Les limites du rire ? (2/2)

Publié le par imagiter.over-blog.com

4100694081_34304d22f6.jpg

Les aventuriers de l'extrême ont expérimenté, qu'après les limites communes de la survie, il puisse exister encore jusqu'à deux autres limites. Dont il n'est parlé nulle part, sauf dans leurs témoignages, pour qui sait déduire de telles conclusions du faisceau de faits présentés. Pour les plus entraînés, ceux qui fonctionnent à la volonté, les plus acharnés à vivre, etc – en eux, se trouve ce dépassement des limites habituelles.

 

En ce qui concerne le rire, même scénario: derrière le rire connu se trouve un rire plus "sauvage". Non vraiment répertorié. Un de mes amis m'a fait découvrir les Ardennes belges profondes. Une forêt touffue où vous avez moins de 0,5 habitant au km ². Dans ce décor préhistorique, des circonstances m'ont fait expérimenter "le chevaucher le rire". Un rire qui galope et monte toujours plus haut, plus haut, plus haut – en son arc tendu. Vous hisse jusqu'à lui. C'est comme si les mandibules de la gorge s'articulaient plus ouvertement, comme si vous preniez appui sur le dernier accord son- respiration pour vous escalader vous- même, comme si tout le corps s'ouvrait jusqu'au "hara", juste au dessous du nombril. Et que votre organisme entier se mette à, complètement, se déplier dans l'univers. Ce rire vous transporte dans l'immense. Un cheval qui se cabre sous vous, de la taille d'un tronc de feu. Une rivière d'énergie qui accumule tout votre corps dans un rush de force inaccoutumé. Vous participez, alors, d'un "savoir" sans beaucoup de consistance mentale apparente: votre rire "sauvage "représente un sens supplémentaire, une palpation puissante de votre environnement. Vous "savez" que ce rire vous fait franchir des distances inouïes, toujours appuyé sur la solidité de sa montée en cavalcades. Tous vos nerfs gainés de son guttural bond, vous vous sentez tellement plus grand que vos habitudes ne vous en avaient familiarisé: libéré de l'air! Le son produit ?

 

Sans doute les notes bleues des voyelles avec bien du rauque dedans. Une course avec/ après la respiration: comme si tout l'intérieur du corps s'étendait tout à l'extérieur. Comme à chaque fois qu'il vous arrive de l'extraordinaire, vous vous tapez sur l'épaule et vous questionnez: n'est- ce pas de l'imagination, un double bang du supersonique de vos pensées, un délire d'électricité…etc Ce check up bien effectué, vous admettez que la sensation laboure, intensément, tout le corps et le porte bien (par l'énergie mise en cause!) à une de nos dimensions latentes les plus hautes…La durée fut longue comme une amoureuse communication musclée avec tout l'univers. Ce rire de l'extrême vous marque à vie !!! Guère de témoignage classé, nos archives en sont toutes dépourvues (où ont-elles donc la tête ?): pourquoi qui "sait" demeure si peu écouté dans un m'as-tu-vu social, burlesquement, si peu fécond ?

 

Pour le mieux situer, "ce rire sauvage", il se place bien au-dessus de ces crises de "sages" rires qui vous ont massé merveilleusement tout l'intérieur, qui semblent distiller, en vous, un repas bien consistant (puisque vous en êtes repus) et vous plongent, délicieusement, dans un sommeil s'enfonçant dans le toujours plus moelleux. Très réparateur. Le rire y représente bien une force qui vous ouvre à un bien être total. "Le rire sauvage" tel un gigantesque accumulateur d'énergies ? Le repos était contenu dedans: céans, plus besoin de sommeil "réparateur" du tout. Vous en êtes déjà trop revigoré(e). Et, ici, sans modèle préalable, la présence d'un péril permanent (que le souffle poussé à bout s'enroue !) vous contraint à la vigilance maxima…Un bien afin de conter le phénomène…

 

Afin de compléter  ces expériences "d'aventuriers du rire" nous offrons ce souvenir d'enfance, d’un témoignage… «  Autour de 8 ans. C'était la lecture de mon premier Astérix (plus, sans doute, d'autres circonstances) – je fus embarqué dans un rire inextinguible. Cela a dû durer 10 mn ou plus. Je ne parvenais plus à m'arrêter de rire: je sentais comme le souffle du coureur qui entre dans le piston de lui-même. Puis, la crainte m'a, peu à peu, envahi: je me voyais mourir faute d'arrêter la machinerie. Dans cet état, vous ne pouvez demeurer assis. C'est donc à terre que je me roulais espaçant mon souffle de plaintes " j'veux m'arrêter, j'veux m'arrêter, s'il vous plait, arrêtez moi! stoppez - moi! ". Temps qui m'a semblé durer infiniment. Je scandai de la main, tapai du pied, les larmes roulant des yeux. Ensuite, mon souvenir me laisse un blanc: ce rire a bien s'immobiliser, mais impossible de revisualiser la scène ou s'arrête la locomotive!!! Depuis ce jour, deux faits m'ont marqué au fer rouge: je sais que l'on peut mourir de rire, le souffle bu par les pistons stomacaux. Mais qu'il existe bien deux catégories de personnes: celles qui décrivent, nomment, étiquettent, classifient – péremptoires et monologuantes – les expériences que d'autres ont vécu. Malheureusement, ils dominent dans cette société: d'où l'inhumanité de celle- ci. Et qui vit réellement l'expérience mais s'en voit dessaisi, volé d'interprétation, voire accusé de tous les maux (détourner l'attention). Empêché de partage. C'est pour cela que si vous trouviez de réelles "recettes de vie" dans l'hypocrisie sociale – veuillez nous en faire un peu part  !!! »

 

Nous rangeons ces deux rires de pionniers dans les "rires existentiels": là, où tout n'est qu'authenticités, où les "autorités" imméritées se voient toutes balayées : où vous vivez votre vie en direct. Et plus personne ne peut vous enlever le trésor que vous a confié l'univers. Dans cette optique, l'argument du "Nom de la rose": les pouvoirs ont atrocement peur du rire – prend tout son sens.

 

( à suivre)

 

Un trésor de belles pensées vaut mieux qu'un amas de richesses (Socrate)

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article