L'identité est identique à quoi au fait ?

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Id- entité, id comme idem, le pareil, le tout même que, la paire conforme, l'analogue, le similaire, le très semblable à…la boucle qui extravague infiniment ce même vocable vide. Idem c'est de la non information puisque sa fermeture autarcique ne permet que le reflet du reflet du reflet. Id- dit que ce qu'il va dire, qu'il va dire, va dire, dire – sans y parvenir jamais…Bref la répétition, pétition, pétition, pétition: la modulation du son identitaire s'entend comme une plainte. Décidément identité ça commence très très mal. Celui qui veut arracher sa singularité irréductible n'appartient qu'au même, à l'identique. Et sur le mode image hors cadre, de la référence à l'absence: cette autre qui n'est pas là. La suite ? Identité, semblable oui mais à quoi ? A entité, soit la globalisation la plus floue qui puisse exister, le regroupement tellement évanescent qu'aucune main ne peut le saisir, le vague enveloppement incertain qui disparaît dès que nous le scrutons…

 

Entité, de entis, participe très présent de esse, être. Voici l'essence de l'entité d'identité. Identité qui est la même chose que : voyons voir... "L'identique désigne d'abord l'identifié, la reconnaissance de celui- ci en tant que celui- ci, is dem selon l'origine latine, soit celui- ci même. Mais l'identique ne vient aussitôt à désigner du même coup – et ce apparemment dans toutes les langues du monde; ce qui incite à présumer la complicité des deux sens – l'équivalence d'un terme à l'autre, la reconnaissance de celui-ci en tant que celui- ci, idem en latin soit le même que celui- ci : sens exactement contraire à celui dont il prend ainsi le relais puisque substituant l'idée d'égalité à celle de la spécificité inégalable, l'idée de reproduction à celle de singularité" (Clément Rosset – Retour sur la question du double). C'est, peut- être, énoncé de manière compliquée, mais, c'est très sûr, Madame, que tant vouloir " la spécificité inégalable" par le moyen de la "reproduction identique" infinie, ce n'est pas le bon choix.  Est-ce plutôt pour cela que, dans leur secrète intimité, la plupart des gens "n'aiment pas" l'égalité: l'identité nous ramènerait, par la bande, par trop aux racines égalitaires ? Nous, nous adorrroooonnnns l'égalité…

 

Mais nous voulons percer jusqu'au fond le secret de l'identité (en aucun cas la littérature ne doit être une mondanité !), nous ne nous contenterons pas de ce premier paradoxe. "La pensée de l'identité rassemble et confond deux idées contraires du même et de l'autre : désignant à la fois et contradictoirement ce qui est sans égal et ce qui est égal à autre chose" (Clément Rosset – Retour sur la question du double). Tentons de débroussailler le compact disc dont fait, intimement, partie l'identité…" Une identification consiste à ramener un terme inconnu à un terme connu; opération impossible dans le cas du réel qui est seul à être ainsi, le seul à être seul", nous côtoie toujours Clément Rosset, dans "Retour sur la question du double", dont vous captez, soudain, le sens du titre, le réel, lui, n'a pas de double. Nous oui, ce double nous double bien trop souvent. Alors que tout l'univers conspire à nous le faire entendre: chaque seconde seconde même cet objectif…Karl Pribam a noté, à ce sujet, que la vision sensorielle et la vision psychique de nous-mêmes différent. La vision psychique procède plus par miroirs, lentilles, prismes, tanguant entre le microscope de nous-mêmes et l'hologramme de cette sensation ainsi vue de nous-mêmes. Nous ne sommes pas seuls à être uniques. Mais nous persistons tous à devenir uniques et tous juxtaposés sur le mode non concurrentiel. Ce sont uniquement des perversions mentales qui ont rajouté cela (le concurrentiel), ensuite, comme un cheveu sur la soupe…

 

Ernest Mach, qui tout de même permit  Einstein, s'immisce dans le débat en clarifiant que l'univers est " un être unilatéral dont le complément en miroir n'existe pas"… Clément Rosset nous soutient et épaule dans la très même direction. Puisque nous n'avons pas "ce privilège du réel qui consiste en un monopole d'existence (il n'a aucune réplique)", nous avons besoin de l'Autre pour nous reconnaître (plus rarement nous connaître). A défaut nous possédons, aussi, le langage (cet oubli étourdi de notre part) qui se trouve, sans cesse, "dans" l'espace: "(…)une leçon de texte irréprochable ; car il est de toute façon vrai que l'ici évoque la série de ses ailleurs, le maintenant la suite des instants où il prend place, et, de manière générale, le même la gamme infinie de tout ce dont il est autre". Dès le départ, si nous ex-istons c'est que nous sommes "sorti" de l'action d'être, qui nous a expulsé de lui (ex, qui n'est plus l'identifié, mais qui ne l'est plus sur le mode de…, deus ex machina…). Etre issu-e-s formait bien l'issue bien consistante. L'issue est bien issue de quelque part. Pour le réel dont aucune duplication n'est possible (pas deux réels en même temps !), à part la poésie ou les arts, nous avons peu de moyen de le "comprendre" tel qu'en lui- même.

 

L'id- entité, qui naquit ainsi d'idem, d'idée . Oui de connaissances, si nous accédons aux connaissances c'est bien pour faire connaissance, yes or no. Qu'idem ouvre à IDEE représente l'ouverture d'un nouveau champ de savoirs: les paradoxes constructeurs! Nous ne pourrions communiquer que parce que nous sommes tous uniques. L'on ne communique tous que comme unique. L'univers, lui-même, avoue être uni vers mais vers quoi? L'id-entité, telle le même que de ce qui est absent, ajouté aux nouveaux paradigmes de l'approche paradoxale, va nous faire déboucher sur des trouvailles bien plus passionnantes que l'identité..."Comme en témoigne la banale carte d'identité qui n'assure de la personne que pour autant qu'elle la présente comme différente d'aucune autre, non identique à quelque autre personne que ce soit, garantissant ainsi son "identité" particulière par l'exhibition d'un certificat général de "non identité" ", nous fignole le boulot le Clément Rosset du "Retour sur la question du double". Point d'identité sans son double (sans la non identité).

 

L'approche paradoxale, ce nouveau paradigme, s'annonce d'une fécondité redoutable. La filiation (non génétique) que nous sommes parvenus à établir c'est identité, identique, idem, idée. L'identité peut très bien dériver vers l'idéalisme (le monde des idées – pas du non réel, stop de stop, à force d'avoir laissé contaminer trop de débats par tant d'intrus, les chattes n'y retrouvent plus leurs petits – comme d'habitude, solutions=trouver de nouvelles méthodes…)- le monde des vrais penseurs se constitue de congruences (que les choses tiennent ensemble – dans un moteur vous ne pouvez mettre un bout de frigo, une chaussure et une salade, etc. pour les idées c'est pareil, il s'agit de trouver les "articulations" par lesquelles la préhension (avec les mains) de la compréhension opère !!!) et d'efficacité (tout le contraire de l'efficacité bidon des "gestionnaires'" qui, dans l'addition totale du globalisé, "coûte vraiment beaucoup trop cher" et n'est donc pas efficace du tout…)etc. pas d'exhaustivité possible ici…etc.

 

Quant au secret de "l'identité" vous pourrez toujours l'attendre. Fallait lui préférer la subjectivité radicale des artistes. Ne vouloir rien des richesses matérielles d'autre que celles de la survie. Mais prendre tout des qualités inépuisables du collectif. A côté de n'importe quelle qualité, la quantité c'est de la fausse monnaie…En conséquence, aucun ego (d'argent), puisque le trop monologué " pour qui se rend-il? - Juste pour lui- même! " fait exprès de se tromper de méthode – c'est qui "prend"   220 000 fois le revenu des autres qui est à fortement blâmer, pas le "tiers exclu" et sans cesse en schéma actif d'exclusion (cf le pour qui se prend-il ?) n'a a s'excuser de "survivre"…Inutile de persister à se gourer toujours plus de recette, tout en continuant, si négligemment, à faire bien trop de mal !!! Etre artiste, écrivain ou penseur vous donne tout le même le droit de transmettre toutes vos propres expériences, ainsi que vos revisitations de celles des autres : au trop pire, le pour qui se prend-il? artistiquement ou littérairement (cela n'arrive qu'exceptionnellement, de plus !) ne pourra jamais excéder 2 fois plus que les autres. Pourquoi faire autant de faux foin pour cet infime ? Et si peu, si si peu,  pour qui, effectivement, "prend"      220 000 fois plus de richesses que les autres. L'entêtement nauséeux à faire exprès de se tromper de cible atteint, là, le seuil où le ridicule tuerait, tout de même !!!

Trop Identiques Identités…  

 

Vous vouliez une identité qui vous démarquât, vous particularisât, vous fisse reconnaître et voilà que vous chutez dans l'indifférencié, le magma, la même pâte. Si c'est être pareil à cette inconsistance qu'être identitaire, peut- être, vaut- il le coup de ne pas l'être "identitaire". Et puisque identité = identique = ressembler à un hors champ visuel, pourquoi ne pas "juste" devenir un grain de l'univers, un simple morceau de paysage, un souffle du global, une lumière contemplative, l'enveloppe externe de l'Humanité ? Ainsi, vous vivez, intensément, toutes les sensations d'être identique à (identité) sans que cela ne nuise à qui que ce soit d'autre…Et sans qu'aucune limite ne vous égratigne de partout: chacun-e ayant droit à son "identité", le champ collectif des identités n'est pas extensible: il ne peut en résulter que des frictions…

 

A notre triste compte, depuis toujours nous avons vanté l'universalité de la perte de l'ego. Nous n'avons reçu que des tortures publiques (incitées par les médias, les politiques et les finances). Nous avons, clairement, laissé le message, en 1989, que lorsque ces "gouvernances" de tous les domaines sociaux feraient appel à nous, ce serait à l'unique condition qu'ils admettent tout de leur déshonorées cruautés à notre égard…[Ceci constitue le résumé de tous les témoignages que nous avons recueilli auprès de ces "grandes âmes"]. La majorité écrasée s'est toujours trompée d'admirations: nous pas! Ceux/celles de l'ombre portent, seul(e)s, le resplendissant soleil du futur. Ceux qui ont cru "voler leur lumière" (tu parles les projecteurs ne contentent que des esprits puérils et mesquins!) vont retourner à la lie de l'humanité (qui constitue toute leur intériorité réelle!)…

 

C'est que vous ne pouvez arracher "l'identité" que si un minimum d'êtres possèdent la patience et l'équanimité de vous l'accorder, en s'oubliant et en s'omettant sans cesse (En se tenant en retrait afin de porter le trait). Que parce que des êtres de fibres (et d'humeurs) égales font entrer vos différences dans une immensité qui nous dépasse tous. Et que ces êtres vous tiennent bien fort et vous réconfortent sur leurs vastes cœurs: c'est tout cela (et bien plus) qui tient debout tout le décor qui seul peut contenter la soif de l'inidentifiable et trop identique identité… Identité un décor fantasmé ? Plutôt cela, hombre ! Puisque tout le monde a le droit à son "identité": le nœud de la résolution du conflit (l'identité ne semble qu'un conflit!) c'est l'Autre. Or, à la limite, l'identitaire peut "passer" dans un monde égalitaire…dans un inégalitaire il n'advient que comme dissensus maxima ! C'est que une transparence d'égaux vivant la même expérience se voit définitivement obscurcie par l'aliénation, alius (l'autre) transformé en aliud (objet). "L'occident commence là où commence le partage entre un groupe défini, la cité, et l'autre ou les autres", précise Lucien Sfez dans "Les leçons sur l'égalité". Alien – cette action de partage qui met l'autre A DISTANCE et lui assigne sa place "d'autre". Il n'a rien dit, ne peut rien dire. Soi seul crée toute cette monstrueuse architecture (alien- ation!), soi seul repousse l'autre et ose le "chacun à a place", ce qui ne veut rien dire puisque un seul doit, alors, "distribuer" symboliquement les places. Sinon, le brassage sociétal naturel  ne peut garantir ce "genre de place" à personne. Chacun à sa place, par rapport à qui, qui est le chef d'orchestre ? Il n'a rien dit, et je me permets de parler "à sa place". Ensuite, quoi qu'il (elle) fasse tout sera interprété, dévié, faussé, défiguré d'après "mes" mots…

 

Celle/celui qui agirait, ainsi, se poserait en maître absolu, le créateur de l'autre, son dieu en fait. "De l'altérité nécessaire, nous passons à l'altération, puis à la subalternité. Etrange opération qui emprunte ses traits à la métamorphose (…) il s'agirait ici d'une transformation du contenu de l'intimité de l'ancien "même" en une figure qui est identique à celle de son tourmenteur. Phagocytose du même par l'autre pour en faire un même que lui, au point que l'ancien même est devenu étranger à lui-même, à sa propre égalité avec soi. Il est désormais transformé en chose. (p. 221- Lucien Sfez, Les leçons sur l'égalité). L'identité, nous le pressentions, sert de cheval de Troie pour ses inhumaines et perverses manipulations…

 

Ce qui n'arriverait certainement pas, avec qui tend à devenir "juste" un grain de l'univers, un simple morceau de paysage, un souffle du global, une lumière contemplative, l'enveloppe externe de l'Humanité ou, encore, un petit bout du corps de la Terre !!! Puisque, une fois pour toutes, "l'identité" demeurera piégée dans la goutte d'ambre de "se croire être identique à …" (cette vérité scientifique de l'identité!)…Ainsi, se "croire être identique à" (un peu d'univers, de nature, d'immensité ou de lumière, etc – liste illimitée!) …vous fait "gagner sur tous les tableaux". Vous ressentez et vous vivez, intensément mais réellement, toutes les sensations d'être identique à (identité) sans que cela ne nuise à qui que ce soit d'autre…?  Qui a dit que l'acéphale capitalisme (caput, tête!) c'est la porte ouverte à toutes les perversions, déjà ?

 

 Ce qui lui "échappe" (à tous les sens du terme !) le plus – hé ben! c'est si simple, c'est  la simplicité en tout…aisance, spontanéité, harmonie, plénitude, intégralité, sincérité, concordance, épanouissement, intégrité, partage, etc…tous ces mots (et leurs charges émotionnelles ou affectives) qui lui échappent faute "d'écho", de répondant, de double, de copie, de prolongement…

 

Identité identique vous conduit dans l'impasse rétrécie des pertes émotionnelles ou affectives…ce n'est plus un "gain" mais comme une soustraction…

à chacun(e) de vérifier de quoi ?  

 

( à suivre)

 

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à but non lucratif freethewords.org,   onglet 4 "Nul n'est nul", onglet 3  "Why do we left the left wings ?" et « Rien de plus solide que le solidaire »,  onglet 2  "Comment devenir un (e) athée du capitalisme" ou, encore,  onglet 3  "Légalité de l'égalité".

Publié dans sciences

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