Ce qui n’est jamais dit entre femmes et hommes (1)

Publié le par imagiter.over-blog.com

 

 

5646039362_c1e09e6f55.jpg

Doll aurait pourtant dû songer aux impasses de Genuine réduite à ses one-night-stand, son casual sex ; puisqu'intransigeante sur ses principes, dés que son abstinence la lasse, elle se jette dans les bras du premier venu - c'est souvent le pire ! Combien de chouettes mecs Genuine n'avait-elle pas ainsi raté, SE confortant dans la déception du hasard, à persévérer, à renforcer ses opinions hallucinatoires. L'absence de relation intime, confiante comme revers de sa médaille stérile. Mais c'est que les hommes sont devenus (incroyable!) trop exigeants, trop difficiles, trop peu fiables, grâce au féminisme auraient-ils appris à se débrouiller ? Le simple fait que les hommes disparaissent du champ social : en 1984 - 21 millions de célibataires pour 30 millions de femmes, ne peut pénétrer dans cette logique. En 2011 l’écart, encore, se creuse. Genuine avait changé les règles de la vie sans  demander leur avis aux hommes, ils avaient changé d'avis en la laissant avec ses règles de vie unilatérales : c'est si simple !

 

Mais non Doll préférait toujours ce regard de défi, guerrier, inquisiteur, meurtrier. Pourquoi jamais un regard tranquille, serein, reconnaissant, apaisé, amusé, détaché sur les autres humains ? Non depuis que l'épanouissement de la femme est devenu une fin en soi c'est plus très fin. "Etre son propre maître. Mener sa vie comme on l'entend" Mais qui écoute ? Que faut-il entendre ? Quelle est la musique ? les mots ? Ainsi la femme dévoile à l'homme ce qu'il veut. Comme on l'entend c'est à dire être sourd. Comme on l'entend être sourd à tous les autres. L'homme doit-il désormais prouver son amour en reniant le reste de l'humanité ? D'avoir découvert ça bat tout le monde dans ce domaine, "tout sera fait pour qu'on ne s'entende pas"  semblent-elles dire ? Family outlaws !

 

Bill s'était épuisé dans ces conversations "expulsives" ; où il se trouvait toujours être l'accusé, le condamné même pour des choses qui ne l'intéressaient franchement pas en plus, ayant sans arrêt escaladé cette carapace étanche, ces tirs de barrage unidimensionnels, cette demande violente de preuves par la simple disparition du sujet : en parallèle avec cette pensée de rejet, Bill s'était de plus en plus fait rejeté, jeté. Doll lui aurait même dédié un texte. "Les mecs ça se jette comme un slip en papier, un emballage utilisé, une attente sommaire, 1 ticket de bus, 2 de métro, une pelure d'orange, un mégot de cigarette, une bouteille vide, un vieux journal ; un mec ça se jette dés qu'on l'a consommé ! Car le principe c'est le principal ! Et qu'est-ce que le principal ? De connaître le principe !

 

Le principe c'est de se faire tous les mecs pour s'en défaire au plus vite !

Le principe c'est de toujours séduire pour le réduire, le principe c'est que dans toutes les pensées ça devienne un fait et c'est fait, il est refait au suivant !

Le principe c'est un fait bien établi, les mecs sont juste là pour qu'on les refasse.

Ce principe est le principal dans la vie? Même s'ils ne sont pas d'accord.

Ce principe faut pas le dire faut le faire. Et à ce niveau même un murmure de remords ne pourrait se glisser dans une conversation. De toute façon les conversations des mecs on se les jette.

Ou de la dératisation : nul retour en arrière possible ? faudrait pas inverser le prédicat !

             Evidemment ! se désolait Bill

 

Puisque : faut surtout pas faire grise mine c'est miner les principes et idéaux du Nouveau Monde. Le sourire individuel est signe du bon ordre social. L'optimisme est obligatoire, l'hypocrisie obligée, celle qu'on déverse sur mère nature, on fait l'écologie des gestes quotidiens, jamais de la tête. L'optimisme obligé ? Bon enfant, faut faire la fête, à la Terre, à la Vie, à tout le reste et jusqu'où et pourquoi ? Pour l'optimisme qui... tautologise sa moulinette à cerveaux ! Le bon ordre social est signe de sourire individuel ! Tous les symboles sont avalés et vidés de leur substance. Tout le monde est une vitrine, vêtements japonais, fromages français, clubs à la mode, rock ou tennis - y a qu'à ouvrir le tiroir. Rien ne sent plus fort que l'autre marchandise. Alors Doll vitrine de son féminisme est excusable ? s'échinait encore Bill.  

 

Bill rétréci à sa crise d'originalité, celle qui mène aux origines, en était réduit à traîner sur le campus ; lorsqu'il fut nez à nez avec son petit Billy (bâton de policier), gamin de son ex-quartier, qui se mit aussi à lui essuyer la vitrine.

 

- Le plus clair aux U.S.A. c'est le plus pur découragement, le stoppa Bill. Il faut se décerveler pour survivre. Rester singulier est singulièrement dangereux puisque ça vient de l'intérieur, du volcan instantané de l'infini d'où nous pensons. Il suffit de se concentrer sur son look, son image ; c'est à dire qu'on est fait pour être regardé, ausculté, inspecté, pour faire devanture pas pour s'exprimer. La concentration des chairs dans notre mégalo empêche de jaillir du plus profond, de se rendre à l'exultation de se rendre. Non faut rester en surface ! A force d'être devanture on s'est vitrifié plus qu'une explosion atomique ne l'aurait permis.

- Eh palman, pourquoi tu te tires pas de tout ça ? Qu'est-ce qui peut t'arriver ?

- C'est un système, on ne peut pas s'en tirer. Il urge pourtant de le comprendre pour l'imiter un minimum. Sinon...

- Sinon quoi ! Bill s'agace.

- Sinon disons que tu es mal vu, c'est à, dire comme tu te fous des images on ne peut bien te voir : donc tu es mal vu, c'est à dire comme tu te fous des images on ne peut pas bien te voir : donc tu es mal vu ! Mais comme tu n'es pas cadré "ajusté" dans le frôlement bien huilé de la juxtaposition des images que l'activité urbaine étale ; plus tu es mal vu moins on te voit ! Le premier signe de ton escapade est d'être mal vu. Dommage qu'en même temps ce soit mal aimé. Les deux se tiennent

- Je ne croyais pas que le cerveau soit si salissant qu'il lui faille un lavage.

 

- L'image c'est toujours la redondance.

- Mais qui a façonné la première image ?

- Le premier adolescent qui fut plus insolent. Et depuis que le monde est devenu une devanture, le marketing affectif veut que l'on soit jeune. Tout le monde se déguise, arnaque jeune. Se déguiser c'est arnaquer, un sting. Les vieilles se font une tête de jeune première et ces dernières posent pour les fantasmes des suivantes. Les films sont maternels, mais juste comme à l'école, la musique est clonique plus que cyclonique, il faut que nous soyons attardés nous, nous tous, mais par rapport à quoi ? Les U.S.A. (Bien moins pudiques que les slaves ou les japonais) filent leur coup de ripolin de puritanisme bidon. Car entuber ses gosses à ce point c'est du puritanisme bidon. Car entuber ses gosses à ce point c'est du pourritanisme ou je ne m'y connais.

- C'est bien balancé, dub ; mais comment retourner la situation ?

 

- La société a peur de son espace exponentiel. Elle se précipite sur le feed back : pour se nourrir d'elle-même. Toute pensée flèche est retournée (ou courbée selon le climat de déférence obligé) et renie l'espace de sa libération ou la libération de son espace. Pareil pour toute action.

- Tu veux dire que ni l'action ni la pensée ne passent vraiment sans être remoulées comme il faut ?

- C'est qu'au XXI siècle on rejoint les grands mythes mais d'une façon quasi indicible. Chacun engoncé dans son être, son milieu, son pays, ne peut accéder à la tragédie.

- Eh palman, la tragédie c'est horrible.

- La tragédie n'est pas tragique au sens de la folie, mais permet de faire prendre feu aux grands problèmes qui sont toujours ceux dont tout le monde est inconscient. Le phénomène de l'inconscient qui nous ramène à nos origines sensuelles et irrémédiablement animales se retourne contre lui-même. La société ça a toujours été 1+1+1 et comment en sommes nous devenus inconscients, est-ce parce qu'elle serait tous les corps sauf eux mêmes ou tous les cerveaux sauf eux-mêmes ? La "société" ressemble plus à une extraction, une soustraction qu'une addition. Si la tragédie est "bonne" c'est qu'elle peut résoudre cela sans passage à l'acte, qu'elle ne peut montrer tous les mécanismes en leur ampleur pour qu'il soit possible de pratiquer physiquement et mentalement une catharsis sans douleur OU comment se débarrasser du Système à structure de plus en plus dissipative sans qu'il ne se débarrasse de nous ?  On peut aussi le faire dans une grande comédie mais  je crois que ça renforcerait plutôt la structure dissipative non ?

- Dur de suivre le fil, dub.

- C'est qu'on est arrivé au moment où la société de consommation a absolument besoin du Joker. Tout le monde serait dit programmé sauf un et comment vérifier ? C'est qu'elle a besoin du Joker mais toujours absent.

 

Comment pourquoi, qu’est -ce, passe pas à la caisse, pour savoir la suite, précipitez- vous sur « Remue ménage », page 10 et suivantes que vous lisez ou téléchargez gratos sur freethewords.org

 

(à suivre)

 

trouvez un complément à cette réflexion sur le site internet freethewords.org,  onglet 1  "Les mamelles du repos" et,  onglet 2, "Présent !", onglet 3 "La diction du dictionnaire", onglet 4  "Nul n'est nul" ou, encore,  "Je ne parle plus à qui a raison".

Résistance au changement      Implique changement de la résistance

 

Si ce blog a su retenir votre attention dans les 9

00 autres (disponibles ici) il doit y en avoir de bien plus décoiffant. Qui vous boosteraient encore plus. C'est le si cher chercher cher… on trouve plus que prévu

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

michelb 03/06/2011 12:22


réaction de MichelB
"salut gun giant, magnifique d'écriture et d'idées pour réfléchir j'extraie quelques phrases qui m'ont plu : " Pourquoi jamais un regard tranquille, serein, reconnaissant, apaisé, amusé, détaché
sur les autres humains ? " par principe génétique une femme n'est jamais rassasiée d'être rassurée " Les mecs ça se jette comme un slip en papier " ne faut-il pas vivre avec son temps ? " on fait
l'écologie des gestes quotidiens, jamais de la tête " oui, on est plus dans l'économie de la pensée " Rien ne sent plus fort que l'autre marchandise. Alors Doll vitrine de son féminisme est
excusable ? s'échinait encore Bill. " oui, nous sommes tous des objets, notre pensée économique aime bien ce principe plutôt déculpabilisant " Il faut se décerveler pour survivre. " disons pour
rentrer dans le rang sinon SDF (sous domination forte) " c'est à dire qu'on est fait pour être regardé, ausculté, inspecté, pour faire devanture pas pour s'exprimer. " un bel objet ou pas " C'est
un système, on ne peut pas s'en tirer. " ça c'est clair, il faut chercher là où ON n'a jamais regardé " ni l'action ni la pensée ne passent vraiment sans être remoulées comme il faut " rentrer dans
le rang " La "société" ressemble plus à une extraction, une soustraction qu'une addition " un véritable aspirateur suceur de neurones " Résistance au changement " oui mais changement de quoi ??
encore faut-il en prendre conscience.... merci vraiment superbe pour la réflexion ;-))