le plus pauvre, sont la majorité, le milliard la minorité. Résultat de la propagande de l'égoïsme: coût du travail si lourd- en Angleterre 4 postes sur 10 sont "flexibles" c'est-à-dire payés 1740 francs par mois. Les chiffres comme alibis derrière lesquels se planquent les religieux de l'égoïsme, qui se placent sans cesse à distance des conséquences de leurs actes, se débarrassent des autres par un "l'exclusion est un problème trop complexe pour mériter une solution". Faute de vouloir connaître l'image complète du réel, les séditieux du réel que se révèlent tous les fanatiques du capitalisme intolérant, se démasquent comme des incompétents complets. Toutes les catastrophes viennent absolument d'eux, de leur fuite permanente du réel. Colomb n'aurait jamais du "découvrir" l'Amérique, grâce à lui nous comprenons Tout.

 

13- La fable des abeilles ou le Mal comme thèse d'État . Soutenue, principalement, par le journal Le Monde, ce qui laisse à nu toutes ses autres impostures. Son mécanisme interne n'étant que "tout est trop compliqué pour mériter une solution", d'où s'ensuivent ses permanentes démolitions insincères et déloyales, mensongères et intoxicatrices de toutes les solutions. Seuls, les problèmes doivent demeurer, inchangés. Aussi bien aucune cause n'est recherchée à ces problèmes. Sous cette perspective, le Monde peut paraître comme le journal le plus fanatiquement néolibéral qui soit. Alors ce Mal ? Montaigne pesait bien "que le profit de l'un est le dommage de l'autre" en l'entière image du réel qui ne s'aveugle pas sur un Colomb découvrant un continent pleinement habité, donc sur un unique profiteur au détriment de millions de spoliés. La Justice de la pensée existait encore quand "la   parole est bien moitié à celui qui l'écoute", le cerveau tout baigné d'honnêteté pesait, soupesait, mesurait scrupuleusement les équivalences, l'équilibre de l'égalité. Se priver de ce savoir charnel des équivalences et ne plus être écorché que le profit de l'un se fasse au détriment de l'autre, lui cause des dommages visibles, prive de toute possibilité de voir le réel en entier. Et peuvent régner les stupidités inéquivalentes de diktat comme "les vices privés font la prospérité publique" de Mandeville. Ce déni fanatique au réel ne tient pas une seconde devant la liste de tous les ravages que cause la Religion de l'égoïsme. Les vices privés sont une catastrophe publique. Ce Mandeville qui "veut disputer aux hommes toutes les vertus sociales" s'effondre à soutenir que le vol, la corruption,  l'incompétence face au réel, l'inaptitude à la logique, le conformisme destructeur, crée "toutes les richesses". Ceux d'une minorité mais par la ruine de la majorité écrasée. Le mal fait tout mal ! L'égoïsme étant ce qui replie sur soi-même, sépare de la Société, il semble difficile de lui accorder une intégrale et intègre vision du réel. Le crétin Mandeville est pourtant devenu bêtise d'État! Se résumant à: il n'y a pire chose que de vouloir le bien des autres, là est tout le mal du monde, ce grand voyageur avait du vérifier son diktat sur tous les continents et dans toute l'Histoire, puisqu'aujourd'hui cette impossibilité réelle dicte "si je vois quelqu'un qui me veut du bien je change de trottoir!". Évidemment, sur l'autre trottoir c'est quelqu'un qui me veut du mal, mais me voulant du mal il me veut du bien, selon la prétentiarde folie de Mandeville. L'on comprend mieux le nazisme et le stalinisme: le bien a coulé de ceux-là seuls qui voulaient le mal. Les ricanants apologues de Mandeville, qui se présentent comme des gens très bien, toujours en avance...etc, ne font que démontrer la dictature: grâce à eux, aucune chance n'est laissée au Bien, mais alors toutes, absolument toutes au Mal. Il n'est que de porter un superficiel regard autour de soi pour repérer les conséquences. Ces fanatiques stupidités, confites en dévotion, sont donc devenues thèse d'État qui ne peut "aller contre la nature humaine" puisque les vices privés créent le bien et que la prospérité publique fait le mal. "Il est donc certain que la pitié est un sentiment naturel, qui modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation de l'espèce." Est ce donc cela la "nature humaine"? Pas du tout, la conservation de l'espèce crée le mal tandis que ne penser qu'à soi résout tout, voyez plus je ne pense qu'à moi moins la pollution existe, dit notre fanatique de la Religion masquée du capitalisme, le dégraisseur fait avancer la Société,  il n'y a aucun chômage...etc puisque lui vient d'empocher les "plus-values collectives". Non, l'État ne parle que de la "nature humaine" qui crée fatalité, celle contre laquelle on ne peut rien, puisqu'impossible perfectibilité: l'appât hystérique et déraisonnable du gain en est une de fatalité, mais surtout que le Bien ne vienne pas s'en mêler, l'enragé serait encore plus malade. Que ferait-il? Encore plus de gains ! Ne le fait-il pas déjà? C'est le Bien qui cause cela, s'il n'existait pas cet individu ne serait pas possédé par l'appât du profit-au-dommage-de-l'autre. C'est le Bien qui est cause de tout cela, c'est pour cela que nous combattons toujours le Bien afin que le fanatique de l'égoïsme puisse faire le mal qui crée du bien. C'est donc cela la "nature humaine"! En effet, y-eut-il un spéculateur maudit, un général maudit, un politicien maudit, un affameur maudit, un marchand maudit...etc. Que non point il n'y a, et il n'y a jamais eu que des écrivains et des penseurs maudits. La Religion masquée du capitalisme doit régner et eux seuls possèdent l'image complète du réel. Mais elle va détruire la planète? Sûrement pas puisque nous ne connaissons rien au réel ce n'est pas possible. Ainsi vont les thèses d'État! L'individu s'y débarrasse de toute exigence, de toute attention aux autres par la salissure collective (l'imposture toujours du "tout le monde" est corruptible, prêt à tout pour passer à la télé, récupérable, prêt à céder au confort...etc). Il devient donc clair que l'imposture que s'auto-permet la course sans borne au profit ne peut exister que parallèlement avec l'illégal rabaissement de toute vie spirituelle, que le "tout le monde" n'est pas pour l'illégal revenu de 200.000 fois supérieur à celui d'un autre, mais pour la non-vie intellectuelle afin que personne ne puisse analyser et dire le réel tel qu'il est. La "nature humaine" qui évince, fuit toute poursuite de la réflexion donc toute progression possible du Progrès puisque nulle possible perfectibilié, cette nature humaine ruisselle vers le bas de la Société mais est mise en fonction, en branle, par les élites qui imitent scrupuleusement le bas de la Société. Les dirigeants ont donc le devoir  de s'octroyer jusqu'à 200.000 fois plus que les autres parce que la "nature humaine" est ainsi faite que le bas de la Société n'est que mesquin, sordide, purement égoïste, ne songeant jamais au bien commun mais uniquement à son minuscule intérêt sourd et aveugle. Évidemment, si le bas de la Société n'existait pas, nos dirigeants agiraient tout autrement. Conclusion: le bas de la Société décide de la direction de la Société. Difficile, dans ces conditions de  suggérer à nos dirigeants qu'il existe d'autres solutions que d'imiter? Sinon de remonter très attentivement toute la chaîne de raisonnements ne peut aboutir qu'à ce que les élites ne peuvent le rester que parce que justement elles ne suivent pas la "nature humaine", cette inertie qui empêche toute progression progressive du Progrès. Donc les élites ne peuvent être que non mesquines, non sordides, non égoïstes, ne pensant sans cesse qu'au Bien collectif et ayant éradiqué tout minuscule intérêt personnel sourd et aveugle puisque l'élite ne peut que précéder, créer et non suivre. Surtout pas suivre! Fin de la fable des abeilles ! La nature humaine n'y est que rature. Ces "commodités ayant perdu leur agrément, la privation en devient beaucoup plus cruelle que la possession n'en était douce, et l'on était malheureux de les perdre sans être heureux de les posséder" répandait Mandeville. Cette prospérité ne rend pas heureux, ce n'est donc pas un vice. Puisque pour Mandeville seuls les vices rendent heureux: il n'est que de voir les visages rutilants de joie en nos temps de misère grande qui nous défient dans les télés pour s'en convaincre. Aussi "je prouverais que si l'on voit une poignée de puissants et de riches au faîte des grandeurs et de la fortune tandis que la foule rampe dans l'obscurité et la misère, c'est que les premiers n'estiment les choses dont ils jouissent qu'autant que les autres en sont privés, et que, sans changer d'état, ils cesseraient d'être heureux, si le peuple cessait d'être misérable." Ils ne sont pas heureux pour eux-mêmes car ils ne "savent être heureux et contents d'eux-mêmes que sur le témoignage d'autrui plutôt que sur le leur propre", nous offrait Rousseau. Le revers terrifiant de cette non-vie est que tout se réduit aux apparences, "tout devient factice et joué: honneur, amitié, vertu, et souvent, jusqu'aux vices mêmes, dont on trouve enfin le secret de se glorifier". Ces vices privés le sont surtout de vie vraiment vécue, comment voulez-vous qu'ils apportent le moindre grain à la réalité? "Il se faut entraider c'est la loi de la nature" réalisait La Fontaine dans l'âne et le chien qui valent bien toutes les abeilles. Le regard de l'Indien inclut, celui de Colomb exclut!

 

14-  Les dirigeants sont-ils des délinquants? Le Mal, thèse d'état sert à masquer ce que Michel Foucault appelait les illégalismes de droit: "La bourgeoisie se réservera, elle, l'illégalisme des droits: la possibilité de tourner ses propres règlements et ses propres lois; de faire assurer tout un immense secteur de la circulation économique dans un jeu qui se déploie dans les marges de la législation." C'est-à-dire hors la loi ! Dans Surveiller et punir, Foucault montre que le système pénal a surtout cherché à différencier les illégalismes. Les Misérables passaient leur vie au bagne pour un pain volé tandis que le bourgeois voleur d'un million passait la sienne dans les salons. Si les atteintes aux biens et la violence populaire accaparaient l'essentiel de l'attention du pouvoir, il n'y en allait pas de même pour les détenteurs de l'économie et du politique. Qu'en est-il aujourd'hui? Pendant les affaires les affaires continuent ! Strictement aucune remise en question: "Si la Mafia, la drogue, la corruption ne trouvaient pas une certaine complaisance (euphémisme)dans les milieux financiers ces problèmes seraient amplement résolus," affirme, enfin, Renaud Van Ruymbecke. La solution arrive: pas du tout, il suffit de bâillonner ce qui reste encore de presse libre, tout ce qui dira le journaliste n'engage que lui mais la spéculation engage le système tout entier dans ses illégaux détournements. Cachez le problème, ose la Religion masquée du capitalisme, il n'existera plus puisqu'il faut toujours plus fuir le réel. Comme pour le tabac ou l'alcool, la Justice est considérée comme une intoxication: l'abus de Justice ne met en péril que les riches. Le dispositif d'euphémisation (et les opposés au politiquement correct restent très polliticaly correct devant toutes les injustices financières, un chat n'est plus un chat) permettra d'étouffer les affaires politico-financières mais continuera de déraper, bruyamment, sur les dérapages des banlieues. La communication (la vraie) devient un délit, toute conversation en voie d'interdiction. L'habitude ayant été prise de la fuite du réel par euphémisation, les prodélinquants qui s'autoproclament élites en se vautrant dans la démagogie antipopulaire, remettent leur incompétence sur le tapis .Pierre Lascoumes compte 4 formes d'euphémisation sociale au bénéfice exclusif des dirigeants:

"1-Euphémisation juridique dans la mesure où l'essentiel des infractions qui parviennent à être retenues contre eux relèvent non du pénal ordinaire mais du pénal administratif (fiscal, douanier, boursier...etc) visant juste une réparation des irrégularités Pas une sanction des fautes !

2 - euphémisation institutionnelle, les services chargés de mettre en œuvre ce droit pénal ayant de tous autres objectifs que la recherche et la sanction des infractions (...) la justice et la police n'interviennent qu'à la marge, l'appréciation de l'opportunité des poursuites leur échappant totalement.

3- euphémisation dans la répression, l'essentiel des situations infractionnelles prend la forme non de jugements pénaux disqualificateurs, mais de sanctions discrètes.

4- euphémisation culturelle, la production intellectuelle reste insignifiante sur ces questions, contribuant ainsi à l'occultation générale du problème."

Les propagandistes des lieux communs se dévoilent donc complices de l'hypocrisie qui doit, par moulinets d'équilibrisme, tenter de masquer que la transgression des normes légales est très, très nettement supérieure chez les classes prétendues supérieures que dans les classes populaires. Simplement, il n'existe aucun journal, revue ou livre du peuple pour en rendre compte. C'est-à-dire que les dirigeants ne s'auto-imposent pas autant de devoirs qu'ils en exigent, brutalement et sans humanité, de leurs sujets (le citoyen étant toujours interdit d'exister!).  Oui nos dirigeants sont des délinquants (aussi l'imposteur milliardaire pseudo-persécuté qui s'exclut de la clique), les seuls pour laquelle la loi ne supporte pas la moindre dérogation! Détourner le bien confié par son légitime propriétaire (un bulletin de vote), soit à titre de prêt (un mandat électoral), soit en vue d'accomplir une mission (mener à bien un programme clairement écrit) est considéré comme un "abus de confiance",  passible des articles 406 et suivants du Code pénal ordinaire non administratif. Ce délit peut être puni de 2 mois à 2 ans de prison et de 3.600 à 2 millions 5 d'amende. Qui nous est redevable d'une telle réparation?

  Tout nous retrouve enfin, tout se retrouve! Nul n'est censé ignorer la loi à la seule et suffisante condition que la loi n'ignore personne. Les sciences, fussent-elles humaines, doivent refléter l'image complète du réel et ne pas oser parler des exclus sans s'interroger jamais sur qui les exclut?, ne pas pointer sur les démunis en "ignorant" que ce participe passé surgit d'une action réelle , s'ils sont démunis c'est bien qu'ils ont été démuni, non?, et alors pourquoi stigmatiser l'effet et non la cause ?, le nécessiteux des toutes premières nécessités ne voit-il pas que la suffisance du nanti le prive de ce nécessaire, s'il est fauché c'est que la faux du blé est passée par là, s'il est dépossédé c'est plutôt du côté des possesseurs qu'il faut regarder puisque qui s'empare des dés-Emparés? Qui ? Le miséreux (de miser,malheur) est bien rendu malheureux par quelqu'un d'autre, non, et le dépourvu a pourvu quelqu'un d'autre, les dé-favorisés voient toutes faveurs dévalisées, subrepticement, par quelque autre "favorisé" (kidnappeur de faveurs), les déprédations demeurant l'acte des prédateurs. Les mots décrivant l'entier réel et qui ne s'astreint pas aux mots se voit démasqué par les mots même qu'il emploie: le point sombre d'où l'on parle et pour qui l'on parle s'il n'est transparent annule toute prétention à parler au nom du réel complet. D'où, disqualification de l'anthropologie occidentale qui refuse toute autre anthropologie et, donc, de toutes les sciences qui s'alignent sur sa fondamentale étourderie méthodologique: le regard de l'Indien vaut  celui de Colomb. La Société entière se voit impliquée dans l'exclusion et la fracture sociale: impossible de se débarrasser des autres. Rien ne peut plus être séparé, tout est lié: à soupeser le SMIC et les trop hauts revenus l'équivalence détecte que les trop hauts revenus restent bien plus destructeurs que le revenu minimum. Impossible de plus s'acharner sur le travail clandestin sans s'appesantir sur le capital clandestin. Que 4 actifs travaillent pour l'exportation, sans que les fruits ainsi cueillis ne soient clairement partagés entre les 6 actifs, sans qui l'exportation serait impossible, ou que les "plus-values collectives" du downsizing ne soient pas réparties entre ceux dont le licenciement les a seules rendues possibles ou bien que le "coefficient multiplicateur" des banques ne soit pas partagé par les déposants, ou, encore, les rapts et détournements spéculatifs- discréditent, sans faille, le système et il ne le faut pas. Puisque c'est par leurs gains de productivité que l'entreprise peut licencier: d'où "plus vite tu bosses bien plus vite t'es viré", devient la loi scientifique du "dégraissage", mais, de plus, c'est par les "plus-values collectives" que dégage, dans le climat d'irrationalisme boursier, leur licenciement que le licencieur détourne, kidnappe une égoïste augmentation de 1000% de revenus pour un travail de négrier, de vendeur de chair humaine, de barbare pillard, de scandaleux pirate . Tout cela très illégal que de licencier barbaresquement. De tous ces éléments, il apparaît, nettement, que le vrai délinquant c'est le riche, le bourgeois. Et "l'insécurité" c'est en col blanc. La déchéance complète de vouloir faire de l'ado le seul et unique délinquant n'a pour fonction que de masquer les injustifiables et massives délinquances des riches.

La spéculation n'est possible que parce que nous sommes tous créditeurs du système, donc aptes à leur demander des comptes. Il n'existe pas un secteur de la Société qui échappe au réel complet qui sait se faire comprendre lorsque l'Indien "découvre" Colomb c'est l'occident qui est tout nu. Pas lui. Le profit se trouve mis en face des dégâts qu'il provoque. Tout se lit dans les 2 sens: coût du travail mais alors que coûte l'entreprise à la Société entière? Puisque le néolibéral prétend qu'il doit tout assumer sans le recours de la Société, au lieu de séparer, frauduleusement, en tout ce qui rapporte pour le privé et tout ce qui coûte pour le public, c'est-à-dire tout le monde, et, d' ainsi, après avoir essoré ses travailleurs, fourguer les licenciés à la Société, sans lui "restituer" les gains boursiers effectués lors de cette opération esclavagiste, mais aussi "les externalités" et tant d'autres. Lorsque l'on est libéral on ne demande rien à l'État, non? Or, il se passe exactement tout l'inverse, l'État, la Société doit payer toute leurs dettes, toujours, et eux doivent empocher sans entraves (dérégulations) tous les bénéfices collectifs. Le néolibéralisme est une imposture qui cache un système "féodal et opaque", selon Bernard Maris. rien de glorieux, rien de brillant, rien de génial, une simple escroquerie sociale, dont devient, même, élégant d'en devenir athée.   Cette vision soudaine d'une mise à sac, d'une razzia, ne colle plus avec leur propagande: privé ou spéculation dévalise la Société, bon cela n'est pas dramatique, l'argent n'a pas d'existence ontologique, ce n'est pas une essence juste une convention sociale et, pour cela, obligatoirement temporaire, mais c'est qu'ils empêchent, en plus, tout Progrès progressiste, toute concurrence, toute initiative individuelle, toute  création. Esclavage! Prédestination de toujours monopoliser plus les richesses et indifférence obligatoire, et, scandaleusement inexcusable, aux autres: il est interdit à la Société d'apprendre à vivre en société. Inhumain Système  impersonnel sauf pour les gains trop personnels de nos seuls délinquants. Abstrait!...etc Colomb n'est plus couvert! De ce vaste réalisme, enfin complet, découle donc la brusque visibilité des illégalismes des droits économiques et financiers ainsi que la visibilité de la langue entière.

 

15- Le langage a toujours été loyal. Il est considéré que les mots nous façonnent, qu'il dépend de leur usage loyal qu'ils asservissent ou qu'ils libèrent. Ce constat d'honnêteté court, immédiatement, d'une dératée façon, à censurer tous ceux qui, de scientifique manière, mettent sur la sellette ce "langage loyal" justement afin qu'aucune caste ni aucune faction ne puisse plus manipuler personne. Le chroniqueur qui s'autoproclamait se placer du bon côté (celui de l'honnêteté intellectuelle) pratique, alors, complète opacité afin que la mauvaise monnaie verbale chasse la bonne. Il s'agit que "l'usage loyal" du langage reste un vœu pieux, puisque l'habitude de toujours côtoyer les "illégalismes de droit", relevés par Michel Foucault, crée l'inhabitude à vivre avec l'image entière du réel et donc à ne jamais mettre en pratique leurs pensées. Les mots nous construisent, bonne réaction, d'où devrait sourdre toute l'énergie en l'élucidation du mystère, soit des années d'artisanat émerveillé et de flamboyantes vérifications. Ensuite, le mettre en pratique dans toute la Société. C'est par le langage que nous pourrons nous en sortir, nul ne doit pouvoir le détourner  en un usage égoïste. Il faut donc le placer comme trésor de l'Humanité, comme transcendance arbitrale. Voici le concret réalisé (construisant en pigeant tout du même couple androgyne du réel). Non, il faut mieux faire carrière en solitaire et tout le monde séparé, c'est-à-dire trahir le but de la littérature, de la pensée ou des communicatifs mots. Il faut mieux prétendre refléter une époque entière en censurant sa partie la plus révélatrice. Le-parler-pour-ne-rien-dire dont ce double face se veut le pourfendeur est , en fait, sa marque de fabrique. Donner toute omnipotence et omniprésence à l'homme d'image et de pub, pour qui le mot n'est qu'un produit vide de contenu, un espace à occuper, à conditionner l'opinion, aide évidemment infiniment la littérature ou la probe pensée. "Toute la lutte politique est une lutte sémantique. Qui impose ses mots impose ses valeurs." (quelconque parti politique). Eux l'ont compris, depuis longtemps compris, mais nos propagandistes de lieux communs, en auto-admiration permanente, semblent en retard de plusieurs siècles, voire millénaires. Ce qui doit être masqué c'est que la langue est fondamentalement contre le pouvoir. N'appartenant à personne il ne laisse d'autre chemin que son  usage loyal, vérifiable par tout le monde. La Justice existe déjà dans les mots, tout pouvoir non fondé se voit donc contraint de tricher mais cela laisse des traces, marques, empreintes, du genre de celles qui nous ont permis de démasquer la Religion du capitalisme. Une fois de plus, vrais penseurs et écrivains ne s'étaient pas trompés et se sont montrés extraordinaires. Les propagandistes de lieux communs, une fois de plus, décevants et corruptibles: "Les hommes ne croient jamais les autres capables de ce qu'ils ne le sont pas eux-mêmes". (Cardinal de Retz -Mémoires). Le centre de tous les combats devient que la langue ne doive appartenir à personne, ni groupe ni faction. Les écrivains s'en sont montrés garants de la langue- démocratie, d'abord en "réalisation" toute spirituelle, non violente, comprendre, saisir, piger mentalement avant que de le "réaliser" dans le concret dans ses concrétions. Une gratitude gigantesque que de s'apercevoir qu'eux seuls ont défendu la démocratie-pour-tous et non une version groupusculaire ou ploutocratique. Seul, le conformiste nihiliste fait encore opacité à ce resplendissant soleil. L'usage étourdi de tout concept démasque, sur le long terme, la longue distance, l'imposteur. Et dans un texte, donc atteint de finitude, l'exténuation des raisonnements permet de trouver la posture de l'imposture, cachée derrière. Dire le début d'une phrase qui semble révélatrice implique que l'on fasse tout physiquement pour que cela se concrétise. Ca se voit physiquement, qui sait lire voit physiquement la personne qui écrit. Et peut donc la démasquer, si elle persiste, sciemment délictueusement, à tromper les lecteurs. Les propagandistes des lieux communs doutent de tout, surtout de ce qu'ils redoutent, rien ne peut aboutir, la démoralisation est totale, la démobilisation incessante, salir, polluer tout élan se voit dans leurs gestes d'écrire. A n'en point douter, tout le monde n'est pas comme eux. "Le doute c'est l'hommage rendu à l'espoir" (Lautréamont). Qu'ont-ils à espérer dans leur carrières en solitaires? Rien que la poursuite des solitudes et l'entretien, par le sacrifice de leur authentique substance des apparences. Qu'ont-ils à offrir d'espoir par eux-mêmes? Aucun. C'est pour cela qu'ils ne verront jamais l'Indien et découvrirons une Amérique toujours vide d'habitants comme leurs cœurs inhabités.

 

  Il parait impossible de comprendre ces 15 mécanismes (partie émergée de l'iceberg?) imbriqués, liés, solidarisés, unis, de les replacer dans une chaîne de causes et effets qui tienne la route, de les sertir en une précision de joaillier, ou du savoir-faire du bâtisseur sans avoir recours à une Religion masquée - celle du capitalisme. Avec ce réel intégral tout s'éclaire, s'insère, fonctionne. Comment, alors, une telle Religion répugnante peut-elle perdurer?

 

 

 

               LE CONFORMISTE EST UN ÊTRE DANGEREUX

 

 

  La Religion démasquée du capitalisme ne pourrait perdurer sans le conformisme, elle serait même bien close si le conformisme n'avait autant été excité et valorisé. Comment?

 

L'expérience qui tue 

     Une expérience en Psychologie a traversé de bout en bout cette question. Avaient été choisi des étudiants afin d'être sûrs que la routine n'avait pas terni leurs esprits. Leur a été proposé, en un premier temps, de décider, chacun individuellement, laquelle des 3 lignes droites de 18cm 10cm et 5cm était la plus longue, laquelle la plus courte. Facile, devaient-ils se dire, cela doit être un test d'observation ou d'intelligence. 100% répondirent impeccablement. Mais, ensuite, rentrèrent 19 personnes, toutes complices, qui scandèrent, braillèrent, que la ligne de 18cm était bien la plus courte, celle de 5cm la plus longue. Donc à rester tout seul à dire l'inverse: dur! dur! Le drame se noue là.  Plus de 40% des étudiants suivirent le groupe en se trompant comme eux. C'est-à-dire que si 19 personnes disent et font quelque chose, même si son esprit intime reste convaincu que c'est faux, afin de ne pas quitter ce groupe, de s'en différencier, de s'affirmer...etc 40% préfère abandonner toute liberté comme toute morale. Avoir raison tout seul et en avance c'est avoir tort, sacrifie allègrement tout génie, tout créatif, tout penseur, toute percée de l'humanité, une verte dirigeante. Le terrifiant revers de ce refus du réel devient qu'avoir tort tout le temps et en nombre c'est avoir raison. Non seulement le réel n'existe plus, mais la logique ou la Raison de même, tout esprit critique est banni.

Ainsi, le conformiste est prêt à abandonner toute opinion personnelle, même solidement fondée dans le concret le plus tangible comme un "fait"; même avec la certitude absolue d'avoir raison - pour être sûr de "faire comme les autres". Le conformiste se découvre bien prêt à "accepter" tout, ou n'importe quoi, plutôt que d'être "hors du coup". Le conformiste se révèle être l'individu le plus dangereux qui soit puisqu'il n'est possible de lui faire confiance en rien: ses informations sur le réel sont, obligatoirement, sujettes à caution, faute d'exigences,  ses argumentaires, ses raisonnements ne respectent aucun des principes de l'honnêteté intellectuelle- sa pensée ne tient donc pas la route - sans désir de vérité, un bric à brac impossible trône en son esprit, ne lui est accessible aucune simplicité, esprit de synthèse, sans va et vient incessant entre abstrait-concret, particulier-général, global-local, et, inversement - il n'est d'aucune aide pour prendre une décision. Au regard de la subjectivité irréductible une telle vie est un échec. La terreur c'est que trop peu ait compris que l'esprit conformiste met réellement en danger l'humanité. "Un esprit troublé qui se conforme, qui imite n'est pas ordonné, il est la proie des conflits". (Krishnamurti L'éveil de l'intelligence). Malgré les apparences ou l'ignorance sur ce sujet, le conformisme se dévoile comme la source de tous les conflits, de toutes les violences. "La contrainte implique aussi la suppression, le conformisme, l'adaptation et une division entre l'observateur et la chose observée. Il y a désir d'imiter, de se conformer à un modèle et donc contradiction, conflit". La rigidité d'un tel esprit "ignorant" le réel pour ne le remplacer que par un modèle ne peut, effectivement, que semer toutes les divisions. "Le désordre signifie conflit, acceptation de l'autorité, imitation, obéissance, tout cela. Cela c'est le désordre, et la moralité courante est désordre. Hors de tout cela, je vais établir de l'ordre en moi-même"(L'éveil de l'intelligence). Se conformer c'est pour cajoler son moi: "Le moi est toujours un agent de séparation. L'ego est le centre du désordre parce que c'est un élément qui divise. De nous écarter complètement de cet ego c'est là l'ordre, la liberté, le bien. Et demeurer dans le cercle d'un mouvement auto-centrique engendre le désordre qui est toujours accompagné du conflit." Ainsi, le conformiste ne peut plus témoigner du réel; sa pensée imitant un modèle, sans observer ni écouter, n'offre pas l'Intelligence "qui n'appartient à personne, aucun groupe, nation ou civilisation", il n'est pas fiable: et, en plus, il est cause de tous les conflits, de tous les désordres. Vraiment qui a tout faux sur tout? Tous les vocables péjoratifs ont toujours été attribué à leurs non-destinataires: nous pouvons avoir plus que confiance à qui sait résister à la pression collective, mais en gardant vigilance sur ses actions, puisqu'il n'est que trop évident que qui se fout toujours de l'opinion d'autrui, n'est pas obligatoirement empli du sens des responsabilités, ce devoir de donner les respons (réponse). Par contre, apprendre à sortir du cadre, devient non seulement heuristique mais garant de la force (donc de la souplesse) de la personne. La pression collective ne s'est acharnée que sur les seuls êtres qui possédant un sens tel des responsabilités qu'ils se permettent de tout remettre en question - aujourd'hui, ce sont les seuls qui soient en plein dans le réel - tandis que tous les laxismes, tous les éloges, toutes les excuses d'avance ...etc allaient au conformiste, comme si se conformer était preuve de sens des responsabilités. Nous venons de voir, qu'au contraire, il fuit toujours le réel. Comment faire pour réparer les dégâts causés par cet être immature- donc égoïste?

  

Le conformisme est un tribunal

Quelle est sa principale activité, donc nocivité ?Le conformisme refuse toute pensée, toute logique comme le souligne Milan Kundera dans Les testaments trahis. "Le conformisme de l'opinion publique est une force qui s'est érigée en tribunal et le tribunal n'est pas là pour perdre son temps avec des pensées(...)Et au fur et à mesure qu'entre les juges et les accusés l'abîme du temps se creuse, c'est toujours une moindre expérience qui juge une expérience plus grande. Ce sont des immatures qui jugent(...)un savoir existentiel qui, s'ils le comprenaient, pourrait les rendre adultes(..)Si l'esprit du procès réussit à anéantir la culture de ce siècle il ne restera derrière nous qu'un souvenir des atrocités chanté par une chorale d'enfants." L'immaturité du conformiste n'a rien à voir avec l'âge: beaucoup de personnes plus âgées, dans leur usage du pouvoir, de la communication...etc, nous prouvent sans cesse leur immaturité fanatique: leur vie s'est arrêtée sur quelques schémas par lesquels ils sont devenus incapables d'écouter ou de comprendre toute personne plus jeune; l'inverse n'étant pas vrai. Évidemment, le poison du conformisme a aussi contaminé nombre de jeunes, mais l'élan vital c'est de refuser fermement tous lieux communs, toutes idées reçues, tout fait non replacé dans l'entière image du réel. Si le conformisme s'étend encore nous sommes tous foutus ! Car la morale de l'extase comme autorité à exclure, la pulsion comme guide pour juger dans le sens de condamner et détruire, ont masqué quasiment toute la réalité depuis des décennies. 

 

Un tribunal qui exclut que d'autres puissent le juger

 Or c'est là que réside le puritanisme; là que les exclusions agissent au maximum: conformisme des purifications ethniques, conformismes des racismes, conformismes des refus de discussions, conformismes des préjugés (quasiment tous faux: nous les avons subi, nous le savons). C'est cela le puritain, non celui qui veut cacher le sexe, mais celui qui veut "exclure" selon son bon plaisir irrationnel. La position du puritain restant toujours même: ne jamais être remis en question soi-même. Se situer au dessus des conséquences de ses actes. Puritains sont les dirigeants: ah! que c'est sale ces sanctions pour mes débordements, la nausée m'en détourne, je ne dois pas être atteint par ce que, si facilement, je permets que les autres subissent. Pour moi la prison devient intolérable, pas pour les autres. Les procédés changent, mais la vigilance ne doit pas changer: les puritains peuvent être ceux qui semblent aller contre le  puritanisme, mais s'arrêtent juste au seuil de l'économie, des inégalités, des exclusions...etc Or le capitalisme n'a jamais rien eu à faire du sexe: méfiance! Leur légèreté à condamner les autres, le père, le passé, un tel, démasque que de se servir de tels repoussoir lesautorise à faire n'importe quoi. Leur pureté puritaine se voit donc souillée d'une gigantesque hypocrisie. L'égocentrisme uniformisé, où plus personne n'écoute personne, c'est afin qu'il n'y ait pas de solutions collectives aux catastrophes sur lesquelles le tribunal conformiste vit: nous disons qu'il vit sur, grâce aux problèmes, et que donc l'horreur devient que toute solution ruinerait sa double imposture. Et la majorité est encore sacrifiée à une nocive minorité: il n'y eut jamais de minorité bonne et bénéfique à dictatorier ses choix vous avez remarqué? Le bien fait du bien !

 

(à suivre)


trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet freethewords.org,  nommé "la bibliothèque du futur" en attente des esprits assez héroïques - non pour affronter du difficile ou de l'ardu - mais bien du très argumenté…nous vous proposons de picorer, par exemple,  onglet 4 "Je ne parle plus à qui a raison",  onglet 4, encore,  "les mamelles du repos" de la littérature ou bien, « La démagogie n’est utile et utilisée que par qui est déjà au pouvoir »,  toujours, onglet 2 "Présent !", onglet 3  "Why do we left the left wings ?",  onglet 2  " Comment devenir un (e)  athée du capitalisme" ou, encore,  onglet 3  "Légalité de l'égalité".

Publié dans qui fuit le réel

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