Les fonctions des modèles économiques (3 et fin)

Publié le par imagiter.over-blog.com

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L'épisode passé nous a fait effleurer tout ce qui se maintient de métaphysique dans l'économie, et cde plonger dans le fait que, en grande partie, ces modèles économiques ont précipité le big short qui se trône depuis tant de mois…nous continuons, âprement, à "conserver" tout ce qui peut être utile, fiable, pertinent ou durable dans la fumisterie capitaliste…et donc "son" économie***.

 

*** voir "Comment raisonnent les économistes" de Bernard Walliser, janvier 2011, où les fonctions des modèles économiques sont déclinés en 6 fonctions : iconique (représenter), syllogistique (calculer), empirique (tester), heuristique (créer), praxéologique (intervenir) et rhétorique (communiquer)…

 

Effectivement, "une troisième limite à la testabilité des modèles provient de la dépendance méthodologique entre les modèles et les données. Les observations ne sont pas neutres, mais s'avèrent teintées de théorie à divers stades de leur élaboration"  (p. 113- ibidem). Depuis la "fin des idéologies", il n'y a jamais eu tant d'idéologies au sommet : des observations qui ne sont pas neutres c'est entièrement de la faute de l'observateur, incapable de ne rien "observer" d'autre que ses préjugés. Et n'ayant même pas pris les précautions de se prémunir de ses travers qu'ils nous infligent (en nous faisant spolier par ce système social illégal !!!). A conserver ? même pas "l'empilement" (où les faits seraient mesurés à l'aide de protocoles (instruments, indicateurs) s'inspirant de telle théorie ou telle autre) ? Que non point !!! Sauf ce qui concerne les "(…) hypothèses très idéalisées. Il en est ainsi des comportements des producteurs et des consommateurs supposés parfaitement rationnels. Il en est surtout ainsi du fonctionnement du marché, réduit à l'égalisation d'une offre et d'une demande par le biais du prix des biens " (p. 117- ibidem). De là à faire du capitalisme pour une utopie bouffonne !!! Que cette salubre "trahison" soit saluée, l'offre et la demande ne se rencontrent jamais lorsque pub, com' ou marketing prouve que l'offre impose, si grossièrement et si brutalement, ses "modèles, oui ou non ? On dirait que plus "personne" ne croit à la fiction capitaliste !!!

 

Bingo ! "La linguistique et l'économie partagent une démarche essentiellement projective, des théories préétablies étant confrontées aux données quantitatives ou à des illustrations plus informelles "(p. 137- ibidem). C'est donc que "l'arbitraire du signe" concerne infiniment plus l'économie que le langage (qui a du sens, lui)…c'est quoi cette image coloriée avec des chiffres dessus sinon des jouets pour enfants régressifs (ici, ce serait "nommé" billets de banques…). Quels sont les effondrements psychologiques nécessaires pour "croire" à cette effigie plus qu'arbitraire ?"un modèle est un artefact qui se renouvelle au fur et à mesure des inadéquations théoriques et empiriques qu'il rencontre" (p. 141- ibidem). Ce sont donc juste des illustrations bonnes à colorier, et pas plus ? "cependant, des schémas explicatifs relatifs à des phénomènes plus localisés portent encore le nom de théorie" (p. 141- ibidem). Et les modèles reçoivent une définition qui tend à s'élargir… s'il n'est réfuté par le paradoxe d'Allais ou par le paradoxe du renversement des préférences…

 

Non non ne vous inquiétez pas, ces "paradoxes logiques" "ne sont fondés que si l'on démontre que les raisonnements circulaires sont vicieux" (p. 155- ibidem). Il y même des débats de pointe, par exemple, "sur la pertinence des données neuronales dans la compréhension des comportements économiques"…ah fuir, sans cesse, le réel et se cacher, toujours, derrière des modèles  (genre optimizing ou satisficing), des schémas, des tableaux des grilles…c'est que "hormis l'économie, les sciences sociales limitent les opérations de restructuration interne des modèles ou des récits" (p. 179- ibidem). Même là, ils licencient unilatéralement (pourquoi les modélisateurs ne seraient pas licenciés, eux ?) et aussi illégalement que dans l'économie sociétale…Pourquoi ? "Elle est rapprochée de la notion d'inattention (unawareness) qui exprime qu'un acteur ne sait pas un certain fait et ne sait pas qu'il ne le sait pas" (p. 196- ibidem). Voici qui nous éloigne des canons indiscutés tels équilibres, omniscients, rationnels, informations partagées, équitabilités, maximisations des talents et des ressources…cela fleure le n'importe quoi n'importe comment complètement incompétent et si imbu de son angélisme utopique (sauf envers les esprits critiques ?) et qui ne survit que dans le MONOLOGUE économique (qui va jusqu'à refuser toute intrusion légitime du réel)…D'où , en politique actuelle "de façon surprenante, ce sont souvent les prescriptions obtenues avec des outils très formels qui ont le plus d'impact" (p. 211- ibidem). Parce que ce magma inconsistant se permet de donner "des prescriptions" - où serait donc la légitimité, le fondement ou le droit à le faire ? Et que ce sont les modèles "avec des conséquences non accessibles de façon qualitative" (soit, en fait, les plus éloignées du réel global) qui ont le plus de succès. Tout ce qui permet de fuir les responsabilités, de se planquer derrière des modèles, des chiffres, des tableaux (faussement timbré d'une "autorité" économique comme nous venons de le voir), des quantièmes, des histogrammes, des comptes, des bilans, des nomenclatures, des références ou d'autres ideal types..

Le but demeurant de se décharge de toute sa responsabilité, de ne pas assumer la charge adaptée aux honneurs joints (donc genre si ça profite c'est pour moi si ça pèse pénible c'est pour vous !!!), de ne pas impliquer son intelligence incarnée : ainsi, à quoi ressemble de se dissimuler derrière le si peu probant P.I.B. (la majorité des commentateurs sont contre cet histrion)  ? pour "déterminer" les taux, les prix, les pensions, les prestations, les seuils, etc, les chiffres insensibles et autres cruautés économiques de la vie quotidienne ? Pas joli joli, non ?  

 

"C'est ainsi que les expressions formelles de la logique des marchés se répandent et entrent en concurrence avec l' expérience immédiate de ces mêmes marchés "  (p. 225- ibidem). Performativité actoriale ou systémique ? Performativité structurelle ou factuelle ? Multiplier les mots afin de ne jamais rien laisser passer du réel ou de cette expérience immédiate de ces mêmes marchés ? "Les agents économiques possèdent une connaissance populaire (ou vulgaire) du système économique (folk economics). Elle se forme et évolue spontanément en fonction de leur expérience personnelle comme des conversations*** avec d'autres acteurs" (p. 234- ibidem).     

 

*** aux contenus évidemment non manipulés, non manœuvrés, non tronqués, non issus des déshonorantes désinformations des médias mercenaires, etc ?

 

Un système qui prêche le laisser- faire et laisser passer secrète, ainsi, des modèles boucliers, blockhaus, armures, complètement fermés. Qui ne laissent strictement rien faire et encore moins laisser passer !!! 

 

il périra, de ce fait, d'asthénie et d'anomie, dans le manque de sérieux total qui aura, tout du long, accompagné toutes ses gesticulations.

Les fonctions des modèles économiques ? L'extrême onction ?

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuitsfreethewords.org,   onglet 4  "Nul n'est  nul", onglet 3 "Légalité de l'égalité", onglet 4  "La démagogie n'est utile et utilisée que par qui est déjà au pouvoir ". Et, surtout, RIEN DE PLUS SOLIDE QUE LE SOLIDAIRE, onglet 3,  ainsi que LA QUESTE DES QUESTIONS (qui a démuni les démunis ? qui a déshérité les déshérités ? etc), onglet 2.

Résistances au changement      Impliquent changement de résistances

Structurellement, les classes moyennes ne savent plus penser

 

Si ce blog a su retenir votre attention dans les 1 100 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on trouve plus que prévu

 

Publié dans sciences

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