De la complétude préférée à la cohérence ?

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Qu'importe d'être incohérents si vous obtenez de la complétude…Késaco ?

Le langage courant préfère, lui, la complétude, soit l'exhaustif, tout englober, en entier, l'intégralité, le plein, le rempli, l'accompli tout sorti des limbes, l'achevé, le terminé, le consommé sans beaucoup de "restes" - tout joindre, conjoindre et rejoindre, tout annexer. Le contenant total. Tout lier et relier mais dans l'aspect somme qui n'inclut rien d'autre que d'appartenir à la même addition…

 

Enroulé autour de ce choix, le langage courant s'arroge le droit de parler de tout (complétude) mais ne tient pas compte de la nature ni de la force de ses liens internes…Qu'importe s'ils sont déraisonnables, absurdes, irrationnels, illogiques, inconséquents, dissolus, non fiables…etc.

 

L'important semble de tout com-prendre, prendre avec lui, sans avoir à se charger de sa propre logique interne. Là, le langage se différencie, nettement, de la conception et de la maturation d'un bébé…Il ne participe plus d'un maillage inductif-déductif (aval – amont) cohérent, homogène, harmonieux. Ou congruent, comme correspondant, adapté, du même moule, convenant, adhérent sans aucune tension – avec tous les autres éléments de l'ensemble…  

 

Qu'importe le contenu si le contenant intégral y est !!!

 

Le théorème "d'incomplétude" de Gödel vient, de la sorte, s'immiscer dans ces choix directionnels…Les choix de la direction engagent de se diriger en ce sens – tout en nous privant des avantages virtuels de l'autre direction délaissée…L'incomplétude c'est que des propositions "indécidables" existent en tout système. Même dans les mathématiques – on ne peut fonder le système hypothétique- déductif à partir de lui- même, on ne peut le démontrer à partir de ses seuls éléments: il reste un noyau d'indémontrable…Dans la chaîne permanente des déductions, il existe une proposition première qu'il faut bien "croire"…Aussi, à l'exemple de la physique quantique où, si l'on veut "connaître" la position d'un électron nous n'en connaîtrons pas la vitesse . Ou inversement : c'est l'un ou l'autre. Pas les deux à la fois. L'un exclut l'autre et inversement …

 

Le langage demeure "indécidable": si l'on parvient à exprimer ceci ce sera au franc détriment de cela…Si l'on réussit à comprendre cela se sera sans piger ceci…etc Sa régénération permanente dépend donc de ce que nous ne concevons pas, instantanément, tout de lui.

 

L'évidence combat le sens…Le bon sens ne fait pas obligatoirement sens. C'est une logique oui mais pas "la" logique qui enfermerait la totalité dans son propre fonctionnement…Au déductif (qui part d'un axiome, d'un théorème ou d'un postulat et en fait couler et découler d'autres axiomes, théorèmes, propositions ou postulats logiques avec ce qui les précède et suit) s'ajoute l'inductif…Au lieu de descendre on remonte. Du fait à la théorie, de l'élément au tout, du particulier au général…Et pourquoi voulez-vous que les deux s'affrontent, s'opposent ou se combattent: ils se COMPLETENT !!!

 

Ainsi "l'indémontrable" (la place de la croyance qui "engage" toutes les émotions et les sentiments!!! ) "permet" que le langage demeure ouvert, matriciel, communicatif, fécondable, expansif, innovant, réversible, démonstratif, renouvelable, inventif, inattendu…et que son mode de fonctionnement discursif (qui se déroule comme les mots d'une phrase se lisent l'un après l'autre, à la file indienne du fil qui se montre tout du long !!!) s'ajoute, s'additionne, se joint au non discursif …

 

Le non discursif c'est notre pensée (mais aussi la réalité). Notre pensée qui saute beaucoup d'étapes, des phrases, des mots…Elle s'ôte des lignes préexistantes à suivre ;  elle saute d'ellipses en élisions, elle va au plus court, chevauche plusieurs échelles de lectures à la fois…oui la pensée franchit des ponts, des précipices ou des barrages comme s'ils n'existaient pas. Elle élude, elle ne fait pas listes à dévider, ou additions à suivre pas à pas…Elle synthétise tout "parce qu'elle" est déjà passée par là…

 

Le langage qui s'illusionne sur le fait de "tout contenir" s'ouvre, pourtant, portant, tel un filet complet à qui rien "n'échappe" tout le réel…Si, matériellement, il ne contient et ne possède pas tout - il "contient", retient, détient, conserve tout, empêche que ça ne déborde…Le non discursif se révèle la meilleure trame du fil de tous les discours…Le cerveau ne fonctionne pas du tout comme une "histoire" – le story telling ne "raconte" pas du tout le réel, mais disjoncte sa possible affleurance dans nos vies et fait passer sa"compréhension" (très locale et conjoncturelle) pour "le" réel…C'est la story telling le leurre…Le réel reste délié !

 

Soit lié et relié - mais sans préexistant, sans moule préalable, sans trame directionnelle, sans impératif catégorique antérieur, ni rien de prédéterminé: dans l'exhaustivité pleine de la liberté. Et de tous ses choix ouverts tournés vers son futur…

 

…et la liaison complice du complet et de la cohérence de nous fournir plus d'une corde à l'arc du sens…

 

 

( à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet freethewords.org, onglet 4 "Je ne parle plus à qui a raison",  onglet 3  "Why do we left the left wings ?",  onglet 2  "Comment devenir un (e) athée du capitalisme" ou, encore,  onglet 2  "Présent !" et onglet 3  "Légalité de l'égalité".

 

Publié dans méthodes de pensée

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