Se lancer…

Publié le par imagiter.over-blog.com

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A moi de te dire :

c'est plutôt de t'écrire, car je me sens mieux dans l'écriture que dans la parole.

Pourquoi la parole est-elle si difficile à dire, pourtant, "parole" c'est dire ! Il ne devrait pas y avoir de difficultés à dire !

A l'école, au collège au lycée, pendant les cours, je n'osais jamais répondre aux questions posées à l'ensemble de la classe, je me disais que les autres le feraient bien mieux que moi. Et si le prof me posait directement une question, m'interrogeait, je me mettais à trembler, d'entendre ma voix chevrotante me mettait dans une panique intérieure, coupant toute ma raison qui connaissait pourtant la réponse à la question, mais se mettait à douter ... J'avais les mains tout à coup moites, le cœur courant un marathon, l'estomac contracté près à reverser son déjeuner ...

 

La parole, dans ces cas là est comme une plaie purulente que l'on nous oblige à montrer, une plaie douloureuse, tant on se sent incompris, à l'avance, avant même d'avoir sorti un mot de sa bouche. La parole, elle doit se sentir en confiance pour révéler sa profondeur, sa vérité, ses volontés, ses désirs. On ne devrait pas parler pour ne rien dire, ou bien re-dire à l'identique ce que d'autres ont dit. Elle doit avoir son identité propre, collée à celui qui la dit. C'est une forme de notre décodage du monde dans lequel on vit, la parole, un décodage personnel, avec ses propres outils de décodage. C'est ce qui fait la richesse de cette parole là et de celles des autres qui se croisent, se tressent, s'échangent sans valeur, sans notation, sans jugement hâtif. 

 

C'était donc, cette peur de la notation, du jugement qui m'empêchait de parler sereinement, sans doute. 

 

Se sentir jugé avant même de s'exprimer, c'est tout vivre à l'intérieur, et rester dans l'observation, ne pas juger pour ne pas être jugé. C'est illusoire, je l'ai compris plus tard lorsque je me suis lancé dans des actions bénévoles et sociales, il n'y a que dans ce domaine que, la parole n'ayant aucune valeur "monnayable" (c'est à dire à noter, chiffrer, juger, peser ), que je suis arrivée à parler devant un public, à force de m'entraîner chez moi: je préparais mes textes, les argumentais, les prononçais  à voix haute pour y donner le ton juste, l'intensité juste, le rythme juste ( mais j'ai toujours dans l'estomac, ce poids, cet écœurement lorsque je parle en public que je ne connais pas). 

 

Dire à l'autre, dans l'intimité, c'est aussi difficile. A trop vouloir respecter son droit à la parole, on en oublie de parler, on écoute. L'autre peut alors prendre toute la place, mais c'est que ça nous arrange ! N'empêche que l'on se fait nos idées mais elles restent à l'intérieur, il n'y a que nous qui les connaissons. C'est comme porter une grosse malle de mots, d'idées, et à force, cela pèse lourd, on peine à porter tout ce poids, qui reste stérile enfermé dans son sachet. Et l'on se demande quelle terre pourrait accueillir ces petites graines enfermées dans leur sachet. 

 

Pour des gens qui sont comme moi, la communication paraît simple, puisque on n'évite de contrarier, de gêner, de violer les dire de notre interlocuteur, ou parce que l'on est trop précis dans ce que l'on veut transmettre, on ne trouve pas, sur l'instant, les bons mots, les justes mots qui vont vers la compréhension.

 

Com-préhension : évoque une dualité, une appréhension d'un problème, d'une question, d'un thème, entre au moins 2 personnes, voire plus, alors si l'on ne participe pas à cette coopération, que va-t-il s'opérer en moi ? pas grand chose de constructif, ou plutôt, les autres vont construire quelque chose, et j'en serai exclue ! D'où ce malaise, je n'ai pas participé alors qu'au fond de moi j'y ai tant réfléchi, j'ai tant d'idées, de solutions qui attendent d'éclore, quitte à être disséquées, explorées, discutées ... mais surtout pas pesées, jugées, contrariées, ... c'est comme mettre à mort un enfant juste né, il n'y est pour rien dans ce monde qui casse tout, dès sa naissance, et même avant de naître ! Toute nouveauté, idée trop simple, bon sens, sens pratique, vision originale, visage différent, devient suspect(e)s. 

 

Alors, comment peut-on s'en sortir ? Partir à la quête d'êtres qui ressentent la même chose ? oser dire les choses à voix haute d'abord seul, les crier même, ou les chanter, se les acca-parer, se les parer, s'en habiller pour que du seul regard des autres, ils en savent un peu plus long sur ce que vous voulez dire? Choisir les opportunités pour les clamer, pour impacter, et pacter avec ceux qui accueillent nos paroles, enfin, telles qu'elles étaient, et qui maintenant au grand jour vont pouvoir grandir, fleurirent, s'épanouir, semer des graines, avec les autres, et construire avec eux, des communications aisées, joyeuses, remplies d'espérance, concrètes puisqu'aboutissant à une formulation collective adhérente, tout en conservant son identité, son originalité (ses genèses).

Un grand champ de fleurs, aux multiples espèces, n'était-il pas un espace harmonieux, alors que les différences se côtoient, n'est-il pas un refuge pour des espèces animales toutes aussi différentes, ne se régénère-t-il pas au fil des saisons, sans que quiconque vienne y ordonner leurs rythmes, leurs respirations, y imposer une régulation toute artificielle qui au contraire dérègle tout ?

 

DIRE, à l'autre, serait comme libérer son flux intérieur de savoir, expériences, sensations, émotions, ... comme une fleur libère son parfum, qui vient se mêler aux autres parfums, et tout autour, dans l'air, se lève une vapeur d'odeurs, et la respiration se fait profonde et légère à la fois, rythmée par…

 

…les bises odorantes, ondulantes, et porteuses de belles moissons !

 

Sous copyleft……pour tout ce qui reste à but non lucratif

 (à suivre)

 

trouvez, aussi, un complément à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuits freethewords.org,   onglet 1  "Les mamelles du repos", "Remue- ménage" et "L'athéâtre",  onglet 2 "La star des stars", "L'ardeur sociale" et "Présent !", onglet 3 "La diction du dictionnaire" ou comment rendre tous les mots physiques, et  Rien de plus solide que le solidaire , sinon,  onglet 4  "Nul n'est nul", "Je ne parle plus à qui a raison" ou, encore "Assentiments aux sentiments".

Résistances au changement      Impliquent changement de résistances

Structurellement, les classes moyennes ne savent plus penser

 

Si ce blog a su retenir votre attention dans les 1 500 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on trouve plus que prévu

 

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