PAYSAGES EN UN CLIC : volcans (1/2)

Publié le par imagiter.over-blog.com

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A ni mal, ni rien de mieux à dire, animal écroulé dans les jambes coulées lointainement, s'allongent étirées vers le bas des reliefs (de son dernier festin), animal effondré dans sa rigidité calcinée, pointant sa croupe crevée aux cieux. La terre s'enjambe et se plie comme un genou dont la rotule aurait dis-parue, béante. Le ciel écrit. Un homme accroupi sur ses talons, tendait une corolle, muqueuse tissée d'une fine dentelle de veinules violettes. Fleur sensible que la fraîche caresse de l'eau fait s'ouvrir et se refermer sur elle-même. Et qu'il reste à analyser. Et en prose pour mieux vous cerner. Afin qu'elle ne croupisse.

La lourde fleur calcinée du volcan oui bellement continue d'aspirer sa lourde S'ève-t-elle? , s'humecte dans le chemin d'une cheminée - d'alimentation de cet extrême hasArt encore, que croupe soit la juste traduction du latin crater qui a conquis le français cratère.

La terre une fois de plus soulève sa poitrine de sueurs rouges. Sa peau se distend, tuméfiée, bosselée, crevée de flaques de nuit, où émergent des écailles de pierre, qu'épluche ce rauque terrain. L'homme, soufflant de même, se relevait, passant sa paume d'heaume : son toucher tel une éponge aux alvéoles avides, tu le sens tendre ses croupes. S'enfler et se boursoufler de tant d'étés, jusqu'à en émerger un sombre dôme entre les étincelles d'étoffes. Au royaume du roc solide ou fondu et des gaz, se dresse le plus étrange ouvert ouvrage du potier comme une marmite en forme de jarre, dont on ne verrait dépasser que le col : pot de terre cuite, si l'on peut dire, ce cratère se lisse les flancs jusqu'à s'en profiler en silhouette de cône déconné se dresse le plus étrange labeur labial tel un entonnoir habillé d'averses de versants comme d'un lourd manteau au col rehaussé de hautes fourrures qui aurait été expurgé de son cou - ou, encore, tel l'échancré embout de la poche de mayonnaise encochée de tirer les vers du nez des nourritures…

Bec écartelé, hurlant sa propre gorge, ce cratère s'accumule de ses propres projections. Projet en cours. Comme quoi un volcan n'est fait que de toute la matière non gazeuse que son cratère vomit. Omis-je d'inciser dans notre histoire sédimentaire que, de l'écorce terrestre, une faille s'était blessée incendiant le cul du chaudron volcanique, du plus profond magma mis soudainement en contact nu avec l'atmosphère. Cette fracture ouverte se fit appeler cratère pour que mieux craque la terre. Et, sous l'épais derme de ta peau, le même magma écorché cherche cette même cassure, dans ton cas, c'est sûr, où s'y engouffrer. Les mots n'arrêtent plus de voyager sous ta peau : n'est-ce pas paradoxale façon de trouver l'air libre que de s'y en-gouffrer. Il doit y avoir un chemin aux cheminées.

Néanmoins, pour que cette fissure fit sûre, un lac y mijotait depuis quelques années dans la coupe du volcan. Néant plus. De cet impassible profil du repos pendouille, tout de même, une pipe sèche dont le culot exhale, de temps à autre, de longs soupirs de soufres. Souffrez donc de me donner une allumette. Le soleil des formes changeait sans cesse, fusant et infusant de milliers de fumerolles, des flammèches fugaces frisaient partout à la surface du lac, apparaissant soudain, et de souder le soudain, d'une fissure, puis d'une petite fontaine, flambant sec d'un seul coup. Sur le mobilier des rochers, qui encerclait le lac d'un talus circulaire, se lâchent des jets de vapeurs où rêvent des anneaux de fumées. Quel fumet : la cuisine cuit. Le volcan clapote au fond de sa gorge écarquillée. Entonnoir plus fait pour entonner un mélange de vin et d'eau comme chez les anciens, prenant à pleines mains le cratère des beuveries. - que pour éructer ses caillots d'activités. Un volcan n'est qu'une activité : mais quand font éruption les volcans quand? Ton vol n'est qu'activité : mais quand fait éruption ton interruption?

Un volcan est une végétation, une cuisine, une parure, tout ce qui peut pré-parer sa réaction. Et quant à toi le même entour rage pour l'anagramme de ta réaction en création…Comme quoi les pentes de cet instrument de cuisson s'allongent telles de pulpeuses robes de laves, comment déjà? Ah oui, délavées! Un énorme dôme d'eau se plaça en irruption sous la poussée de gaz, libérant un terrible jaillissement de rocs, de bombes, de scories, de lapilli, qui fusaient pour aller s'écarteler dans le ciel en une gerbe d'offrande. Ca s'appelle l'ex pression. Le lac de toute sa taille soulevait ses jupons en l'air…Il ne resta au fond de l'assiette du volcan attablé qu'une surface de feu, caché encore sous le nocturne derme du pachyderme qui commençait d'admettre de longues craquelures, zigzagantes au travers de son étendue, encore figée, qu'elles découpent en immenses radeaux sur la lave flottante. La peau souple cherche à se cicatriser. Simples ondulations d'abord. Puis de plus en plus lourdes, grommelantes au fond de la gorge volcanique, faisant, tour à tour, gonfler et s'abaisser la peau sombre et plastique qui recouvre le bain en fusion.

La lumière entre en baignoire. Des tourbillons s'infiltrent, zébrant, lézardant la surface obscure. Se mettent à converger des courants lents et de plus en plus rapides à mesure qu'ils s'approchent de ces maelströms qui déchirent, de leur violence, la carapace rugueuse, la crèvent et l'engloutissent par lambeaux, par plaques. Ce ciment fait pour durer quelques lustres illustres. Une petite bulle crevait non pas à l'intérieur d'elle-même mais de côté, laissant les gaz s'échapper dans l'espace pour la première fois. Les gaz fouettaient les courants musclés dans la masse entière, couraient, entraînant, de plus en plus vite, des pans de croûte noire, comme si une débâcle printanière s'emparait de la fonte des feux mirés dans la glace, et éclaboussaient dans ce fantastique ressac, les abords du cratère de fouets de bulles grasses, de peupliers de vagues de feu? Ce serait la moindre des choses que vous pensiez à ce qui se prépare. La surface de la bouche arquée se mit à enfler rapidement, langue pâteuse, qui délaya les couches de rocs. Coup de semonce.

Grandement, des grondements, des roulements sourds, sourdaient de la Terre qui frémit sous la ruée des laves qui se pressent, qui sifflent leurs gaz stridents, qui répercutent les coups de béliers du basalte fondu battant les parois du cratère. Ses halètements de locomotive énorme venaient de lieux très souterrains. De violentes bouffées se poussaient entre elles, se chevauchant les unes les autres, et se gonflèrent au-dessus d'un monstrueux nuage éruptif, dans lequel fulgurèrent des éclairs gigantesques. Lançant les craquements secs de la foudre qui déchire le tissu. Le concert se déployait en fracas, comme c'est son cas. L'interrupteur actionna sa lumière et ce fut enfin l'éruption…

Tu te trouves coincé dans la cheminée du cratère au seuil des odeurs fétides de l'hydrogène sulfureux, âcres et piquantes de l'acide chlorhydrique, douceâtres et collantes tout à la foi. Enroulé de longues giclées de gaz primitivement dissous dans le magma, de gaz trop longtemps compressés, comprimés, retenus prisonniers. Et qui viennent percoler le culot du cratère; Col maté par l'accumulation des bombes jadis retombées. Les gaz se concentrent dans une pipe de lave solidifiée sous le culot de la roche. Propagations d'ondes élastiques descellantes de ce que tu y décèleras bientôt. S'élevant - les gaz se décompriment…Tu es toujours ligoté au magma profond. Traversant les couche successives, cristallines de leur dure transparence ; sédimentaires. De tout ce qui s'est dit dans les âges des âges. Tu es brassé, percuté, bringuebalé, hoché, tourné, poussé, propulsé. Toutes ces pressions comprimantes et primantes se décompressent, moins de presse, circulation plus fluide. Début d'ex-pression. Le jeu des orifices est comme la fission de cet or : quelque chose de séparé pour s'en parer. Bas les pattes. La fixion de la fiction. Sous ta peau roulent des actions sanguines, musculeuses, une même ascendance (sous quel signe déjà?) roulée de nerfs, un roulement d'os, articulations, qui se re-cueillent toutes en

                                            un élan d'explosions…

(à suivre)

 

 

 

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