LES NON REPONSES INFORMENT AUSSI

Publié le par imagiter.over-blog.com

4919575131_b3378bb709.jpgLes médias, du fait de leur refus de vérifier les attentes et les besoins réels des citoyen-ne-s, sont en train se tirer en grand dans les pattes. Déjà, nous ne sommes plus intéressé(e)s du tout par les télés, au niveau d'information zéro, sans jamais de débats de fond et dont quasiment tous les reportages ignorent les règles d'objectivité et de loyauté. Etalant juste des préjugés et des a priori: tout se voit ensuite déformé par cette barbarie de méthodes. Pourquoi s'infliger ces pensums ?

Aussi, quel ne fut pas notre agrément que le hasard nous mette en contact avec l'émission C dans l'air au thème "Un vert de trop", où un membre du bureau politique des Verts dits Europe écologie (vous voyez que, lorsque le compactage idéologique est si fort, offrir les noms ne sert plus à rien !). Le concentré de ce que nous venons d'apporter l'esquisse se trouvait très présent. Trop.

Tout d'abord, l'émission amène un parfum de peopolisation, difficilement supportable, plus d'un demi heure. Après quelques minutes de  visionnage nous nous sentons très vite comme des intrus (c'est cela même, les télés en boucle, complètement sans nous, nous rendent intrus!) puisque leur hautes intelligences elliptiques nous privent de toutes démonstrations et raisonnements. Sans lesquels demander "d'écouter" une entrevue (à peine entrevue!) n'a plus de sens. Donc c'est plutôt servir sur un plateau, reluire les godasses: et, là toujours, nous rejeter hors de la justification de leur présence sur l'écran. Nous les sentons d'un autre siècle, absolument absents du concret de notre époque. Au niveau information, ce qui est formation, et qui amène la forme formatrice, absolument rien.

 Pour s'être dérangé et nous tartiner ainsi de vide. Voilà ce que c'est d'avoir expulsé les écrivains et les penseurs des pouponnières où ont chuté les médias: plus de pensée CONSTRUITE. Et rendue visible dans sa progression. Un "participant" (même ceci n'est plus sensible et palpable!) n'obtient aucun aliment à écouter leurs mots. Juste le spectacle de personnes satisfaites d'elles- mêmes, au-delà de l'imaginable. On se demande sans cesse le motif d'une telle satisfaction, dans leurs maniérés non dialogues nous n'y trouvons rien du tout. L'explication c'est qu'ils ont complètement oublié que nous étions là.

Cette impression d'émissions inutiles et qui prennent la place de ce qui pourrait si constructif – ne pouvait qu'obtenir un dénominateur commun. Tilt! ce sont les non réponses. Aux diverses questions "ouvrantes" sera juste claquée la porte au nez. "On dit que vous ne parlez plus d'écologie? ". Ramassez ça en pleine poire: "Nous ne parlons que d'écologie", au lieu d'ouvrir sur ce qui a mis cette question dans la tête de la personne à qui l'ont vient, ainsi, de supprimer définitivement l'autorisation de questionner. Questionner toujours, nous trouverons l'impolitesse anti-démocratique de ne pas vous répondre. Nos non-réponses participent de l'implicite et de la latence ("vous savez bien que"…donc inutile de nous interroger plus avant – à part que ce "vous savez bien que" participe d'une dérive autoritaire!)…Nous, nous entendons ne vous mêlez pas de "nos" affaires: ah bon! Nous avions cru ces affaires publiques autant que les débats (ceux- ci!) seraient publics. Nous participons, en direct, à la privatisation de la parole écologique par les ex- Verts. Nous venons de perdre le droit d'user de notre intelligence, de notre sens critique avec ses analyses méthodiques et ses synthèses globalisantes.

La grille des non-réponses devient extrêmement active. Tout y est si lisse que tout glisse dessus: la forte impression que nous perdons aussi le droit de vivre, puisque notre regard même semble déranger, rejoint l'émergence du nouveau concept. La non-réponse devient l'extériorisation d'un fonctionnement mental interne. C'est le clair refus de répondre à tout (rappelons que respons-able, c'est celui qui est "capable de répondre" – respons !). Tout s'y montre si poli qu'il ne vous renvoie plus que votre seul reflet. Enfermé dans la goutte de votre expulsion, l'impétrant vous projette sans cesse hors de son champ de parole. Toute question perd l'efficacité d'exister: traitée en scorie que l'on escamote, trop vite, en lui cinglant une non- réponse. A une autre question sur le (non la !) leader du moment, nous n'avons le droit qu'à un tir en touche psychologique (comme si c'était le genre de réponse à la taille des enjeux!). Sa ténacité psychologique deviendrait garante de la nécessité sociétale d'auto-restrictions. Puis, à ajouter quelques "dialectiques autistes" lorsqu'il sera abordé (si peu!) la décroissance: "nous mettrons en décroissance tout ce qui pollue et en croissance tout ce qui dépollue".Et toc! Symétrie rhétorique dont sont friandes les paresses mentales…

Voici – quelques faits, nous en extrayons l'époque. Nous avons subi (nous sommes le contraire de masos!) pas plus de 20 mn de cet enfer mental et nous en sommes encore trop imprégné(e)s. D'où la nécessité de nous purger…Le choc dominant fut l'omniprésente sensation d'être traité(e)s en importuns et en intrus. La base argumentaire devient de chasser les autres de son espace personnel. Personne à l'horizon, j'ai raison par non présence d'autrui. Plus aucun raisonnement, on ne présente plus ses arguments: on passe en force ! Ces émissions, médicalement dangereuses, forment une incitation permanente à ne plus participer au réel collectif et à exclure tout débat public du public. La privatisation de la parole surgit de la sensation qu'ils vous écrasent de leurs totales légitimités et de nos complètes illégitimités. Ce qui paraît "déplacé" de leur part, vu que "l'offre" politique complète est refusée par au moins 60% de la population adulte totale. Le très grand malaise de capter que, désormais, ils ne parleront plus que sous formes d'ordres, de slogans comminatoires, et de "double bind" catégoriques ; qu'ils ont déjà pété les plombs et perdus le respect intime de l'autre radical et de la possibilité démocratique des diversités – nous rend vraiment malades…Faut le faire: nous avons subi et, en plus, ça nous affecte à ce point…D'où ce libelle !

Nous cuit encore l'impression que nous venons d'assister à un psychodrame du retour plein pot de l'autoritarisme (aux souvenirs barbares de brutes inexpérimentées qui braillaient "ah bas les livres, plus de discussions on obéit c'est tout"…le total incompétent écrase le plus compétent…datant de siècles passés et toujours si présents !). Les êtres cités nous semblent bien surgir d'un autre monde, complètement inconscients de la réalité commune, des besoins réels de tous. Fonctionnant par déloyaux pilonnages "d'autorité" (user de son nom ou sa fonction pour empêcher l'intelligence et donc le débat de l'autre appartient bien à cette dérive barbaro-autoritaire !) ces anti-démocrates fonctionnels, emplis jusqu'aux yeux de leurs légitimités, sont- ils en train d'obtenir ceci ?

En ces quelques minutes, nos corps se sont mis à, fermement, les refuser comme des entités ennemies. Le rejet vital pour survivre ? Leurs légitimités intimes (savoirs convaincre les cœurs et les cerveaux) se sont émiettées à grande vitesse. Nos plongeons dans leurs fonctionnements réels nous ont empli d'un très grand malaise (au point de nous en rendre malades) – nous savons que nous conserverons cette épiphanie en nous. Ils ont perdu, définitivement, en notre intime, tout socle pour parler à notre place. Pour être notre parole déléguée. Nous ne reconnaissons plus rien de commun avec eux. Etc.

Nous supposons n'être pas les seul(e)s à capter l'époque telle qu'elle est. Des rejets intimes de tels comportements doivent être nombreux: pourquoi serions- nous une insulaire exception ? Nous projetant dans l'avenir (et demeurant des esprits totalement collectifs), nous nous disons juste que "leurs mains de propriétaires enserrant, si visiblement, les paroles publiques, peuvent très bien tout perdre parce que, justement, elles semblaient trop gagner". Et nous, trop exagérément, écrasé(e)s…

Lorsque vous ne pensez qu'à l'intérêt collectif (pas au vôtre!) il y a des attitudes qui tuent !!! Trop de victoire, alors, vous fait tout perdre en une seconde. Comme une soudaine évaporation…

 

(à suivre)

Publié dans le ridicule qui tue

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