FIN DES SAUSSURIENS

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De Saussure n'a pas publié ses Cours de linguistique générale. Ce sont trois de ses étudiants qui ont imposé leur transcription personnelle. En aucun cas, nous ne pouvons prendre ces Cours comme l'expression volontaire et maîtrisée de la pensée de de Saussure. Pourtant, très exactement comme avec Darwin et sa soi-disant survie des plus aptes, donc des plus forts et des plus intelligents (ce qui justifient toutes les faiblesses et les bêtises!), sa pensée, ainsi mieux profilée, a été dévoyée. Ou comme avec Adam Smith, duquel ne sont jamais retenus les 5 critères du juste salaire, les acerbes critiques contre les manufacturiers (équivalents des multinationales) et des mercantilistes (équivalents des capitalistes), c'est-à-dire les 3/4 de sa pensée, qui a donc quasiment été trahie. De Saussure a subi même traitement. N'ont été retenu, trop arbitrairement, que "l'arbitraire du signe" et le triplet "signifié-écart-signifiant, simplifié d'ailleurs en doublet "signifié-signifiant; mais le tout a été tellement aplati que ce n'est plus du savoir mais du dogme.

Ainsi est oublié le langage somme "sens et valeur", c'est-à-dire la valeur déploie chaque mot par rapport à tout le langage, ses différences, inclinations, ruptures, ricochets, permettant son individualisation en même temps que ses indissolubles liens avec le langage entier. Le sens c'est ce qui ressort de cette multi-vectorisation. Ce livre défend cette prolifique approche. Par contre "l'arbitraire du signe" s'est vu schématisé dans l'observation que chat se prononce cat, en anglais, gato, en espagnol, etc, et que donc il ne peut y avoir adéquation son-sens. Même si les ressemblances l'emportent toujours sur les différences. C'est succinct, mais interdit tout de même toute appropriation charnelle et concrète de la langue et des mots. Or ces deux piliers de la linguistique saussurienne, qui semblent former l'horizon hypocritement décrété indépassable de la linguistique, conduisent, en réalité, à des apories.

1 - La valeur dans un système linguistique qui perd toute "valeur" littéraire, pour ne se rétrécir qu'au seul système physico-mathématique, oublie, omet, ignore, dérape sur le fait, qu'en mathématique, la valence ( le concret de la valeur) positive ou négative n'y a aucun sens, n'entre pas en ligne de compte. Pas de jugement de valeur en mathématique. Donc de soumettre le langage à un système mathématique n'aboutit qu'à une description, jamais à une explication. Une description ne peut se hausser à la moindre vertu explicative. Le modèle ne permet donc la construction d'aucune règle : ce n'est que confusion où le pilonnage d'affirmations sert d'argumentaire. Ni vérifiable et réfutable ni reproductible.

2 - L'arbitraire du signe ne répond absolument pas à la question: arbitraire, oui mais jusqu'où? Le sens n'a-t-il AUCUN rapport avec la matière sonore? Et, dans le cas où il n'aurait aucun rapport, il y aurait fuite de l'immanence où se trouve la coulée sonore, pour refuge dans une transcendance, hors notre quotidienneté immanente? Si le son ne participe aucunement au sens, le sens ne peut se trouver que dans un infini entièrement insonorisé. Auquel nous n'aurions jamais accès. Logique et bon sens auraient dû conduire à admettre que l'arbitraire du signe n'est pas absolu, totalitaire, mais sait s'arrêter à: pas de rapport simple et linéaire son-sens, mais, parce que nos connaissances restent limitées, admission qu'il apparaît une partie d'arbitraire dans le signe. Une autre ne l'est donc pas! C'est ici qu'intervient la diction du dictionnaire!

3 - Le signifié comme sens détaché du son est plat, en deux dimensions, visible sous une unique face. Tandis que le son donne du VOLUME, permet de sortir de cette unidimensionnalité, de multiplier les points de vue féconds, d'offrir des angles multiples et de nous placer toujours plus en phase avec la réalité. Le signifié hors du son paraît sommaire, archaïque, schématique, fuyant tout savoir mathématique et géométrique en fait (par exemple, la géométrie dans l'espace ou le calcul vectoriel). Le signifié avec le son offre, par contre, un foisonnement, une épaisseur, une densité au sens, indépassable. De Saussure disait, d'ailleurs, que signifié et signifiant représentaient les deux faces indissolubles de la même médaille, ce qui, empêche, avec raison, de substantialiser le son, mais en aucun cas de séparer tyranniquement le sens du son. C'est pourtant ce qui a été fait ! L'aporie se décline de nous faire nager dans un brouillard indistinct d'une unité non localisée ni localisable, qui surgit sans relation de cause à effet (ni respect des phases quantiques) d'une coïncidence sans explication puisque le sens est privé de son. Tandis que revenu au concret de "la lunette de Galilée" nous observons que coïncidence offre co-incidence, soit une incidence qui est rencontre de deux axes directionnels qui ont de l'effet l'un sur l'autre. Le réel se décrit et s'explique. Localisés et localisables, les mots participent ainsi des relations de cause et d'effet. Ou non, parfois, lors de leur "saut quantique". Cette double incidence ressemble (épouse) parfaitement l'action. Le sens allié au son nous rapproche infiniment du réel, non ?

Quelques fanatiques (et beaucoup de conformistes) nous avaient ainsi privés, aussi tous les autres, de la diction du dictionnaire, vérifiable et reproductible. Juste pour de tyranniques abstractions qu'ils ne peuvent, en plus, nullement expliquer. Les "contestataires" n'ont jamais, jamais été celles et ceux que l'on croit !!!

Ainsi, n'ont-ils pas défigurée toute la pensée de de Saussure? La thèse centrale de "L'essai sur les langues" n'est-elle pas qu'en partant de l'analyse de n'importe quelle langue il est possible de remonter à des racines bi et tri-consonnantiques COMMUNES, à condition de postuler que p=b=f=v=k=g=ch, et t=d=th? Les "preuves" étaient nombreuses, par exemple R-k comme signe universel de prépotence ou de puissance violente: rex, regis, rache, rûgen, king etc etc, comme le rappellera de Saussure lui même dans ses souvenirs . Bel exemple de la dénaturation acharnée d'une pensée, puisque de Saussure maintenait que les ressemblances entre toutes les langues sont beaucoup plus nombreuses que leurs dissemblances, qu'il existe de nombreux schèmes universels, et, qu'en fin de compte, "l'arbitraire du signe" était une saine réaction contre une exagération platonicienne qui prônait que dire le mot c'est posséder l'objet. C'est dans cette unique perspective qu'il s'agit de placer ce concept. Aussi de le dogmatiser, dans une direction symétriquement inverse, mais toute aussi exagérée, provoque une aporie dangereuse, qui ne peut aboutir (saine réaction!) qu'à mettre fin au règne des saussuriens.

       (à suivre)

 

Surveillez donc bien nos blogs et aller directo sur le site internet à but non lucratif freethewords.org,   onglet 3  "La diction du dictionnaire ».  

 

 

Publié dans corps des langages

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