La Terre est un corps/ et votre corps est la terre (4) Montagnes….

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Mais quel est donc ce vol lumineux?

 

Vous m'envoyez ravi! L'écorce terrestre, joyeux joyaux, peut être qu'un socle rocheux continu qui s'étend même sous les océans, mais c'est émerger en continents - loin de la liqueur démontée de la mer, ils vivent en continence, sans doute, les CONTINENTS. O les gravir à s'en ravir. La moindre faille défaillante dans cette table unie crée le volcan qui, lui, trace le fil rouge gagnant de proche en proche, reliant les rets des forêts aux dessertes des déserts, les déserts aux marécages, les marécages aux volcans, les volcans aux montagnes. Le miel du mieux. En cette filature, l'écorce écorchée de la Terre serait le corset même de nos corps ; cette croûte qu'elle soit ta route. Oui penchée - inclinons-nous sur cette inclination. Flotte sur la mer de basalte lourd un mobilier de blocs granitiques plus légers, par exemple, qui se plissent le front, atteignent leur épaisseur maximum dans les chaînes montagneuses. Chaînes daines. Toute forme de relief est une combinaison soyeuse de pentes dont les profils sont rectilignes, concaves ou convexes… Vois-tu cette robe du jour à bas de ciel? La Terre plissée mais lissée. Chaînes de chair à l'image des reliefs de nos membres. Un amas inextricable d'arêtes à l'arrêt, de pics à pics, de cimes décimées, pressés les uns sur les autres, de crevasses crevant, creusant les sommiers des sommets d'escalades escarpées, de massifs veinulés de saillies - constitue la ceinture qui entoure ton bassin. Le socle nécessaire à l'érection, à la direction du cristal de lumière massivement, trône. Massivité de la passivité. Des brumes échevelées courent dans le ciel et dé-robent les sommets à notre vue à la couturière. Mais c'est aval que les anches des avalanches croulent le mieux en ovale ovation. Entonnant le son aux anches des avalanches. La taille se dresse alors en sa force. Le dos de la montagne en reste toute taillée en abrupt. Elle peigne un vent de neige en cocons compacts. Le bleu diaphane déchire, bientôt, le cocon des brumes et les glaces des glaciers renvoient, en leurs aveuglants miroirs, une lumière insoutenable (même en mots). Une pensée sur sa lancée y trouvait très exactement l'anse qui par pur réflexe rebondissait en réflexion. Grimpé sur ces réverbères, cloches de clarté, il ne soutenait point la lumière : mais enfin tous les alpinistes ne sont-ils pas descendants des alpes? En dévalent comme des milliers de tonnes d'eau, comme une gigantesque fleur de fleuve qui semble s'être pétrifiée. Ce sont là les langues des glaciers, rubans de vif argent. La réVerbération. La verbération brillant tel ce mouvement de va et vient de l'air d'où résulte le son ; et la réverbération telle la réflexion de la lumière par un corps qui ne l'absorbe pas, ne la prend dans son orbe. La montagne saisissant le buccin du succinct, s'illumine comme réflexion du Verbe verbéré et réverbéré à l'infini (et dans tous sens de ces mots). Le son entendu a tout l'espace pour se refléter à perte de vue, en cette vastitude de la gratitude. Le hâteur des hauteurs. De la mine des nations il lu les illuminations. Illuminations d'eau et de feu étanchées. La montagne escalade la lumière; lance le cri de la lumière dans une poussière d'eau. Puissance toute de la réverbération. La montagne est un rebondissement du soleil sur la Terre, elle est le reflet de son corps interne (cherche du côté du géosynclinal) en hérissements pierreux sur le miroir du ciel. Le mieux des cieux. La montagne se lève comme la diane médiane. Et la lumière s'arrête beaucoup sur, justement, les arêtes. La pierre en demeure bleutée, s'ôtant de sa transparence, elle pleut bleu. Sur le pasteur pastel. Des sauts de cimes gagnant de proche en proche, pointes penchées, redressées, dressées, tendant les épaules de leurs pentes en une muraille gigantesque, que le mur aille, puis comme des coulures de couleurs, ondulantes sur toile d'eau, des scènes de neige plantées d'une large palette, d'une franche spatule, rehaussées de stuc et de sculptures rêches pour accélérer l'immobilité des caravanes de violets piolets, de vert d'eau, de bleu humide. Et huer les buées. La montagne est l'exact reflet de son océan : s'y profile les moindres lueurs aquatiques. Y brûlent les incendies de lumières froides. Pour jongler l'onglée. Une nuée de buée transparente de son lointain, brossée de lumière, de givre ivre, venant lécher les neiges en teintes roses au long des glaciers. Contraste entre douceur des teintes et rudesse des formes : fructifiant fortifiant. Au long de la calotte glacière toutes les vaisselles de nos aisselles, les vaisselles de nos vaisseaux, les huis de nos cuisses en courbent la ceinture de peinture. Des formes nettes et précises attaquent, brusquement, se liant les unes aux autres, rythmant les fentes. Smillage de l'assimilage : la texture de la montagne. Les toiles des neiges balancées dans le tempo dru de blanc, parfois crépu, peigné, rayé en écharpe de fibre, fil sans tissu, estocs d'étoffes, houppes de touppes - moulager c'est soulager. Mais, alors, simuler c'est stimuler ; mais oui.

 

Des tubes de couleurs leurs cous écrasés tortillent leurs reliefs, et puis, en repoussé, des bronchioles de séracs, des nuages figés dans l'éponge brute de la roche qui perce, parfois ; pour trancher la motte de neige, en enlever une tranche de clarté. Les chairs de montagne essorent les couleurs sur l'os chauve des sommets. En découlent des formes coagulées d'oiseaux, de lionnes et chevaux, de chamois, d'escaladeurs qui, toutes, cernent, en escales des angles aigus, l'architecture compressée des contreforts et leur donjon d'altitude Fragilité de l'agilité e moule en reste drapé de formes en flots superposés, coincés à l'horizontale, puis en éventails, rayonnés, veinés jusqu'au, croisement des lèvres de la bouche et des petites lèvres de la vulve, cardinale croix où s'accumulent des gorges insondables - insondées ? Un son, des sons n'y parviennent alors plus A vous revient l'écho logique Des plates formes en demi-lunes, en raides précipices, mais sans précipitations aucunes, de fines nervures rocheuses en fer de lance, drainant cette peau formidable de mailles de neige et de rocs. Quelles accumulations d'images, quels groupes de grappes faudrait-il pour se hisser à l'altitude d'une autre attitude de la montagne ? Une corniche où nichent nos corps devient un nid d'images Un éléphant laissant pendre sa trompe solidifiée en une course pierreuse, un immense profil couché ou un visage durement profilé au loup de la loupe, qui s'arrache à sa gangue de neige, se figea à renifler les nuages, une mâchoire de roches serra entres ses crocs un rivet de pierre. Le silence du silex. Ce qui en glissait, comme des cartilages de neige sur la roche tranchée, telle une large cuisse et le doigt, qui tient la blanche et épaisse toile dépliée, agrippait le sommet de ce qui pouvait être l'angle pincé par les deux doigts Les formes se formalisaient Tous les mouvements de poussée poussaient drus de la mati-ère altière Des cornes et des bois de cerfs. Onctuée. Ponctuée. La magie agit, m'agit Gracile agile Ces corps écrasés, compressés sur eux-mêmes, squelettes explosés en la surface, en pyramide, cône, demi-trapèze, colonnes de dos, pans de pentes veinés de périostes froissés, plages verticales de plagiat où les marées d'érosions ont laissé des barres de galets luisants, des quartiers de quartz collés les uns aux autres, croupes, plumes fessières d'une énorme poule en train de picorer des tranches de fruits suspendus dans le présentoir de longues glissades striées comme les muscles d'un tigre à l'affût dans son poreux pollen des graines osseuses, une sole sur le dos forme un triangle soulevé d'une raie dorsale, neige hissée en arcs - à en lasser les lassos Le tout en gravité granité "figurez-vous!" et autres métaphores topographiques…Toutes ces formes métamorphiques, aurait dit morphée dans le sommeil raide de l'air. Chair d'air. Et comme métamorphisme indique bien au delà : au delà de Morphée eh bien, c'est la hardiesse en liesse, c'est le torrentueux talentueux, c'est la gravitant dans la grave : Orphée Le minéral travaille sur les mythes Et la montagne n'en devient que plus rigoureuse comme le froid de nos raisons D'où la hardiesse de ses formes en liesse car elles ont été brisées et soulevées par le socle cristallin de l'œil dont les fragments couvrent encore la ceinture sédimentaire plissée au tact intact… Son âme trop intègre pour se contenter de ces maigres rations se tendit vers la réintégration La montagne était la danse des strates, comme d'une collerette plissée que l'on portait au cou au siècle seizième : la fraise, l'os chauve des sommets comme une pâtisserie roulée, entassement des tasses, ces plis qui m'ont plutôt ^plus en accordéon tantôt pincés, tantôt amples, déjeté, déversé ou couché Portions des proportions. En une série d'écailles, en gradins gradés, barbules hérissées ardentes du fond des ventres, montâgnelet frisé, mise en plis, avec des crans en bourrelets de broches de roches, une selle? séparant les sommets en dents de scie? en trace les rois des parois C'est l'érosion, osions-nous!

 

Le rassemblement en un unisson turgescent. Toute la peau de son visage remua dans une sorte de frémissement souterrain, dans un coup de vent sur la mer tondue, comme aux premières bulles la pellicule de crème durcie à la surface du lait bouilli vient au feu comme je viens à vous. Une irrésistible poussée vers le ciel Les désirs s'aiguisant en aiguilles de pierres Au ressac de la colonne vertébrale cette fois-çi en une colonne flexible se cambre d'ambre, s'étirant d'un nuage de fourmillements, se hisse par sédimentation de chairs, un serpent d'énergie ondoyant, se gonfle par une mince bande de chair pincée Le dôme se colore vers un violet vitrifié, rougi de brusques assauts de sang. Tumescent. Le gland brûlant et sanglant recouvert d'une neige de sperme, jetant ses rampes de miroirs. Tu t'empales sur la lumière. La tige frémissante et cassante des monts, la corne de mère, Matterhorn, ramène dans les poitrines le sang trébuchant du cœur, la lumière des muscles. AbsORBE toi! Les éperons rocheux bandent le flot palpitant du sang de pierre  L'érection est à son comble. Le ciel est à sa pureté : la montagne aurait escaladé la mer. Ne dit-on pas l'Eve Rest : le Repos d'Eve? Qui, dans ces saillies mâles, justement la plus féminine, fit que la forêt ait pu être forée. Nul déni vêlé cette fois ci Et tu t'agîtes puisque tu agis. En secousse, spasmes derniers, en halètements espacés sur un lit élastique et pubescent de peau parcheminé. Le chemin de nos rétractions. Le méat béat. Nous l'avions eu notre monture montée, le pêne du pénis en inflammation. Les doigts de muscles, les bandelettes, les tuyaux mous, les fibres, tout l'arrimage d'une mongolfière épanouie dans le ventre - il ne restait qu'à en reprendre la description. Jusqu'à ce que tu en sois soûl èvement. L'escarpement montagneux, forme dissymétrique qui oppose une face interne aux versants versés raides à une face externe aux reliefs nuancés, dressait le doigt de chair sur la matière hérissée de l'intérieur. La montagne, cette peau de pierre avec toutes les directions de ses hausses, de ses couches, se retrouvant (déplacements verticaux, compressions latérales) en super position avec ses ravins et défilés dont l'ouvrage de vin se défait fil à fil avant que nous ne défilions sur le crâne de la montagne crâneuse. Au-dessus du ressaut des sources de l'action, les éboulements fougueux des glaces assouplies, les étages à étiages, les moraines vertes et vitreuses dans un immense bain de neige et, là haut, tout en haut, le ciel comme une cloche Heureusement, il sait nager. Les derniers grands mous remous emplissant les crêtes, soulevant les terrains et tordant les reliefs en enroulements, en torsions de leurs courroies, rouages engrenés sur de mystérieuses nébuleuses, spirales, pivots, musculature des formes Les monts, les sommets, les torrents et le ciel étaient tordus ensembles comme le lin entre les mains des lavandières. Chiffonnés, tordus, serpentés, amas viscéral, circonvolutions du cerveau en castrées. Poussée vers le ciel, la lune élève le socle terrestre de quelques centimètres par son attraction. Ensuite, évidemment, il re tombe. Mais grand nombre d'étoiles en profitèrent pour s'acheminer en des voyages désormais physiques, troupeaux de ci, troupeaux de là, dans le grand trouble de la joie. Statique et extatique, pense donc la pente. Hibernant, bernant qui au fait? La montagne me redresse le dos. Quel est le plus retentissant dans cette étude physique de la Terre : de sommer les sommets ou dans les tourmentes atmoSphéroiques d'élever les tours de nos tourments et tourmentes comme de grinçantes chaînes - montagneuses? Et les flèches lèchent les étoiles allumant leurs chandelles sur les pentes de neige. Les nuages te frôlent. Enfin l'age des nus, nuages et cornues, tout appelle aux nues. Le nez est sur la montagne. Appel d'air. Souffle d'esprit. Sidéral sidéré.

 

Les montagnes forment I'anneau qui, en ellipse, cerne le pacifique des cotes américaines aux cotes asiatiques - pendant que se tend le doigt montagneux de l'Eurasie prêt à enfiler cette bague. Et partout sur Terre, d'autres bagues sont là, à vous de les voir et vous les passer au doigt.

 

Vous pouvez lire et/ ou télécharger gratos sur freethewords.org , signet 1 titre « les mamelles du repos »…pp. 52 à 56…

 

(à suivre)       Plaines

Publié dans littératures

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