Parole "publique" ou l'esprit de géométrie

Publié le par imagiter.over-blog.com

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      Difficile de rencontrer quelqu'un qui possède l'esprit de géométrie, c'est à dire qui sache l'activer en lui et le mettre en pratique dans les labyrinthes de la vie quotidienne. Ces êtres, représentent, pourtant, le summum actuel de la réussite humaine : les médias dominants leur tournent tous le dos, vous y comprenez quelque chose, vous ?

     

En stock, nous avons bien de prétendus "réalistes" : ils ne fonctionnent qu'à coups de "dénis du réel" et de volontés fanatiques de ne rien savoir. Ce serait plutôt des répétitifs maniaques compulsifs : aucun espace en eux pour accueillir les germes du futur et les paradigmes nouveaux. "Réalistes" sans réalité ça ressemble à de l'imposture: leurs argumentaires n'avancent qu'en monologues et ne supportent aucune conversation, tout comme leurs pratiques piteuses s'avèrent, souvent, sans congruence aucune. Toutes deux alignent des incompatibilités structurelles (par exemple, un extérieur voulu de gauche et un fonctionnement cérébral interne de droite!) qui rangent ces "réalistes" dans les "irrationnels" évaporés. Nous y trouvons, également, les esprits techniciens ou les experts qui usent d'une exigence analytique (de bon aloi) sur une minuscule parcelle de savoir et abusent d'attitudes très déraisonnables sur le reste de leurs activités sociales. Expert sur rien (une minuscule parcelle de savoir) et crétin sur tout le reste ? Se méfier de ce qui, en eux, fait la parole        ex-perte ?  A tel point qu'il a été, trop modestement, observé que "ce n'est pas très scientifique qu'un scientifique conformiste" : carrière qui passe avant la vérité scientifique, des "ça ne se fait pas" carrément illogiques, des pertes de rigueur d'analyse plaçant votre intérêt (très local) avant l'intérêt général de l'honnêteté intellectuelle (global) qui font se méfier de votre fonctionnement (jugement détérioré ne sachant plus distinguer l'essentiel de l'accessoire, peser les arguments, estimer l'ensemble du "champ" de savoir etc.).

 

Le fonctionnement de ces "scientifiques" s'affiche clairement anti-scientifique, et leur fait perdre toute crédibilité, fiabilité, vraisemblance. Et même sérieux : vous ne pouvez pas prôner la Science sur une minuscule parcelle de matière et vous comporter en vandale irrationnel sur l'ensemble de votre style de vie : le savant s'avant tout!  Nous trouvons, aussi, dans le déraisonnable capitaliste, des gestionnaires prétendus "rationnels" qui osent exclure des comptes de résultats les "externalités", les "services gratuits offerts par la Nature", le coût du pillage des ressources non renouvelables, et leurs diffamations "intéressées" de l'Etat : un tel esprit brouillon range ces êtres de Progrès dans la catégorie des dangereux incapables. "C'est l'homme qui porte la chaussure qui sait le mieux qu'elle fait mal et où elle fait mal, même si le cordonnier est le meilleur juge pour savoir comment y remédier (…)Une classe d'expert est inévitablement si éloignée des intérêts communs qu'elle en devient une classe avec un intérêt privé et un savoir privé, ce qui en matière sociale est l'équivalent d'un non-savoir" (p.207 John Dewey The public and its problem) CQFD! Pour toute prise de décision les plus raisonnés raisonnables demeurent ceux qui ont la culture générale la plus vaste possible. Soit les "sacrifiés" de la connerie monstrueuse nommée capitalisme. Etc. Ceux que la parole privatisée nous présente comme des "réalistes" ressemblent à de grands délirants, handicapés du social, complètement inaptes à l'objectivité, et à la scientificité "élargie" (à tous les domaines de la Société). Bref, des êtres dépourvus de toute honnêteté intellectuelle et sans aucun sens de l'intérêt général. Les qualités que la parole privatisée nous disait sans valeur, s'avèrent le summum du social et de la vraie pensée. Ce furieux handicap à se tromper sur tout se démasque grâce à l'esprit de géométrie.

 

       Oui, nous, les pauvres vrais démocrates, subissons tous les jours ces êtres dénaturés qui, du haut de leur montagne (d'extrêmes gauches comme de droite), nous écrasent de leurs colossales ignorances, celles qui refusent de s'expérimenter dans des conversations ouvertes. La libre entreprise (si elle existait sous l'illégal règne des multinationales) se prouverait dans la libre parole. Laisser faire, laisser passer les vraies conversations ! Le libéralisme se montre très liberticide, ennemi de toutes les formes d'émancipations et notamment culturelles. N'aimant pas les humains, il les prive de la conversation sociale généralisée, la meilleure thérapie pour une Société qui se fait connaître à elle-même. Partout les miasmes de l'anticommunication…Nous n'y croisons que de poussiéreux esprits bien archaïques, crispés sur leurs mécanismes passéistes, sans aucune ouverture sur le nouveau, le non connu et le futur – et qui s'affublent du vocable illogique de "modernes" et "tendances". Pour des comportements centripètes, autodestructeurs, dépassés et arriérés de ploucs confirmés (ils ne se trouvaient pas dans les campagnes mais dans les quartiers huppés des villes, les ploucs!), cela semble franchement inapproprié.

 

     Résultats : le modernisme du modernisme. Le modernisme ne peut absolument pas fonctionner en binaire: seul le ternaire, la ternité (et plus) peut alimenter sa pensée. N'y trouvons-nous pas, d'ailleurs, des énigmes telles ma-ternité, pa-ternité, fra-ternité ou é-ternité, dont le fonctionnement au rythme de 3 ne nous semble pas, encore, accessible. Al-terne? L'hypothèse pourrait être que le langage reste en avance sur nous, et qu'un fonctionnement social adéquat nous ouvre à l'entendement (il y a bien sûr ces pionniers du "avoir raison tout seul, et même en avance, cela reste avoir raison" qui ont, déjà, sensualisé le tendre entendre !). Autres processus énigmatiques : toute alternance et alternative contient, précisément, ce tern- qui signe, mystérieusement, trois…Toute dialectique (à l'image du triptyque pour contre synthèse) se devant d'être, charnellement, revisitée (déjà fait…par…voir plus haut!). Toute dialectique revisitée ne forme, encore, qu'un balbutiement du futur ternaire universel.

 

 

( à suivre)

 

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet freethewords.org,   onglet 4  " L'anti-communication comment ça fonctionne ?"

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