Ecouter la nuit

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Vibrer avec elle, se lover à l'intérieur, la respirer voluptueusement, la boire de tous ses sens – tant de mots pour décrire des expériences de moins en moins vécues. La chair de la nuit vous offre, parfois, des sensualités durables qu'aucun dancing ou "fête" ne peut égaler. A ce point ?

 

"Ce peu que je sais ça me tient compagnie beaucoup mieux que toutes vos distractions d'en ville. Il y en a qui me plaigne genre mais vous devez vous ennuyer loin de tout ça !!!" ( Alors que c'est leur vacarme immotivé qui ennuie et que la présence physique de la nature pallie bien de leurs défauts hurlants…).

 

Et Thyde Monnier, dans son livre « La rue courte »,déjà dans les années 1950, de relayer les mêmes rengaines genres "comment vous ne regardez pas la télé!" (tant et tant de "chaînes" supposées sans asservissement est- ce bien sensé ? !)", vous n'avez pas de portable, vous ne vous laissez pas entièrement bouffer par des contenus qui ne sont certainement pas vous en vrai…Et de rétorquer (hors des monologues unidimensionnels de la parole unique de la pensée unique qui fait, dans le même indigeste brouet, questions et réponses tout à la fois!) : "mais qu'est ce que vous y trouvez dans ces télés à la fin ? changez de direction dans le trajet des questions, à vous de répondre sans cesse désormais !!! oui oui qu'allez- vous y chercher ? des histoires avec des images ? des images qui vous distraient du fait de vous faire niquer les vôtres? Etc.

 

Mais quoi de tout ceci arrive à la seule cheville de s'allonger dans l'herbe tiède et odorante, d'y persister la nuit entière, de se faire scintiller de rosée, s'y s'ébrouer  tôt le matin avec le ciel pour plafond et le vent pour murs ? oui lorsque les 95 % des personnes de votre hémisphère dorment profond dans un lit. Non non s'enfermer au- delà des nécessités de protection entre quatre murs, non, ce n'est pas du tout raisonnable. En nous demeure, presque intacte, la fibre de galoper spontanément dans la nature, d'y dresser sa joie comme un oriflamme, d'y extravertir toutes ses langueurs latentes, d'y créer toutes les aventures enthousiastes…

 

Tant que cela ?

 

Plus encore ! Plus encore ! Devant tant d'abondances, commençons par écouter la nuit…"Que de bruit y vous faut pour vous amuser. Le résultat c'est que, de vos fausses lumières, vous tuez la lumière naturelle (le sommet des sensualités tactiles !) et que, de tant de bruits, vous vous rendez sourds aux musiques de l'univers" (pp 336- 337). "La nuit elle est pleine, au point que plus rien d'autre ne peut pénétrer sa plénitude. Mais tant que tu es pas resté dedans sans dormir tu ne le croiras jamais. " (idem). C'est se priver d'un pan essentiel de la vie que de ne pas pénétrer dans l'étoffe parfaite de la nuit !!! La nuit conserve tellement plus  à nous apprendre que nombres de tabloïds superflus !!!

 

" Tous ceux qui y parlent à voix de silence, ceux- là il faut avoir l'habitude de les entendre, comme la couleuvre qui rentre dans son trou, la souris qui se débarbouille, le lapin qui fait des sauts en l'air, la taupe qui creuse son corridor. Après, alors, vous avez l'arbre qui fait craquer son écorce pour grossir, la graine qui écartèle son haricot et dresse sa tige dire sous sa capuchette, le fruit qui rumine son soleil du jour pour en faire sa chair, vous avez tout ça qu'encore ça peut se distinguer avec la grosse habitude mais pour entendre la pierre qui fait son petit, le rocher qui s'augmente d'une once et le sang de la terre qui court dedans ses veines, il y faut une grande attention de cœur, que les fêtes d'en bas, parfois, elles vous font perdre du temps." (ibid). La nuit est si habitée que par une parcelle d'ennui ne peut s'y faufiler. Tout l'espace y remue, les sons s'y reposent dans l'étirement baillé du moindre de leurs échos. La paix s'y déploie, s'y étend, s'y rallonge, s'y prolonge, s'y étale tellement que des tombereaux d'images affluent. Les joies y pétillent sans pareilles, l'intelligence devient la même verdeur qui pousse la fleur dans sa verdeur et augmente toute ma verdeur, comme aurait dit ce Dylan Thomas auquel Bob Dylan a pris, d'hommage, le nom…

 

"Vivre" la nuit demeure plus que palpitant, enthousiasmant, grandiose de sensualités renouvelées. Rester tout entier dans la nuit (lorsqu'il n'y plus de nuit en dehors de nous !) sans dormir et la vivre. Obscurité serrée, touchers frais, sons tamisés, goûts sapiencés, odeurs rémanentes. Aux aguets: l'oreille du chasseur et du guetteur de la préhistoire demeure encore, latente, en nous – celle qui permet d'entendre à des distances incroyables. Cette oreille offre, aussi, la posture du guetteur lorsque chaque tendon et chaque muscle, chaque cellule et chaque liquide de nos corps se montrent tendus, tout unifiés, dans la même direction acceptée. Ou bien l'abandon d'un lâcher prise total qui vous fait goûter aux dermes nuageux, aux sols plus légers que l'air, aux velours bleu foncé de la nuit. Et ces odeurs de la terre qui respire la chaleur accumulée du jour vous font, franchement, tourner la tête. La lenteur des goûts, gardés si longtemps en bouche, signale la présence des nectars dont la persistance tracée dure des quarts d'heures pleins entiers. A frémir de sentir un rythme unifié: la nuit est une et, partout, respire de la même manière…Nous nous y sentons pars rejeté, posé sur la large et solide épaule. Nous nous sentons dans une familiarité puissante, dans une intimité sans distance que, plus jamais, le mot "séparation" voudra dire quoi que ce soit pour nous. Accueilli-e, dorloté-e, bercé-e, surpassé-e, surélevé-e : l'amicale famille, qui nous y tend sa riche hospitalité, peut durer toute la vie…

 

L'hédonisme pro-capitaliste (vous savez les fêtes défoncées obligatoires ou la loi de surconsommer toujours plus, avec des paroles jamais amicales ou accueillantes mais des ordres secs ou des commentaires inattentifs !!!) ne sait que se priver des summum comme de telles nuits. Inoubliables. Fête somptueuses qui surpassent de jouissances durées toutes les fêtes-aussitôt-oubliées-que-terminées. Hédonisme qui se refuse (par idéologie) tout ce qui est vraiment bon (par connotations arbitraires avec des attitudes "à refuser" !). Qui se prive de la moindre joie bonne et si gratuite – ne nous semble pas très cohérent! Le mot hédoniste "couvre" trop d'absurdités divergentes…

 

Puisque tout ce qui reste essentiel semble ne coûter jamais un centime. La joie indestructible fait bien partie du "donné" de la nature si gratuite. Toutes sciences ne reposent-elles pas sur des "données" (si bien nommées!), un préexistant corpus de départ surgi de quasiment nulle part ? Faut s'y faire, savoir accepter que tout ce qui surpasse toute les valeurs reste toujours "gratuit"…de ces bonheurs "fiables" qui ne sont pas des dus pour chacun-e mais bien des "reçus" (pas de plus somptueuses "réceptions" que de "savoir recevoir" la vie !!!)…La nuit telle un don complet qui peut épouser la moindre parcelle de nos intimités…

 

La nuit (tout comme "l'eau vivement fraîche" et d’autres triomphales techniques (toujours inconnues ?)…quelques uns des plus récentes sur ce blog ?: "Sourire vos digestions", "Reposer le repos d'une question", "Piller les roupillons", "S'organiser autour des organes", « Butiner le but », « La queste des questions », « Efface le face à face que reste- t-il ? » ou bien "La communication qui n'a jamais appris la communication réelle" ? etc. – oui encore etc. En bref, quasiment tout vous serait caché ? Sans doute ! vous pouvez le vérifier sur le blog du 9 juin 2011 nommé Comment le développement personnel tourne au savoir- faire révolutionnaire ?

Sinon, dans la série "Lorsque ne plus savoir admirer tourne à la maladie" (1) un blog a obtenu un titre à part " A votre égard tout sera égards". Grâce à qui ? Toute l’histoire du rire en 5 textes.  Encore, voir le blog du 16 septembre 2010 « Simuler votre cerveau vous offre toute la réalité » ou comment notre cerveau peut être magicien, etc…), la nuit donc fait bien partie de ces trésors offerts avec la vie, de ces "données" avec votre personne née, non ?

 

Aussi - vivre intensément la nuit si bonne et si gratuite, aboutit à ce qu'aucun capitalisme ne sera jamais à la taille de cette splendeur !!! Jamais !!!

Oui ou non ?

 

L'attitude à trouver par rapport à ce qui reste si supérieur à ce qui serait "le prétendu consensus mondial" ?

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuits freethewords.org,   onglet 4  "Nul n'est  nul", onglet 3 "Légalité de l'égalité", onglet 4  "La démagogie n'est utile et utilisée que par qui est déjà au pouvoir ". Et, surtout, RIEN DE PLUS SOLIDE QUE LE SOLIDAIRE, onglet 3,  ainsi que LA QUESTE DES QUESTIONS (qui a démuni les démunis ? qui a déshérité les déshérités ? etc), onglet 2.

Résistance au changement      Implique changement de la résistance

 

Si ce blog a su retenir votre attention dans les 1 000 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on trouve plus que prévu

 

Publié dans méthodes de pensée

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