Eloge de l’oral

Publié le par imagiter.over-blog.com

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Extrait de « Nul n’est nul » ou la vraie place de l’oral

A quoi rattacher les activités dites culturelles, les manifestations superbement intellectuelles : et aujourd’hui, notre petit aujourd’hui, quel but vraiment poursuivi, ambition cachée, vers rien. Pourtant, il suffit quʼUN SEUL, oui (((un seul se remette dans sa cellule))), et la ruche reprend son activité bourdonnante. Tournée toujours vers le futur. Infiniment, tissant ce tissu !

 

Nous sommes tous issus de ce tissu. La cellule étant le seul composant de tous les êtres vivants, il obvie même que toute cellule provienne dʼune seule : préexistante. La cellule vous voyez enfin nous libérerait.

Et la culture par un seul de/ dans sa cellule ? Il fallut bien commencer par quelqu’un…

Pourtant, au juste revers de la ruche, où tout ce qui est dit, mis en lumière, et au clair, affirmé, frappé comme monnaie, ne peut plus être vécu, pareillement, ce sera toujours placé en référence, rappel et non appel, début sans but, moyen sans fin, bref chape de nécessité ! Cette monstrueuse  accumulation nous cerne bien de tous cotés ! Lʼaccumulation des uniques.

 

La culture sans culte ne vit plus, disions-nous, que sur ce qui apparait, parait dʼunique. Lʼexclusivité est bien ce qui exclut absolument tout ? Lʼexclusion de toutes la plus totale ? Lʼoriginalité se doit au moins de connaître ses origines ! 

 

La culture menace définitivement lʼORAL !

 

La culture, oubliant ses cultures terrestres, qui croissent indéfiniment, et quʼil faut moissonner, dans le rythme de lʼunivers. Récolter. Par son mois moissons sons des mois ???

Lʼhomme cultivé ne sut plus du tout par qui ? Oui oui PAR QUI IL EST CULTIVE ? Travaillé ? Pour quʼil produise ou se produise. Pro-éminent !

Dʼoù la mince incompréhension : plus il y a de culture moins ça “se” produit, plus il y a de culture moins il y a de mythes FONDATEURS !

 

Le doux parallèle Nature et culture menacé de même, ne pouvant être déchiffrés, leurs rapports, sexuels et autres, sʼétant toujours passés dans lʼindicible, lʼinvisible ; pour en extraire le minerai, il faudrait trouver lʼouverture de la mine ! 

Tremblant de refermer le livre, déjà happé, Rémi se rabroua :

-  De quoi avoir bonne mine ! 

-  Oui devant la mine obstruée, nous avons bonne mine !

- Tous ces truands lʼobstruant ! A vouloir bien trop faire croire que tout ceci nʼétait que bénignes énigmes !

 

Alumi effleurait-elle le fleuret dʼun autre embouqué ? Rémi nʼen courba que mieux le geste dʼeffeuiller les feuillets. “Se courber devant lʼunivers ?

 

Ce qui donne des courbatures ? Lʼunivers courbe ! Faut-il nous tatouer la peau de ce que le terme exact est aussi le terme final, celui qui définit, rétroactivement, toute la terminologie, celle qui termine justement : tout !!! Laissons défiler le derme ferme du terme, le fil dʼécaille, lorsque se profile le profil, permet de suivre le fil ténu et tenu.

 

Lʼunivers est unique. Cʼest bien pour cela que nous pouvons nous le communiquer comme unique. Ce qui justement, par rétroaction, permet toute communication. Dit autrement, cʼest pourquoi nous pouvons écouter son son, en même temps, que ton ton. Noçons nos sons ! Lʼunivers serait unique, puisquʼisotrope, les lois physiques demeurent mêmes dans toutes les directions. Partout lʼunivers est unique, puisquʼunifié, pas du tout de cas particulier, et le particulier est une particule, nʼest ce pas ?

 

Son unité crée son immunité et son impunité à tous nos sauts et sursauts de contradiction. Unique aussi car incomparable, il pare toutes comparaisons, notre raison ne peut le comparer quʼà lui même. Cʼest cela qui sʼappelle vraiment passer à une autre dimension, les possibilités ternaires, voire quaternaires, de nos cerveaux nʼy résistent pas ?

Lʼunivers nous décernerait donc comme une méthode dʼécoute, une méthode de regard unique. Cette écoute unique nʼannulant pas toutes les possibles interprétations. Par lui, le vraisemblable devient de plus en plus semblable pour tous nos semblables. Lʼunivers est très exactement lʼuni vers, vers le même but unique, et uni toujours vers le même but, lʼunivers, lʼun uni, vers quoi donc, va-t-on nous le dire, nous le dire à la fin !

 

Lʼinfini touchant enfin lʼinfinitif, forme nominale du verbe. Verbe, vieille forme de lʼun, juste ternaire comme lʼé-ternité. Pourquoi donc revenir au verbe ? Parce quʼil est toute ACTION. Tout bêtement !

 

La culture menace définitivement lʼORAL.

 

Lʼécrit a changé, radicalement, nos rapports aux mots. Il nʼy a donc plus besoin dʼécouter pour être renseigné, il nʼy a plus besoin dʼaller à la pêche du parleur pour savoir, de voyager beaucoup pour apprendre, il nʼy a plus besoin de mériter la bonne parole, de savoir la désirer, la respecter, dʼen connaître lʼimmémoriale valeur, dʼen garder un mot comme un talisman (à tel point que le pouvoir de la parole pouvait être craint comme pouvoir magique; changer la nature toute entière  par lʼémergence dʼun point de vue nettement exprimé, tout semblait se transformer, en effet !). Non plus besoin – que des désirs qui flottent sans rien savoir d’eux- mêmes !!!

 

Désormais, les mots ne semblent ne plus rien nous apprendre, la parole de même : sinon pourquoi les gens ne peuvent-ils pas se parler dans les lieux publics si mal nommés ? Voilà quelle est la question unique, fondamentale qui contient en elle toutes les autres. Car la conversation est presque morte, ainsi, il semble, que son souvenir même.

 

Si tant est que le culte de la culture reposait sur la coutume de la MUTILATION, aujourdʼhui, cette mutilation a son prolongement tragique dans ce renoncement personnel qui désenchante notre vie. La frayeur devant la parole ! Devant cet assombrissement, parler écorche comme une écharde de sarcasme. Dangereux. A réaction immédiate : de faire rentrer les mots, sentis comme brûlures, dans la gorge du locuteur. Parler ne serait plus que se moquer. Révélé tout son ravalé ! Un miroir aigu et sardonique. Lire ne met pas vraiment HORS dʼétat, hors de soi. Cette mutilation à forte utilisation : mutile mʼutile. Puis mʼutilise. La conversation doit disparaitre  dernier souvenir cuisant de tous les renoncements.

 

“ADRESSER” la parole sera définitivement considéré comme maladroit. Le pléonasme même de la totale panique ! Un affront personnel : pourquoi moi ? Pourquoi dois-je sortir du cocon de moi même pour mʼenvoler, tel un papillon, et me brûler à la lumière des discours ? La conversation vraie concentrera désormais le mythe de la lumière et de sa vitesse. Cʼest que tout culte occulte quelque chose : inculte est bien plutôt sans culte, in-culte, que sans culture !

 

Ce nʼest donc pas grave, surtout si la culture se réduit à une mutilation qui conduise à la mutité, au mutisme total !

 

Pourtant, face à cette mise au silence séculaire, la mince faille demeure que, pour quelques uns, il soit toujours impossible de se taire. Si je vous contais donc la possibilité dʼavoir traversé toute la sphère de la culture et dʼen ressortir à lʼair libre - serait ce pour en parler ? Toujours pas ! Mais, sur un ton impersonnel, en souligner la vigoureuse possibilité. Puis la laisser ensevelie sous les ragots de son inimaginable improbabilité. La nécessité de la parole nʼest même plus justifiée par un quelconque prosélytisme.

 

Si je te dis de parler cʼest à tout le monde : surtout pas à moi. Si je te désenchaîne cʼest pour que tu ne trouves en moi plus aucun intérêt. Je suis dʼautant plus détaché des résultats futurs que jʼen détache de la cause. Espérer le moindre bénéfice prouverait que jʼaurais quelque dette. Mais, cʼest que je resterai dʼautant plus libre, que plus personne ne se souviendra de lʼart de converser.

 

Rien de plus neutre donc que de signaler cette nécessité au retour de la parole. ET aucun moyen de passer à travers le fait quʼil soit impossible de le dire, à qui que ce soit, de vive voix. Faute de mieux ne pourra donc être pire.

 

Tout enrobé de culture, quʼil semble donc difficile de dire direct : il faut parler !

Et pour cela sur qui compter ? Oui oui  sur qui compter ?

 

Sur le seul pari que nul ne soit nul !

Surtout à lʼoral !

 

Sous copyleft……pour tout ce qui reste à but non lucratif

 (à suivre)

 

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Résistances au changement      Impliquent changement de résistances

Structurellement, les classes moyennes ne savent plus penser

 

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Publié dans sentez la santé

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