L'ardeur sociale

Publié le par imagiter.over-blog.com

Maurice NADEAU a écrit, en réponse à la lecture du tapuscrit qui suit, cette petite note, "texte de grande érudition appuyant une belle démonstration. A ne surtout pas faire lire par des commerçants". Je me demande encore pourquoi. Et vous ?

 

       L' ARDEUR SOCIALE

 

          Techniques pour s'extraire de l'individualisme

 

*******************************TABLE DE MATIÈRES**************************

 

 

1 -  L'origine………p. 1

2 - Étymologie en boucle              p. 3

3 - Eldorado          p. 5

4 - Le Palais de la Réalité………p. 8

5 - Réalismons-nous !         p. 9

6 - Pertes et fracas………p. 13

7 - Séparations ou retrouvailles ?             p. 18

8 - Changeons nos grilles de lecture             p. 21

9 - Tribus du soleil…………p. 24

10  -  Un pont vers l'ardeur sociale…………..p. 26

 

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Connaissez-vous le fait que vous connaissiez ? D'où vient votre connaissance ? Et comment ce serait si vous n'aviez plus cette connaissance ?

Impossible ! vous élancez vous ? Et, pourtant, le texte qui suit vous raconte une histoire profondément enfouie en vous. Écoutez-là !

 

                                           L'ORIGINE

 

   Sur la terre aquatique, pétrie de marécages, l'eau et la terre, la nuit et le jour, étaient mêlés dans une noce de pétillements électriques...

L'explosion qui créait la Terre venait d'avoir lieu et, pendant que reposait le magma de terre et d'eau encore secoués de spasmes brûlants, montaient, dans les ténèbres et le poids de l'atmosphère, de lentes vapeurs phosphorescentes...

Longtemps..

Ô longtemps, longtemps après, le soleil éclata la coquille des brumes électriques et gazeuses...L'œuf de la vie était brisé...

Mais là - Là !- tout flambant des profondeurs, flottaient les deux moitiés d'un nid d'algues bleues.

Une lumière descendait comme une fraîcheur. Devenait végétation courant, s'entrelaçant aux formes qui se dégageaient déjà de l'eau opaque… comme des nids.

Les contractions de l'eau ouvraient les formes jusque dans leur cœur. L'une de l'autre, les formes étaient dépeignées, démêlées par les doigts de lumière...Ainsi naquirent l'homme et la femme ...De l'épaisseur qui leur fut commune...

Mais sous la lumière, la blessure de la séparation de leurs corps clos d'avec l'illimité extérieur qui les créa, rougeoyait implacable...sauf pour eux...

Accroupis, la femme et l'homme regardaient le limon de leurs origines. Il y avait déjà un univers dans l'humble idée qu'ils étaient vivants... Dans ce LOISIR total en cet état primitif où la forme du corps ne faisait qu'un avec lui, nous avait, déjà, explicité Joë Bousquet.. Où tout le corps s'enroulait autour d'un regard comme s'il allait jaillir des yeux. Ou bien les anémones ondoyantes tressées au fond des yeux semblaient aspirer la vision ruisselante...Tout roulait en flot dans ce corps transparent, comme un main ouverte, comme une poignée fermée, sur la totalité de ce qu'il pouvait retenir...Il respirait les ondulations de ses chairs qui giclaient, glissaient , se dénouaient, se déroulaient, détachant de nouvelles bulles, de nouvelles alvéoles que venaient chatouiller, épouser les nectars ambiants...La lumière bourdonnait à toutes les  charnières polies entre les pluies bouclées, autour des frémissements que salivaient les arbres devant les balancements bleus...Les parfums relançaient leurs sillages. Épaississaient l'espace entre les choses d'un courant si dense, si dansant, que tout semblait être retourné comme un gant, avant que de s'envelopper ,d'un frisson dans la forme qu'elles tendaient tout en elles-mêmes...L'homme et la femme sentaient leurs corps se dévider, se dérouler puis suivre les virages de leurs sens au tambour du même mouvement qui se répétait en tout...Ils étaient du même ballet. La vie qui les habitait se tapissait de la vie qu'ils habitaient...Comme les marées de la Terre répondent aux courants de l'eau, rien n'arrête le cours des sens palpitants de la tête aux pieds. Les yeux vivaient comme des mains, les mains comme des narines, les oreilles comme des bouches, les bouches comme des poissons...Et l'huile de cette cuisine faisait tourner les poulies de leur corps, le retenait du filet des cheveux brumeux - pour rebrasser, pétrir un nouveau caressant festin...Un nouveau sommet que les choses se mettaient à découvrir, en raréfiant leur matière, dans l'invention de leur complétude la plus courante...Oui la femme et l'homme regardaient le limon de leur origine...Leurs yeux comme la lumière qui ne jouissait d'elle même qu'en se mêlant, s'immiscent à ce qu'elle illuminait. Nos yeux resteraient le cœur de nos origines pour leur éternité…

     Mais les sons gutturaux que l'homme et la femme éructaient dans les ténèbres avaient ouvert entre eux - une autre blessure plus profonde que leur corps. Deux moitiés d'un même nid, leurs respirations mêlées dans l'eau d'un seul et même miroir, puis démêlées jusqu'aux racines de leurs souffles…les sons qu'ils grondaient ne brillaient plus que comme le scintillement de la vie souterraine…La lumière ne les avait pas traversé…Ô le son boueux des mots…et si nos mots ne sont plus que brumes en ténèbres, nos corps resteront la trace de ce qu'il nous reste à faire…

        Les yeux sont des têtes d'oiseaux

        Et mon corps voudrait suivre cet envol double

         mais reste figé dans la pesanteur de la chair

         Jusqu'à ce qu'y remonte ses odeurs

         son passé déchiqueté de mer

         qu'il s'ébroue s'ouvrant à l'air du soleil

Comme je voudrais sortir du ventre de la Terre.

Et, dans cet effort, l'homme se tendit tel un arbre. Hissé sur ses racines, il aspira l'infini de l'air - secoua sa tête pour qu'elle se déploie comme un arbre - où ses yeux se posèrent comme oiseaux…L'œil devient l'oubli du limon des origines. Cette eau quittée, le corps fut attiré de tous ses poils vers le soleil. L'homme courait vers sa vie, le centre de sa  vie : le soleil…Pour que le son soit le pollen suspendu de la vie, pour lui faire suivre la carte entière du corps, de tous ses ruisselets, rivières, fleuves, de ses côtes ôtées…Pour qu'il demeure mémoire et moires et s'incurve et jaillisse avec autant de dimensions que la vie - ne fallait-il pas l'arracher, le son, à la gangue des ténèbres de sa vie souterraine ?…Le soleil y courait ! Le soleil ! Un trou blanc qui tourne de plus en plus vite dans le nacre de sa force - aspirait, suçait les yeux de l'homme, potier de sécheresse - lui boutonnait le dos, éteignait l'œil ivre d'arbre, l'œil lacustre et volcanique qu'on appelle le troisième œil. La troisième oreille, de même, s'était flétrie et faisait glisser toutes la fermeture éclair de la tête…L'homme ne pouvait revenir à lui-même…La blessure de la séparation de son corps clos d'avec l'illimité extérieur qui le crée rougeoyait implacable…

     L'homme naîtrait, désormais, de ce qu'il créerait. Alors , il revint vers la femme toujours accroupie…Il vit en cette eau mobile et profondément obscure l'écho d'une image la plus proche de sa vie… Dans ses poils, il savait les racines qui les enfonçaient dans les profondeurs qui leur furent communes….Les pulpeuses contractions de l'eau lui frôlaient de nouveau la peau. L'homme voulut retrouver le fourreau de son origine…

Partout ce n'était que soleil triomphant et la femme refermait sur la nuit de son ventre...Le corps clos à la lumière, la femme protégeait dans son ventre, les  lenteurs végétatives qui l'avaient créée…

      L'agile argile qui m'a créée est dans mon ventre

      Je resterai toujours créée !!!

      Et dans la houle maritime de toute chose qui se fond dans toute chose

       J'apprendrai les secrets de l'origine - je donnerai la vie !

L'homme voulut retrouver cette profondeur de la vie, ces ténèbres terrestres lui semblaient caresses face au supplice du soleil. L'homme tomba dans le ventre de la femme : il se vouait à naître d'elle…

Le ventre lourd d'un océan, le femme accepta l'homme fort de son ventre d'arbre…Et les ténèbres recouvrirent l'origine…La lumière devient le temps…Il y eu un passé et un avenir, de quoi recouvrir la présence légère du présent, de cette lourde chape…

     Mais c'est là - Là ! - au cœur de la vie, que les mots que la femme et l'homme se disaient restent un silence…Et ne peuvent faire tinter du comment au pourquoi  - si le mythe voit la femme sortir de l'homme, en être issue, la réalité fait sortir l'homme de la femme, naître d'elle. La parole est l'origine de l'homme. Et la femme naquit de l'image…Pèse ces mots avant de connaître le poids de ce qu'il reste à dire… Car du silence qui pesait sur la Parole et l'Image, la vie s'appauvrissait à l'infini…Notre façon toute personnelle de vivre l'origine demeure, ainsi, autobiographique. Elle nous décrit beaucoup plus que nous ne l'entrevoyons, tous nos choix s'y sont donné rendez vous. Formant, dans la discrétion, un des piliers de notre connaissance du monde, l'expérience de l'origine reste incontournable. Ce qui veut dire que chaque élément qu'elle nous apporte risque d'être une découverte. L'étymologie de ce mot vibre-t-elle du côté des découvertes ?

 

 

                                                 ÉTYMOLOGIE EN BOUCLE

 

     Parcourons l'étymologie "d'origine" et faisons même un détour  par le "Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9 au 15ème siècle de Frédéric Godefroy, - F. Wieweg éditeur 1888) où nous trouvons des déclinaisons comme origenal, originance ou origination, originacion ou encore ce "passer procuration et origine à un greffier du conseil de faire et expédier ung acte" où "origine" signifie "procuration authentique. Le Grand Robert de la langue française précise "du latin originem, accusatif de origo, inis, de oriri se lever, naître". A élargir au maximum l'aire de notre recherche, nous nous apercevons que bucca, bouche a remplacé os, oris, dans les habitudes d'écriture. "Or" comme racine se retrouve dans oral, orifice, orée ou bien ourler ou orient, la racine "or" exprimant l'idée de surgissement, de naissance. Afin de compléter, signalons que le  latin "aborigines" par qui les romains désignaient les habitants primitifs de l'Italie, ceux qui étaient là dès l'origine : ab-origines, ab à partir de, origo, originis, l'origine.

…..Quelles sont toutes les sensibilités qui frisent dans le mot lui-même ?

1 - le Temps. Le point de départ, la première apparition ou manifestation, le premier commencement absolu, la naissance , la création : les mots liés sont berceau, aurore, nid, enfance, primitif, premier ou dès, depuis

2 - 1a filiation. Le lien avec les ancêtres, la généalogie, l'ancienneté, le milieu dont on vient  : les mots liés se disent embryon, germe, noyau, source

3 - le lieu . La provenance : les mots liés sont, alors, découler, dériver, procéder, provenir

4 - le sens. Le fondement explicatif mais qui ne fixe pas un moment dans le temps, cause première sans nuance temporelle, instance qui inaugure un ordre  mais en ne présupposant pas un socle préexistant: les mots liés vont du côté de base, fondement, principe, cause, raison, être à l'origine de.

L'origine comme première dans le temps se densifie par le rajout de première dans l'ordre  (et cette primauté, pour le moment, a permis, par glissement du descriptif à l'explicatif, de "légitimer" les pouvoirs) et se structure par des configurations comme provenance, début, mais point de départ (temps, lieu, filiation) de ce qui est envoyé (source) ou soubassement de ce qui est construit (explication) participe du sens, de ce qui donne de la signification..

L'origine se révèle avoir tout à voir avec le langage. Et d'ailleurs le lien étymologique d'origine renvoie à "l'etumos", au "vrai" qui l'est par recours, retour au sens premier, donc à l'origine du mot. L'étymologie, le vrai par l'origine ? Du fait que le langage lui-même a créé le temps, le point de départ sert, principalement, de répartition, de géométrisation du monde. D'arpentage et de dénomination, de séparation et mise en sens comme en vecteurs directionnels…etc, l'origine a beaucoup à voir avec le sens. C'est un jalon spatial, un point qui parvient à centrer tous les regards voués, autrement, à la dispersion chaotique. Un point de repère et le centre de toutes les  mesures possibles : le socle le plus à ras du sol de solidité du réel, solidité à partir de laquelle vous pouvez peser, mesurer, observer les évolutions dans le temps. Le seul fait que nous n'ayons créé ni l'univers, ni la vie, mais que nous sommes créés ouvre au mot "origine" la clarté de l'acte de départ, de séparation, d'éloignement. Son origine importe énormément à qui est créé. De revivre personnellement, avec aucune concession à l'esprit de l'époque, notre origine reste le moyen imparable de se débarrasser d'absolument toutes les nos mythologies de non participation à nous-mêmes. Méthode pour s'extraire de l'individualisme lorsque sans issue ? Retrouvez tout ce qu'implique une origine, par exemple, l'impossible séparation d'avec ce qui nous a créé, nous a offert une origine. Nous ne pouvons , sans grave danger pour le sens de la vie et de notre place dans ce processus, nous ne pouvons, si ce n'est dans la posture "pertes et fracas", nous séparer de  la Nature, c'est, en effet, nous rendre inaccessibles à la vie et à l'univers… L'origine surgit bien comme ce qui nous éloigne de nous-mêmes ou bien ce qui nous rapproche de nous-mêmes. Aux conséquences jaillissantes d'importance. Par la concentration accompagnée d''hyperactivité de tous les vecteurs de sens qui se rassemblent tous dans l'origine : l'origine étant le départ de tous les sens (espaces, temps, récits linéaires…etc) en demeure aussi le point possible de tous les dérapages. Un angle d'un degré s'ouvre à un balayage de plus en plus grand, rappelez-vous, rien dans le germe d'un degré d'angle ne laissait paraître le résultat actuel. Ménageons les germes, les sources, les causes lorsqu'elles obtiennent de si rapides résultat. Qu'est une époque qui ne sait plus les genèses, les tâtonnements, les lentes maturations, le respect pour les cheminements particuliers inclus dans tout développement ? 

       Pour terminer, tentez de résonner à la troublante étymologie "d'origine": de gyne, gine, gunê, femme, comme dans gynécée ou gynécologue et oris, bouche.Oris-gyne : bouche et femme !. Se pourrait-il que du lien femme et bouche; jaillisse la source de plus amples éclaircissements ?

 

 

Puisque, voici, depuis l'origine, le trait de ce qui arriva…Les hommes s'engagèrent ,avec les tribus, dans la Grande Course. Génération après génération. Femme après femme. Homme après homme. Ils se battaient toujours pour un bout de terre que tous trouvaient sur la planète. Fouillant la matière, ils ne voulurent plus jamais savoir que la matière reste ce fleuve d'énergie qui ne fait que "passer" en leur chair. Leur corps pourrissait d'être le silence de leur origine…Un course en avant toujours dans le même sens, ils fuyaient les secrets de l'origine, jusqu'à les extirper du temps…jusqu'à l'ombre retombée de l'oubli…Quant aux femmes, devant de tels miroir de vieillards, elles avaient perdu connaissance…et de la descendance de l'homme - non, elles ne purent l'élever, non ! Jusqu'au plus haut soleil de toute leur taille tendue. L'élever au bout des bras d'une offrande. L'élever. Et ainsi continua la Grande Course…

Est-ce ainsi que cette histoire s'achève ? Nous n'y croyons guère mais ce qui en est à extraire, dans l'immédiat, c'est l'impact s'élargissant les ronds dans l'eau. C'est pourquoi, de point avoir écouté cette histoire enfouie en vous, vous ne savez plus trop ce qui s'ensuivit- . Ne vous arrive-t-il pas de dire ça m'arrive ?. Ca m'arrive de dire ça m'arrive ! Ca vous "arrive" ! Mais qui peut bien être l'expéditeur ? L'El dorado ?

 

 

                                             ELDORADO

 

       Alors des hommes métallisés, cuirassés, crurent que leur sang pourrait ne pas pourrir dans leurs vaisseaux. Ils traversèrent l'océan et arrivèrent devant les marécages de l'Origine. Mais y vibrait, sous les arbres en pleine richesse, l'or du temps…Les tribus de la Grande Course s'élançaient vers les dernières tribus du Soleil…

Ces hordes galopent encore en mon corps…

De nouveau, l'homme se retrouvait devant les secrets de sa vie : et; de nouveau , il voulait rejoindre le soleil qui l'hallucinait jusqu'au bout de son souffle…Son œil quitta son corps…ELDORADO : le pays doré dès l'orée…Sous leurs peaux tendues de convoitises, les mêmes contractions d'eau aux spasmes brûlants - qui sortirent la première femme et le premier homme de l'écrin de la matière - faisait ruisseler les rêves que ces hommes tenaient au ventre dans leurs greniers moites d'Europe…Ici, il n'y avait plus que le cerveau des entrailles qui hurlait leur fureur d'être propulsés au bout de leur liberté juteuse…Le corps à corps avec ces trésors qu'il fallait arracher au maris de feu : Eldorado…le pays où il suffit de se baisser pour ramasser l'or, aussi firent-ils se baisser les indiens à leur place - pour; de retour, se couler dans une peau étale attisée de la graisse des satisfactions ouvertes…Dans cette cuisine embrasée dont les pas ne s'arrachaient que pas ces succions dressées ardentes au fond des ventres…Dans cette cuisine, qui mettait les glandes en feu, tout l'intérieur de l'homme était d'algues bleues hérissées - comme seul le premier homme put le sentir… Mais, pour lui, n'était-ce pas les premiers élans de son corps marécageux s'ébrouant de la mer ? la respiration des rivières de ses poumons aspirée, en spirale, jusqu'au fond du soleil ? Et, puis, ne retomba-t-il pas, plus près de celui autour du quel la Terre s'enroula. Ensuite, les joues taries dans la même reptation, mais vers le ventre de la femme, n'avait-il pas oublié la bouche double du soleil dans ce pacte de la vie. Non, les hommes d'Eldorado, toute la peau retournée comme un gant vers l'intérieur, les ruisseaux de sueurs obstruant les appels de leur corps. Non, les hommes d'Eldorado n'avaient plus ces sortes d'élans vitaux…

     Un pigment rougeâtre, serti d'écume rosâtre, leur était rentré dans le corps, passant du filet des poumons au cerveau des entrailles, s'insinuant dansa colonne vertébrale pour se crisper au milieu du cerveau… Aux triples galops de leur chair, une fièvre faisait craquer le sang, strider les nerfs, hurler les cœurs…Comme une liqueur enragée qui rythmait les stridulations de leurs yeux : elle se collait à la pierre inca, grimaçait devant les statues aztèques, attisait la danse de la paraffine maya…Un défilé souple pleuvait ses barreaux qui se refermaient , miroirs sans éclats, au fond de leurs têtes… En condensé, ils vivaient toute cette âme inconnue dans leurs yeux comprimés. La cloche de leur tête résonnait comme un cri au tempe, les cheveux battants. Le cerveau suait une pois sale, les anses jamais accostées de leurs inconsciences s'amollissaient comme de la gelée. Le pigment en forme de bulle leur fouillait le crâne jusqu'au délire. Ils étaient dépossédés de plus qu'ils ne pouvaient imaginer… Les derniers maillons qui saillaient comme mémoires des mots de la tribu venaient d'être engloutis dans les ténèbres de la folie…

    Et les hommes de la Grande Course revinrent. Ils ramenaient les trésors que la Terre "leur devait"…Leurs vaisseaux croulants de toute la vie de civilisations dévastées : ils ne ramenaient de cette vie que cette bulle en eux ancrée…Comme une malédiction. Et depuis ne hantons-nous pas les dictions qu'il ne faut point articuler ? Jusqu'à la moindre lettre, le moindre mot. Qui ne correspond plus, non plus du tout, à nos réalités où le cordon ombilical est perdu entre le mot et son suc…le concret n'a-t-il ses concrétions. Comme le secret ses sécrétions. Et comme tout secret extrait, abstrait de tout, permet justement toutes nos abstractions…

     Le mot tribu est choisi puisque permettant la distance par rapport à l'évènement. Alors que l'évènement ou plutôt les évènements décrits nous sont contemporains, de créer une distance participe des techniques de la résolution des conflits. Tribu donc. Les tribus du Soleil seraient ces peuples qui savaient, l'imaginaire résoudra tout…Les rêves ne seraient-ils pas les clés pour sortir de cette bulle qui nous cache au Rêve… Le rêve qui a tout le temps et tout l'espace, mais ne se peut vivre que comme présent, et à l'endroit même mis à l'endroit…Aussi, établissaient, rétablissaient, lissaient-ils leur vie sur l'autre partie de la réalité complète, les 9/10 de l'iceberg, miroirs d'hiver vernal bouillant, intuitions, fulgurances…A l'extrême opposé des tribus de la Grande Course, les tribus du Soleil les accueillirent, pourtant, tels des dieux radieux : pensaient-ils qu'ils étaient de forts rêveurs , ceux qui fendaient l'eau de l'ovale lourd d'un ventre de bois ? Étaient-ils bien sûrs qu'ils vivaient le Rêve, ceux qui rendaient au soleil le scintillement de miroirs de métal ? N'adoraient-ils pas, ne doraient-ils pas, eux-mêmes, ces "autochtones", le trône du Grand Inca qui pesait bien 2 tonnes et rutilait à des kilomètres, rehaussant les yeux des ombres colossales de statues d'attente, d'escaliers aux marches galopantes - pour mieux recueillir la corolle du champignon massé au fond des corps et la lancer , au milieu de tous ses reflets, vers ce soleil qui donnait tant d'extases, en dansant si bien la ronde de l'univers ? C'est que ces indiens croyaient rejoindre de grands frères…que n'auraient été les  joies de redoubler les émerveillements de vivre ? D'enfants aux rêves, aux vêtements et techniques, aux émotions si différentes, n'allait-on pas sentir ce Présent qui était déjà tous les mots de la Terre ? A s'y mettre tous ensembles, il semble !

     Oh que non ! nous n'étions enfants de rien, semeurs de néant, nihilistes planétaires, il fallait mieux piller et détruire tout ce qui n'était pas nous. Qui n'avait commis que la peccadille de n'être pas comme nous. Mais n'avons nous pas déguisé toutes nos lubies inconsistantes d'un costume de sérieux ?. Et, puisque ce sont nos lubies, d'un sérieux universel ? La rencontre avec le grand Autre aurait pu être civilisée, équitable, partage de cultures et de savoir-faire, reconnaissance de ce que chaque autre nous ajoute…etc. Ce ne l'a pas été juste à cause des lubies des occidentaux. Piller et détruire, seul inhumain mécanisme devant chaque nouvelle contrée quelle qu'elle soit. Cette rengaine immorale et barbare, toute recouverte d'idéologie. Idéologie à trame simple : tout est de la faute des autres, des spoliés, des pillés, des massacrés. Le cheminement tortueux qui a mené de victimes, de personnes ayant subi, écopé, trinqué, bavé, éprouvé, à des personnes créant le cadre de leur propre persécution, nous nous demandons si une telle mascarade serait possible aujourd'hui même ? Le fait que la réponse soit affirmative ne manque pas d'inquiéter si l'on considère que normalement les faits sont limpides (à peine arrivés n'importe où les occidentaux n'ont toujours fait que piller, spolier et détruire) rien ne permet de justifier ces exactions et les cascades de conséquences toujours perceptibles actuellement. D'où le fait (après avoir pillé) d'en rajouter avec une propagande de dévalorisation illégale et mensongère et de faire des victimes les causes de tous les malheurs du monde. Effaçant par ces putschs terroristes les traces de leur inhumanité : préférable de ne pas critiquer qui on a nui puisque chaque de ses réactions peut être créditée d'être "une conséquence" de votre exaction première et donc, comme tel, passible de dommages et intérêts. Ce tourbillon pestilentiel était en sa genèse et, plutôt que d'apprendre la patience de rutiler un trône d'or…l'impatience, sans arguments, de tout fondre en lingots…et ramener tout cela chez un "chez soi" où bien jouir de l'or de la matière selon les vieilles habitudes…manquant, à chaque fois, ce que l'Inconnu tenait en germe, en embryon, en potentiel. Et poursuivre le même solitaire rail sourd et aveugle…Puisque l'or du temps qu'est ce que c'est sinon le Présent ?  Non, le feu aveugle n'ouvrait pas les portes à un tel cadeau…

Ce sont là les "Grandes" découvertes ! Toute Terre promise aurait pu être "Tenue" si nous l'avions parcourue, l'avions découverte, peu à peu, et dans le respect de toute vie, nous l'aurions "permise", consentie, favorisée, accompagnée et soutenue… Partager avec d'autres peuples ce que la vie leur avait caché…Toujours plus de justes émerveillements…Oui, s'il avait pu y avoir Terre promise, en tout cas elle fut "tenue" : suffit de la parcourir pacifiquement si vous désirez vérifier. Au lieu de "découvrir", avec respect, tout cela, nous ne fîmes que dévaster tous les très ors des "trésors" de chaque civilisation, nous privant, à jamais, de savoir ce qu'il serait advenu s'il avait été opté pour la complémentarité des 2 civilisations ? Non le gâchis infantile de la destruction écervelée d'une afin que l'autre "prouve" qu'elle est la "meilleure". "Preuve", scientifiquement, irrecevable puisque d'être la "meilleure" implique de refuser d'user du pillage et de la violence. Donc détruire et piller ne peut pas "prouver" que vous "êtes le meilleur", juste que vous pillez et détruisez "pire" que les autres…Nous dévastâmes la vastitude…pillâmes et gaspillâmes le Présent de la vie… Et quand la Terre promise fut bien tenue, nous la garrotâmes, la ligotâmes dans des frontières, sans doute afin qu'elle ne s'échappe plus…

"L"esprit de la Grande course" ne vous permet pas de vivre le cheminent, de connaitre la route, de ressentir chaque détail de la progression. Tout happé, aspiré, ventousé  qu'il est par le but et inavouable but. Parce que ce but dévoile" le solipsisme absolu de cette pensée 'les autres n'existent p as DEVANT mon intérêt !) donc les apories toutes pour la vie sociale, collective. Entendez-vous comme la vie sociale doit être un minimum collective ? Et que nous sommes en train de passer sous le minimum vital. S'extraire de l'individualisme ou dépérir ! Une pensée inavouable et qui conduit à une voie sans issue : pourquoi masquer ce qui sous-tend tel choix ? "L'esprit de commerce" conserve une fonction essentielle mais il peut devenir très toxique lorsqu'il s'entête à vouloir "manipuler" les produits (marketing) ou trafiquer les "contenus". Bref, subvertir la culture en la vidant (tel un pirate) de sa vérité qui reste de décrypter le réel, mais sans en exclure (ne pas "s'intéresser" qu'à ce qui "intéresse" !) un pan, ni sans "oublier" un seul humain (l'esprit de commerce ne se limite qu'au solvable mais refuse tout moyen au non solvable de se visibiliser et de s'organiser : y a-t-il une course à l'inhumanité actuellement ?). Pour remplacer par quoi : ses contenus ce sont des "comportements" que l'on pourrait "dicter" aux gens. Bref, ce n'est pas très franc du collier ! Sinon, ses discours "d'enrobage" se montrent frelaté, moisi, comme du deal de marché noir. Et là cela ne va plus : ce n'est pas le commerce qui est remis en question (certains pourraient se montrer contents qu'il y ai dérapage dans une telle absurdité !) mais le fait qu'il "intervienne" 'milice privée !) dans des domaines où les "contenus" ne peuvent qu'échapper à leur système de pensée. Aussi les supprime-t-il ( traditions !) sans s'apercevoir qu'il peut perdre toute dignité d'ainsi priver l'Humanité de tous ses trésors (toutes les formes de pensées vues comme complémentaires servent à mieux décrypter le réel !) Tout ce qui prétend à l'"exclusif" se glisse dans la posture "prédestinée" de l'exclusion ! Exclusion qui ne peut trouver aucun "droit" ni aucune éthique qui vous "autorisent" à exclure quiconque : personne n'a le droit d'exclure qui que ce soit. Parce que sa "réalité" serait mieux que celle de "l'exclu", est ce cela ? Dans ce cas là, si elle est "mieux" c'est qu'elle peut inclure beaucoup plus. Alors exclu, lulu ?   

C'était bien là les Grandes Découvertes ! Sans nous !!! Tout s'est vraiment passé sans nous. Est-ce voué à se poursuivre ?

 

 

                                      LE PALAIS DE LA RÉALITÉ

 

La Terre s'étala comme plate étendue à figures géométriques qui ne discutaient plus qu'avec des lois mathématiques… Oui la Terre s'aplatissait complètement à devenir un Grand Extérieur si indifférent à tout qu'il s'avouait à l'inertie totale. Enfin ! Enfin ! la Nature qui nous habitait n'était plus celle que nous habitions, celle-ci ne se faisant que pure extériorité ! Fin de l'idylle ! Et la Terre confessait qu'elle réduisait sa vie à n'être plus que pragmatique, c'est-à-dire ce que la pensée physico-mathématique bien conduite exprimerait. Élégamment vôtre ! Oui, la Terre avait sa géométrie qu'elle couchait sur le papier pour que les pensées claires et distinctes tombent toujours pile. Il fallait bien que la Nature ne soit plus cette contagion, ces fauves électrisations, cette sève communicante, sinuée et insinuée à perte de vue et revue, ce fleuve d'énergie qui n'est jamais eau arrêtée, ces grandes bulles où tout passe dans tout, où tout est déteint par ce qui l'entoure sans préméditations. On y mettait de l'ordre. De ces enlacements de forces, il fallait en clouer les papillons pour qu'ils restent bien à la place qu'on leur avait réservé…L'homme, installé dans son creux saturé de mers, loin des gigantesques mouvements de la Nature, voulait que TOUT s'ordonne au centre de lui-même. Avec un tel harnachement dans la tête et le corps muet de ne plus rien avoir à comprendre, l'homme allait "maîtriser" la Nature-maîtresse, c'était sûr…Mais cette grille infernale, se dépliant en pluie rigide, devait entrer dans les têtes jusqu'à y sceller le miroir de ses barreaux entrecroisées…Et les corps, bien évidemment, se muaient, dans le même mouvement en des logiques mathématiques : les corps ordonnés. Puisque, afin que le scalpel de la raison sépare le Temps de l'Espace qui devaient bien être de natures différentes, que ce scalpel le sépare de la matière réputée donc indépendante ; il fallait que l'espace soit espacé et le temps tempéré. Lorsque la Nature, ainsi sujette aux pensées humaines, fut entièrement grillagées de ratures-natures comme : "les lois de l'esprit sont les lois de la nature"…Le tour, sans retour, vous aurait-il bien joué ? La Nature, ayant laissé tomber sa superbe dans l'inertie , devenait donc maniable et soumise à cette philosophie de technicien…et des cartes de l'un ils ont fait leur jeu quotidien...Cette grille demeure à travers les âges - rendant complètement sourd et aveugle. De cette image, qui voulait juste ajuster la vision de l'homme à la Nature, nous l'avons multipliée en labyrinthes. C'est comme si vous vouliez ouvrir une porte et que vous sortiez une serrure de votre poche. Mettre les serrures avannjt les bœufs !!! La civilisation occidentale est de l'a posteriori, tout reconstruire, tout réordonnancer autour de la situation d'aujourd'hui. Mettre les conclusions avant les hypothèses !!! C'est vraiment fuir tout sens! Lorsque nous nous retrouvons l'esprit alourdi de représentations, schémas, techniques DEVANT ce monde qui échappe d'autant plus à la connaissance, préhensible compréhensible, que nous l'occultons à la vue , que nous l'ensevelissons sous des connaissances partielles, inaptes aux synthèses…Oui, nos armures d'abstractions nous donnent un accès instantané au monde mais à travers les seules ouvertures de nos spécialisations…Tout le reste n'est-il que "meurtrières" ? Nous fermant à la "globalité" ,à l'ensemble ? La culture précède tout : aussi, comment s'auto-proclamer "mondialisateur" (ou "mondialiste") lorsque vous vous avérez incapable d'une pensée "globale", entière ?. Complète ? Comment oser "tous ensemble" si vous ne savez de quoi est fait cet "ensemble" ? Ce qui était, alors, "gagné" était bien peu devant ce qui était perdu… Les ciseaux de l'esprit avait coupé toutes les herbes fines, les pailles transparentes, les cordons de pollen qui rejoignaient l'homme à la Nature qui l'avait créé…Et depuis, lors, il n'y a rien de plus dans ce réel d'objets vidés que ce qui "imite" des pensées claires et distinctes. Le début de la chute vers la médiocrité comme critère "d'excellence": puisque les pensées les plus arborescentes, buissonnantes, foisonnantes, restent les plus prolifiques autant que les moins maniables dans la facilité de l'expression. Pensées claires et distinctes : visas pour les produits dérivés de toutes paresses intellectuelles…Et le "reste" n'est pas mieux traité, toujours en régression du "tout ou rien", c'est-à-dire refusé d'examen par la mise (unilatérale et illégitime) de n'importe quelle étiquette…Ce qui tenait lieu d'âme se vécu sous la forme de l'oubli : il faut s'oublier pour "être", n'est-ce point probant ?

Il fallait perdre et perdre connaissance à fond.

 

 

                                               RÉALISMONS-NOUS !

 

    C'était soi-disant l'âge d'or de la Réalité… Et les murs, le toit, solidement posés, toutes les fondations fondues - restait à ouvrir fenêtres et portes au Palais de la réalité…Aussi les artistes renaissants se firent conquistadores d'un espace qui se résume d'après toi -bourgeois !qui, oui, commençait à naître ce jour-là - à reproduire le Beau vivant et la Nature…à la métaphorique image de la reproduction des espèces…N'a-t-il pas été dit qu'après des siècles d'erreurs, la Renaissance renoue avec les vérités éternelles par observation de la "Nature". Qu'elle observe désormais ce que l'on observe d'elle, hein !!!

Un jour, il y eu, disions-nous, la miraculeuse découverte d'une reproduction réaliste de la Nature…Il faut, pourtant, que vous soit précisé que ce miracle privilégiait un mode de figuration qui demeure, depuis, pour le plus grand nombre, "le double exact de la réalité"…Cette perception des choses va nous donner le nom du percepteur !

Ce procédé, vite mécanique, fut tiré de la perspective linéaire d'Euclide dont il gardera l'aspect addition et multiplication. Le miracle pour le percepteur ?

Et l'on admis - précipitamment - que le nouvel espace de la peinture serait comme l'espace euclidien, une étendue entièrement remplie de cubes tous égaux et juxtaposés, sans qu'il y ait un dernier dans aucune file. La toile aurait aspect d'un cube ouvert d'un seul côté…Telle une porte…Tous les objets ayant dans ce cube, eux-mêmes, formes de cubes…

Cube reprenant, alors, son sens originel, coula du grec kubos, dé à jouer, s'il fallait "faire le point". Toutes les lignes de fuite entrecroisées, se rassemblaient donc en un point fixe et unique située à l'intérieur du tableau. Ce point correspondait à une vision monoculaire, unilatérale, unidimensionnelle de l'homme. Nous écartant de binoculaire, du multilatéral et du global. Nous faisant, seulement, loucher sur toutes les "parallèles" qui, justement, par "allèles" de cette conception pointue - ces caractères héréditaires qui s'opposent à d'autres - ne se rejoignent qu'à l'infini…

Une autre ferme décision ayant été prise, aussi, ce jour-là. Il y aura toujours "coïncidence" entre la représentation par la ligne et la représentation par la couleur. On coloria donc, au lieu d'extraire, de projeter à en faire rouler le dé qui nous roule donc…Une source unique de lumière, vasistas ouvert sur la gauche, nous réchauffait pourtant le cœur…Prétendu âge du réalisme total, la "renaissance" n'a, pourtant, que copié la scène du théâtre quadrillé du 16ème siècle. Imitant ses décors comme des miniatures d'architectures tout en cube. Et par l'utilisation, uniquement en atelier (et pas de cheval de chevalet dans les prés et bois !), de certains phénomènes d'optique- plus tard, familiers à tous les hommes (les objets semblent diminuer à mesure qu'ils s'éloignent) la peinture avait donc découvert cet espace "divin", le foyer de tous les rayons, le condensé exact de la Nature où descendaient, tout naturellement et légèrement, les dieux revêtus des plus divines vêtures. Les princes des principes et les rois y déjeunaient, tout naturellement, avec les anges. Ainsi, penses-tu, homme ! Ne serait-il pas plus réaliste de s'apercevoir que les renaissants ne voulaient que des spectacles et pas la réalité !…Un décor pour les pouvoirs pas de réflexion sur leur légitimité !…

Est-ce pourquoi les trois règles d'unité du Théâtre pouvaient commencer d'éteindre le vif âtre du théâtre ?

Unité d'espace : toute la Réalité et toutes choses deviennent donc des cubes étanches et "l'art" reste de ne plus laisser passer l'Espace mais de l'espacer à perpétuité...

Unité d'action : le spectateur du tableau se devrait de demeurer immobile comme pétrifié d'admiration pétrie...Et ne doit-il pas comme se transformer en cyclope encyclopédique pour bien profiter de l'illusion de la "profondeur", miraculeusement offerte par la "perspective" (d'avenir ?)...au lieu de vivre l'énergie.

Unité de temps : la lumière 'qui est, depuis l'Origine, devenue le Temps), cette substance invisible soudain ô prodige ! se laisse mesurer et manipuler par l'artiste...Entre les choses matérielles et closes et l'espace invisible : une même unité de mesure...n'allons-nous pas, depuis ce sacré jour, même jusqu'à passer notre temps à mesurer le vide du temps qui se voit traité comme espace serti d'illusions d'optique...

Si vous pensiez qu'il ne pouvait s'agir que de peintures-teintures, il vous faudra élargir à la Réalité entière...Y trouver l'angle sous lequel filmer que d'un procédé mécanique "on" voulut faire un "double de la réalité valable à tout jamais"...une métaphore pouvait devenir labyrinthe qui aveugle tous les yeux...Là aussi l'œil fut refermé, cicatrisé, scellant sa propre grille...Et de cet éloignement de nous et de l'énergie de la vie, de cette théâtralisation de plus en plus des rapports sociaux, nous avions glissement insistant des images. La politique "moderne" se constitua sur la scène de théâtre pictural. La" représentation" comme ce qui éloigne de notre vie se fit, alors, politique. Nos vies nous échappèrent. Nos représentants comme nous empêchant de reprendre nos vies en main. La représentation (élection et délégation des pouvoirs) vécue comme cubes séparés. Étanches, vous comprenez, comme inaccessibles donc inchangeables donc louangeables donc dicibles donc effectifs donc trop accessibles, mais dans la version dénucléarisée de tout. La représentation culturelle nous donne la clé de tous les pouvoirs politiques ou financiers : la culture reste talon d'Achille de politique et économie. Ne subissent que qui se laisse enfermer dans cette "représentation" !!!

A la Renaissance, se posèrent tous les éléments qui nous firent arriver où nous en sommes. Encore plus profondément que nous imaginons : c'est que nous fûmes statufiés, rigidifiés, marbrorisés, pétrifiés, tout ne devient qu'apparences, tout se maintint en superficie. Or, tout comme toute superficie ne peut qu'offrir que superficiel, ne se laisse pas entendre la profonde question : comment faisons nous pour survivre si tout le monde, absolument tout le monde, devient superficiel, si le monde purement fantasmagorique des apparences recouvre l'entière réalité et nous cache les leviers qui nous permettent d'agir sur/avec elle ? Comment faisons-nous pour survivre sans les décrypteurs de la réalité ? Oui comment ? Ainsi, aplatis par la représentation picturale qui a figé le monde social en une représentation (non, être en entier, tout à fait présents dans ce que vous faites, mais vous tenir éloignés, jouer un rôle, ne jamais réfléchir aux conséquences de telles attitudes fermées et sourdes sur/pour l'intérêt collectif et n'être soi-même que dans sa vie privée (là où ça n'a aucun impact social et ça le devrait !)). Tout est figé dans la perpétuation d'une représentation (trop soumise au passé, vu qu'elle en serait comme sa présentation perpétuelle, se re-présentation en boucle) qui exclut toujours plus la réalité de l'époque particulière et précise - qui pourrait créer sa propre structure au lieu de subir les structures du passé devenues invisibles faute de connaître leurs… origines...De plus en plus d'humains ne sont plus contemporains de leur époque. Le "principe de réalité" se rappelle à nous : les personnes ne sont plus capables de supporter, de nous habituer à nos sentiments, sans contenu représentatif.. Nous ne nous permettons que de plus en plus rarement d'être nous-mêmes : nous sommes les mécanismes externes d'une représentation qui ne porterait aucun coup au réel si elle était interrompue. Le bilan semble tragique. Freud ne nous signale-t-il pas que nous avons de plus en plus de difficulté à affronter "des affects intenses, sans contenu représentatif" ?. Notre façon de savoir nous masque, ainsi, de plus en plus, toute possibilité d'aborder l'inconnu, le nouveau : la découverte participe plus de la fulgurante ouverture que de l'accumulation qu'aucun regard centré ne tire. Notre façon de savoir peut aller jusqu'à nous barrer l'avenir.

     C'est qu'il est primordial de bien comprendre que la majorité des êtres humains, aujourd'hui, restent soclés sur la vision monoculaire de la peinture de la Renaissance et ses bouquets de conséquences sur la "représentation" de la vie sociale, son "image" et comment certains osent en "représenter" d'autres (c'est-à-dire théâtraliser les demandes). Mais ce qui "fige" toute la vie de la Société "en face" des représentants c'est que, soudain, ils se retournent contre la société, alors qu'ils en sont issus et choisis par elle, et font effacer de l'expérience leur trace "d'expérimentateur. Puisqu'une "représentation" qui prend pour motivation de  diriger la Société ne semble répondre à aucun des critères de l'ici et maintenant. Tout au contraire, elle semble tout faire afin de se mécaniser dans la copie du passé et sa gigantesque tâche aveugle de "la modification de l'expérience par l'expérimentateur". Or, ici, la place de l'expérimentateur semble muette et cela nous met en danger. Puisque de diriger, ainsi, la Société présuppose que qui s'en charge aurait, déjà, atteint une plénitude telle, qu'il se chargerait de nous conduire vers ce changement déjà accompli en lui. Un face à face ( à dysfonctionnement souvent répressif) au lieu d'un coudoiement égalitaire du fait que nous soyons sur le même bateau fait que chacun compte (ne serait-ce que par ce qu'il ne fait pas ou comment il peut nuire à son niveau, par exemple, base de toute écologie) .

      C'est que notre mentalité et notre style de vie actuels sont historicisés, appartiennent à l'historicité. Provenant d'un bloc entier de perceptions, reconnaissance du réel, nombreuses "grilles" d'interprétations mais, malheureusement, avec le revers des préjugés, stéréotypes, clichés, et tout ce qui empêche d'accéder au réel, apprentissages et usages des réflexions, nos mentalité et style de vie se changent par la racine : par le bloc des sensations et grilles de déchiffrements et d'interprétations. Sinon nous participons au maintien de l'illusion "puisque je le perçois c'est comme cela depuis toujours", alors que nos perceptions sont résultats historiques, donc tout à fait temporaires et non le socle définitif du réel. Aussi, les "grilles" de déchiffrement peuvent-elles nous apporter confusion et chaos. Ne plus subir les conséquences de la vision monoculaire avec la perspective linéaire d'Euclide (qui ne peut conduire, au mieux, qu'à des esprits binaires donc incapables de la résolution des conflits qui est, au moins, trinitaire !) c'est abandonner le système de perception qui va avec. Méthode pour se désincarcérer de l'individualisme ? Plus de vision monoculaire mais binoculaire, voire "pluri-oculaire" ou autres ! Pluralité et métissage comme tropisme du nouveau paradigme ! Changeant de vision, les "grilles" suivent et tout le bloc de notre mentalité en est changé. "L'information" de ce changement en vous porte d'autant plus que plus de membres de cette Société auraient effectué ce changement. Comment ce changement du paradigme des perceptions peut-il émerger et se faire connaître ?

    La peinture qui fut un élément principal qui nous introduisit dans la vision monoculaire, de ce fait, peut nous aider à apprivoiser la sortie de ce système. D'ailleurs, elle a bien commencé. Par exemple, avec le "cubisme" qui nous désencastre de nos passivités en cubes, nous extériorise ces prompts mouvements de pulsions, de flux, de flots, de laves, de torrents, de soulèvements, de forces, de formes, d'énergies, de structures qui nous "affectent" justement parce que nos "affects" (l'affect : ce qui affecte) nous restent inconnus. Puis la peinture a poursuivi son travail.  Nous ne pouvons affronter nos "affects" parce qu'ils nous demeurent inaccessibles au senti, non visibles ou inaudibles, très extérieurs à nos habitudes et donc bien inconnus. Grande partie de la peinture du XXème siècle restera l'extériorisation vitale de ces soulèvements et éruptions intimes. Sans la peinture, impossible d'affronter ces intenses affects qui n'ont aucun "contenu représentatif". La peinture, en pleine fonction thérapeutique, nous aide à côtoyer les "contenus non représentatifs" et nous permet de nous y guider. Les buts poursuivis par l'Art sont, normalement, toujours vitaux. La peinture, depuis le "cubisme" entre autres, nous aura, ainsi, aidé à quitter l'ancienne vision soi-disant "globale", et quittant cette vision, à nous défilocher de la mentalité qui va avec. Désincarcérés de cette mentalité nous retrouvons toute liberté de mouvement afin d'expérimenter et de concrétiser nouveaux styles de vie respectueux du vivant. Ce sera, elle, une véritable vision "globale" qui déplaira (curieusement !) aux prétendus "globalistes" actuels : est-ce parce que leur vision n'est que "corporatiste", ne se préoccupant que d'intérêts  privés et donc qu'elle demeure non fiable pour notre avenir et apparaît comme inapte aux responsabilités collectives et mondiales ?. L'avenir du monde ne peut tolérer qui veut l'argent du beurre sans la responsabilité du beurre. Méthodes pour s'arracher à l'individualisme ? Quitter "globalement" l'ancienne perception du réel et retrouver un esprit vraiment "global" en totale interactivité ou multidisciplinarité : tout inclure et ne plus jamais exclure. Dans ce but, nous allons continuer d'expérimenter toutes les désincarcérations de l'ancienne mentalité qui nous avait instrumentalisé, mécanisé, pour la seule continuation injustifiable de sa structure. Faire muter la/le politique c'est revenir aux racines des représentations dominantes, elles-mêmes enfermées dans la théâtralisation des rapports sociaux. Percer le mince papier de cette inertie toute . La peinture, en tout premier, renferme les clés de notre libération. Ont suivi (mais la "censure", quelle que soit sa modalité - silences, déformations, calomnies, amalgames, spoliations, murs d'argent…etc - est, dans ce domaine, bien trop exagérée, tout de même !) les littératures, dont peu de pans (à cause de ce qui précède) nous demeurent utiles lorsque nous voulons afin de parvenir à la nouvelle civilisation. D'autres modes d'expressions individuels ou sociaux ont, de même, largement œuvré en ce sens. Mais faute de "grilles de lecture" tout cela vous demeure hautement inconnu. S'est passé en dehors de vous. Ce qui démontre à quel point "les" censures sont antiproductives : elles n'atteignent pas les auteurs mais dévoilent que des personnes ou des groupes osent le paternalisme, le clientélisme, l'assujettissement à la minorité à vie envers tout le monde, privant ce tout le monde, arbitrairement et illégitimement, de travaux et démarches à lui destinés. Il risque ce "tout le monde" de ne pas apprécier cette mise en tutelle, ce refus de la "concurrence" dans la culture (ce qui peut disqualifier toute théorie capitaliste qui devrait "favoriser" la concurrence non l'empêcher), le fait qu'il lui soit caché toujours beaucoup trop, qu'il lui soit carrément interdit d'accéder aux œuvres que les élites auto-proclamées se réservent pour elles seules. La posture de "censure" devient toujours plus indéfendable ! D'autant plus que, dans les "censurés" (selon un mode sus-noté) résident, en effet, celles/ceux qui ont la clé, qui ont trouvé et délivrent les grilles de lecture et de décryptage. Sans eux tout le monde semble bien plus paumé (la fonction de l'écrivain ne se peut enlever du réel ! aucune imposture n'a pu parvenir à enlever le sentiment de nécessité de cette fonction : et nous manque toujours autant celle ou celui que nous ne connaissons pas et qu'une mince minorité illégitime se permet de nous cacher !). Quel manque de réflexion ! Comment allons-nous réparer les permanents dégâts aux sources de la vie que vous causez depuis quelques décennies ?

 

 

                                             PERTES ET FRACAS

 

          "L'esprit de commerce" qui reste excellent lorsqu'il se voue à la distribution et la présentation des produits, peut, malheureusement, déraper jusqu'au profit solipsiste, le profit qui aveugle et rend sourd. C'est en étudiant cette trop haute intensité que le détour par "l'esprit de commerce" permet de clarifier, qu'en dehors de ses qualités, il se montre incapable de comprendre l'origine.

En effet, il vient toujours APRÈS. Sa stratégie permanente est : il faut casser toutes les "traditions" (qui se permet de coiffer de ce mot "tout ce qui était là avant" ?) afin de les remplacer par nos "contenus". Outre que la légalité d'un tel acte semble toujours impossible à justifier, "l'esprit de commerce" par ses "raccourcis dogmatiques" impose son "unilatéralisme" permanent. En effet, le "tout ce qui avant nous est "tradition"" ressemble plus à un putsch permanent qu'à une vérité scientifique. Ce qu'il en découle de limpide c'est que le commerce vient toujours après, après que les productions soient faites, après que les productions se soient produites (les productions s'améliorent toutes de "se produire" !). Pas avant. Il ne peut inciter aux productions. Seulement à leur diffusion. Ce fait essentiel que le commerce ne vienne toujours qu'après souligne que "l'esprit de commerce" demeurera incompétent pour comprendre l'origine (ce serait comme un coucou non un oiseau "complet" !). La créativité, qui est comprise dans la production, permet de trancher ce nœud gordien. "L'esprit de commerce" , livré à lui-même, peut, en effet, déséquilibrer le monde entier et menacer notre survie même. C'est que, par son sempiternel court terme, le commerce restera aveugle au long terme, à l'avenir collectif, à la reproduction de la Société. Faute de comprendre l'origine il ne peut accéder à la compréhension de toute genèse, maturation , vérification de toutes les grilles de lecture du réel- bref à la "créativité". L'esprit de commerce ignorant "l'avant", tant il semble qu'on ne peut passer son temps à détruire toutes les traditions anciennes partout et toujours, tout en proclamant, par ailleurs, que l'on vivrait, en même temps, ces styles de vie. "L'esprit de commerce", qui n'a jamais pu justifier son socle primitif de razzias et de pillages, se révèle, aujourd'hui, comme la menace d'une dislocation de toute la Société (et sur quoi la refonder ?). La stratégie du commerce est bien extrémiste : casser la coquille de toutes les traditions, sans en avoir, préalablement, fait l'inventaire et conservé tout ce qui s'avère nécessaire pour la survie du groupe, semble démarche solipsiste et immodérée. Outre que nous attendons toujours la démonstration scientifique du droit des occidentaux à toujours piller le reste du monde et à se permettre le manque absolu de dignité de continuer encore aujourd'hui, nous nous apercevons que "l'esprit de commerce" restera un esprit corporatif, partiel et partial, inapte au "bien commun", à l'intérêt général. Tout comme il demeure incompétent dans la création, avec ses genèses, lentes maturations, usage de toutes les facultés humaines, multiplication des grilles de lecture correspondant à chacune de ces facultés humaines. Aujourd'hui, plus qu'hier, il est devenu vital de protéger tous les espaces de créativité. Seule la créativité parvient à faire avancer la Société. C'est une des fonctions les plus vitale pour nous tous. Or, le principal carcan pour la créativité ne serait plus administratif mais bien celui de "l'esprit de commerce". L'esprit de commerce cherche à envahir des domaines qu'il ne sait du tout dominer (les "contenus", la culture ou les processus créatifs, pour faire bref). Respecter ses qualités indéniables c'est, fermement, marquer les domaines où elles se retournent en défauts, et lui faire barrage là où il n'a rien à faire. Et "l'esprit de commerce" devient, là seulement, nuisible. Là seulement : oui mais nuisible ! Les espaces de créativité doivent être protégés mais de qui, sinon de leur principal carcan, "l'esprit de commerce" ? . La créativité fonctionne, structurellement, tout à fait à l'inverse de "l'esprit de commerce", c'est donc en dehors de cet esprit qu'elle perdurera.

 L'esprit de commerce ne comprend pas la culture, ce n'est simplement pas son truc ! Inutile de vouloir transformer en reproche ce qui n'est qu'un constat. Tout comme au XIXéme siècle les esprits "dominants"", ceux qui empêchent la saine concurrence intellectuelle, se sont tous gravement trompés, se moquant de la "science pure" comme superflue. Le court terme contre le long terme. Or, tout le XXéme siècle aura été la démonstration que cette science pure a été la source de quasiment toutes les découvertes de ce siècle. Il se trouve que les esprits qui s'étaient tant trompés n'ont pas été disqualifiés pour cela et c'est pourquoi, aujourd'hui, leurs clones persistent à se tromper massivement. Ne comprenant la "créativité" ils risquent d'empêcher que cette vertu soit source des nombreuses découvertes du futur, qui se concentreront toutes autour du : comment vivre mieux ensembles, dans absolument toutes les dimensions du problème. La survie de tout le reste (sciences, techniques, économies…etc) est suspendu à l'urgence de la résolution du vivre ensemble lorsque aucune des idéologies actuelles n'est capable de, seulement, aborder ce problème. "L'utopie" du "mieux vivre ensemble" (vous savez ce point "d'ailleurs" qui nous guide puisqu'elle existe mais "pas ici" - dangereux semble-t-il que de confondre  atopie et utopie !) serait, alors, de viser un système où il n'y aurait pas de perdant ! La culture reste bien le seul miroir vital de la Société. Or "l'esprit de commerce" ne peut l'intégrer dans ses "paramètres", La culture se préoccupe de la survie de l'Humanité, "l'esprit de commerce" ne peut être "intéressé" par cela. Ne vient-il pas après : après que l'Humanité ai survécu ? Il ne veut pas connaître le déroulement, il se concentre sur comment diffuser à cette Humanité des produits (préférable à "ses produits !). L'esprit de commerce reste incapable d'aller jusqu'au bout des démarches de la culture : qu'il cesse de se leurrer sur ses capacités à s'occuper des "contenus". Nous venons de vérifier qu'il y était incompétent. Le seul point devrait être de reconnaître que le commerce n'est pas "compétent" dans la culture. Ca ne devrait pas aller plus loin ! Qui voudrait extrapoler se dévisagerait comme voulant porter la confusion dans nos interrogations .Qu'aurions-nous perdu ? Que sommes nous en train de perdre ? Par rapport au gain la perte domine-t-elle ? C'est qu'au lieu de permettre à la civilisation de développer toutes les facettes de l'être humain, lorsque ce sont la multiplicité de ces facettes qui représentent la vraie richesses, l'époque actuelle semble se rétrécir, se rapetisser, comme s'effondrant, se suicidant, faisant le choix unidimensionnel de "l'esprit du commerce". Or, le début de réponse au comment mieux vivre ensemble est dans le en développant toutes les facultés de l'action humaine. Sinon de quel droit se poser dans la posture de donneur de leçons aux "sous-développés" si, dans son propre système, tout serait "sous-développé" sauf une facette ?

 Si "l'esprit de commerce" a pu limiter, pendant un certain temps la violence il pourrait, dans la poursuite de la configuration actuelle, en devenir le principal fournisseur. Aucune Société ne peut survivre dans toujours plus d'individualisme, or "l'esprit de commerce" est le plus grand dissolvant qui se puisse trouver. Plaçons-nous dans son regard : ainsi, pour lui, les "clans" passés, ces familles patriarcales représentaient les plus mauvais clients" possibles. Trop en autarcie, trop autosuffisants, tout en ayant besoin de quelques produits. Il fallait, pour ce regard, briser la coquille du clan patriarcal et "séparer" tout le monde, dissoudre" tous les liens sociaux. N'avons-nous pas une preuve en grand de "l'esprit de commerce" qui dissout tous les liens sociaux dans les banlieues où, abandonnées des institutions, celle-ci n'ont plus été protégées de la société de consommation et les banlieues sont la visibilité sociale de la société de consommation, ce que son inconscient voudrait que nous devenions ? "L'esprit de commerce", de par son fonctionnement est incapable de seulement imaginer les conséquences : ainsi, d'avoir détruit les "solidarités traditionnelles" (sans les remplacer par d'autres, ce qui est marque de superficialité et de non-humanité), les systèmes autosuffisants, est source d'énormes pollutions. Sortir des pollutions c'est adopter un retour à ces "solidarités traditionnelles", l'autosuffisance, afin de très fortement diminuer l'inexcusable gaspillage énergétique actuel. Tout ce qui peut être fait, produit, sur place doit être favorisé : question de survie. Cette réorganisation ne peut se faire à partir du commerce, mais avec lui parmi d'autres. D'autres instances vont devoir émerger qui, du même mouvement, vont forclore l'espace d'action du commerce, protéger tous les secteurs où un "esprit" fonctionne sur une structure différente de ses pulsions dictatoriales et empêcher toute autonomisation de "l'esprit de commerce". Comme tout médicament où le dosage peut le transformer en poison, le commerce peut devenir le poison mortel de nos civilisations. Voyons sur quoi il s'avère toujours plus aveugle ? Là où les systèmes autosuffisants ne brûlaient pas (et n'usons-nous pas d'une façon infantile l'énergie ? Le pétrole ne sert-il qu'à "partir en fumée" ou bien servirait-il à quelque chose que nous sommes incapables d'imaginer actuellement ? Jusqu'où savons-nous ?) toutes les ressources non renouvelables, l'esprit de commerce les a contraints à cette régression collective. La tentative de destruction de tout ce qui existait "en dehors" de lui a aboutit à l'explosion des gaspillages exponentiels actuels. Non seulement la répartition (l'égalité sociale, la justice fiscale, la redistribution…etc) demeure pire que du temps d'Adam Smith, puisqu'en 1750, il calculait "qu'il fallait un riche pour 20.000 pauvres". La régression est telle qu'il en faut 200.000 pauvres , aujourd'hui, pour un seul riche. Système du plus grand gaspillage, des plus grandes pertes, puisqu'il se "contente" d'un seul gain et de 200.000 pertes et ose dire qu'il crée des "richesses" lorsque la preuve de bon sens c'est que s'il y augmentation de richesse il ya diminution de pauvreté et le P.I.B. est supposé doubler tous les ans. Or comme il n'y a pas de diminution des pauvretés nous sommes obligés de déduire que "chaque gain se fait au détriment de quelqu'un d'autre", comme le précisait Montaigne, et que si le nombre de riches diminue pendant que celui des pauvres augmente c'est la preuve juridique qu'il n'y a pas redistribution, pas de répartition du tout. Système de la perte généralisée, il ne fait du nombre toujours diminuant des "gagnants" que des marginaux, aussi malheureux que les autres dans ce système (des enquêtes ont permis d'esquisser le fait que personne ne soit vraiment heureux dans ce système) et qui, trop isolés des autres, deviennent incapables d'autres actions sur le réel que l'amplification de leurs monopolisations des "biens collectifs". Outre cet effet explosif, "l'esprit du commerce" fait aussi imploser trop de valeurs humaines. Un seul exemple, "l'imaginaire". "L'imaginaire" comme ce qui parcourt tout, se faufile partout, contourne tout, réveille et hydrate tout le champ des possibles. Sans "l'imaginaire" nous voyons moins bien, moins grande et moins différenciée la réalité. Avec un imaginaire rabougri ou tari c'est tout l'espace de l'avenir qui est détruit, ce sont tous les projets collectifs qui ne peuvent plus émerger, c'est l'ampleur de l'attention et le peu d'ambition du vivre ensemble qui clochent. Tout se renfrogne dans le mesquin et l'inavouable. Ce qui a pour conséquence(s) de nous priver d'accéder aux pensées qui incluent, qui unissent, qui font avoir besoin des autres et tomber dans la déchéance des pensées qui ne savent qu'exclure, diviser et voir les autres comme des obstacles ou des adversaires. Sans "l'imaginaire" nous devenons tous plus inhumains, n'ayant que peu d'autre moyens pour connaître vraiment les autres (dans la non-communication actuelle!) que de les placer, imaginairement, dans tout leur potentiel et les facettes de leur personnalité sans en omettre aucune. Rééquilibrer toute communication par l'usage de l'imaginaire découple, en fait, les vertus du savoir "rationnel" qui, lorsque matraqué tout le temps, nous semble trop inaccessible à force d'abstractions. "L'esprit de commerce" insensible à la problématique de "l'imaginaire" peut, de ce fait, devenir un obstacle dangereux à la survie de l'imaginaire.

"L'esprit de commerce" se comprend d'autant mieux que vous vous placez dans sa façon de voir. Ainsi, vous apercevrez-vous que cet "esprit de commerce" ne fonctionne que si vous admettez son dogme de départ. Ce dogme : ne regardez pas vers pourquoi j'essaie de vendre ceci ou cela. Ne regardez que votre seul intérêt. Oubliez tout le reste. Soit une structure "unilatérale" où le "client" ne peut replacer les choix proposés par leur recadrage dans leurs conséquences globales. Où la citoyenneté a le pas sur la consommation, à placer sous surveillance de la citoyenneté. Soit une responsabilisation accrue. Or le discours de "l'esprit de commerce" ne peut cacher qu'il dise : ne vous occupez de rien d'autres que de consommer. Soyez toujours plus irresponsables. Insoucieux des conséquences de ce que vous faites sur votre Nature et sur les autres. Fichez-vous des autres soyez toujours plus égoïstes, plus antisociaux, plus perdus dans un individualisme sans issue (lorsque l'individualisme trouva toutes se qualités dans la créativité justement : pas dans le suivisme)...etc  Méthode pour se décramponner de l'individualisme ? Annihilez tout "esprit de commerce" en le mâtinant de l'usage des autres possibilités, des autres facultés humaines ! C'est très précisément cela la "pensée globale" , celle qui tente de tout "englober", de tout inclure, qui vérifie tous les aspects, tenants et aboutissants des phénomènes, qui n'oublie et n'exclut personne.

Préférer vraiment le "global" c'est chercher la configuration qui offre qu'il n'y ai plus de perdant. Judicieux bon sens : dans cette nouvelle configuration il faut commencer par les plus démunis. Ce qui sont pourvus peuvent, tout de même, attendre. Le temps d'écouter les mots ? "Démunis" c'est action subie, passive, c'est résultat d'une volonté extérieure et la démarche doit s'atteler à vérifier qui fait subir, qui a démuni. Pas de dé-munis s'il n'y a personne pour les démunir. Le fait que le langage décrive dé-munir est preuve juridique d'un spoliateur qui prend ce qui devait munir les autres et les dé-munit, leur enlève leur dû. "Deshérités" de même trace un acte passif, subi, sans que rien ne puisse excuser cet acte, qui est opéré par quelqu'un d'autre . Qui a dés-hérité les déshérités ? Où se trouve les papiers du notaire ? Pourquoi les déshérités n'ont-ils pas hérité de ce qui leur "revenait" ? Et de quel droit , Qui s'empare des désemparés ? Qui refuse d'entendre que toutes les détresses crient que la détresse dé-tresse le "lien social", que ce lien qui se découd, se défait n'est pas du fait direct de la personne "détressée" mais bien le résultat d'un système qu'elle subit…etc "Global" : l'intérêt de tous prévalant sur l'intérêt corporatiste et partiel des capitalistes financiers ou commerciaux

 

                   SEPARATIONS OU RETROUVAILLES ?         

 

 

          Se hissant hors de la Nature, comme d'une mer, s'en ébrouant comme brouette, les pores de la peau ne furent plus ports aux ondes nourricières de la Nature, celle qui fait de tout esprit une volière de sensations sensationnelles. La peau se mura et l'homme se ferma à la Nature, ce qui ne s'abstient point de dire que si cette pièce communique avec l'autre c'est par la porte sensible… Et il ne semble , d'ailleurs, pas que dans le Palais de la Réalité nous ayons pensé une seule fois à changer de pièce. Alors les portes….L'idylle de la vie ne s'écoulait plus que dans les chambres à part et les vignes eurent, vite, odeurs de sueur : l'ivresse n'étant jamais parfaitement chambrée, équilibrée. Cette répercussion de la percussion de la Terre dans tous les corps se mourant aux lumières. Tamisées des dites pensées, nous n'étions plus guère traversés des rythmes de vie…Nés de cette terre et de cette vie, nos esprits demeurent des émetteurs-récepteurs, qui de l'infini au micro scope, peuvent user de ces procédés d'amplifications sur un écran (ta réception hospitalière) par rétablissement du son (images cinétiques), préalablement déformé à la prise de son (ou de vue), et du micro scope progressant dans tout le visible. Cet mentalité toute espace où le Temps n'est que tempo, rythme régulateur de la vie bruissée sans intermédiaire aucun, que le simple fait de tourner avec l'univers, d'en être tout lové dans ses moindres organes. L'univers se diffusant clairement dans tout, il ne pouvait se trouver aucune raison, devant de telles splendeurs, d'empêcher la tête de tourner le corps, la tête "me tourne" jouissait la chair onctueuse.. L'homme et l'univers vibraient même vie et la Nature était leur lit. Pourtant, dans la Grande Course, tout cela s'altéra, se décomposa en mince décor puisque seul le bruit martelé et haletant de la Grande Course emplit, bourdonne les oreilles, le corps battant, tout palpite de l'intérieur vers l'extérieur, prêt à déborder si la peau interne ne l'en empêchait, cognant aux tempes et en lissant les échos rebondissants du sang. Le Temps comme ce persistant présent, se dépliant, s'élargissant toujours plus loin, loin tain de son lac d'espace vers toi renvoyé, le temps tel ce rythme plein de vie façonnant le corps - devint la perte creuse de ses pulsations rythmeuses, ce qui sonne comme pétrissantes. Le plat miroir ne te renvoyait plus que ce que tu voyais. Et si, depuis lors, le Temps existe, comme il est su, c'est que tu "l'attemps", sinon le temps ne serait qu'une des qualités de vie, une de ses longueurs d'ondes. Et à trancher tous ces fragiles et graciles tresses d'ondes qui le reliaient à toute la Nature, l'homme s'isolait lui-même de l'électrique bain ambiant, courants électriques partout communiquant comme traînées de poudre de l'univers à tout l'univers. Comme cette vie en nous où il n'y avait aucune place, mais aucune, pour un "moi" d'aucune sorte, cette vie totale et pleine (comme si la vie était pleine de nous !) bifurquant devant le miroir ombilical non tranché. C'est-à-dire de l'autre côté du miroir se trouve la vie pleine de vie, de ce côté ci toi plein de vie. Tu ressens que l'épaisseur immense de cet infini présent, miré et admiré, te permettrait de la paître à travers tous les tempos percutés et répercutés du Temps comme à travers tous les tains des lointains. Ton corps baignait dans la Nature comme dans lui-même : sa nature même était de ne point sentir de différence, la vie soufflait sa force régulière en lui et l'esprit faisait corps, le corps-esprit avec cette jouissance du miracle miré. Quand le corps dans sa nouvelle architecture tectonique baissa le son de sa ruche cellulaire, la Nature le quitta en ce clair quitte ou double. Ce qui doublait ta vie de volume, de rythmez, d'espace, de sensation était bien la Nature, la spirale double telle hémisphères gauche et droit du cerveau rebondissant en hémisphère nord et sud de la Terre, qui parvient à cette chair, océan cellulaire idéal pour le soleil. Pivotant et se retournant comme un gant, la rotation de ce croisement racé de l'espace-temps formait comme le miroir de ton corps, mais cette rotation pénétrait aussi ton corps, s'y laissant glisser selon les courants et les formes de ton eau. Un peu à la manière dont le corps re-spire toujours la spirale qui l'a pétri, telle, encore, cette invagination des intestins qui moule les poumons du fœtus, mon pouls en boucle rétroactive s'inversant en poumons, mon pouls. Ta miroitante eau se réverbérait, alors, toute sur le gigantesque et exact miroir de cet accouplement passionné de l'espace-temps. Et si le miroir est eau, si l'élément liquide contient toutes les formes des mouvements dont les êtres se servent afin d'édifier leur corps, chaque organe dans sa construction reflétant une forme géométrique particulière de l'eau, l'eau du miroir s'est coagulée en in vitro. L'étain s'est fait tain, ton âme étamée sous ce verre métallisé. Et de ce miroir plat et parallèle à toi, tu crois donc que le reflet perpendiculaire et plat qu'il te renvoie comme voie puisse être la Justice de ta vie qui se trouverait donc coagulée et renvoyant ce que tu voyais : ce savoir toujours et encore pour toujours, à voir au palais de la réalité. Où tous les miroirs s'ils te montrent toi te le montrent à l'envers. Nul endroit où pouvoir te voir à l'endroit. Ce que le miroir d'étain te montre prend couleur de ta montre : le Temps à toujours montrer et démontrer. L'espace espacé toujours et encore reporté. Sans vision possible, tu vis sans frein, sans repère, sans aucun sens, la Grande Course au palais de la réalité.

     Le but se hissant bien comme extraire, exploiter, miner, carrière (tous mots devenus professions) creuser, trouer, arracher, profiter de la Terre ; ce qui demeurait impossible si elle n'était point extérieure, totalement différente et indifférente de nous (par simple raison filiale) puis inerte (par simple rejet de ce fleuve incessant qui nous traverse et nous aurait  mis devait le fait béant, qu'en tranchant la matière c'est en même temps la nôtre que nous tranchons ) vide d'esprit et de sens (ibid), un simple dépôt d'inertie - comme si une "autre " réalité" obscure et nébuleuse, glissante et opaque, farineuse et gluante à nos mémoires l'avait toute enveloppée, ainsi que nos cerveaux, et recouverte d'un éteignoir, laissant s'évaporer , dans le même mouvement, de nos pores physiques à l'air libre ces dépôts, sédiments de matière qui nous permirent d'exploiter sans conscience, bonne ni mauvaise, toute la Terre, telle un désert que l'océan vital aurait abandonné tout en empêchant les concrétions souterraines des sous-sols. Quadrillée, tranchée, coupée, sectionnée, séparée, espacée, éloignée à grande vitesse ! Et, pour cela, il fallait dresser un mur entre la Nature et nous et ce mur se dénude comme ce faux miroir que nous y avons suspendu comme plate lamelle des anciens accouplements de l'espace-temps. Afin d'exploiter la Nature, de la cacher à nos préoccupations, il fallait faire pivoter notre contact avec la Nature sur ses gonds, faire fondre tous les contacts et toutes les résonances..

Au Palais de la Réalité nous sommes devenus étrangers à ranger la Nature et la vie, comme si nous ne participions pas de la même vie ni ne vivions pas dans la même Nature. Nature dévitalisée, expurgée, nettoyée, déspiritualisée, rasée, bitumée, formolisée, vitrifiée, descellée de ses rails d'énergie. Plus qu'un objet neutre et neutralisée, un matière matée, un mathematikos qui ne saurait plus parler qu'à la science. L'homme désolidarisé de la Nature perdit avec sa solaire solidité, son épaisseur, ne voyant plus qu'elle est l'autre côté du miroir de lui-même, il pivota violemment sur lui-même et perdit connaissance. Jamais , depuis,, il n'a reconnu la Nature, le déclic irremplaçable qui l'avait fait s'ôter d'elle, s'en extraire lui ayant seulement permis, d'un seul coup, de la traire, comme un tour billon, exhaussant dans un champs le passage de la charrue qui rejette, l'un sur l'autre, les bandes de terre, ce qui ne se donne plus à sentir dans le corps comme gant retourné. Il ne fait plus partie du même monde  que la Nature k! La Nature s'étant faite naturalisée s'était tue. Plus de Nature totale, vibrante en nous comme en elle. Chacun(e) de nous contenant la succession indéfinie de ce qui n'a jamais pu commencer…Il y avait la Nature, désormais il y a, substitué à elle, sa reproduction et production humaines. A cause de cela nous semblons condamnés à être toujours plus en dehors de nous-mêmes.

Malgré tout cela, nous conservons les plus grands possibles qui n'aient jamais existé . Nous vous atteignons dans votre réalité, en mettant en miettes son double exact… Nous y sommes entrés dans votre scène picturale par le côté du cube que la vieille peinture a, imprudemment, laissé ouvert. Et, afin que chacun(e) sorte de son petit cube : ça s'appelle cubisme. Depuis, c'est le tableau qui demande au spectateur que représentes-tu ? Comprends-tu les circuits de tes affects ? Veux-tu devenir comme moi ? Ou conserves-tu en toi l'authenticité et la sincérité toujours si "naturelles" ? Est-ce de notre faute si tu fais tout si abstrait, si extrait de la vie ? Ne vivez-vous pas sur la moitié de vous-mêmes que vous dévorez ?…Ne sommes nous pas l'ombre d'un androgyne ? … Pourquoi ne sommes-nous plus aptes à vivre nos affects intenses ?... A vivre tout entier, la moindre de nos cellules tendues vers le même, l'immensité... M'illumino d'immenzo...La peinture est devenue une façon abstraite de retrouver le concret tout entier. Nous nous engageons dans un espace démuni et agité, sorte de labyrinthe en morceaux, de dédale émietté, d'arborisations qui débouchent sur d'autres et puis d'autres, d'autres, les peintres avaient, massivement, sauté hors de vos grilles. Et les objets de venir au feu ; ils ne sont plus sûrs d'eux-mêmes, si influençables sans les petits cubes étanches, si contagieux, en fait…Mer agitée, le plancher de la toile s'effondre sous nos pas, puis se gonfle et nous entraîne dans sa montée…Partout, nous tanguons de pied ferme. Fin de toutes ces "clefs" qui portent leurs serrures, pour plus de sûreté !

Un autre ouvrage ouvre les techniques pour vivre le présent. Mais comment fais-tu pour vivre le Présent, me chuchotes-tu ? La Nature , un jour, avait parlé directement aux sens qui étaient moins différenciés, c'est-à-dire plus mélangés .

 

 "L'éloge du mixte" est un livre technique qui permet de saisir la portée gigantesque du "mixte", puisque, en explorant les composites et matériaux du futur, l'auteur n'y trouve pas moins que de revisiter toute la philosophie.

 

Le corps ne faisait qu'un avec les sens, tambour qui entendait les couleurs, sentait les sons, touchait les goûts, voyait les odeurs, savourait le soleil. Quant tous les parfums étaient différenciés il fallait une vibration différente à chaque fois, du nez, cheval frémissant, pour sentir l'un d'eux. Les millions de bulles de parfums dansaient. Et la langue criblée d'un millier de papilles gustatives explosait en goûts lumineux. Le palais rutilait…Jusqu'à la fleur des doigts cambrés de soleil…

Aujourd'hui, les sinus solaires sont bloqués, le sauvage nez bouché. Étouffé. Respirer jusqu'au site physiologique du dit "troisième œil", ouvrir le site physiologique de la dite "troisième oreille" au son de l'univers, semblent "rêves" alors que ce devrait être nos pratiques quotidiennes...

 

 

                                               TRIBUS DU SOLEIL

 

Leur esprit, tel une lente corolle, s'élève, pétale majestueux, gonfle tout son volume et s'étale au soleil, fleur entièrement ouverte qui s'étire en toutes directions, au maximum de son espace - vertical cervical ! Complètement tigé, ramifié, circulé, frémi, tissé, comme un liquide respirant jusqu'au bout de son lit glougloutant, et aspirant, simultanément, la lumière cristalline. La pensée des tribus du soleil ne se profile pas comme un avoir. Comme se limitant à une science, une connaissance objective ou son objectif à objecter, d'ailleurs (ou d'ici ?), sans arrêts, de nouvelles expériences. Ce qui présuppose que l'on ait, d'abord, globalement, jaugé, contenu, imbibé, absorbé cette réalité ou le phénomène que l'on veut connaître. Pouvons-nous envelopper ce qui nous enveloppe ? Et puis, en descendant les diverses escales de ces escaliers qui se décomposent en analyse (de chaque détail du phénomène, de ses relations, mécanismes, engrenages, causes, poulies), démontage et démantelage (comme explosion par destructions, creusement de tunnels, brûlages, fonderies, épluchages jusqu'à avoir désarticulé, démembré chaque élément, puis, il ne reste plus que la synthèse, essayer de remonter le courant vers l'origine, de revisser les mécanismes en espérant qu'ils tiennent, se contiennent, se retiennent, se détiennent, se soutiennent. Atomisant, ainsi, la réalité en innombrables miettes, en minuscules morceau de verre foudroyé, éparpillant tous les intègres ingrédients tâtonnant vers vaine structure pour y adosser, ensuite, les îlots épars des compréhensions isolées, cadastres jonchés d'astres dévitalisés, hoquetant leur tourniquet fébrile de "toujours prouver mes connaissances", cartes muselières des arts, aiguillages divers, étagères étagées à gondole de vue, armoire où ternissent toutes les moires des œuvres de vie, granges, hangars, entrepôts, salles hautes et vastes, toutes pièces tapissant, quadrillant de nombreuses murailles du "palais de la réalité", dont ce cerveau est l'habitation. Travail de parcelles par celles là même où, à part celles que tu étudies, tu ne vis, ni présentement, ni prochainement, ni, peut-être jamais, le tout vibrant de vie, dans lequel vient, vitalement, s'enchâsser le détail étudié, et puis le bétail de détail que tu auscultes, puis occultes sans cesse. Une vue d'ensemble tu n'en as point sinon ensembles nous serions dans ces vues d'ensemble, il semble. Chaque détail trottinant, congestionnant, embouteillant le circuit fluide et régulier de l'énergie qui se dit toujours mieux que connaître ce que tu vis, si tu le vis intensément c'est extensible, c'est ex-statique...

Et voilà l'esprit des tribus du soleil en plein parcouru de l'intense Nature, le sempiternel et moelleux rebond de cet esprit sur le caoutchouc ruisselant d'énergie. Une perception totale, solidaire et intuitive, bref une perception solaire des formes…Cet esprit à vaste forme irradiante, une ramification réunie de milliers de rapides ruisselets et, plus instinctivement, encore plus physique, d'un aspect tout plongé et enraciné qu'il est dans le corps organique et organiciste. Ce sautillement qui en est le pétrissant mécanisme, en révèle tout l'ensemble vibratoire et pulsatif. Car, pour cet esprit qui, certes, ondoie tel une anémone de mer , selon la direction comme vaporisée de lait de brume, puis, comme rembobinée dans le spray de l'ensemble qui, déjà, y trouve ses équilibres, régulations, distances, chaleurs, énergies...etc Cet esprit comme un nageur fulgurant, mais, aussi, comme un attentif et mol récepteur, réceptacle, laisse les fleurs en pollens de compréhension dense se déposer lentement sur l'immense ramification palpitante, comme moteur au ralenti, s'y tâtonner selon de fines touches de parfums et goûts et trouver sa juste place comme révélée par une perspective perspicace. Y trouve son exacte longueur d'onde.

C'est un esprit totalement magnétique, aimantant ce qu'il cherche à saisir, sentir, happer ou connaître. Ce qui compte c'est cet esprit entièrement déployé et non pas la méthode atomisante de connaissance séparée et isolante et, en fait, explosant chaque élément afin de le construire artificiellement par la suite. Lorsque cet esprit est complètement développé, la structure étant partout posée, chaque chose vient, automatiquement, s'y intégrer, se former, fleurir en sens soudain. En la structure complète les lentes zones de silence s'évaporent par lassitude. Chaque chose prenant sens, peu à peu, sans aucun démontage sinon la rapide circulation dans toute la sève du circuit de la structure mentale harmonisant ses rapports avec le corps, la Terre, l'univers etc...en une forme, ainsi, tissée et dont, soudain, surgit la solaire intuition. Fulgurance ouvrant tout le corps en une vision plus profonde, vaste, stable et durable...La pensée des tribus du soleil cherche à tâtons ses différentes longueurs d'onde. Les différentes longueurs d'ondes étant comme les antennes de ce monde, basse ou aiguë, vibration à laquelle la pensée parvient, un jour, au parfaitement coïncidé, collé, s'y adapter c'est adopter...La pensée des tribus du soleil se voit dans tous les mouvements de la Nature, ondulations des plantes, musculatures de l'eau ; nulle part ailleurs n'est à chercher sa structure que dans le soleil...

Et les tribus de la grande course dans leur glorieux infantilisme mirent les moindres rayons de ces pensées, de ce soleil les moindres rayons sur les rayonnages de leur commerce. Ici, si tu rayonnes c'est juste bon pour être placé sur les rayonnages du fric - Ton esprit solaire happé par des esprits trop scolaires.

Cet esprit qui, émetteur-récepteur, flamboie la plus grandiose, la plus belle, la plus étincelante, ruisselante, luxueuse, sensuelle réception au Présent de la vie, de plus en plus présent, de plus en plus don, sensationnel don à sensations, à incessantes et fulgurantes trouvailles de toutes retrouvailles où tu vis, sens et ressens chaque page de ce livre qui délivre, à la même seconde. Et où tu émets les meilleurs de tes dons...

 

                                      Un pont vers l’ardeur sociale

(à suivre)

Publié dans littératures

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