La saveur du savoir ne s'imite pas

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Savoir n'est pas voir. Au point que l'œil peut empêcher tout savoir, en vitrifiant les circulations corporelles. Alors c'est quoi le savoir ? Une saveur reconnaissable entre un million d'autres. D'ailleurs l'homo sapiens sapiens, que nous sommes supposés être, c'est l'homme de goût, de la sapience, par qui la science nous remplit toute la bouche.

 

"Les connexions de l'oreille avec la pensée et l'émotion vitale et sociale sont infiniment plus intimes et plus variées que celles de l'œil. Voir est le fait d'un spectateur ; entendre est le fait d'un participant." (p 322 – John Dewey, Le public et ses problèmes, avril 2010). Pour la pensée ça ne fait pas un pli, si vous êtes spectateur vous êtes un intrus, un gêneur. Nul n'entre ici si ce n'est pas pour participer.

 

C'est par la saveur que le savoir se sait. L'homme de "goût" c'est l'individu au jugement esthétique, moral, voire social, infaillible (ou en bonne voie de l'être). Celui qui s'offre les milliers de papilles des papillons avant de s'envoler (de tout son corps!) – en saura toujours un million de fois plus que qui a besoin de voir pour le croire. Donc de ne pas "l'expérimenter" ! Celui qui relie l'odorat, le goût et le toucher à L'OREILLE s'offre toutes les chances de quitter le feu !!! Pour lui – magie des magies - les mots deviennent comestibles, les sons des touchers duveteux de pétales de fleurs ou bien les hérissements des épis dermes dans le blé d'un perpétuel été. Encore, chaque mot peut se muer en nectar exquis comme en odeurs surhumaines. Par contre, "voir" un mot, ça rapporte quoi ?Ceci surgit de tout un réagencement interne du corps qui se méfie du visuel (objet de trop d'intoxications et de tromperies), qui "sait" que savoir n'est surtout pas voir mais entendre. Et qui s'est fait tout spirales comme l'oreille externe nous le dessina.

 

Entendre c'est retrouver la posture du chasseur primitif et de son oreille directrice qui a, de fait, structuré tout le corps. La vigilance d'un corps entier qui guette ça file la gaieté. Et puis, entendre vous introduit au cœur du yoga (en même temps, être le plus détendu et le plus tendu). Vous y tendez de toute votre ardeur. Mais entendre offre le tendre, la tendresse, l'entendresse…le goût des autres, la passion inextinguible "d'avoir du goût à". La gloutonnerie hédoniste "n'a plus de goût à rien", lorsque la satiété quantitative (obligatoire des plaisirs) l'ensevelit de fadeurs, d'insipidités, de platitudes sonores et d'ennuis tactiles…

 

Le bonheur c'est les qualités, filtrer les quantités, les épurer, savourer une noix de nectars suprêmes et laisser le corps échapper au cycle des satiétés. Allez donc vérifier: satiété c'est lié à dégoût, écœurement (renier son cœur), inappétence (quand croque-t-on la pomme ?), l'aversion ( vous détestez ce que vous aimâtes) et répugnance. Les plaisirs et les satiétés – vraiment on se fait niquer très grave. Les qualités, par contre, restent insatiables, inusables, impérissables, incommensurables et durables.

 

Le langage comme l'éternité à chaque seconde dans la bouche, non non ça le visuel ne vous l'offrira jamais.

 

Le savoir  une saveur qui ne s'imite vraiment pas. Et même la vérité (qui demeure très équilibrée, non absolutiste, anti- autoritaire et ennemie des dictatures – du seul fait que "son" verbe c'est vérifier et si vérifier ce n'est pas le goût de la démocratie c'est que vous n'avez pas été…vérifier !!!!) oui la vérité possède un incomparable goût, une couleur rare, une odeur inégalable, un toucher et un son très particuliers…

 

Elle peut, par exemple, parfaitement vous dire que "La saveur du savoir ne s'imite pas", que le savoir reste la plus grande des extases. Juste au- dessus de l'amour. Que ces mots modestes ne vont, d'ailleurs, pas vacarmer votre vie. Soit vous savez les savourer (pléonasme ?), soit le ton vous reste trop glouglou , trop glouton ton glouglou…C'est même pour cela que la "chance musique" a , quasiment (à 80 % ou 90 % ? ) été ratée, du fait, justement, des trop grossiers et si ignorants hédonistes, puisque , c'est clair la musique c'est fait pour être écoutée (à la limite en fermant les yeux) pas pour être "vue" (y'a rien à voir, oui ou non ?). Donc de vous brûler les yeux avec trop de projos, de vous vitrioler les bâtonnets et les cônes avec du visuel en excès – c'est juste pour foutre le corps en inflammation, en excès de vitesses, en trop de cardiaques pulsations, en digestions incontrôlables, par ébullitions alcoolisées ou droguées, et en souffles trop souillés…Tout cela ne peut converger que dans le but  de VOUS NIQUER TOUTE LA VIE. De vous arnaquer jusqu'au trognon !!! Et vous avez empêché vos vrais amis de vous épauler en laissant toute la place à ces frigides inside !!!

 

"…ces machines à miraculeusement "diriger le regard" (Schreber), ces machines à soumission audiovisuelle que sont l es stars et dont les rock stars sont une des branches les plus efficacement nocives pour abrutir les masses en vue d'asseoir les pouvoirs dominants." (p. 100 - **** Pacôme Thiellement – Economie eskimo, le rêve de Zappa – 2005). Si vous n'avez pas compris, là, c'est que vous faites exprès: le visuel c'est pour soumettre: et l'on "vole" votre attention, vous aveugle avant de vous pilonner la tête…comment osez-vous vous prétendre libertaires si, dès le départ, vous n'usez que des machines à "diriger le regard" ? Alors, que dès les années 1960- 1970, vous pouviez apprendre à DETOURNER les yeux, à opérer tous les détournements jusqu'à vous…détournez vous-mêmes de leur spectacle-pour-vous- entuber et de leurs médias si inutiles que qui s'en passent semble 100 fois plus heureux que qui s'y soumet…Comme d'hab, 50 ans de retard sur les anti- conformistes ? et vous osez parader, alors qu'aucunes de ces parades vous n'aviez accomplies !!!

 

Qu'avez vous manqué ? La musique CONDUIT A LA PAIX (donc au dépliement cosmique du gigantisme de l'intérieur de votre corps) si vous "l'écoutez". Le magic listener en sait quelque chose: il "arrivait" et la musique devenait "très corporelle", massivement énergétique, avec des images denses et comestibles, des vibrations cordiales (car tirée par les cordes cordiales du cœur). Bref, un bonheur qui devenait flux, fluides et rivières des sens (sauf de la vue remise à seulement visualiser toute la circulation intérieure du corps) …

 

Oui oui c'est, entièrement, grâce à des êtres comme lui (les magics listeners) que la musique fut SPLENDIDE. Et ne l'est quasiment plus du tout !!!

 

Et qui a saccagé tout cela ? Qui est l'ennemi de la musique ? Qui vous a privé de la continuation des merveilles ? Et pourquoi avez vous laissé cette destruction se propager ? Il vous SUFFISAIT de refuser le visuel, de lui fermer les yeux à la gueule…Et de revenir juste à ECOUTER. Que c'était duuuuuuuuuur, hein ? "Les connexions de l'oreille avec la pensée et l'émotion vitale et sociale sont infiniment plus intimes et plus variées que celles de l'œil. Voir est le fait d'un spectateur ; entendre est le fait d'un participant." (p 322 – John Dewey, Le public et ses problèmes, avril 2010). Vous redevenez PARTICIPANT, vivant totalement les sensations en feux de joies, si social et plein de corps, si aimable (résultat et méthode en même temps – si vous êtes "aimable" on va vous aimez et restant "aimable" vous allez faire durer !!!)

 

La musique écoutée -  reforme, informe, forme tout un corps, tant guéri des excès du visuel et des prédations des "profiteurs" piteux. De plus, rejetant la gloutonnerie hédoniste, vous "purifiez" votre corps, décantant les quantités, au lieu de le salir, de l'abîmer, de le souiller, de "l'éclater" (en mille morceaux trop blessants) -  par le seul son. Et chacun son son, oui oui t'as ton ton plus jamais le capitalisme nous niquera le corps…Vous savez-saveur vous restreindre afin d'éviter toute satiété et son écœurement peu engagent – tout comme, lors de l'ébriété alcoolique, il y a un "sommet" d'extase pure où l'alcool vous "envole", vous obtient de monumentales sensations qui se surpassent l'une l'autre. Et ce "sommet" est bien perceptible. Si vous l'outrepassez c'est la maladie, le malaise, l'invasion des mauvaises sensations. Et c'est la l'implacable différence entre l'épicurien "heureux avec rien", ami de la Terre et de la vie et le balourd glouton hédoniste qui pense (si absurdement) que le capitalisme lui "offrira" tous les plaisirs. IL LES LUI ÔTE UN A UN. Clairement, le capitalisme est la mort des sensualités réelles. Plus con qu'un hédoniste ? Eh bien ! deux !

 

Bref, l'industrie de la musique vous a volé tout son MEILLEUR ne vous abandonnant que ses restes. "Le critique rock est un agent des forces de conservation souvent plus dangereux qu'un flic ou un bourreau." (p. 41 - **** Pacôme Thiellement – Economie eskimo, le rêve de Zappa – 2005). Avez- vous été "vérifiez" N Eh bien!cela vous sidère lorsque vous "entendez" que pour ces stars le socialistes (!) c'est déjà l'extrême gauche. Pour qui roulent-ils donc ? Pas pour vous, en tout cas !!! Vous ils vous roulent, seulement.

 

Alors do you want to get fooled again ? Vous voulez- vous vous faire encore baiser ? Aujourd'hui, toutes les conditions sont remplies pour vivre les merveilles. Excluez tout visuel de la musique. Video killed the radio star. The end of video is the beginning of true and deep music !!! Vous voulez goûter au flot d'abondance ?

 

Tournez entièrement le dos à toute industrie de la musique. Retrouvez tout l'artisanat tremblant des sentiments et le bricolage des ardents collectifs. Oui oui, fondez des coopératives de productions et d'autres de diffusions, niquez la plupart des radios, imposez tout net les "standards musicos" et virez "le standards commerciaux" pour stupidités, faites de la musique partout sauf sur scène. Oui oui bannissez tout visuel. Et entrez dans le "spectacle des sens" – musicos dans l'ombre rafraîchissante, on ne les voit pas bien, tant mieux, nous ne sommes pas là pour le voir mais recueillir, respectueusement et voluptueusement the sound round. LIBERES des machines à "diriger le regard", DEBARRASSES des machines à soumission audiovisuelle – vous pouvez faire de longs circuits d'odeurs, des périples de touchers, tout autant que d'user (épicuriennement – votre corps n'est pas une poubelle à goinfres, une bouchée de vrai nectar à savourer longtemps supplante tous les stuffs engloutis sans savoir) des goûts et leurs couleurs. Soit toute la richesse végétale de la Terre, lorsque sous-doser reste supérieur à sur-doser. Ainsi, de nouveau "sculptés par la musique" vous vivrez ce que les magics listeners avaient splendidement vécu. Pendant que d'autres de vos clones n'avaient rien de plus urgent à faire que de tenter de les humilier ou de leur nuire: peut- in surpasser de telles conneries ?,

 

Et continuent, d'ailleurs (out of medias si à côté de toutes les plaques, on les plaque ?) dans le maximum de plénitudes et d'extases hors des renommées renommées. When you hav guts you don't need glory !!!

 

Oui oui, le jour où la musique sera revenue à l'artisanat des sentiments et au bricolage des collectifs – ce jour là (comme les magics listeners) votre corps sera traversé par la lumière savoureuse des circulations corporelles. Comme de "l'expérience" de "comment le monde se soulève" (sensation de physiquement élever des milliards de kilomètres de "hauteur" comme de voyager fusée-de-corps dans tout l'univers, etc – eh oui! bien autres choses aussi…).

 

La saveur du savoir ne s'imite pas. c'est pour cela que la bouche qui l'accueille se nomme PALAIS.

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet à téléchargements gratuits freethewords.org,   onglet 4  "Nul n'est  nul", onglet 3 "Légalité de l'égalité" (Quality of eQuality), onglet 4  "La démagogie n'est utile et utilisée que par qui est déjà au pouvoir ". Et, surtout, RIEN DE PLUS SOLIDE QUE LE SOLIDAIRE, onglet 3,   LE ROMAN DE L'ECONOMIE,  ainsi que LA QUESTE DES QUESTIONS (qui a démuni les démunis ? qui a déshérité les déshérités ? etc), onglet 2.

Résistance au changement      Implique changement de la résistance

 

Si ce blog a su retenir votre attention dans les 700 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on trouve plus que prévu

 

Publié dans corps des langages

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gun 22/05/2011 06:48


j'adore quand tu te surpasses
tu as une dimension indomptable qui prouve (sans argument) que dans cette société déshonorée on peut vraiment vivre comme des princes même sans argent. Le feu intérieur crée lui- même son
"foyer"
trop merci


Jehanne Devautour 21/05/2011 14:33


Bonjour Gun,

tu pouvais pas tomber dans mon mille (yeux), car tu me connais, tout passe par mes 5 sens chez moi!
Mes cellules dé-cadenassées, prisons qui sont toujours ouvertes en grand, mémorisent plus que mes neurones, ma cervelle (un serveur pour elle).
Et je viens de trouver (tu sais, je fais mes cartons!), dans un vieux dossier qui date de ma formation infirmière (Dernières années 70), un article que j'avais découpé, sur Illich, parce ce que tu
vois, déjà à cette époque, je m'intéressais à un changement de société. Je te mets un extrait de l'article, si ça t'intéresse, je peux te l'envoyer scanné en PDF.

Illich: la remise en cause des certitudes.

(intro) "Comment peut-on perdre lorsque l'on est sincère": Charlie Brown

Une vision prophétique
(je rappele juste que cet article est paru dans "la revue de l'infirmière" de Mars 1975)

"Nous pouvons faire notre vie aujourd'hui à l'image de celle de demain"
Dans son "appel à célébrer" (livre: Libérer l'avenir) qui date de 1967, à l'occasion de la marche sur le Pentagone, Illich livrait son premier combat avec les armes qui ne manquent pas aujourd'hui
de se retourner contre lui.
Cet appel à faire face aux réalités plutôt que de se laisser prendre à des illusions et qu'il traduit en disant : " Vivre un changement plutôt que de faire confiance à la technique" a été beaucoup
entendu (je sais pas où ils avaient mis leurs oreilles, et comment ils s'en servaient ?)
... Illich s'apparente à ces philosophes de l'action qui ne peuvent être compris ni du politique ni du poète.
..." Le progrès technique mutile de façon intolérable l'autonomie de la personne, dans une société qui définit le bien comme la satisfaction maximale du plus grand nombre de gens par une plus
grande consommation de biens et services industriels. L'outil, agent principal de ce progrès technique, a perdu son caractère convivial, c'est à dire qu'il est devenu destruction accroissant
l'uniformisation et le dépendance." (moi, j'y ajouterais les maladies professionnelles, j'ai été confronté à ces maladies quand j'ai exercé comme infirmière d'entreprise). Illitch entend par outil,
la machine, l'ordinateur, moyens de transport, mais aussi le langage et les institutions (ecole, religion, l'armée, la médecine).
... "Remettre à l'honneur des rapports de fraternité d'entr'aide"
... "Il faut démédicaliser la santé tout comme il faut déscolariser l'accès au savoir"
... "Une société surindustrialisée rend malade en ce sens que les gens sont incapables de s'y intégrer; mais ils se révolteraient contre elles si les docteurs ne leur fournissaient un diagnostic
expliquant leur incapacité à faire face comme un défaut de santé.

... bien sûr, la méthode d'Illich peut sembler puérile, et particulièrement à tous ceux convaincus de leur savoir, de leur puissance et qui ne savent réagir que par la colère devant ce qu'ils ne
peuvent admettre, mais elle a au moins le mérite d'être stimulante pour celui qui ne sait rien. ...

Bon, j'arrête là, mais un discours qui peut se transposer pour aujourd'hui, comme tu le dis, on est resté bloqué, depuis 50 ans, cela veut dire que je suis de cette génération qui n'a pas vu le
monde évoluer, je suis née dans cette marmite, et les autres de ma génération, réagissent différemment: soit ils reproduisent et transmettent fidèlement un monde qu'ils croient bon, soit ils se
prennent à rêver d'un monde meilleur, car conscient des mals êtres. Mais nous n'avons pas l'énergie poussée par la survie comme en temps de guerre par exemple ou dans les périodes de grandes crises
comme famine, épidémies, ... même le réflexe de survie a été étoufé dans l'oeuf de nos rêves, de notre imaginaire riche pourtant en alternatives, en expériences possibles, ...

Voilà mon quart d'heure philosophique quotidien!!!
Amicalement, Gun, et peut être à demain. (J'ai comme l'impression que je me prends au jeu des "actions-ré-actions", avec tes articles qui font comme des appâts pour attirer des réflexions qui
dorment au fond de ma mémoire.)

Bonne journée!