Trop réactifs parce que pas assez actifs ?

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Observez autour de vous vous risquez de voir beaucoup d'individus trop ré-actifs…Sinon vous les avez déjà abondamment subies ces irritabilités, susceptibilités, hyperesthésies ou excitabilités…

Et si l'explication cœur de cible était: trop réactifs(ves) parce que pas assez actifs(ves) ?

 

Réactant ou réactif – sans entrer dans le faux sens de qui a des réactions, si mal formulé en réaction–naire – c'est excellent…bien sûr qu'il faut réagir au maximum…mais avec toute sa profondeur de vie, en symbiose avec l'axe entier de sa morale, plus complètement ancré dans tout son corps…etc et non toujours à sa fleur de peau, à l'extrême sortie de soi-même, à sa frontière la plus éloignée. Propulsé qu'au seul contact avec tout l'extérieur…De se poster continuellement à la limite de soi- même dessine un flagrant déséquilibre. Se placer, sans cesse, aux avants postes provoque, alors, la survenue de la situation dont on s'inquiétait…

 

Cette position de déséquilibre existentiel produit un nombre, ni calculé ni envisagé, de nocivités collectives…Dont la plus grave se montre comme l'inaptitude grandissante de la société à l'action !!!

 

Il semble trop ambitieux de dresser la liste exhaustive de ces pollutions intellectuelles et comportementales (mais, déjà, ceci excite l'imagination de tout lecteur d'en augmenter la liste et, puis, les réflexions qui se présentent comme inachevées invitent aux débats toujours plus quotidiens…)…Dans ce cadre, nous n'allons que saupoudrer quelques cas de figures…

 

Le premier c'est la perte colossale du sens de la conversation, comme de la maîtrise de son art (qui peut accoucher de ce qu'autrui "voudrait" dire mais ne le sait pas toujours!)…nous avons, peut-être, vécu cette chance de conversations qui vous "changent" et vous transmutent…parce qu'elles fonctionnent tels de longs voyages et de grandes découvertes où on embarque et dont on ne sait jamais où ceci nous mène ni quand sera l'heure d'arrivée…Ces discussions nous "reposaient", oui oui nous ôtaient la fatigue, de parler…comme un rajeunissement ! aujourd'hui, serait- ce que toute conversation ne fait plus que "saoûler" ou fatiguer ? En tout cas, le taux et la durée d'attention individuel diminuent bien à vue de nez…

Bon, dans ce contexte, il paraît beaucoup de "saboteurs de discussions" ou de "coupes- conversations"…Ils/ elles ne savourent que rarement la grande saveur du savoir, non plus la résonance si sensuelle des mots. Comme de suivre, dans l'espace, "les trajectoires" incluses dans tel ou tel argument…

On dirait qu'il n'y a rien de plus pressé que de piétiner ou de fouler, tel escamoter, faire disparaître, annuler, chaque mot …Des exemples concrets font saisir ces destructions absurdes…De la démonstration complète peut être extrait, si arbitrairement, un mot et comme un ballon qui éclate, l'apport disparaît dans autre chose de si général, rabâché, machinal, coutumier, radoté, recommencé…mais dans le mode irréfléchi, mécanique, inattentif ou absent…Chaque jour des milliers de petits meurtres semblables nous font perdre de ces goûts splendidement sensuels du savoir…

 

Vous a, aussi, sauté à l'esprit ces autres manières de couper le fil du discours…Ce n'est pas tant "interrompre" (qui peut s'avérer excellente technique !) que de saborder la démonstration entamée dans des banalités inutilisables…Ainsi, j'ai eu et je participe encore à des réunions décisionnaires, où différentes disciplines et spécialités peuvent contribuer afin d'apporter leurs éclairages…j'y ai surpris ce morceau de conversation "Oh! moi je n'écoute jamais ce qui est dit, j'écoute juste le ronronnement et quand il s'interrompt je dis mon truc"…on pourrait prétendre que cette personne est si polie, si attentive, si précautionneuse d'autrui (ce qui n'est pas , vous venez de le savoir !) tandis que qui soi-disant "coupe la parole" le serait moins…Alors qu'une preuve de son intense écoute et donc de son attention à "l'ensemble discussion" (qui dépasse de ce fait chacune de ses parties !) vient de jaillir…Qui a beaucoup pratiqué les débats comprend que des individus "savent" mieux diriger l'ensemble des apports, restituer à chacun le meilleur de soi et parvenir à une discursivité très fertile…

 

Les nocivités proviennent plutôt de tous ceux/ toutes celles qui "éteignent" ces possibles dialogues…comme si ne devait plus exister u'un monologue sur le mode "médiatique"…une extinction des diversités, la limitation du vocabulaire à quelques centaines de mots (soit 0,01 % de son vrai potentiel !) et l'exclusion violente de toute vraie nouveauté…Essayez dans divers milieux de nouveaux concepts, des démonstrations neuves ou des syntaxes peu usitées – vous risquez bien d'en ressortir très ébahi par la somme des refus devenus "maniaques" : refus de l'intelligence en tant qu'elle devine, pénètre, prévoie ou dévoile – refus de tout ce "qui prend la tête" comme si un sportif reniait "tout ce qui demande un effort de surpassement" et demeurait toujours allongé – refus des débats de fonds…faute de coureurs de fonds et parce que une discussion "c'est long" ? – refus de la nouveauté parce qu'elle nous implique, nous apostrophe et veut nous changer…etc

 

Puisque (que nous le voulions ou non !) nous passons infiniment plus de temps à côtoyer les corps d'autrui sans leur faire l'amour – qu'en le faisant…il existe là aussi nombre de ces réactivités impulsives qui, de fait, ferment, dressent d'invisibles murs, repoussent, excluent, rejettent…Le versant NOCIF c'est le nombre d'occasions d'actions efficaces de gâchés…Ainsi, d'un côté, vous entendez nombre de plaintes et de souffrances…et, de l'autre, des raisonnements qui peuvent, à condition d'être plus largement diffusés, apporter d'immédiats soulagements aux êtres…Evidemment, vous avez déjà croisé de ces individus intenses, ardents et passionnés qui prennent sur eux afin de tenter de diffuser eux- mêmes tout ceci…Ce que vous avez moins capté ce sont leurs témoignages de comment toutes les classes sociales et les jettent malproprement…

 

Ainsi vont s'augmentant toutes les incapacités, les handicaps ou les inaptitudes à L'ACTION…

 

Penser c'est agir…oui penser pour agir reste une qualité qui va se raréfiant…et qui sait user de la géométrie des mots, du langage entier, des postures corporelles, des conversations, de toutes les possibilités de rapports inter-individuels afin d'agir, d'entreprendre, de tenter, d'essayer ou de déclencher…"De la discussion jaillit la lumière", disait-t-on dans les universités , du temps où elles voulaient rendre chacun plus intelligent (et pas standardisé !)…Nous venons d'éprouver, ici, qu'au bout de la discussion c'est l'action…

 

L'amour de l'action demeure, aussi, largement méconnu…Les films nous présentent "l'homme d'action" comme ce pantin qui saute dan sa bagnole, roule à fonds, jette ses billets de banque et tabasse largement autrui. COMME S'IL N'AVAIT PAS DE CERVEAU, en fait…cette pollution involontaire ou cette calomnie préméditée détournent du fait patent de ce que plus avez de tête plus vous avez agir…la brute écervelée "n'agit" pas mais gesticule ridiculement…sauf pour la déchéance des relationships qui se nomme "pipolisation"…

 

Ainsi s'égarent les infos fiables sur "l'amour de l'action" ? L'acte qui résume plusieurs autres . La prise en compte de dizaines de paramètres tels la fragilité des enfants , la prise en compte des besoins féminins, le maintien du maximum de diversité, le respect absolue des 8 façons différentes d'être intelligents, la poursuite de l'évolution et du perfectionnement…etc Sur la base de "changer les choses sans en blesser aucune", développer, de la sorte, la délicatesse de sa poigne et de sa force…etc.

 

Penser agit bien sur agir, non ?

 

Et l'excès de réactivités qui tournent à vide. Sans intentions et sans buts. Juste un regard qui tire surtout ce qui bouge…juste une agitation brownienne qui se compulse à désirer salir toute beauté, ternir toute joie, assombrir tout esprit brillant et détruire toute possibilité de futur meilleur…Oui c'est exactement cela: ces agitations désordonnées veulent empêcher l'action…Il y a quelque chose de brouillon, de lunatique, de confus, de désordonné ou de Gribouille dans ce qui se trouve derrière ces pantomimes…

Tout bouillonne en surface mais il n’en reste jamais rien de tangible ou de consistant en dessous après le déferlement irréfléchi des réactivités…Ce sont de claires conduites d’échecs.

Ces gesticulations désordonnées désirent vraiment nous faire régresser, quitter le bon côté du civilisé et de la culture…Mais n'a rien d'autre à proposer que de tirer sur tout ce qui bouge, faire capoter tous les projets et vider tout bonheur de son accessibilité (oui oui le bonheur ne se trouve pas dans la société de consommation)…etc

 

Comme si l'excès ou la surcharge de réactivités allait détruire toute vraie activité !!!

Espérons que d'avoir démasqué le "Trop réactifs parce que pas assez actifs" va nous permettre de nous dépêtrer de l'impact de ces individus dangereusement superficiels !

 

Puisque tant pour les progressistes, les pionniers, les découvreurs ou les vrais hommes d'action…les réels ennemis de l'action se trouvent dans absolument tous les milieux.

   

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à but non lucratif freethewords.org,   onglet 1  "Les mamelles du repos" et  "Remue- ménage",  onglet 2 "Présent !", onglet 4  "Nul n'est nul" ou, encore,  "Je ne parle plus à qui a raison".

 

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