Voler tels des oiseaux (5)

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Actuellement 5 êtres, toujours vivants, ont vraiment volé comme des oiseaux. Comment ? Vous vous sentiriez si pur, l'air pur, et si libre, l'air libre, que vous ne désireriez ni avoir raison, ni tarir les conversations des autres, ni les mettre au garde à vous: voler vous extrairait de tant de formes dépassées, de cadres de pensées superflus, d'archétypes sans arguments, de pesants préjugés. La légèreté incarne un état mental, tout plein de gravité et d'attention aux autres: c'est vous qui êtes devenu moins pesant.

 

Songez à toutes ces vies engouffrées, ligotées dans la geôle et le compartiment du passé, et qui n'existeront vraiment que dans de si brefs moments de leur vie actuelle. Vous vous pratiquez l’intensivité de la vie ardente. Vous manque plus que les bonnes recettes, oui les techniques dissimulées. "Voler" ressemble à une conquête, mais si vous vous sentez conquérant ce l'était du paisible, de l'immensité, et de l'épanouissement. Passer son existence à savourer, à apprécier le précieux, à jouir d'ouïr, à trouver la posture de contempler semblent dix mille plus "réaliste" que toute autre attitude. Devenir un morceau du paysage, le déguster, sentir les sucs circulant en vous, vibrer aux "événements" de l'univers s'avèrent  cent mille fois plus abondant que toute autre comportement. Pouvoir tout juxtaposer sans rien piétiner (ces furieuses compulsions qui ont mué toutes discussions médiatiques en pilonnages ennuyants où parler devient écraser l'autre avec le sous-entendu que votre parole a effacé la sienne: ce qui forme l'inverse de la Raison, ce ne peut représenter aucun argument solide, et tout le monde sait que ces simagrées ne valent rien et ne sont que "des coups pour rien" – mais, pendant ce temps aucune conversation d'intelligence et de sensualité ne peut "passer"!).

 

Un monde nouveau demeure infiniment présent, mais sur le mode du "réalisme tous azimuts", cette soumission triomphale (oxymore possible!) aux lois du réels, se refuse à vivre avec "l'argent des autres" ou à ne faire que les manipuler pour ne rester qu'à la surface de tout. Ce qui ne lui offre pas la posture "imagée" du "vainqueur binaire". Pourtant si vous vous en approchez assez près sa puissance diffusante sur vos sens dévale tellement que sa force de "conviction" dépasse tout ce que vous avez vécu. Vous vivez, enfin, com-prendre, cette préhension musculeuse du corps qui intervient direct dans prendre comprendre. Tout votre corps, tel un bras directionnel, qui saisit l'exact besoin sans nuire au biotope qui l'a couvé. Prendre avec soi, à l'intérieur de soi, symbioses et genèses, unions des soi-disant opposés (une différence n'est pas une guerre agressive mais la seule possibilité pour la vie de continuer). L’exact contraire d’exclure. Le réel n’exclut, jamais, rien ni personne – et qui exclut, quelle que soit sa soi-disant position sociale, ne peut de prétendre réaliste

 

 

Com-prendre comme la réalisation de l'intelligence qui sensualise à fond tous les corps. Et si vous ne tentez même pas de voler, aussi haut qu’un oiseau, vous vous privez juste de l’expérience qui réunit, inclut, joint, rassemble, rejoint, unit, relie, rapproche, fond, raccorde, connecte vos corps-esprit-cœur « alignés » dans la même flèche de volonté. Aucune division en vous, vous vous sentez aussi UNIS que la réalité qui déroule son temps à contempler son unité. Si vous ne vivez pas cette expérience (ou ne le désirez pas !) qu’est ce qui vous autorise à vous immiscer, vous introduire, intervenir et occuper, salement, cet espace que vous ne comprenez, à l’évidence, pas ? Voler demeure supérieur à toute autre expérience que « permet » cette société si rabougrie et rétrécie dans les immensités de projets !!!

 

Comme un vêtement qui ne vous conviendrait pas, on ne vous avait jamais demandé votre avis ni votre approbation, Vous vous débarrasseriez en vol des oripeaux si lourds, si encombrants et si peu respectueux de la pression sociale. Sans argument. Tout votre corps à nu, à vif, comme neuf, ouvert de partout, "rafraîchi" comme après une coupe de cheveux – dégagé du corset gluant et immobilisant qui s'y était déposé. "A fleur de peau", chacun de vos pores calices buvant les nectars (ces goûts persistants qui, par à coups, deviennent des pensées odorantes!). Vivre le langage immensément sensuel, puisque porteur de sens. Oui c’est l’étape APRES avoir volé. Mais selon l’isotrope méthode: soit sensée en tous sens, combien plus de "réalisme" dans les mots que dans dire qu'ils ne seraient rien.

 

Ce n'est pas du tout, en effet, ce que le sens sensible et le sens sensitif vivent lorsque qu'ils "savent" que chaque mot contient un ensemble de nectars et de si nombreuses manières de les savourer. L'expérience supplante toujours les "dénis du réel" que sont les préjugés. Le sens sensationnel (des sensations) "réalise", lui, (pige et effectue) à quel point le sens sensuel est sensé (raisonnable, rationnel, posé, pondéré – bref très sérieux et conséquent!. Chacune des fleurs de la peau déglutissait le vernis de l'air raffiné des poussières du sol. Une fraîcheur irremplaçable.

 

"Voler" vous transporte bien plus que vous ne pouviez imaginer. Aucun des mots n'amoindrit, ne dissimule ou ne déforme ce voyage. Voyage qui déplace (dépose derrière lui tout le déplacé) et transporte (submerge de reconnaissance sensuelle votre intelligence enfin "centrée"). Vous vous sentez, enfin, épuré, raffiné, allégé, trié, rajusté,  déchargé, adouci, massé, respecté. A partir du moment où chaque être ne peut que multiplier les bénéfices de tous les autres les malsaines adorations pour les objets se métamorphosent en calmées visions d'autrui. Autrui ne peut que m'apporter ses suppléments. Le fait qu'il ait autant pollué les autres, représenté leurs nuisances, rendu désagréable toute relation humaine – provenait de la seule organisation sociale, du poids de ses structures dénaturant tous les rapports sociaux.

 

Aujourd'hui que sautent aux yeux, en hurlant, tous ses manques, de sensualités, d'intelligences et d'humanités, plus rien n'y semble attrayant ou attirant ; d'autant plus qu'elle se barricade contre tout changement et tout futur en suante posture de suicide. Aucun pincement au cœur à quitter ce saumâtre cachot. Parfois, il devient inutile de changer de système, le quitter comme un vêtement inadapté suffit…

 

(à suivre)

 

 

Publié dans sentez la santé

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