Epargne, crédit et investissement salopés par les financiers

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Ce sont trois domaines où les marchés sont parfaitement inefficaces. Mais "que font donc les médias?" (mouvement pas très connu de consommateurs de médias) aurait dû signaler, qu'à partir de 1997, l'acquisition d'actifs financiers par les ménages étasuniens est tombé au-dessous de zéro (JKG p. 65) **. Leur épargne intérieure couvre moins de 1% du Pib (40 % en Chine). Et pourquoi? "Le marché qui échoue c'est la non prise en cause du solde des bénéfices sociaux marginaux sur les coûts sociaux marginaux" (JKG p. 61). Ce qui fait que les médias déloyaux font croire que le social "coûte" alors qu'il rapporte.

En rajouter des couches 2010? "Animals spirits: how psychologist forces lead finance and economy". Les esprits animaux: comment les forces psychologiques mènent la finance et l'économie". 70 % de l'Economie est prétendue psychologique sans qu'aucune thérapie correctrice ne se voit même envisagée. Jusqu'où détaleront-ils devant le réel? "13 bankers", 13 banquiers, divulgue que Wall Street se dévoile le centre de toutes les futures catastrophes potentielles. Plus vite interviendra sa fermeture plus nous serons en sécurité. The NET (groupement d'économistes "incorrects", donc très corrects!), disqualifie tout lien entre inflation et plein emploi (ce qui, NAIRU aidant, demeure l'alibi du chômage-bonne-conscience). Les marchés ne maximisent pas les  profits, ne connaissent pas les meilleures allocations pour les ressources collectives: ne sont donc pas du tout efficients, mais sacrément ignorants. Grands gaspilleurs, destructeurs, ils croient "gagner" "profiter", détruisant la montagne du futur juste pour avoir (tout de suite!) la minuscule pierre qui se trouve au dessous. Les marchés se montrent imparfaits (imperfect knowledge economics), instables, dissymétriques: sans intervention ils ne provoquent que catastrophes sur catastrophes. Le capitalisme semble avoir donc résolument tout faux sur tout…alors que, simultanément, son radical manque de sérieux met la planète et la vie en grand danger. Danger dont ne sont accusés que les "manifestants", sans qu'à aucun moment, ne soit précisé les processus par lesquels le fait d'être dans la rue, crée des incidences sur les délires bancaires, les primes des traders, et le fonctionnement global de la Société. Tant de primitivisme mental (la pensée magique) ne peut être accepté plus longtemps. La Raison semble nettement préférable à la maladie capitaliste.

 "La crise de trop", reconstruction d'un monde failli, de Frédéric Lordon, apporte sa moisson mais se distingue dans son étrange chapitre 3, "Pour un système socialisé du crédit", où il ne rejoint pas le film de Paul Grignon, Money as debt, l'argent-dette, qui inverse bien le sens vital de la confiance (illustré, expérimentalement, par " le puits sans fond" des SELs!). Il surgit, donc, que tout prêt soit scripturaire ce qui veut dire qu'il procède par une simple écriture. Et que ce ne sont pas les dépôts qui fassent les prêts. Mais (p. 136) ce "scoop" pouvait être trouvé dans "n'importe quel manuel des facultés" sans avoir causé le moindre évanouissement, avance l'auteur. Puis, bifurcation incompréhensible, jusqu'à la page 151, nous voyons tourner en boucle que "la monnaie est du concentré de désir" et ses demandes "doivent être contenues" (du prescriptif sec sans le moindre argument!) par (tenez vous bien!) "la contrainte de remboursement du principal" (p. 146) dans le "crédit socialisé". Alors que (p. 144), l'auteur reconnaît que " l'émission du crédit ne coûte rien puisqu'elle ne nécessite aucune accumulation de fonds préalable". Et, qui "partant de l'idée de création monétaire ex nihilo en déduirait l'illégitimité de principe de l'intérêt", se tromperait (sic). Sa pensée guêpe affolée qui se cogne partout alors qu'elle s'était bien envolée, pour, en fait, maintenir tout en l'état (seul changement, la gouvernance des banques avec des droits formels – mais pas l'organisation globale pour les exercer – puisque le "peuple" y aurait quelques sièges). Bon, à part le surprenant tête à queue de Lordon, inattendu soutien aux financiers, puisque l'argent comme désir serait explosif (?), et qu'il fait semblant de comprendre de travers que si les "crédits sont scripturaires", donc sans avance de fonds, de capital, de principal, le fonds du débat n'est pas de pinailler sur les intérêts (en paiement d'un réel service ils demeurent justifiés) mais de bien faire comprendre qu'il n'y a plus aucune nécessité fondatrice de "rembourser l'inexistant, le virtuel, le seulement écrit principal". Les intérêts servant de paiement à la prestation de services ne peuvent qu'être maintenus. Pas le capital. Très métaphorique rhétorique. Ou bien métaphore même du capitalisme comme vivant uniquement "sur" l'argent des autres. Quoiqu'il en soit de ces biais, fulgure l'inefficience toute des marchés pour les "crédits utiles" et ces "gens modestes si pleins de ressources". Ils "évitent", ainsi, la majorité des "forces vives"!!! 

Epargne, crédit et investissement: ce sont trois domaines où les marchés sont parfaitement inefficaces, voire extrêmement dangereux

Les médias déloyaux font croire que le social "coûte" alors qu'il rapporte

L'émission du crédit ne coûte rien puisqu'elle ne nécessite aucune accumulation de fonds préalable

Plus aucune nécessité de rembourser l'inexistant, le virtuel, le seulement écrit principal ?

 

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James K. Galbraith (abrégé en JKG) et le "The Predator State", 2008, avec son si parfait sous-titre "Comment la droite a renoncé au marché libre. Et pourquoi la gauche devrait en faire autant "

 

 

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à but non lucratif freethewords.org,   onglet 1  "Les mamelles du repos" et  "Remue- ménage",  onglet 2 "Présent !", onglet 4  "Nul n'est nul" ou, encore,  "Je ne parle plus à qui a raison".

 

Publié dans economie et politique

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