LES PRATIQUES MINUSCULES DE LA GAUCHE

Publié le par imagiter.over-blog.com

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                        Si nous perdons systématiquement depuis 30 ans c'est que nos pratiques ne sont pas à la hauteur de la tâche. Alors que le champ du réel reste immense, seul une infime part de celui-ci est investie. Comme si la gauche pliait sous la férule d'une "autorité invisible" qui lui dicterait les mots à dire et restreindrait les actions à mener. Nous avons, en effet, relevé ( vous pouvez étoffer la liste !) nombres d'éclatantes incohérences ( se laisser imposer un "calendrier politique" c'est juste se rétrécir à ne "répondre" qu'à de faux débats cadrés et nettoyés, où vous ne servez plus que de faire valoir, par exemple). En voici une foultitude d'autres : à part manifestations très châtrées ( tellement encadrées qu'elles semblent ne servir qu'au "découragement par les médias" et à la "désinformation pour qui n'y était pas") nous ne vivons que la non saisie des opportunités de débats aux assemblées. Un spectacle aussi pingre c'est certain que rien n'affole ni ne fait vibrer. Serait-ce tout ? si ce ne sont les "irruptions symboliques" dans le tissu quotidien et les "coordinations" nous ne voyons rien pointer à l'horizon. Ces brillances métaphoriques détiennent le maximum d'informations sur la vraie gauche et, seules, ouvrent les "disruptions de sens" qui ont permis toutes les avancées collectives depuis trente ans : c'est dire l'immensité de nos dettes envers ces pionniers. Pour la gauche dite "traditionnelle" ( alors qu'elle ne l'est absolument pas : que de l'irrespect et de la grossièreté envers "l'héritage" de 1789, de la Commune, ou d'ailleurs !) nous ne pouvons que noter : le conformisme outrancier de ses "pratiques les arrachent toutes aux mains du peuple ; aussi, ne servent-elles que de faire-valoir aux dominants ( ma pauvre dame! comme ils ont à faire avec tous ces "opposants" , sauf, qu'ici, ce sont des leurres d'opposants !!!) : nous n'avons donc absolument pas à les remercier, sauf d'une autre façon. Evidemment, en se focalisant au microscope, nous pouvons trouver des fanzines confidentiels avec de très bons textes ( qui font, aussitôt, tomber en poussière toute la non-production écrite) . Mais ces textes ne sont pas relayés dans la pratique. Se concentre, là, l'indépassable de toute notre bêtise. Les pratiques de la gauche brillent plutôt dans l'OMISSION, le ne pas faire, l'inattention trop répandue. Voyez ces milliers et centaines de milliers de personnes adorables qui s'échinent à se surpasser toujours, pour mettre bien en cd audio, en dvd visuel, en format pictural ou en livre formaté, ce que leur talent leur fait pressentir des besoins réels des gens ( et dont la toute sincérité préférerait que cela advienne dans la forme neuve la mieux adaptée à ce "nouveau" !).

 

En fait, ces êtres de talents perdent un temps infini dans le "conditionnement" ( précision des mots !) de leurs oeuvres, descendent de plusieurs niveaux pour ne produire que du préformaté, prédigéré ; pour tordre l'irremplaçable dans du standard, soit du normalisé, du conforme ( mais les règles de ce conforme demeurent toutes imprononçables, puisque illégitimes, infondables, indéfendables et non généralisables !). Parvenu à ce regard limpide, nous ne pouvons que nous demander "à qui sert tout cet arbitraire ?" ( songez à tout "l'arbitraire" qui siège dans le néolibéralisme, cet ennemi radical de toutes les libertés !!!). Pas aux écrivains ni artistes de talent, pas même aux "destinataires" mais, uniquement, à l'infime caste "en apex". Nulle exigence sociale ( plus facile à diffuser si cela ne change pas sans cesse) ni rationnelle ( le processus de fabrication et diffusion rendu standard) etc etc. ne permet d'accepter ce rétrécissement du potentiel humain, ce net amoindrissement de la valeur collective. Un goulot d'étranglement : les "produits" ( qui, ainsi, ne "produisent" plus rien, n'engendrent plus d'évènements !) tous "conditionnés" pareil vont "conditionner" pareillement les gens. Aucun disruptif, aucun faut plus respecter les règles, aucun radicalement nouveau…Et tout cela, grâce à l'infini bénévolat des êtres de talents, qui font la majorité du boulot pour qu'une poignée d'êtres indignes "détourne" le flot loin des intérêts de la collectivité ( même contre – sa survie !). Seule la compulsion de pouvoir ( 10 000 laminés pour 1 seul !) fait  entrer les explications dans le bon format. Le tout standardisé ( un mixage dominant pour la musique ou une forme obligée pour le livre, par exemple) permet le contrôle très serré ( soit le gaspillage de 90 % du potentiel) et la diffusion la plus déloyale qui soit ( faire croire que c'est le "meilleur" qui se voit proposé et non le "conforme" demeure l'escroquerie qui peut faire vaciller les convictions). Il y a comme un masochisme à offrir le meilleur de soi pour chuter dans la médiocrité normalisée.

 

Chaque écrivain-e ou artiste ne fait-elle/il pas plus de 3/4 du travail, pour se voir dévalorisé-e et n'en récolter qu'à peine 15 % des retours. C'est s'entêter à perdre non ? Si difficile à quitter une telle anti-organisation ? Si facile, pourtant de penser à une autre forme d'organisation de la culture : coopératives de production et coopératives de diffusion qui peuvent intégrer bien plus de diversités et d'hétérogénéités de talents ; relais et réseaux afin de diffuser tout autrement…Les concerts servent à diffuser écrits ou infos sur les pratiques. Les écrits englobent filons sur les musiques ou les visuels. Les lieux se voient replacés dans leur "polysémie" ( donc les mettre dans les sens de la "verve" des mots !) etc etc. En dire le moins possible ! Dans ce nouveau dispositif qui veut "servir tout le monde sauf un seul", soit qui ne "cherche surtout pas le profit d'un seul" – considéré comme obstacle majeur à l'émancipation collective, donc très régressif ! – mais l'émancipation heureuse de toutes et tous".- plus aucun artiste ou écrivain ne trouvera le moindre "intérêt" à retourner au vieux système. La situation qui empêche tout retour en arrière. Détourner, émerveiller, et rendre plus attrayant – dans le même mouvement – peuvent former les 3 concepts ( entre autres) qui vont rendre le mouvement "irrésistible". Vous percevez bien, que "faute d'imagination, l'Humanité souffre bien plus qu'elle ne devrait". Nous ne sommes pas à jour, oui nous nous trouvons carrément en dette niveau imagination : va falloir rattraper le retard : vous vous imaginez ?

 

 

(à suivre)

 

 

                                               Tout ce que nous ne faisons pas

 

               La pratique de gauche demeure si infime qu'il est trop facile de la résumer. Les motifs des manifestations ? massivement, travail et atteintes aux acquis et au droit ( organisation d'une profession) : le nez sur le guidon impossible de voir la route. Pour l'extrême gauche c'est le règne des sans ( sans papier, sans logis…) qui ne couvre tout de même pas le champ complet d'une Société. Tout le "reste" est dommageablement abandonné aux pouvoirs. Le symétrique de la question mute en "que ne faisons-nous pas ?". Evidemment, la légère caricature que nous osons sur l'action sert à éveiller les consciences mais le tambour résonne bien : si vous n'avez pas de théorie unitaire et globale vos pratiques resteront parcellaires, fragmentaires et incomplètes. Il est sûr qu'au lieu "d'occuper" tout le champ social nous nous cantonnons à une position de repli. Fiers de nous et des autres, emplis de l'immensité de l'égalité, redevenus collectifs et recherchant l'autonomie de la conscience comme en 1789, nous ne relayons plus aucun dominant : et nous sommes à notre juste taille, 85 % de l'Humanité, aptes à reprendre tous les pouvoirs. Imprévisibles, imprédictibles, inattendus et instantanés : carrément les visages des vrais changements c'est nous ! Outre les irruptions symboliques que nous avions notées : exemple du "racolage passif" que nous "élargissons" aux panneaux publicitaires – il s'agit de généraliser chaque "mot du pouvoir" ( "réguler les médias" par exemple).

 

Autre modèle : il "faut dégraisser les dirigeants " : en aboutissement, n'assistons-nous pas à cet unique spectacle d'admirer (sic) l'ascension de tels femme/homme comme seule actualité sociétale, comme seule "activité" (sic) politique ? Ce qui est nuisible et dommageable c'est que ces personnes ne "fédèrent rien de collectif", bien au contraire, elles poursuivent la destruction de la Société en séparant tout le monde de tout le monde ( à part leurs maigres ambitions il ne (se) passe rien !). En conséquence, un des spécimen de "dégraisser les dirigeants" devient de leur renvoyer un "si vous n'êtes pas collectifs, si vous ne fédérez pas des volontés, nous vous dégraissons". il n'est que de laisser, à l'imagination de chacun-e, la profusion des "mots" que les dominants ont, imprudemment, laissés traîner et que nous pouvons leur renvoyer à bon escient. L'avantage, sous-employé, du "regard neuf" apparaît que, lorsque vous en usez,  toutes les conneries conformistes ( qui viennent toutes de cerveaux en laisse ) s'évaporent ( aucune racine dans le réel)  et que le réel vous ouvre ses bras illimités ( comparaison des deux mondes, l'étroit et frustrant du conformisme et l'illimité et motivant du réel ) .

 

L'imagination n'appartient qu'au regard neuf, vous n'étiez pas au courant ? Que du bonheur : milliers de mots, milliers d'actions "où tout le monde a sa place" et résultats en cascades  - les contraindre à "surveiller leurs mots" au lieu de répandre de la télé-surveillance, les obliger à se replier sur leurs étiques "positions institutionnelles", les glacer d'immobilisme de les convaincre qu'à chaque fois qu'ils oseront un "effet d'annonce" cela leur reviendra, multiplié par mille, dans le débordement du chaos des "informations en retour". Pourquoi ne gagnons- nous pas ? Parce que jamais nous "ne prenons la main" !!! Votre imagination devient champagne ? Pas de bol si vous n'aviez rien "offert" ! Un écrit qui détaille trop deviendrait trop prescripteur (c'est conforter la mauvaise manie des gens à ce que quelqu'un les "mène", donc pense à leur place au lieu de les inciter à penser par eux-mêmes ) et c'est de permettre aux dominants de trouver la parade. Or de savoir que des milliers d'actes "décentralisés" de ce modèle jailliraient en même temps accède de ressentir à quel point leur "front global" va nous être visible. L'avantage certain que nous avons ( savoir gigantesque des diffamé-e-s non "atteints" par les poisons – foutre ! vous allez l'admettre ?) c'est qu'ils "ne savent toujours rien de nous et nous toujours plus sur eux" ( en effet, lorsque vous êtes calomniés vous comprenez à quel point ils "savent peu" sur vous et vous pouvez user de cette faiblesse pour trouver "les leurres qui détournent les coups"). Ce que les dominants savent des forces d'émancipation ce sont "leurs" fantasmes, juste des boucles spéculaires que nous pouvons utiliser contre eux. Juste besoin d'un peu d'audace : pendant que trop croupissent dans l'éreintement automatiquement et le dénigrement maladif, plus personne n'apprend l'audace ( le cran pour monter d'un cran !).

 

Nous n'avons rien à craindre : nous sommes les plus nombreux, possédons une vraie théorie ; retrouvons les attitudes qui pulvérisent la congélation par les médias et leurs "virtuelles attitudes" qui empêchent toute concrétisations des intentions etc – mais ne disposons que d'une vague perception des "pratiques" à adopter. Tant mieux : la "conscience des pratiques" s'étendra d'échelonnée façon, selon l'avancement individuel de la compréhension de la théorie ( ce qui rendra "impraticable" la tâche de diviser pour régner, puisque que l'on ne peut diviser que ce qui se montre insuffisamment unitaire) …

 

               Donc les pratiques minuscules de la vraie gauche…cela n'ôte rien à leur pertinence intrinsèque. Mais s'en élève comme un manque de suivi, une absence d'acharnement, une lacune de passion pour le sujet : à titre individuel, je ressens très souvent l'irruption en moi d'une action symbolique à mener mais ne trouve, la plupart du temps, que des esprits même pas germés ( n'empêche que les quelques incursions sporadiques dans votre réel qui vous ont rendu heureux-ses "par leur insolence réussie" c'était nous ou des gens comme nous" !). C'est que la majorité des êtres ne sont pas incarnés, ici et maintenant présents : il n'est que de la vérifier dans les manifs la "bulle position", au lieu de profiter de toutes les opportunités locales et des occasions uniques pour créer un "choc symbolique", elles/ils s'avancent comme de parfaits étrangers extraits de ce monde, secoué-e-s des seuls tics du passé.

 

              

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet freethewords.org,  onglet 4  " Où trouver encore du sérieux ?, onglet 2  " Le roman de l'économie", onglet 3 "L'intelligence indestructible du capitalisme ?", onglet 2 "Légalité de l'égalité "  ou onglet 3  "Why we left the left ?" et " Rien de plus solide que le solidaire".

Publié dans economie et politique

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