Sous la chair des mots – la sensualité d’immensités…

Publié le par imagiter.over-blog.com

5323430557_6ebc37fd83.jpg Même si ce n’est pas assez connu, l’anglais vient du français et le français du latin. Ce sont des langues, pour résumer, type préfixe-racine-suffixe…

L’avantage de cette structure c’est la créativité exponentielle : barbarismes, mots valises,  syncrétismes, dérivations, néologismes, etc… 

 

Ce qui nous permet, à chaque fois, d’entrer dans la chair du langage. Dessous. Comme le nife brûlant du centre de la Terre magmatise sous la peau dure de la Terre, en fait…les mots nous sensualisent plus que tout autre phénomène.

Well well.

 

La difficulté, lorsque l’on tente d’expliquer d’immenses possibles, c’est de trouver l’exemple, l’anecdote, l’entrée ou le déclic qui éclaire, qui simplifie -  au lieu d’aveugler, de fourvoyer et de nouer de complications…Grâce à la traductrice de Judith Butler ** – Charlotte Nordmann – nous allons pouvoir, en peu de mots, entrer en prise directe avec la forge de la fabrique des mots  et sa fonderie surchauffée…

 

Ainsi, Charlotte Nordmann met, judicieusement, entre [crochets] le mot anglais de départ style :

    il décrète [enacts] le mot , encore, il réalise [enacts]. Ce néologisme « en –act » nous plonge dans le charnel du mot, son tout corps à corps…aller vers l’intérieur de l’acte, s’enrubanner de matière afin de toucher le centre de l’acte, se vêtir de tout le chemin pour atteindre en plein l’acte…etc. Par son exotisme le mot anglais nous raccourcit les étapes de pensée (lorsque pour nous le meilleur "penseur" c'est le corps !)

    ensuite,

    accomplir [perform] quelque chose, mais, mettre en scène [perform] les groupes ou bien ceci « les mots occasionnent [perform] »…trois facettes bien physiques qui nous font caresser (ou l’être) plusieurs facettes de la performance – l’acte direct et incarné, ce que la tête "réalise", le déploiement de la monstration comme démonstration, ce que est concrétisé, réalisé devant vous, et, enfin, ce qui se pose en cause, en incitateurs, excitateurs, qui provoquent, encouragent ou déclenchent…Le résultat, ce qui l'a créé, et ce qui montre comment cela se passe en somme…Et , après ceci tu n'aurais pas fris tes frissons ?

…ce qui « per » permet à la forme de nous atteindre tout autant que nous atteignons la forme (le préfixe per désignant ce qui traverse mais sur le mode de l'excès de la quantité habituelle). 

    puis,

    rejouer [reenactement ] la mise en scène ou la « reproduction [reenactment ] esthétique » qui nous vissent dans ce qui est très manuel en cette préhensible    com- préhension (avec saisie de toute la main, ouais carrément dans la tête, la main ! )…soit le réensemencement de l'acte qui s'enracine, visiblement, devant nos yeux…si après cela rien ne pétille en vos regards !!!

   encore,

   la structure sociale est ré-établie [reinstated] remise dans l’état (state) ce qui fait flasher le mot statistique (state- istique) comme fondé et émanant de l’état…qu'une structure sociale soit réinstallée, ré-architecturée de la sorte voici qui fait que tous les sens se foutent à aider le ressenti tactile…l'état pour que tout reste en l'état ? C'est le choix de l'angle du concret (servant à l'expression) qui aboutit à saisir que "penser par le corps" se montre très fertile…et les mots d'excellent alliés ! (un scoop: les mots kiffent tout ce qui est corps !).

   après,           

   puissance d’agir [agency], avec « l’action [agency] régulatrice » où le principe de l’action se montre en couche, en agencement, ajustement, combinaison, arrangement ou montage…l'apport pour la peau étant l'aveu qu'il existe bien un agent qui agence tout ceci…ça ne se fait pas tout seul, en génération spontanée, sans nous et en dehors de nous…la visibilisation de l'action (et son processus) ne peut qu'enchanter…agir de la plus sensuelle manière (la con-sensuelle!) ne peut que plaire à qui aurait les mots dans la peau !!!

    alors,

le discours est représenté [figured] , ou bien la phrase « redéfinissant  [refiguring] les conditions », sans omettre « la puissance d’agir comme une représentation [figure] nous tête ece qui en nous fait de la figuration…Figurez-vous! nous tend le corps qui pense: à part que dans ce cas le miroir n'est que mental, conceptuel – si tu figures tu ne la vois point en même temps que tu le dis – ta figure !!!

 

…ces exemples tout modestes nous font toucher de tout le corps ce qui se différencie entre utiliser  et montrer le mot…les impacts tactiles divergent fortement entre les mots qui nomment  ou les mots qui agissent…

 

Déjà, deux grands mouvements « actions accomplies grâce aux mots et actions qui sont conséquences des mots » nous flattent joliment l'épiderme…de quoi ne plus "ignorer" la spatialité extrême du langage

 

Vécu avec votre corps, le soi- disant « arbitraire du signe » (pour nous un concept irrecevable puisque infantile !) s’estompe fortement…les mots semblent bien vibrer d’intelligence et nous faire des signes d’intelligence…ce ne sont pas des abstractions inertes , rangées dans un hypothétique grand entrepôt et que nous viendrions choisir unilatéralement…Ils nous forment bien plus que nous les formons. Les mouvements et les forces siègent à l’intérieur d’eux et modulent la pression adaptée afin de nous « toucher »…bon, je les ai dans la peau, et alors ?

 

Songez à ce fait que ce nomme le mot reste distinct du nom lui-même : il n’y a pas recouvrement unique et disparition du multiple et du divers…

 

Tout au contraire…La responsabilité se montre bien inscrite dans chaque mot…réglementer [regulate] imprime que le « régulier » est le « régulé »…d’où l’irrégulier est le non « régulé » - irrégulier, discontinu, saccadé, pas dans les règles, oui oui le déréglé, le désordonné, l'inégal et le biscornu…la peau se dresse lorsqu'elle ressent que c'est CELA la politique mondiale actuelle – le déréglé ! Avec du déréglé normal que tout se dérègle, s'embrouille et se perturbe – jusqu'au suicide final ? Les déréglés ça se soignait avant:  une mise sous tutelle pour des incapables majeurs, en somme…la peau s'épanouit au soleil d'un tel avenir !!!

 

…oui oui l’usage de mettre en place [effect] signe que l’effet a bien été causé : l’effet effectuée, l’effet a bien eu effet, effectif est l'effet effectivement, l’interprétation [replaying] qui revoit, refait défiler, passer, circuler, se dérouler ce qui avait été déjà joué…on prête à ce qui interprète inter (entre) prêt et préparé ….

 

Si vous ne l'êtes,  nous oui…

 

 

** Judith Butler « Le pouvoir des mots- politique du performatif » - Excitable speech- a politics of performative -  éditions Amsterdam 2004

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à but non lucratif freethewords.org,   onglet 1  "Les mamelles du repos" et  "Remue- ménage",  onglet 2 "Présent !", onglet 4  "Nul n'est  nul" ou, encore,  "Je ne parle plus à qui a raison".

 

 

Publié dans méthodes de pensée

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clara65 31/01/2011 17:32


Bonjour,
je suis étonnée d'apprendre que l'anglais vient du français, c'est une boutade ?
L'anglais tire ses racines de langues germaniques : angles, saxons, frisons, enrichies par le normand. Peut-être ai-je tort !
Bonne soirée.