La Terre est un corps / et votre corps est la Terre (1)

Publié le par imagiter.over-blog.com

A ignorer, depuis si longtemps, la vérité de nos corps et de la Terre pour un esprit sans chair, sans yeux, sans oreilles, sans bouche, sans tact tacticien, qui répète, à l'infini, sa poussiéreuse rengaine de l'inutile économie. A ignorer sa propre naissance, cet esprit (avec ou sans dialectique) achève, désormais, de moisir l'or de l'amour. La conservation des conversations implique de plus en plus que soit étalé, dès à présent, là, métal étal, tout ce système - solaire.

 

La Terre est un corps, ton corps est la Terre. Les circonlocutions de ton cerveau sont modelées par le dessin exact des côtes qui représente la carte mentale des rêves. Le géoGRAPHIQUE, n'est-ce pas? Les circonvolutions qui convolent. Or donc si l'étonnement te tonne c'est pourtant bien que la Terre approche la forme de ton cœur. Le battement du cœur de la Terre est la pulsation habituelle de ton cerveau. Quant aux deux hémisphères de la Terre du cerveau qui ne s'est mis à comprendre. Les deux lobes du globe. L'océan, sous sa très plane surface, très sûre face, répercute, comme un écho de la lune, cette danse cosmique dans le balancement de ses marées. Les marées sont déjà de l'Espace en rendant visible ses immenses et éternels mouvements. Chaque planète est, aussi, plan de nos corps gazeux. Sinon pourquoi, une fois de mieux, castre d'astre, tombe à pic pile. Dans nos corps aquatiques, la lune forme le corps pâle de notre conscience nerveuse et ne notre chair moite. La lune fraîche et changeante est, dans son rayonnement soyeux, un grand centre nerveux étincelant d'où nous vibrons sans cesse. The dark side of the mind. En ondes du monde jusqu'à ce retour à la surface de la peau. La peau peaufinant le pollen du soleil, danse jusqu'au fond des poumons, les poumons étant notre peau, notre toucher le plus profond. Les poumons mon pouls : une pluie de sang ruisselle dans un grand soufflet respirant. Le soleil, dédaignant en nous les nerfs de la lune, aime ce sang vif et rouge de la vie qu'il fait battre jusque dans nos veinules les plus fines. Au plus profond de nous demeure le soleil et le plus évidemment le plus à l'extérieur (vous savez ce centre), tandis que la lune ; les nerfs métal brûlant lui trouant les forêts de l'origine - les poumons même de la Terre ; comme cette nacelle fragile de l'oscillation aquatique, nous transporte d'une rive à l'autre de nos corps. Bercés, balancés, tangués de droite à gauche, de gauche à droite, et propulsés en avant, ou recueillis en arrière, dans une gerbe battante au centre de la roue tournante de nos corps. Telle reste la quatre fois danse de nos corps perdus. N'ayez donc plus de complexes au plexus.

 

La terre est un corps et la langue en coule, le fouet de l'air, tout l'univers de nos mouvements qui PRENNENT corps, l'axe du dieu s'il se mettait à tourner et dire eux, dis eux oui dis eux, dieux. Dis l'inconnu, ou l'un connu de dire, homme, nous sommes perdus ou retrouvés, tous deux dans l'immensité cosmique déployée par nos seuls mots;. O je t'aime autant que si la vie était notre présence. L'axe de notre peau eau au très lointain. Tain du miroir. Ressortons le ressort. Le télescope moderne dont la portée rattrape dans le temps la fuite des nébuleuses à la périphérie de l'univers - est notre siècle : il faut bien lui laisser le temps d'arriver non? Comme une plainte droite d'urine jaillit de mon omoplate Et le fleuve soyeux des mots roulant un sang de perles où chaque mot-moto est une planète tournant sur elle-même (avec les distances interstellaires, entre elles, fidèlement respectées) et creusant l'ellipse d'un univers tout entier, avec ses comètes, ses soleils, ses chapelets de constellations et ses voix lactées. Ses pulsars et trous noirs. Pilastres ou palastres d'astres. Rayons gainant un centre irradiant; Ramification de ruisselets dessinant le moyeu d'un cœur. Les renaissants en quelque sorte les uns au cœurs des autres (comme de fondues couleurs) gravitaient dans un tel accord, qu'allant sans cesse du centre à la périphérie et retournant au centre, ils surgissaient toujours de la même aurore, baignés de la même aube…Oui, la Terre est bien un corps t'offrant son cœur sanglant et sanglé des océans, des artères es fleuves, des veines des ruisseaux…Oui, les mots-fleuves coulaient par-dessus vos épaules scintillantes pour vous emmitoufler, vous tasser de leurs rotations et dotations essentielles… Comme vous veniez, à l'instant, d'apprendre à jeter un œil par dessus votre épaule en une fête à la vodka russe, vous aviez été frappés en cette inondation toute qui engloutit ce très livre que tous les mots, en tournant, révèlent de multiples faces cachées, d'autres continents, une nuit sortant de vos rigides lumières, un océan de trajectoires à peine osées entre le délié du dessin même du mot et votre vision de ce mot, comme s'il était moteur grouillé, pour la cent millième fois effondré devant vos yeux vitreux de raison (mal placée) et qui, soudain, dans le grillage parfumé et enchanté d'une danse barbelée, s'est, tout bonnement - pour que vous le déceliez - descellé de son écrin de fracas et, sautant, s'est ôté de sa route pavée, où tous les pas sourds des hommes avaient aplati ses rondeurs, et s'est remis dans le même élan, à tournoyer dans l'immense ballet de la macédoine cosmique…Tout aussi bien faut-il s'insinuer, se vriller, rouler comme l'eau ou la naissance, pour en saisir un arc de sens. O les mots recherchent un corps qui tirera sur les rotules magnétiques et  saura, enfin, les articuler, saura relancer l'AIMANTATION de l'énergie amoureuse où, comme la limaille, les mots - qui sont tous sphériques - viendront danser, en mille soleils, dans un vaste cercle tournoyant à l'aube de nos yeux, tandis que nos oreilles s'enfonceront dans nos corps jusqu'au plus profond de leurs sons. La terre ne sera morale que lorsqu'elle sera tout à fait physique. (*****but de l’insertion : nous allons VIVRE ensemble chacun des paysages terrestres : aujourd’hui le « désert !!!*****)

 

J'enfonçai les pieds dans la peau ensablée. Des dunes à perte de vue, habillant le désert en tournant ses pages de sable au vent crevant, redonnaient l'océan qui avait bien du, un jour, y appuyer son entière cage thoracique à se rouler dans les draps moites de sa nuit. Abandonnant son empreinte au petit jour. Le désert mamelonné à l'infini en ondulations dansées pour l'œil seul est bien l'empreinte la plus nue que nous puissions découvrir de la Terre de nos cerveaux. L'empreinte d'une étreinte si lointaine, si profondément cachée dans le passé, que le vent depuis passe son temps à ranger les feuilles de sable, que nous n'avons plus, depuis, cessé de mouler cette étreinte du ciel de nos palais. A t'en retourner l'agile doigt de la glotte. Tes pieds labourent la chair duveteuse du sable. Pendant que le soleil s'accélérait à boire le bleu sonnant du ciel comme à nos temporelles tempes, d'où un sel de blancheur réussissait à faire des cieux l'ébloui miroir des poussiéreuses marches de la soif, qu'ouvre tout recueil du désert. Des rigoles crayeuses me sillonnaient la gorge, collant les rebords de ces acides canyons entre eux. La salive, telle de farineux buissons, pouvait difficilement s'y frayer, effrayer un passage et rebondissait, sans se badigeonner, sur les sèches parois, en abrupt ravalement. Le ballon ridé de ton palais et tes dents - rivages d'étoiles. La nuit te remonte à la bouche.

Un puits qui tapissait ta glotte de l'innocence d'une oasis ne tarissait plus cette fraîcheur. Ton palais est strié des mêmes ourlets que le désert qui, en écho, se fait écrin de nos chairs aquatiques. Ton corps de vasque claire trempa, ainsi, le papier à cigarette de tes frissons 'une rapide langue. Le haut palmier de ton regard agitait ses fruits lourds dont la courbe gonflait de plénitude lisse l'entrejambe de ton pagne. Bronzé de pépins, tu hérissais ton dos dans l'arc de ton attente. Le désert ne gardant de la forêt qu'un pivotement mécanique. Tournant juste sur leurs gonds ses seins de sable. Aussi les glandes sont retirées de leurs bourses paisibles. Un lumière te jaillit du fond du ventre des temps. Tandis que les grains de la soif se resserrent. Nous hurlons, aplatis, collés à la robe de sable, nous hurlons de silence, la bouche tendue comme une gourde bien ronde au soleil liquide des nuits. Aux heures ensoleillées des nuits qui étancheront la soif de nos repos. Le puits qui, dès que tu le vois, te donne l'impression de te monter à la bouche - courbait le lait serpentant de brouillard nacré, s'emplissait de fraîcheur d'étoiles, irradiait le ronronnement d'un chat, dont le ventre blanc ébourifferait de touffes étouffées le soyeux de tes yeux. Le puits s'amplifiait de multiples ruisselets de pulsations, le globe gonflé de sable se tendant dans l'abondance de ta salive. Les glandes qui de ta torride soif font érection.  Les glandes qui rendent nos corps si aquatiques prêts à l'évaporation, avalaient leur liqueur aqueuse. Le bout du puits vibre entre tes lèvres, agace ta langue. Tes caresses continuaient à prendre sur le vent que déployaient les dattiers mousseux. La peau pleine et ferme se treillant d'un filet de petites étoiles sombres nouant les fines mailles du tissu filant. Le sable criblait une chair de poule - apparemment. Les seins de sable se mirent, alors, à frissonner aux effleurements descendus de tes yeux. L'à peine glissé bout de ton doigt pétrissant d'émotion la chair fragile, dont s'extirpait une pointe extensible, érectile, qui bourdonnait aux mouvements de tes doigts. Une flaque brune avec des mottes ondulantes l'enroulait. La soif des yeux est étanchée jusqu'à ce que leurs seules coquilles sèches demeurent, premières aréoles. La tétine du téton se détendit en geyser serein. Les seins sautent maintenant comme cette envie d'être bus. Ils prirent comme leur l'irruption de ton ventre éclatant de fruit tentaculaire, quand tu aspirais la joie de ta bouche à moduler a salive, à découper ta langue de mangue, à vibrer l'ivoire de tes dents de brefs mordillements, à boire le goût de ta respiration mêlée d'un halètement des seins de sable, moulés d'un tapis d'oasis, quand s'y pressaient à plein des battements - que te renvoyait le doigt rapide qui dressait ton ventre, comme à l'intérieur de la sève ruisselante des mamelles de ton repos. Tous les laits giclèrent.

A mesure qu'elle se déshabillait ta verge s'habillait. Otée d'elle-même, le cœur de ton désir habitait, s'amplifiant, l'espace de ce qu'elle. Pouvait contenir. Il te sembla, alors, que ton sexe allait jaillir dans ta bouche commue excroissance nacrée. C'est pourtant très habituellement ce que l'on sent dans le désert. Au désert déserté.

 

Au désir desservi : le secret impérissable, une fois de plus, s'inscrit sur le sable. Tous les mots pouvaient de nouveau circuler de la Terre de papier jusqu'au soleil des sens battant mon poignet d'écriture, de la vulve de la forêt forée jusqu'aux seins de désert, feuilles du dos jusqu'aux plus tenues nervures des nerfs, du marécage au corps velu de miel jusqu'à la montagne dianée de cornes d'or vous pinçant très bientôt - la poulie, là bien au nid, au creux de votre nuque eunuque et tendant, déjà, ses sabots fourrés de luxe ; puis, sans doute (si, selon cet encore même gage qui, tout entier l'engage, le langage, sans relâche, ne nous avait pas lâché) de l'océan au vent de soie jusqu'à la plaine aux tendons détendus, remontant de la poulie huilée le long de vos colonnes vertébrales, une brise de nuit.

Si c'est là tout un programme, sachez qu'une définition n'est jamais définitive - sinon ce ne serait plus que le défi de nos définitions… Or donc défies-toi en bien, prends tes précautions - sous l'herbette des prés tu trouveras la caution que nous avions glissée…. Oui la Terre ne permet plus de citations et autres médailles médites…Ce que je trouverais donc à encore dire ne vous sera, en aucune sorte prévisible, visiblement…

 

(à suivre)

 

Publié dans sciences

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