La hiérarchie, juste une déformation de l'œil ?

Publié le par imagiter.over-blog.com

4642082269_cf88879268.jpgA l'un des débats de fond essentiel depuis 50 ans et qui ne connaît que procédés déloyaux pour ne pas atteindre l'ampleur et la profondeur qu'il mérite (La démocratie est-elle compatible avec la hiérarchie ?) – nous apportons la méthode si peu utilisée de "transversalité des savoirs". Vérifiez donc: "La liste sur une seule colonne donne aussi une forme particulière à la hiérarchie ; à la différence de ce que permet une disposition tabulaire, personne ne peut être l'égal de l'autre. On ne peut placer plusieurs noms sur une même ligne, tous doivent être verticalement ordonnés, même si on fait entrer de force dans un cadre hiérarchique" ce qui appartient à tout autre chose (p. 226 - Jack GOODY, "La raison graphique - La domestication de la pensée sauvage " 1977, rééd. 2002). La hiérarchie rendue plus "significative" par le visuel de l'écriture? "La hiérarchie est en conséquence ici plus linéaire que dans les sociétés orales." (idem). Elle nous fait croire qu'elle s'impose par l'immédiateté du visuel, alors qu'elle "fait" une pensée là où n'existait qu'un très neutre dispositif visuel. Une culture orale doit attendre que tous soient là pour les ordonner dans l'espace géographique. Un plus ! Des garanties. La palabre comme très nette supériorité au dialogue social "monologué"…

Au contraire, la "hiérarchie de papier" peut "disposer", hors de nos consciences,  des individus (et les disposer!) même en leur absence. Avec toutes les manipulations et réarrangements possibles (ainsi, quel pouvoir aura été légitime ?). Quelle hiérarchie demeure, ainsi, fondée sur la maximisation de l'utile et du serviable ? La hiérarchie représente-elle la meilleure diffusion culturelle possible, par diffusion inter-individuelle des exactes compétences ? Etc. "Dans les cultures orales les discours d'une certaine longueur sont toujours de type formulaire et non analytique. Avant l'apparition de l'écriture, la plupart des pensées qui nous sont aujourd'hui familières étaient purement et simplement impensables" (P. 198 – Jack Goody, ibid). Ecrire opèrerait donc un très vaste recodage linguistique. De là à oublier tout l'existentiel du sauvage, il y a une méchanceté contre soi-même que nul n'est obligé de suivre. L'écriture non-hiérarchique conserve, intactes, les sensualités sauvages. A condition de toujours les expérimenter. La culture se développe sous l'impact d'actions exogènes mais aussi endogènes. Ces transformations s'amplifient, pour une part importante, dans les liens de l'individu avec les "amplificateurs culturels". La hiérarchie, sériant les comportements en notations de castes, ne peut que créer des goulots d'étranglements contre-productifs. Livrée à elle-même, elle empêcherait, de la sorte, l'ensemble de ces liens qui courent dans les facultés motrices, sensorielles ou réflexives de chacun-e. Les limites de la hiérarchie, dans le concret, se repèrent comme très courtes. Dans la société, elle semble, pourtant, opérer là où elle ne peut que devenir très nocive. Dans ces cas, barrons-lui la route !!!

Pour nous, AUCUNE des questions centrales à la civilisation n'est jamais posée. D'où l'immense régression actuelle, ce sont les bourgeois qui nous ramènent à l'âge des cavernes. Leur fanatique refus de l'évolution "naturelle", de tous les progrès progressistes, les listent au fond de toutes les classes. Ce sont des cancres qui "détruisent" beaucoup trop…être riche bourgeois est à la portée de n'importe quelle vulgarité. Tenter de bien répartir les richesses semble prouesse, tellement hors de leur incompétente portée, qu'elle aura été très peu essayée...

La question centrale se crie: est-ce que la démocratie peut survivre si des freins ne sont pas mis aux hiérarchies? Archôs de la force et de l'archaïque rétention de tout face au dispositif loyal de fluidification du social, il est clair qu'il existe une très forte incompatibilité. Entre le "processus de décision qui se passe de l'accord de tous" et le " processus de décision qui exige l'accord préalable de tous ", il y aurait plutôt antinomie structurelle! Ce qui ne préjuge pas que la hiérarchie serait, a priori, nocive et intégralement négative...Ce sont plutôt les médias malades qui ne vivent que par pré-jugés…Nous, nous ne rejetons rien comme le fanatisme des médias le pratiquent abondamment. A part, leur monde capricieux et irréaliste, rien ne semble avoir le droit d'y pénétrer. Tout ce qui est humain lui est étranger. Nous, nous refusons à oublier les si brèves périodes où l'université, la culture, les médias et les savoirs furent honnêtes (des bribes des années 1960 ou des lambeaux des années 1970). Les récoltes furent immenses…

Des exemples multiples, montrent comment la hiérarchie administrative a pu saccager le monde journalistique: un exemple paradigmatique, puisque durant la moitié du XX ème siècle le "problème" ne fit l'objet d'aucune enquête médiatique ou d'aucun débat: l'enfance maltraitée. Puis, la publication, mais aussi les soutiens médiatiques à cette publication, en firent "un objet public". Suivi de décisions politiques. Précédemment, le "problème" était identique, il n'avait pas pris de nouvelle ampleur autre que l'importance artificielle croissante des débats publics. Ce qui change tout: le potentiel médiatique de transformations collectives reste immense . C'est le barrage hiérarchique (celui qui rend très idiot !) qui l'abandonne à sa jachère. Le triste bilan se lit dans "liste noire de (ou comment les crétins hiérarchiques ont détruit les meilleurs journalistes "collectifs" !). Il nous faut admettre que les décisions publiques se construisent, visiblement et invisiblement. Que ce qui devient "problème", digne de réflexion, le devient suite à sa construction artificielle. Les hiérarchies constituent de trop grands obstacles à la connaissance du réel: elles peuvent, de ce fait, produire l'écroulement de la société. Faute, aussi, de savoir générer des procédures de vigilance braquées sur tous les dirigeants. Comme des circuits d'informations montantes, vraies infos homéostatiques qui savent soigner…

Ainsi en va-t-il de même pour les scientifiques. Il doit être, scrupuleusement, examinées les conditions de reproduction et de diffusion sociale de leur forme de savoir. Et les effets qu'elles ont sur la pensée humaine. Voire l'organisation sociale. Ce n'est pas l'autorité qui fait le savoir. Ce serait plutôt le savoir qui, dans certaines conditions, fait autorité. Au sens, qu'il devient bien plus réaliste de dire que "la science et l'amour mènent le monde – plutôt que la B.D. âareuhh de ce "jouet du pas sérieux argent qui mènerait le monde"…Une aberration luit: passer autant de temps à, bâtir des protocoles garantissant la complète objectivité de vos travaux. Puis, les laisser à tous vents, traités n'importe comment sans ordre de pages ni d'argumentations, dans l'incohérence visible (très anti-scientifique) des manipulations médiatiques. A-t-on le droit d'arrêter d'être scientifique lorsque l'on est en société ? Le social demeure l'exigence scientifique maxima: peu ont la force et le courage de s'y impliquer…

De l'inclusion dans le social, de tous les scientifiques, etc., chacun-e se sentirait bien plus relié-e aux autres et au grand tout social. Le savoir comme l'immense espace collectif, où l'on peut circuler tout entier. Nous circul(er)ions même dans les conversations.

Et puis, plus que des séparations, des cloisons étanches, des barreaux haineux, des sens interdits, des propriétés barrées. La hiérarchie sépara tout: mais de la pire des façons, en brisant, cassant tout. Partout la plus destroy, gore, épouvantable et stupide – fut-elle. Sans jamais montrer la moindre lueur d'intelligence elle saccagea l'intégralité. Si tout est bloqué, si les circuits de décisions se montrent murés, si les oreilles semblent bétonnées de non-communication - c'est bien à cause d'elle.

Elle s'est montrée comme le comble des stupidités imaginables….

L'extrême centralisation et concentration financière, connue sous le nom "mondialisation" qui n'en est pas une de réelle mondialisation, mais l'aspiration des ressources du monde entier dans l'escarcelle trop avide des occidentaux, et, principalement, des états- unis – a quasiment détruit le monde par excès de hiérarchies. Et manques de hiérarchies. A la fois. Qu'est à dire ? Tout le monde a pu se dire la finance est trop sérieuse pour la laisser entre les mains de ces fanatiques irresponsables de banquiers ou de boursiers qui mettent le monde en grand danger. Trop de centralisation implique une féroce hiérarchie structurelle. Qui s'impose excessivement partout et ne répond pas aux attentes de l'écrasée majorité (ces financiers sont tous non élus !) qui n'a même pas à "obtempérer", en fait. '

Mais, symétriquement, faute de hiérarchisations des besoins réels de l'Humanité et des limites à poser à "l'argent pour l'argent", des ordonnancements de possibilités durables et de refus systématiques de certains "gains" explosifs. Oui, faute de hiérarchie mentale, entre le superflu et le nécessaire, etc. – les chances de survie de l'Humanité ne font que diminuer…

Toujours plus de démocraties dans les institutions financières (donc moins de hiérarchie formelle). Mais bien plus de hiérarchisations dans les législations, les circuits décisionnels et les champs réflexifs (donc une hiérarchie que fonctionnelle, plus d'apparat). Et qui s'imposeraient, avec force, aux détraqués "du haut de la société" (boursiers, banquiers, médias, stars et, parfois, politiques qui "couvrent" leurs exactions…). S'il y a des flics c'est bien pour sévir CONTRE le haut de la société…Ce qui ne présente de difficultés que de volontés: il y a assez d'êtres humains, pour que leur nombre accumulé, les contraignent à suivre les besoins réels de la collectivité… 

 Et quel est le système qui parvient à concilier, harmonieusement, ces deux impératifs, sinon celui qui va vers le plus de collectivisme compatible avec les "subjectivités autonomes". N'y est "régulé" que "l'égoïsme financier", cette anti-sociale folie inconsciente et irresponsable: en conséquence, tout le monde y gagne dans son fonctionnement global. Ce que nous venons de décrire, schématiquement, n'est-ce pas la démocratie débarrassée de toute la fourbe hiérarchie formelle ? Incroyable, non, vous n'aviez qu'à dire "l'égoïsme financier est désormais un délit", et, du jour au lendemain, toute la structuration de la société se modifiait. Que les hiérarchies ai "ignoré" ceci, prouve à quel point elles ne sont pas sérieuses, infondées et si indifférentes à l'intérêt général. Des caprices de sales gosses ?

 

(à suivre)

 

 

 

Publié dans le ridicule qui tue

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