PAYSAGES EN UN CLIC : vallées et plaines (1/2 )

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Pourrais-je o juste vous poser et reposer le repos d'une question? Voilà qui est fait. Et, sur la Terre en poudre, tu te confonds à la forge, orge des matières, tu ruisselles, coules dans des veines rien moins que continentales, tu sues ton entier corps dans l'éponge gracieuse de la vie, et tu retournes poussière, pour voir l'autre face...Mais sur la Terre tout POUSSE et même la poussière, alors, du poussin à la poussette tout risque de devenir poussif. Mais poussez-pas, poussez-pas derrière, vous risqueriez de devenir grands.

 

A la flexion et réflexion, mes proches me sont reproches...Que je sorte mes colts et récolte et vous aurez saisi...Là où s'était rétréci les rets du récit, tout se déploie dans les plaines de laine, dans ce tissu qui rejoint tous les seins intérieurs, les orifices sous les sols en bourrelets, graisses, articulations musclées des plaines. Les pleines plaines sont éventrées à ciel ouvert en demi-veines de ruisseaux, en demi-artères de fleuves quand s'aplanissent les reliefs en cuvettes larges et dodues, en plateaux à vastes horizons tabulaires, en pupitres de mots, en bassins débordants, en vallées dévalées quand s'aplanissent les reliefs en plaines planes. Le cheval du voyage, en mille rapides lianes de diane, s'élance à retrouvaille de vue, à retrouvaille de la trouvaille, tout un réseau de rivières qui irradie la mer de la Terre et la Terre de la mer en la campagne justement aventurée.

 

Le pagne de la campagne. O ma compagne campagne. Tout du long l'accompagne une lente procession de feuillages, qui délaisse des archipels d'arbres, des fortins de bois, des grappins de grappes, des goussets de végétations pour des rangées de stylos de conifères emplumés, pour des hêtres d'êtres, des ormes de formes, pour des frênes effrénés, des chênes enchaînés, pour des fougères fossiles et les fous gèrent bien entendu la paille de lune, ou le fil de lin, nil de si bons crus, qui te donnent cette toujours paradoxale électrique cuite, pour un bocage déshabillé, pour de futées futaies, pour une tapisserie d'herbes fraîches, pour des rangs ondulants de praires de prairies, pour un treillis herbu qui se fige paré de volubilis volubiles, pour la corbeille d'osier de tes cotes, pour des feuilles fulgurantes, des arbres de marbre, des sillages de villages, des strettes de steppes, des chameaux de hameaux, des aunes de faune, des passerelles en passereaux, des fringales fringantes jusqu'au versant du versatile. Terres incultes, loin des cultes non cultivés de notre fantastique culture, où s'installent des hommes loin, aussi, du savoir brut et sauvage des autres terres.

 

Le tout très dépaysan...

 

Oui, cette terre planifiée, cachée de trop de villes avilies, ne mérite pas plus que des aires marquetées, cadenassées, cadencées toutes dans l'arrondi dôme d'une domination...Et de monter sur le monticule... La plaine chasse l'horizon, se poursuit en ondes de champs - en pans. Et rantanplan. Le réseau des racines tenant la Terre, la tressant, ressens, consens-tu tes sens?, cette peau où tous les vaisseaux végétaux voisinent avec des piliers de temples à arbre ouvert. Des bandes brunes et vertes apprivoisent l'œil jusqu'aux mols monts et vaux, reins et muscles, poitrines rissolées de la Terre, jusqu'aux collines carrelées des vergers de nos verges, bras et genoux qui se plient en dentelles de tortillons d'arbustes, les rapides nerfs de la pensée alignant les rigoles de mottes émiettées, des franges quadrillées, rousses ou violettes, à l'articulation, de leur défilement. En route broute! A deux cent à l'heure des rigoles parallèles, comme ayant longuement été ratissées par un énorme peigne, tracent en toi le soc de ton sang. L'amas des humus, à plus tard humer, se plaquant sur un sol qui, lui-même, se baugue tout le temps en nappes malhabiles, vêtements d'un festin festonné.

 

Etages de mies d'arbres, des buttes par bottes et leur air butté si vous le saviez, labourée par trop bourrée ma terre. Nous posons séant sur des bancs de calcaire qui calquent l'air nappé de canapés, à portée du plateau voisin et du bassin croulants de prés parés. Toutes les aisselles à l'aise en vaisselles, cruches de ruches, fond de casserole sur la nappe herbue bue : le menu du menuet - potage des potagers, soupe de soupirs, nectar des hectares, carafe des girafes, le landau des landes, un chenal de cheval à la sauce oseille, le blé dîne, volatilisés volatiles, rondelles d'hirondelles, grillades de grillages, rognons de grognons, gouttelette de belette, miettes de diètes, vivier de gibier, rapières de bières, gaz de gazon, le suc du succinct, s'aimer à semer, la mie du miel, rage des pâturages, ragoût de bagout, herbe du verbe, nous rôtirons les potirons, primerons les primeurs et imprimeurs, le feuilleton du gueuleton, grappiller de piller, grésil de brésil et enjolivures des gélivures mais où donc tu mets tes mets - et - pour le dessert ça ne te semble guère aller - je ne sers ni ne dessers...et autres fastidieux du faste.

 

De leurs berges auberges, seuls les bergers nous avaient, en effet, hébergés : alors, pour de tels repas, tu repasseras quand le repas sera … L'hospitalité venant de se faire hospitalisée...Restons juste co-pains, veux-tu? Pour la popote à mon pote, la ripaille des tripailles, la succulence de la truculence, le lavage de gavage et se gaver de gavottes, se gargariser de barbariser, potasser le potager, les glucides lucides, les limpides lipides, les protéiques protides - bref, toute la gastrolâtrie de l'idolâtrie de ton ventre, bref l'étude de l'art culinaire de ta gastrologie en place de son astrologie à elle, où le requin de te requinquer est prêt à tout transformer en latitudes des platitudes, restons juste copines...Moi je retourne déjà à la Frairie des Prairies. O la Terre imberbe à petits grains dont la main flatte les rugosités presque imperceptibles, ô la Terre à l'odeur d'humus, muqueuses aux parfums écœurants et tièdes de l'herbe serbe, ou bien piquants et collants des résines, ou bien acres et émollients des bouchées terreuses.

 

 

(à suivre)

 

Publié dans sentez la santé

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